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12 janvier 2006

"Rencontre", une émission sans frontières


Avec ce que certains l'ont déjà appelé « l’Intifada en France » et ont parlé des « premières » attaques de lieux de culte (le grand public ayant passablement oublié que cela avait commencé au début de la décennie par des Synagogues), le climat s’est brutalement détérioré et pas seulement parce que l’hiver est arrivé ... il est donc vital de maintenir partout des passerelles pour le dialogue, sans se renier ni pêcher par angélisme ! D’où la question : comment être « communautaire » sans être «communautariste » ? C’est le fond du sujet que nous avons discuté avec le Professeur Yves-Charles Zarka le 25 septembre (voir ici). Et mon invité avait trouvé pertinente la réponse apportée par Joseph Macé Scarron, directeur de la rédaction du « Figaro Magazine » à mon ami André Nahum qui l’interviewait dans son émission « l’étoile et le jasmin » : être communautaire, c’est réclamer le droit à la différence, être communautariste, c’est réclamer la différence des droits !

Oui, « Rencontre » est une émission qui peut se réclamer fièrement de la fréquence juive, car les questions clés du refus de la légitimité d’Israël, du retour de l’antisémitisme dans notre pays et de son explosion dans le monde arabe ne sont jamais occultées, quels que soient nos invités et même si un voile pudique les recouvre trop souvent dans nos médias nationaux. En ce sens, nous sommes « communautaires » à Judaïques FM, et pas seulement parce que la culture juive et l’actualité du Proche Orient ont une place centrale dans la programmation.
Mais un autre type de communautarisme, plus sournois, peut pervertir d’autres émissions sur d’autres radios ; non pas le fait de « réclamer des droits différents », mais la paresse intellectuelle qui consiste à n’inviter que des personnalités éminentes de notre communauté - ou ses plus fervents supporters à l’extérieur ; et de provoquer ainsi l’engourdissement de l’auditoire du 94.8 FM, habitué à entendre toujours les mêmes et donc à ne plus se poser de questions, un comble pour qui se réclame de la tradition juive et de son amour du commentaire et du débat d’idées ! Le communautarisme, c’est donc trop souvent le fait de commencer à ignorer « l’autre », première étape avant sa diabolisation. C’est aussi le fait d’imaginer que tout tourne autour de sa propre communauté selon une dialectique ami - ennemi, en ignorant les paramètres compliqués qui gouvernent l’actualité.

Notre émission a eu les invités les plus divers, je n’ai pu en citer que quelques uns dans la présentation. Mais surtout, pour parler du monde musulman, nous avons eu le minimum d’honnêteté intellectuelle et de courtoisie d’inviter le maximum de Musulmans ouverts au dialogue, même si ce n’était pas facile ces dernières années sur la fréquence juive ... ils ont été ainsi plus d’une soixantaine à venir sur le plateau de « Rencontre ». Mais ils étaient aussi et souvent ni juifs, ni musulmans, le seul critère étant celui de la compétence pour traiter du thème abordé.
Ouverture aussi quand on considère l’extraordinaire cosmopolitisme des invités : ils ont été d’origine ou de nationalité algérienne, marocaine, tunisienne, égyptienne, américaine, française, israélienne, libanaise, turque, iranienne, irakienne, congolaise, mauritanienne, sénégalaise, soudanaise, syrienne et burkinabe ! Et nous avons même eu des émissions avec l’étranger au bout du fil : Casablanca, Alger, Tunis, Amman, Princeton, Bruxelles ... sans oublier Jérusalem, bien sûr, mais là n’est pas l’originalité sur le 94.8FM ! Grâce à leurs témoignages, grâce à ces invités qui étaient la plupart du temps soit originaires des États évoqués, soit journalistes y ayant vécu, nous avons - je l’espère - évité de faire de « l’orientalisme de salon » comme on le subit trop souvent dans les médias. Et nous avons fait un petit « tour du Monde musulman » en quelques dizaines d’émissions : Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Territoires palestiniens, Liban, Syrie, Turquie, Irak, Iran, Arabie Saoudite, Soudan, Mauritanie, Afrique de l’Ouest, Pakistan, Indonésie, Asie centrale, Balkans ... autant de Pays qui ont déjà été évoqués.

Amis lecteurs du blog ou visiteurs de passage, j’espère donc avec ce petit rappel vous avoir donné envie de nous suivre. Et vous pouvez le faire partout dans le Monde, en vous connectant sur le site de la radio www.judaiquesfm.com, un dimanche sur deux à 9h30 le matin (GMT + 1)
A propos de l'émission, voir aussi l'article sur le "jingle" (cliquer ici) et l’évocation de conférences données (cliquer ).

J.C

10 janvier 2006

« La petite Jérusalem », entre actualité et sensualité


Je ne pensais pas ressentir un tel choc en allant voir le premier long métrage de Karin Albou, situé dans un quartier de Sarcelles habité par des familles juives orthodoxes et nommé (comme le film), "La petite Jérusalem". Choc d’abord en découvrant, quelques semaines après sa sortie et dans une des trois ou quatre salles le présentant encore à Paris, une assistance bien clairsemée : le grand public ne semble pas prêt pour découvrir une peinture non caricaturale de la communauté juive, du type "La vérité si je mens", ou "Le grand pardon". Dommage, car il aurait pu ainsi voir la première fiction évoquant des évènements récents (les attaques antisémites en banlieue parisienne, avec une scène de tabassage sur un stade, ou l’évocation nocturne d’une synagogue incendiée), évènements qui ont été encore plus effroyables lorsque nous les avons vécus par le fait que, justement et déjà, les regards de la majorité des gens se détournaient.

Mais choc aussi car, au-delà de cette toile de fond contemporaine (avec, autres évènements rarement évoqués, le départ final de milliers de familles religieuses pour Israël), "La petite Jérusalem" est d’abord une histoire de femmes, écrite par une femme. Karin Albou présente avec beaucoup d’acuité son premier grand film et ses personnages dans la fiche de présentation du site "allociné" (cliquer ici). En voici un extrait :
"J'ai commencé à écrire La Petite Jérusalem à une période où je regardais avec tendresse mon adolescence et les théories intellectuelles que j'élaborais alors pour me prouver l'illusion de la passion amoureuse. Dès les premières versions du scénario les personnages de Laura [nota : Fanny Valette, bouleversante dans son premier rôle] et Mathilde [Elsa Zylberstein] sont apparus : deux soeurs qui développent chacune face au désir un alibi différent, l'une la pensée, l'autre le discours religieux. Pendant le film, elles questionnent la Loi, perdent leurs certitudes et trouvent leur propre expression de la liberté et du désir. J'ai essayé de laisser le sens le plus ouvert possible pour donner un espace au spectateur, qu'il crée ses propres interprétations et que l'écran devienne un miroir. Ce n'est pas un film didactique ou idéologique. Je ne donne pas de définition précise de la liberté : chacune des deux femmes part de certitudes et entre dans un questionnement. Je préfère créer à partir de mes doutes que de mes certitudes et peut-être que la liberté signifie cela pour moi : se contenter d'être dans la question sans essayer de chercher à tout prix des réponses."

A titre personnel, c’est bien sûr l’histoire d’amour avorté entre Laura et l’Algérien Djamel qui m’a ensuite le plus intéressé ... passion impossible d’une juive et d’un musulman ; réincarnations de Roméo et Juliette, dans les banlieues en pleine crise de la deuxième Intifada, mais unions interdites également en période heureuse et sous d’autres latitudes ... le metteur en scène tunisien Férid Boughédir avait déjà traité le sujet dans "Un été à la Goulette" (1996). En phase de rupture chacun avec leur milieu d’origine (l’Arabe est un intellectuel ayant écrit sur la mystique soufie ; la Juive est une étudiante en philosophie accomplissant tous les soirs à heure fixe sa "promenade kantienne ", qui la conduit aux abords de la mosquée), ils resteront tous les deux prisonniers de leurs familles qui s’opposent violemment à une telle transgression ; le plus extraordinaire (pour le grand public, n’ayant encore une fois rien vu ou rien compris plus de trente ans après l’arrivée des "Tunes" en France), est de voir le personnage de l'éléphantesque "mama" juive utilisant toutes les ressources de la superstition orientale (talisman main de Fatma, vapeurs de "phour" brûlé dans un "kanoun", formules magiques récitées en arabe) ... pour détourner sa fille du musulman ensorceleur !

Pour finir, une "bio express" de Karin Albou : après des études de théâtre, de danse, d'hébreu, de littérature française et arabe, elle a fait une école de cinéma à Paris. Son premier court-métrage "Chut" a reçu le prix du premier film de "Ciné-Cinéma". Après un passage par le documentaire ("Mon pays m'a quitté "), elle a choisi de parler de l'Algérie, le pays d'origine de sa famille paternelle pour sa seconde fiction, "Aid el kébir", couronné par le grand prix du Festival de Clermont-Ferrand.
Décidément, nous avons beaucoup de domaines d’intérêt en commun, et elle sera peut-être une invitée de choix pour une future émission !

J.C

09 janvier 2006

Le postier et le gentilhomme




Photo du haut : Hamid Karzai (source : site "Wikipedia").
Photo du bas : Olivier Besancenot sur le plateau de France 2 
(source : blog "Da PInguI Weblog").

« Pas une larme pour Sharon qui fut le bourreau de Sabra et Shatila et s’est toujours refusé à appliquer le droit des Palestiniens à un état viable et souverain. » Voilà ce que l’on peut lire sous la signature d’Olivier Besancenot, et sur le site de son mouvement trotskyste, la LCR. Voilà en effet qui est d’un goût charmant pour un vieil homme entre la vie et la mort. Véritable obsession pour les antisémites de droite et de gauche, « Sharon le bourreau » est une figure emblématique de tous les sites néo-nazis ou islamistes, une image ayant inspiré d’innombrables attentats sanglants. Pour Besancenot, le « beau gosse » chouchou des plateaux de télévision, ce fut aussi et toujours « pas une larme » pour leurs milliers de victimes, hommes, femmes, enfants, vieillards qui n’avaient aucune responsabilité politique. A propos de Sabra et Chatila, lire aussi l’excellente mise au point publiée sur le site Primo-Europe (cliquer ici).

« Puisse Dieu lui accorder une vie plus longue ». Voilà ce qu’a dit le Président élu de l’Afghanistan, Hamid Karzai, selon l’agence Associated Press citée dans le journal « Haaretz » d’aujourd’hui. Hamid Karzai, élu en 2004, musulman d’origine pachtoune comme la majorité de son peuple, a échappé plusieurs fois à la mort par attentat depuis qu’il dirige son pays, poursuivi pendant les années 90 par les affreux Talibans qui ont assassiné son père. Il est de la même noble ascendance que l’ex-Roi Zaher Chah. Une noblesse qui a inspiré les paroles rapportées dans l’interview : « Si un État palestinien est reconnu, nous reconnaîtrons Israël (...). Si j’ai le droit de vivre et d’avoir un pays, Israël a le droit de vivre et d’avoir un pays ». Karzai connait le prix de la vie, le risque de la perdre. Et sa façon à lui de vivre l'islam le situe à des années-lumière du petit donneur de leçons athée à chemise brune !

J.C

On parle du blog sur la Toile !

J’ai relevé avec grand plaisir que l’adresse de « rencontrejudaiquesfm », blog de l’émission du même nom, est citée peu à peu sur d’autres sites. Voici les derniers exemples :
- notre émission du 18 décembre sur
"le livre noir de Saddam Hussein" a été signalée sur le blog d’une passionnée de la cause kurde, Sandrine Alexie, qui fournit des informations très riches sur le sujet (cliquer ici) ;
-
Alain est un israélien d’origine française, qui tient un blog fort intéressant. Je vous en parlerai prochainement, nous avons fait connaissance et des liens ont été établis entre les deux sites ;
- le blog fait partie des liens permanents d’un site perso intitulé « Choc des civilisations » (
ici) ;
- notre adresse fait également partie des très nombreux liens mis sur le « Le Bloc notes de Jean-Laurent ». Jean-Laurent Turbet est un élu socialiste qui manifeste un intérêt et une sympathie formidables pour la communauté juive, j’en parlerai aussi dans un prochain « post » ;
- enfin, merci à nos amis du site « Bulgaria-France » pour l’annonce de notre émission du dimanche 15 janvier (
) !

Merci à tous, bon surf, ... et pour les nouveaux visiteurs n’hésitez pas à mettre l’adresse en favori, de nouveaux articles sont mis en ligne chaque semaine ... et les archives sont déjà très conséquentes (à titre d’exemple : post du 2 janvier, voir le lien).

J.C

08 janvier 2006

L'hôpital de Hadassah-Ein Kerem, symbole de coexistence israélo-arabe

L'Hopital de Hadassah-Ein Kerem, Jérusalem

Introduction :
J'ai trop souvent "épinglé" les grands médias sur ce blog ou au micro de Judaïques FM pour ne pas aussi rendre compte, quand ils le méritent, des articles positifs. Et cela sans parti pris, puisque je me suis permis de reprendre aussi bien des publications de "Libération" que du "Figaro".
Le Figaro s'est honoré deux fois ces dernières semaines, en parlant d'Israël.
Tout d'abord, et à propos de la façon avec laquelle ses citoyens sont informés de la lutte contre la mort d'Ariel Sharon, par un article de Marc Henry en date du 7 janvier, intitulé, justement, "une transparence rare pour un homme d’État". Cet article aurait pu être complété par une comparaison avec la "langue de bois" parfaite des communiqués d'hospitalisation lus pour Jacques Chirac, et avant lui pour Yasser Arafat.
Dans le même journal, j'avais relevé aussi un excellent article de Martine Pérez en date du 23 novembre 2005, intitulée "la médecine au service de la Paix". Son reportage traitait de l'hôpital de Haddassah - Ein Kerem, ce fameux hôpital où a été transporté le Premier Ministre israélien et où sont présentes aujourd'hui toutes les chaînes de télévision du monde. Il est situé dans la capitale israélienne, et 25 % des patients ainsi qu'une bonne partie du corps médical sont arabes. Pour information, c'est à Hadassah qu'ont été soignés aussi d'autres patients illustres... ainsi fin 2003 Ahmed Maher, le ministre égyptien des affaires étrangères, suite à un malaise après avoir été bousculé par une foule hostile sur le Mont du Temple ! 
J.C

Voici quelques extraits de cet article.

" Grande bâtisse sans élégance inutile dans les hauteurs de Jérusalem, l'hôpital Hadassah Ein Kerem ressemble à tous les hôpitaux du monde. Quelques détails, si l'on y prend garde, rappellent l'état de guerre chronique : la fouille des sacs à l'entrée ; les douches sous l'auvent extérieur prévues pour s'actionner en cas d'attaque chimique ; l'accueil du service de pédiatrie transformable en quelques secondes en unité d'urgence, avec le matériel stocké dans le plafond et prêt à surgir ... Dans la salle d'attente, les éclopés ressemblent eux aussi à ceux du monde entier, vieille femme au dos plié, maigre jeune homme au regard triste, couple de personnes âgées main dans la main. On y croise beaucoup plus qu'ailleurs cependant des couples de juifs religieux strictement vêtus ou des Palestiniennes la tête couverte du jihab traditionnel. (...)

L'Association Hadassah, fondée en 1912 par une juive américaine, contribue grâce à des dons, au financement de deux hôpitaux à Jérusalem, celui d'Ein Kerem et celui du mont Scopus, avec pour seul objectif de lutter contre la maladie, quelle que soit la religion. Le service de chirurgie pédiatrique, vaste salle au centre de laquelle se trouve le QG des infirmières et autour les « chambres » d'enfants-parents, séparées les unes des autres par des rideaux, grouille d'activité en cette matinée de novembre. Un nourrisson sous perfusion dort en poussant des soupirs, couvé par le regard de sa mère, une jeune palestinienne de Bethléem. L'enfant est arrivé ici après un appel du professeur Abu-Dalo Halil, chirurgien à Bethléem qui ne pouvait traiter lui-même sa malformation cardiaque. « 25 % de nos patients sont des Arabes, explique le professeur Raphaël Udassin, chef du service. La plupart sont méfiants avant d'arriver. Mais, quand ils partent, ils savent qu'ici chacun est l'égal de l'autre. »

Une règle non écrite fonctionne partout, et pour tous : on ne parle pas de politique à Hadassah. Le propre des règles, c'est parfois d'être transgressées. Ainsi, ce jour de 2001 où une Palestinienne de 17 ans hospitalisée pour avoir avalé accidentellement de l'acide caustique n'a pas pu s'empêcher d'applaudir les images à la télévision d'un attentat en Israël, avec des victimes en sang et des familles en larmes. « Je me suis énervé, avoue Raphaël Udassin. C'était la fin de son hospitalisation. Je lui ai dit de partir. »

Le docteur Bishar Marzuqa s'affaire autour d'une petite fille. Ce Palestinien, spécialisé en chirurgie pédiatrique, vient tous les jours de Bethléem pour travailler ici. A côté du lit du bébé palestinien, celui d'un petit enfant roux atteint d'une malformation digestive. « Notre fils est là depuis plusieurs mois, explique le père, un juif orthodoxe au visage rond coiffé d'une barbe rousse. Je sais maintenant que les juifs et les Arabes peuvent vivre ensemble. J'ai vu un enfant mourir ici. Tout le monde pleurait, tous les parents, juifs et Arabes. » (...)"

Pour en savoir plus sur l'Hôpital et la fondation Hadassah, cliquer ici.

06 janvier 2006

Amir Peretz et Benyamin Netanyahou – la faucille et le marteau

Tribune Libre

Introduction :
Quelques jours avant la deuxième et foudroyante attaque cérébrale d'Ariel Sharon, Isabelle Rose m'avait envoyé depuis Jérusalem cette tribune consacrée à ses deux "outsiders", alors que les sondages prévoyaient le triomphe de son nouveau parti centriste "Kadima". Les observateurs se sont accordés pour dire que la situation politique était bouleversée, cependant il n'est pas dit que le choix centriste des électeurs israéliens soit remis en question (voir le sondage publié hier par le journal "Haaretz" et la chaîne de télévision "Channel 10"). Reste qu'Amir Peretz le novice en politique et Benyamin Netanyahou le démagogue déjà expérimenté, semblent rivaliser dans les déclarations irréalistes. Et l'auteur de cette tribune a raison de pointer du doigt leurs contradictions, quelles que soient par ailleurs les sympathies légitimes - et diverses - des lecteurs de ce blog !
J.C

A première vue, rien ne semble rassembler ces deux hommes : le premier, sépharade originaire du Maroc, est issu d’une famille modeste ; c’est en faisant carrière dans le syndicalisme, qui lui ouvrit les portes de la politique, qu’il devint le Président du Parti Travailliste. Le second, ashkénaze, né d’une famille bourgeoise, fit des études aux États-Unis avant de commencer sa carrière politique dans le Likoud dont il est aujourd’hui le Président. Les parcours, de même que les personnalités, semblent donc séparer les deux hommes.

Poussons plus loin la comparaison.
Le moto de la campagne de Benyamin Netanyahou lors des toutes récentes Primaires se concentrait dans une formule : « Jérusalem ne doit pas être divisée ». D’une manière plus générale, Netanyahou a insisté sur son refus de céder d’une manière unilatérale aucun territoire à l’Autorité Palestinienne. Une première remarque doit être faite : l’électorat de Netanyahou ne s’est pas arrêté sur la nuance du « unilatéral », mais a voté pour lui dans la perspective d’un refus catégorique de toute cessation de territoire à l’Autorité Palestinienne. Seconde remarque : au même moment, des élections ont lieu dans les Territoires qui semblent annoncer une victoire du Hamas sur les partisans du gouvernement actuel. Tout se passe donc comme si le Hamas, fort d’une victoire aux élections, était destiné à devenir le futur interlocuteur d’Israël. Ce qui placerait donc un hypothétique gouvernement de Netanyahou dans l’obligation de négocier avec le Hamas, puisque la négociation est la condition sine qua non que Netanyahou a posé comme préalable à toute évacuation. A la lumière de cette nouvelle donne, on comprend alors mieux pourquoi l’actuel gouvernement a préféré la voie du retrait unilatéral, qui ne le place pas dans l’obligation de négocier avec le Hamas. Mais on comprend alors beaucoup plus mal comment Benyamin Netanyahou, dont l’électorat est par principe opposé à toute évacuation, pourra lui imposer des négociations avec le Hamas. La réponse est simple : Benyamin Netanyahou est pour le statu quo.
Un dernier élément doit être pris en compte pour évaluer cette position : l’électorat de Netanyahou ne souhaite pas évacuer les Territoires, tout en rêvant en même temps d’un Israël libéré de la présence arabo-musulmane. D’où une dernière question, à laquelle Netanyahou se garde bien de répondre : que faisons-nous avec les 2 300 000 Arabes (chiffres 2005 de « La Paix maintenant ») ? Car si l’on prétend à la souveraineté juridique et politique sur ces territoires, il faudra alors ouvrir le droit à la citoyenneté israélienne à leurs habitants. Tous les démographes s’accordent à dire qu’une telle extension mettrait en péril le caractère juif de l’État d’Israël. De toutes façons, les électeurs de Bibi ne sont pas prêts à une telle décision : finalement, ils veulent la terre, mais sans les habitants. 2 300 000 Arabes : comment ?

Inversement, Amir Peretz, ancien « combattant » de « La Paix maintenant », a annoncé très péremptoirement que s’il venait à être élu, les Territoires - dont Jérusalem-Est - seraient évacués d’ici cinq ans. Nous avons vu que l’évacuation du Koush Katif, où l’on ne parlait que de « quelques » milliers d’habitants, ne s’est pas faite si facilement : d’abord, il y eut le déchirement de la population qui n’était pas encore tout à fait prête à accepter le principe de l’évacuation ; ensuite, le coût budgétaire de l’évacuation - sans compter les pertes sèches des investissements en infra-structures et en locaux ; les indemnisations - furent une très lourde charge qui n’a toujours pas, au jour d’aujourd’hui, reçu l’intégralité de son financement ; enfin, les personnes déplacées ont besoin d’être accueillies pour pouvoir s’intégrer : écoles, services publiques, travail, logement, etc. Il est encore de nombreuses familles du Goush Katif à vivre dans des hôtels, sans travail, dont les enfants n’ont pas trouvé à se scolariser et qui développent des troubles psychologiques. D’où une première question : quand nous parlons des Territoires, nous parlons de 243 000 Juifs (sans compter une population équivalente pour Jérusalem Est). Qui va financer leur évacuation ? Sur la base du coût du départ de la bande de Gaza (8000 personnes), cela représenterait 60 milliards de dollars, sept mois du PNB d’Israël ... La construction de nouvelles écoles, de nouveaux logements, le versement des indemnisations ? Et la population israélienne est-elle préparée à cette évacuation beaucoup plus massive ? Qui touche à des lieux très symboliques ? Seconde question : Que faire avec les « grands blocs d’implantations »? Peut-on envisager une présence juive dans certains territoires sous souveraineté palestinienne - comme on voit une présence arabe dans certains territoires sous souveraineté israélienne ? Nous n’abordons là que quelques problèmes. Or, force est de constater qu’à aucun moment Amir Peretz ne les traite : quand il ne « braille » pas, il se tait.

Quelles conclusions en tirer ? Le discours de Benyamin Netanyahou comme celui d’Amir Peretz ne font preuve d’aucune responsabilité : ils alignent les slogans, les dogmes, les mots d’ordre, sans jamais s’inquiéter des nuances complexes que commande la réalité. Ils sont devenus les porteurs d’une idéologie schématique qu’ils utilisent pour flatter leur électorat. Est-ce de la politique ? Nous appelons cela du marketing. Au mieux : de la publicité. Leur électorat ne leur pardonnera jamais de les avoir trompés d’une manière si vulgaire ...

Isabelle Rose

P.S :
Question souvent posée à propos de notre radio : comment vous situez-vous par rapport au conflit israélo-palestinien ? Et quel est votre positionnement par rapport aux autres antennes de la fréquence juive de Paris ? Impossible de répondre en quelques phrases, ceci fera l'objet d'un autre article. Pour faire court : la ligne générale est (stratégiquement) le soutien aux grands principes définis par le manifeste "deux Peuples - deux États" (voir en lien permanent) ; mais ceci sans illusions sur les probabilités d'une Paix en court terme, et avec toutes les nuances représentés par les différents journalistes, chroniqueurs et producteurs d'émissions !
A propos du soutien à la nouvelle politique initiée par Ariel Sharon, lire le billet d'André Nahum (cliquer ici).

05 janvier 2006

Les dernières paroles d'Ariel Sharon


A l'heure où j'écris ces lignes, et d'après une dépêche Reuters, le Premier Ministre Ariel Sharon "lutte contre la mort après une hémorragie cérébrale qui a nécessité une longue intervention chirurgicale et bouleverse la donne politique en Israël et dans la région. Les neurochirurgiens de l'hôpital Hadassah de Jérusalem, où le Premier ministre israélien a été opéré pendant plus de sept heures, ont dit qu'ils étaient parvenus à stopper l'hémorragie. Ses signes vitaux sont stables, mais Sharon, 78 ans le mois prochain, est dans un état critique."


Personne ne peut encore témoigner de ce que furent ses "dernières paroles", au moment où il arriva à demi inconscient hier soir, à l'hôpital Hadassah. Un blog n'est qu'un témoignage personnel et subjectif de l'actualité, et ne peut (sauf exceptions) tenir lieu de journal en ligne ; je me permettrais juste de vous faire partager un moment d'intense émotion ... et je revois avec une incroyable précision les images de ma seule rencontre avec cette personnalité hors du commun. C’était à Jérusalem, en novembre 2004 ; le mardi 9 plus précisément ; je faisais partie des trois journalistes de la fréquence juive de Paris conviés à accompagner une mission du CRIF-AUJF ; informés seulement la veille de la réception par le Premier Ministre, un petit groupe d'heureux élus attendaient donc, devant la grille du lieu le mieux gardé de Jérusalem.

Le premier souvenir qui me revient correspond aux contrôles de sécurité, exceptionnellement longs et méticuleux à l’entrée de l’immeuble du Gouvernement ; ensuite, nous n’avons rejoint que par groupes successifs la salle du Conseil des Ministres (cette fameuse salle à table ovale, si souvent montrée à la télévision et qui me sembla bien modeste une fois pleine de la foule des visiteurs). Pour cela, il nous fallu passer d’un bâtiment à l’autre, puis arpenter de longs couloirs, croisant des vigiles en civil ou en uniforme armes à la ceinture, mais aussi d’inattendues jeunes soldates bien décontractées et sirotant un soda sur une banquette - un spectacle totalement incroyable en France, où ma modeste fréquentation des palais de la République m’avait accoutumé aux huissiers chamarrés et aux plafonds à dorures. Lorsque, enfin, accompagné de mes consœurs de RCJ et Radio Shalom nous pénétrâmes dans la pièce, Ariel Sharon parlait déjà depuis quelques minutes, mais nous avons pu suivre ensuite une petite demi-heure ce qui tenait beaucoup plus du monologue que d’une interview ... Rappelons le contexte : à l’époque c’était Arafat qui était agonisant (ou déjà mort « officieusement », je ne devais apprendre son décès « officiel » que le surlendemain jeudi 11 au matin). France 2, à partir d’archives filmées non datées, devait se livrer à une manipulation médiatique de plus en montrant un Sharon souriant en apprenant la nouvelle ; en fait je peux témoigner (ainsi que tout notre groupe), que pas une fois le Premier Ministre ne s’était réjoui publiquement de la fin de son vieil et intime ennemi.

Mais je me souviens aussi de son sourire, presque ironique à force d’être figé, et du débit régulier de ses paroles, prononcées sur un ton sourd et résolu. Les nouvelles n’étaient pas non plus toutes roses ce matin là, les ministres des petits partis de droite étaient partis en claquant la porte, on était déjà - avec la décision de quitter la bande de Gaza - au début d’un long processus qui allait conduire à l’éclatement du Likoud et au bouleversement du paysage politique israélien. Sharon n’y fit là encore aucune allusion. Il fut question de la France et de l’antisémitisme, d’Israël prêt à accueillir à bras ouverts les Juifs voulant y vivre ; mais aussi (et je peux également en témoigner), de l’importance donnée aux bonnes relations avec notre pays, de la collaboration économique (avec un exposé en français de son directeur de cabinet) ou de la nécessaire concertation des Occidentaux face à la menace iranienne.

Le souvenir le plus touchant fut son évocation finale d’un souvenir d’enfance, alors qu’il parlait - lui le vieux « père de la nation » accablé de soucis en tous genres - de la masse énorme des défis à surmonter par l'état juif. Il raconta comment, souvent, dans la petite exploitation agricole des environs de Netanya établie par sa famille, il se sentait las, découragé ; il voyait devant lui un avenir sombre, des difficultés innombrables, la terre aride à labourer, les pierres à déplacer, les moustiques, la chaleur ... Et alors, son père lui remontait le moral : « ne regardes pas tout le travail qui reste à faire ; regardes en arrière, tout le travail que nous avons déjà fait, tout ce qui nous semblait impossible à réaliser ; ainsi tu ne seras jamais découragé ! »

Je n’aurais eu donc que cette rencontre, rapide et collective, avec un personnage historique. Mais je n’oublierai jamais ses ultimes paroles : cette énergie hors du commun, cette capacité à faire face aux défis les plus terribles pesant sur sa propre sécurité et celle de son peuple, il les devait assurément à une dure éducation, celle des derniers « paysans-soldats » de l’état d’Israël. La génération des Ben Gourion et Moshe Dayan, une espèce disparue sur la scène politique locale.

Jean Corcos

04 janvier 2006

Ce matin sur Judaïques FM : André Nahum a fait le point sur l'actualité à l'aube de la nouvelle année, avec lucidité ... et optimisme !


Les lumières de Hanouka à peine éteintes, Israël se retrouve en ce début d’année 2006 face aux mêmes problèmes et aux mêmes inquiétudes.
La principale menace vient de l’Iran. Les dirigeants de ce pays autrefois ami et allié d’Israël sont des anti-israéliens obsessionnels dont le seul projet politique est l’ambition de détruire l’État juif par tous les moyens. Leur président, le sinistre Ahmadinejhad ne laisse pas passer un jour sans proférer quelque nouvelle insulte et quelque nouvelle menace à l’endroit d’Israël et des juifs. Il est inutile de rappeler la longue liste de ses vociférations qui nous rappellent les hurlements hystériques d’un certain Adolf Hitler.
Mais le pouvoir iranien ne fait pas que parler. Comme les nazis naguère, il fait des efforts considérables pour se donner les moyens d’atteindre ses objectifs de mort. Il finance des mouvements terroristes comme le Hezbollah libanais, il se dote de missiles à longue portée pouvant atteindre Israël et se livre à une course contre la montre pour disposer le plus tôt possible de l’arme atomique. Bref, il est bien plus dangereux pour Israël que ne le fut jamais aucun autre adversaire, y compris Saddam Hussein et ses « Scud ». S’il n’est pas le seul,le problème iranien est probablement le plus sérieux auquel est confronté l’État juif. Les Israéliens tentent de convaincre les USA et l’Europe du danger que représente le pays des Ayatollahs pour le monde civilisé et on peut être assuré que quelque chose se passera dans les mois qui viennent, soit sur le plan politique soit sur le plan militaire pour contrer cette menace.

Côté palestinien cela ne va guère mieux. Sharon avait espéré que l’évacuation de Gaza donnerait l’opportunité aux Palestiniens de construire un début d’État. Il n’en est hélas rien. Les installations que leur ont laissées les habitants des anciennes implantations, l’ouverture de leur frontière avec l’Égypte, la possession d’un aéroport et demain d’un port, l’afflux d’argent venu d’Europe et d’ailleurs auraient dû leur permettre de construire une société heureuse et d’améliorer considérablement leur niveau de vie. Hélas, tout cela n’a fait qu’augmenter encore l’anarchie dans laquelle ils croupissent. Les roquettes qu’ils lancent quotidiennement en direction du territoire israélien, la préparation d’attentats kamikaze, l’importation de missiles sol-air « Sam » pouvant atteindre les avions israéliens sont semble-t-il leur seules raisons de vivre. Les groupes armés foisonnent et le grand chic est de parader encagoulé avec un lance-roquette ou un bazooka sur l’épaule en hurlant de slogans anti-juifs. Il n’y a plus d’autorité, il n’y a plus de loi. Chacun fait sa guerre à sa façon. Il n’est pas de jour ou les services israéliens ne déjouent des attentats mais malheureusement, certains réussissent comme celui qui coûta la vie il y a une dizaine de jours à un jeune lieutenant de 23 ans qui s’était porté au devant d’un taxi suspect dont l’un des occupants se fit exploser. Il devrait y avoir des élections législatives ce mois-ci dans les territoires palestiniens mais elles seront probablement repoussées tant est grande la probabilité de les voir gagnées par le Hamas.

Alors allez vous me dire, Israël, ça ne va pas ? Eh bien paradoxalement ça va très bien. Israël continue à progresser dans tous les domaines. Le PIB augmente, le chômage diminue, le tourisme augmente avec deux millions d’entrées en 2005, la classe politique est en pleine ébullition électorale et se déchire comme d’habitude, ce qui est un signe de santé, les vacances à Eilat étaient superbes.... C’est le paradoxe juif ou si vous préférez, le miracle juif.
Excellente année à tous

André Nahum

Déjà 5000 visiteurs


Certains s'en souviennent peut-être, nous avions partagé une coupe de champagne virtuelle pour fêter le millième visiteur ... c'était le 14 septembre (cliquer ici), après un peu plus de 4 mois d'enregistrements sur le "sitemeter" (le petit bouton en bas en droite). 3 mois et demi plus tard, le (la) cinq millième visiteur(se) est venu(e) se connecter le 29 décembre depuis Paris. Ce "hit" correspondait par ailleurs à un total de 7.768 pages ouvertes. J'avais promis que cela se fêterait, voici donc une deuxième bouteille de champagne. N'en abusons pas, bien que cela soit de saison ! 
Merci encore pour la fidélité des uns et la curiosité des autres. Et espérons atteindre le score des 10.000 avant le 4 mai, date anniversaire !

J.C

03 janvier 2006

Condamnés à mort de Libye : espoir de libération ? Leur avocat fera le point sur "Rencontre" le 15 janvier


Photo de trois des infirmières bulgares et du médecin palestinien condamnés à mort en Libye. (cliché Sipa)

La cour suprême de Tripoli a prononcé le 25 décembre le renvoi de l'affaire vers la cour pénale de Benghazi. Ceci sauve donc les cinq condamnés (5 infirmières et un médecin), mais ils ne sont pas encore libres ; le verdict a résulté de fortes pressions internationales, et le marchandage se poursuit en coulisses.

Ci-dessous un extrait du site du journal "Le Figaro" donnant cette bonne nouvelle :

"La cour suprême libyenne a ordonné dimanche un nouveau procès pour les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien, condamnés à mort après avoir été accusés d'avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens.«La cour a accepté le recours des infirmières bulgares et ordonné qu'un nouveau procès se tienne devant la cour pénale de Benghazi», a annoncé le tribunal.Cette annonce a été faite à l'issue d'une audience d'une heure au cours de laquelle les avocats des infirmières et ceux des familles des victimes libyennes ont pris la parole.Les infirmières et le médecin n'étaient pas présents à l'audience.Les six accusés ont été condamnés en mai 2004 à la peine capitale après avoir été reconnus coupables d'avoir inoculé le sida à 426 enfants libyens, dont 51 sont morts, à l'hôpital de Benghazi.Cette affaire a pris un tour nouveau vendredi avec l'annonce d'un accord entre Tripoli et Sofia pour la création d'un fonds de compensation international au bénéfice des enfants libyens atteints du sida et des familles des enfants morts de cette maladie, en partenariat avec l'Union Européenne, les États-Unis et la Grande-Bretagne."
Tous les médias commencent maintenant largement à parler de cette scandaleuse injustice, qui dure maintenant depuis 7 ans (les accusés ont été emprisonnés en janvier 1999). Voir article du 17 décembre sur le blog pour avoir un historique.
Dimanche 15 janvier vous pourrez entendre l'interview de l'avocat des infirmières bulgares, Maître Emmanuel Altit, qui en mobilisant une campagne internationale d'opinion avec ses confrères de la défense, a largement contribué à "inverser le rapport de forces" avec l'accusation libyenne. Pour rappel, "Rencontre" est diffusée le matin à 9h30

J.C

02 janvier 2006

Un blog tout neuf pour une nouvelle année toute en couleur !

BONNE ANNEE 2006

Pour ceux qui m'ont fait l'honneur d'avoir déjà suivi ce blog régulièrement : que cette année nouvelle comble toutes vos attentes, en espérant ne pas vous décevoir au micro ou sur la Toile. Pour ceux qui découvrent l'adresse : bienvenue sur le site de l'émission de radio "Rencontre", en espérant qu'il vous intéressera ... et que vous aurez envie de revenir souvent. Et meilleurs vœux à toutes et tous, en espérant que 2006 m'incitera à publier plus de bonnes nouvelles que de mauvaises, à propos d'une actualité - le monde musulman - souvent "explosive" !

J’ai profité de la « trêve des confiseurs » pour remettre à neuf le blog. Ainsi je me suis attaché à relire toutes les archives, car j’ai remarqué que beaucoup de visiteurs y allaient directement, dirigés par les grands moteurs de recherche qui me placent souvent à un rang plus qu’honorable. Ainsi, les liens inactifs ont été supprimés, et les dizaines d’autres laissés au fil des "posts" ont été tous vérifiés. La présentation a été améliorée pour l’ensemble des publications, de façon à rendre la lecture plus agréable. La liste des liens permanents a été enrichie (23 aujourd’hui) ; je reviendrai sur le sujet plus tard pour vous inciter à les visiter et à faire des lectures vraiment enrichissantes, en dehors des grands médias déjà référencés. Sont maintenant affichés en haut à droite les dix dernières publications, ce qui facilitera la lecture de ce journal en ligne ... et tout en longueur ! Enfin, "rencontrejudaiquesfm" est maintenant syndiqué sur technorati, la "Rolls" des moteurs de recherche dédiés aux blogs.

Merci pour votre intérêt, bonne et heureuse année et ... bon surf !

J.C 

Bye bye 2005 … et un petit coup d’œil dans le rétroviseur !

Adieu 2005, vive la nouvelle année 2006 ! Dans quelques semaines, nous pourrons fêter le premier anniversaire du blog né l’an passé. Une année riche en émissions, et en interviews passionnantes avec des invités aussi divers qu’intéressants.

Vous trouverez ci-dessous les liens vous permettant de découvrir ou de redécouvrir la programmation de l’an dernier.

16 janvier, Benjamin Stora
30 janvier, Safia Lebdi
13 février, Marie-José Tubiana et Jérôme Tubiana
27 février, Richard Odier
13 mars, Emile Moatti
27 mars, Houchang Nahavandi
10 avril, Anne-Marie Delcambre
8 mai, Alexandre Del Valle
22 mai, Abd Al Malik
5 juin, Ygal Bin Nun
19 juin, François Heisbourg
3 juillet, Khattar Abou Diab
17 juillet, Bernard Kanovitch et Richard Odier
28 août, Christian Lochon et Karim Hervé Benkamla
11 septembre Nissim Zvili (et également ici)
25 septembre Yves-Charles Zarka
9 octobre, Albert Soued
23 octobre, Semih Vaner
6 novembre, Raouf Oufkir (1)
27 novembre, Raouf Oufkir (2)
4 décembre, Ahmed Youssef (et également ici)
18 décembre, Françoise Brié

Au nom de Judaïques FM et de tous nos auditeurs, tous mes chaleureux remerciements à ces 23 invités, en espérant les entendre à nouveau sur nos ondes ... et vous en faire découvrir beaucoup de nouveaux en 2006 !

J.C

Meilleurs voeux de guérison pour "l'homme malade de l'Europe"


Introduction :
Nicolas Baverez, économiste, historien et avocat, tient une chronique sans langue de bois dans l'hebdomadaire "Le Point". Ce disciple et biographe de Raymond Aron vient de préfacer l'édition chez Gallimard de textes de son maître, "Penser la liberté, penser la démocratie", dont le journal "Libération" a fait une critique aigüe mais de qualité (numéro du 22 décembre). Du grand théoricien français du libéralisme, toujours mal vu dans un pays où le principe du verbe l'emporte celui de la réalité (on a toujours le Premier Ministre que l'on mérite), il a hérité la lucidité et la rigueur intellectuelle. Nicolas Baverez l'avait démontré avec "La France qui tombe" (Editions Perrin), constat clinique du déclin français. Il l'a encore prouvé, avec talent, dans deux tribunes libres publiées - étrangement - dans le quotidien de la "gauche bien pensante", "le Monde" : au moment de la formation du gouvernement De Villepin, avec un papier titré "On ne change pas une équipe qui perd" ; et la semaine dernière, avec une brillante analyse de la situation, intitulée "La France, homme malade de l'Europe" (numéro du 30 décembre), analyse s'achevant - heureusement ! - par un espoir de redressement. Les lecteurs abonnés pourront se reporter dans les archives du journal à l'article complet, dont je reproduis juste le début et la conclusion. 
J.C

"Pour la France, 2005 restera une année terrible mais aussi un tournant. Une année terrible, rythmée par les échecs et les crises qui, dans le droit-fil du collapsus social de 1995 et du krach civique de 2002, ont acté le déclin du pays et l'éclatement de la nation. Au plan extérieur, l'échec du référendum a brisé net un demi-siècle d'engagement européen, qui constituait le dernier axe stable de la diplomatie et de la vie politique nationales. La défaite de la candidature de Paris face à Londres pour l'organisation des Jeux olympiques de 2012 a cristallisé la marginalisation de la France en Europe et dans le monde et souligné l'archaïsme d'un pays musée, en rupture avec la modernité du XXIe siècle. Enfin les émeutes urbaines, dans leur double dimension sociale et raciale, ont sanctionné la désintégration du pseudo modèle français, le blocage de l'intégration, la balkanisation d'une société atomisée par un quart de siècle de chômage de masse. (...)

(...) Il reste que le moteur de la modernisation peut embrayer, pour peu que les Français se mettent en mouvement et imposent de centrer le débat, par leur mobilisation et leur engagement, sur la situation réelle du pays et les moyens de l'améliorer. La modernisation de la France ne dépend ni de la mondialisation ni de l'Europe, mais des Français qui conservent la maîtrise de leur destin. A condition de surmonter les tentations protectionnistes et sécuritaires, nationalistes et xénophobes, pour examiner et trancher, non pas de manière passionnelle ou démagogique mais de manière rationnelle, les questions cardinales qui ont été éludées lors des derniers scrutins : comment rétablir le couplage de l'autorité et de la responsabilité du chef de l'Etat ? quels principes utiliser pour refonder une nation ? quels changements instaurer dans l'Etat pour lui permettre de jouer son rôle de réassureur des risques globaux de l'économie et de la société ouvertes ? quels positionnements pour le système productif et le territoire français à l'horizon des années 2010 ? quelles transformations apporter au modèle économique et social pour concilier efficacité et équité, compétitivité et solidarité dans l'univers de la mondialisation ? quels leviers employer pour débloquer la société, l'ouvrir en direction des jeunes, des immigrés, des exclus ? quelles voies pour contribuer à rétablir l'unité des démocraties et relancer l'Europe ?
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Pour prix des échecs et des revers dont ils sont les premières victimes, les Français ont acquis le droit de percer la bulle de démagogie et de mensonge qui dévaste la vie politique nationale depuis de trop longues années et d'accéder à une information objective sur la situation de leur pays et l'état du monde. Leur responsabilité vis-à-vis de leur patrie comme des générations futures consiste à cesser de s'en remettre à un président de droit divin ou à l'Etat pour exiger de ceux qui aspirent à les gouverner des choix cohérents dont ils assument les conséquences prévisibles. A conjurer les tentations de régression vers un passé mythique et les passions extrémistes, à sanctionner sans faiblesse les cyniques et les démagogues pour ouvrir résolument la voie à une nouvelle génération, en rupture avec la République des truqueurs et des gérontes, à qui il reviendra de reconstruire un pays moderne, puissant et respecté dans le monde du XXIe siècle."

Nicolas Baverez

Sur le blog :
- à propos de la "République des truqueurs" qui fait la morale à l’Étranger tandis qu'il y a le feu à la maison, relire le paradoxe français, tribune libre d'Isabelle Rose.
- à propos des "tentations de régression vers un passé mythique", relire l'article sur la "fracture coloniale".

23 décembre 2005

Happy Hanouka and Merry Christmas !

"Hanoukia" ou chandelier de Hanouka, image tirée du site www.modia.org


Juifs et Chrétiens célèbreront deux fêtes religieuses le même jour, du fait d’un hasard de calendriers ... Dimanche 25 décembre, jour de Noël, coïncidera en effet au premier jour de Hanouka, et le soir on allumera dans les familles juives la première bougie d’un chandelier à neuf branches ; et ainsi de suite pendant huit jours, jusqu’au dimanche 1er janvier.

Ceci n’apprendra strictement rien aux lecteurs juifs du blog. Mais pour la majorité de visiteurs d’autres origines - qui viennent de tous les continents après avoir trouvé notre adresse par un moteur de recherche - je mets en lien une page d’un site sans prétention, qui explique l’origine de Hanouka (origine historique, comme pour la majorité des fêtes juives).
Cliquer ici.

Deux choses pour finir. D’abord, l’expression « Happy Hanouka and Merry Christmas » n’est pas un titre de circonstance du à la coïncidence des fêtes en 2005. L’année juive, lunaire et de durée élastique depuis plus de deux millénaires, situe toujours les fêtes à peu près à la même période, sans qu'il y ait de rendez-vous fixes par rapport au calendrier grégorien. Ainsi, Hanouka tombe en décembre, donc le mois des fêtes de Noël. Aux Etats-Unis et singulièrement à New York, les magasins et les grandes avenues marquent les deux fêtes en même temps, ce qui est bien sympathique ! Ensuite, les hasards du calendrier peuvent aussi faire coïncider des fêtes juive et musulmane, il en a été ainsi cette année pour Roch Hachana et le début du Ramadan, comme déjà évoqué sur le blog.
Cliquer ici.

Quelques jours de repos bien mérités sur le blog ... profitez toutes et tous de vos congés de fin d'année, bonnes fêtes, ... et rendez vous le 2 janvier !

J.C

22 décembre 2005

Et si la démocratie marchait en Irak ?

 Foule allant voter lors des élections législatives irakiennes du 15 décembre, Barwana, province d'Al Ambar.

Photo pas vue
Source : site http://newsblaze.com/

Ces citoyens irakiens sont sunnites. Ils votent en masse pour la première fois, malgré les appels au boycott d'Abou Moussab Al Zarkoui, et malgré la peur des attentats qui ont déjà tué des milliers de civils. Ce vote traduit peut-être aussi une rupture au sein de l'insurrection entre anciens partisans de Saddam et terroristes d'Al-Qaïda, les premiers cherchant à rentrer dans le jeu politique (voir article sur le site de radio canada).

J.C 

21 décembre 2005

Rediffusion le 1er janvier de notre émission avec Abd Al Malik

Qui sera réveillé le lendemain du réveillon du jour de l’an, à 9h30 ? Monsieur de la Palisse dirait « ceux qui n’ont pas réveillonné », et il y en aura certainement beaucoup parmi les auditeurs de « Rencontre ». Des juifs vraiment religieux, ne connaissant pas d’autre jour de l’an que Roch Hachana. Et puis tous ceux qui - trop âgés pour danser jusqu’à l’aube, ou n’aimant pas faire la fête à date imposée - préfèreront écouter une de leurs émissions préférées sur le 94.8 FM. L’occasion donc de découvrir le personnage exceptionnel d’Abd Al Malik, pour les auditeurs ayant raté la première diffusion en mai dernier : après avoir plongé dans la délinquance dans sa prime jeunesse, il est devenu un père de famille respectueux de la Loi. Converti à l’islam, c’est aujourd’hui un disciple de l’école soufie, pacifique et mystique ! De cela, je vous en avais déjà parlé (voir présentation). Après avoir entendu l’enregistrement, j’ai trouvé mon invité tellement tonique que j’avais programmé de le repasser pendant les congés d’été ... rediffusion hélas annulée, suite à un incident technique.

Deux mois après les émeutes qui ont « mis le feu » à des dizaines de banlieues, j’ai pensé que cette interview d’un ex-enfant perdu des cités-dortoirs devait, vraiment, être réentendue. Et alors que l’on s’inquiète (enfin !) des appels au meurtre véhiculés par certains groupes de rap, je voudrais que vous entendiez Abd Al Malik chanter sur des paroles inspirées du poète et philosophe Ib’n Arabi 
« Il y eut un temps où je faisais reproche à mon prochain
Si sa religion n’était pas proche de la mienne
Mais à présent mon cœur accueille toute forme
Il est une prairie pour les gazelles
Un cloître pour les moines
Un temple pour les idoles
Une Kaaba pour les pèlerins
Les tables de la Torah et le livre du Coran
Je professe la religion de l’amour et quelle que soit
La direction que prenne sa monture, cette religion est
Ma religion et ma foi »


J.C

19 décembre 2005

Guerre d’Algérie, mémoires plurielles : Benjamin Stora a été notre invité le 16 janvier 2005

Benjamin Stora, photo tirée du site du journal "Maroc-hebdo"

Benjamin Stora est né en 1950 à Constantine, ville qu’il a quittée enfant avec ses parents, comme des centaines de milliers de Français, pieds noirs et juifs naturalisés qui ont du fuir leur terre natale. Cela a été un choc car ses parents ont tout perdu, commerçants là-bas ils sont devenus prolétaires ici, peut-être cela explique-t-il en partie pourquoi il a attrapé le virus révolutionnaire en mai 1968, et pourquoi il a été ensuite un militant trotskyste convaincu. Et puis, progressivement, sa passion pour l’histoire contemporaine va s’affirmer, et il s’est intéressé à sa terre natale, l’Algérie, en particulier à la sanglante guerre d’indépendance. Il a écrit une vingtaine d’ouvrages autour du sujet, réalisé des documentaires pour la télévision, et publié d’innombrables articles. Au fil de son travail, il a consolidé de nombreuses amitiés algériennes, en particulier avec l’historien Mohamed Harbi avec lequel il a publié en 2004 un monumental ouvrage intitulé « La guerre d’Algérie. La fin de l’amnésie », chez Robert Laffont. Lors de notre émission du 16 janvier dernier, nous avons parlé des mémoires plurielles de ce conflit, en prenant comme fil conducteur "La gangrène et l’oubli", œuvre magistrale qui a été publiée en 1991 aux Editions de la Découverte.

La mémoire coloniale est redevenue une des lignes de fracture qui fragilise la société française, comme le blog s’en est fait l’écho tout au long des dernières semaines. Or ce ne fut pas le cas dans les années qui ont suivi la guerre d’Algérie. Benjamin Stora rappelle dans son livre combien après 1962, les commémorations d’autres guerres, puis mai 68 vont aider à l’oubli de ce passé immédiat. Et plusieurs autres raisons expliquent cette amnésie : conspiration du silence pour ne pas voir à quel point l’état et toutes ses institutions (armée, police, justice) s’étaient salis, d’abord dans la répression du F.L.N avec l’usage généralisé de la torture ou les exécutions sommaires, puis quand l’indépendance a été acceptée, en accueillant tellement mal les rapatriés, et en abandonnant les harkis à une mort horrible ; réécriture gaulliste de l’histoire contemporaine, pour donner aux Français l’illusion d’une nation toujours unie, comme après le triste épisode de l’Occupation ; entrée du pays dans la société de consommation, et désir d’oublier des années amères ...

Mais cette réécriture de l’histoire ne fut pas uniquement française, et Benjamin Stora a eu l’immense mérite (malgré son passé militant et son profond amour de l’Algérie), d’analyser aussi dans « La gangrène et l’oubli », combien les nouvelles autorités algériennes ont nié la guerre civile secrète qui opposa le F.L.N et le M.N.A, ou le massacre en masse des harkis à l’été 1962. Au nom d’un peuple mythique, réduit à sa composante arabe et musulmane, qui n’aurait jamais eu d’influence française autre que la mémoire d’une oppression, prisonniers d’une idéologie à la fois millénariste et totalitaire, Ben Bella puis Boumediene ont légué un lourd passif à la mémoire algérienne, et laissé des fractures profondes au sein de leur peuple, y compris parmi les centaines de milliers devenus des franco-algériens avant et après l’indépendance.

Une interview passionnante, et un livre à (re)lire !

J.C 

18 décembre 2005

"Quarantaine" : un éditorial impeccable de Patrick Sabatier dans le journal "Libération"

Petite mise à jour postée le 24 juin 2009

Les visiteurs arrivant sur cet article étant - très probablement - des antisémites ayant fait une recherche du type « Patrick Sabatier juif », et en pensant à l'animateur de la télé et non au journaliste signataire de cet édito, je leur conseille d’aller directement sur un « post » récent où j’analyse ce qui a pu les conduire à se poser anxieusement une telle question ... peut-être seront-ils curieux de lire comment j’analyse la sauce blanche qui leur sert de cervelle ?
Aller sur ce lien
Mais bien sûr, il n’est pas inutile de lire l’article ci-dessous, pour ceux qui ont un peu de curiosité ; ou qui ne sont pas vraiment des minus haineux ! 

J.C



Le dégoût, la colère, la peur ... difficile d’exprimer ses sentiments quand on est juif et toujours hanté par le spectre de la Shoah, ce cadavre qui ne se décomposera jamais dans le placard de notre mémoire. Peut-être faut-il ne pas l’être pour dire froidement les premières actions à mener, en réponse aux provocations du salaud qui préside aux destinées de l’Iran. Malheureusement, il faut probablement aussi ne pas l’être pour être entendu en disant haut et fort une vérité niée trop longtemps en France : les élucubrations négationnistes d’Ahmadinejad sont « la version publique et (à peine) virulente d'un virus qui court dans la quasi-totalité des nations musulmanes. »
Voici le texte complet de l’éditorial publié ce jeudi 15 décembre.

« Quand le chef d'un Etat de 66 millions d'habitants, puissance régionale, qui rêve de nucléaire de surcroît, se met hors la loi internationale, nie l'Histoire et appelle à détruire un pays et à déporter son peuple, il n'est plus possible de dialoguer et coopérer avec cet Etat. Ni de lui reconnaître une voix dans le concert des nations, tant que cette voix n'aura pas changé. Qu'attendent les Européens, et la France la première, pour, au moins, geler leurs relations diplomatiques avec Téhéran ?
Les éructations négationnistes du président iranien, pour qui l'Holocauste est un «mythe», Israël une «tumeur» et l'Occident un objet de «haine», ne relèvent pas de l'asile. Elles sont la version publique et (à peine) virulente d'un virus qui court dans la quasi-totalité des nations musulmanes. Il est propagé par des pouvoirs, des médias, des religieux et des intellectuels qui y trouvent une manière commode d'aveugler leurs peuples et d'esquiver leurs responsabilités dans l'arriération, la misère et la tyrannie qu'ils leur infligent.
Ce virus antisémite (y compris sous sa mutation «antisioniste») a été inoculé aux peuples du Moyen-Orient par les Européens eux-mêmes. Ce n'est pas une raison pour ne pas mettre en quarantaine les foyers d'infection. Même si l'Iran et son peuple ne peuvent être réduits à la caricature grimaçante d'un illuminé. Et même s'il faut éviter de tomber dans son piège, qui est d'asseoir son pouvoir fragile sur une escalade de la confrontation avec l'Occident en rendant impossible le dialogue sur le nucléaire que d'autres au sein du régime de Téhéran cherchent à préserver. Mais apaiser un ennemi pour avoir la paix mène, comme le remarquait Churchill, souvent au déshonneur, sans éviter la guerre. »


Patrick Sabatier

17 décembre 2005

N’oublions pas les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien condamnés à mort en Libye !

Je vous avais déjà parlé deux fois de cette affaire qui semble si peu passionner les médias ... voir articles du 11 novembre (cliquer ici) et du 18 novembre (), ainsi que la tribune d’Isabelle Rose publiée aussi le 18 (et ici). Il est facile d’oublier des condamnés à mort enfermés depuis déjà longtemps (presque 7 ans), ou de se dire qu’ils ne risquent rien du fait des pressions internationales ; et puis, un matin on apprend l’exécution et c’est trop tard - on l’a vu cette semaine aux Etats-Unis avec un condamné emblématique enfermé dans le "couloir de la mort" depuis 24 ans.

Quelques informations :
- une émission est programmée pour le mois de janvier avec leur avocat, Maître Altit, que j’ai eu le plaisir de rencontrer ; enregistrement de l’émission à la fin décembre ;
- une excellente initiative d’un site dont l’adresse est donnée sur la page WEB de nos amis de "Bulgaria-France" où vous retrouverez l’historique précis du dossier (cliquer ici) : vous pourrez aussi envoyer des cartes de Noël aux malheureuses prisonnières en passant par l’ambassade de leur pays à Tripoli, voir sur le lien en bas de page, « dernières nouvelles »; faites le quelle que soit votre religion, car il s'agit juste d'un minimum de fraternité humaine pour des innocentes !

J.C

Provocations d’Ahmadinejad : enfin des réactions arabes ?

Il y a un thème récurrent que l’on trouve souvent en « surfant » sur certains sites de la communauté juive : l’ensemble des gouvernements et des opinions publiques du monde musulman seraient ravis des propos racistes et négationnistes de Mahmoud Ahmadinejad. Je me suis permis de nuancer cette évaluation, en écrivant par exemple en réponse à un article d’Albert Bellaïche publié le 10 décembre sur le site « guysen israel news », qui m’a fait la gentillesse de bien vouloir publier cette réaction (cliquer ici).

Ceci étant, il y a un réel problème du côté des opinions publiques, travaillées par les mouvances islamistes nombreuses et (a) variées. Nous avions discuté de ce sujet avec Albert Soued le 9 octobre dernier (voir ).

Mais du côté des gouvernements des pays arabes, il semble qu’il y ait une forte inquiétude depuis les provocations d’Ahmadinejad, peur d’une guerre et de la déstabilisation de toute la région. Voir à ce sujet l’article publié ce jour sur le site du journal israélien « Haaretz », qui rend compte aussi de la condamnation ferme exprimée par le nouvel ambassadeur d’Arabie Saoudite à Washington (ici).

J.C

16 décembre 2005

Une histoire belge pas drôle du tout ...


La "une" du journal belge "La Dernière Heure", après l'annonce de la mort de la première kamikaze d'origine européenne.

Muriel Degauque, d'origine belge, s'était convertie à l'islam en épousant un turc. Puis, elle épousa un belgo-marocain qui l'influença au point de devenir totalement intégriste, puis de basculer dans le terrorisme djihadiste. Elle est morte lors d'un attentat suicide raté en Irak, et son mari aurait été tué par les Américains lors d'un autre attentat.

Plusieurs sites « on line » ont publié des analyses suite à cette triste histoire.

Sur l’excellent blog « Politique arabe de la France », trois publications reprenant des articles publiés sur différents journaux : « convertis au terrorisme » sur l’utilisation de plus en plus fréquente de jeunes européens, d’apparence « passe-partout » pour mener des attentats (cliquer ici) ; « sur les convertis à l’islam », à propos de l’influence des salafistes lors des conversions, et d’un rapport des R.G (cliquer ici) ; et encore sur le même sujet, le 9 décembre (cliquer ici).

Le site « Primo europe », déjà cité, publie un article très fort de Jean-Pierre Chemla ("itinéraire d'une enfant gâchée"), cette fois sur le profil psychologique des « convertis-kamikazes » : le parcours de la malheureuse Muriel Degauque est à cet égard exemplaire : ancienne boulangère, ayant eu une adolescence agitée, droguée un moment, elle a trouvé dans la version la plus obscurantiste d’une religion son salut personnel, un moyen à la fois de s’imposer une discipline de vie et d'exprimer sa révolte contre une société où elle n’avait pu trouver une place. Au passage, l’auteur démolit les théories d’Hubert Védrine et consorts qui expliquent le désastre moral des « bombes humaines » uniquement par le conflit palestinien (cliquer ici).

Tout ceci ne doit pas faire oublier, non plus, que l’attirance des plus jeunes et des plus paumés vers le salafisme terroriste ne concerne qu’une minorité des convertis à l’islam, qui recherchent dans cette religion autre chose qu’une violence suicidaire. Pourquoi ces conversions alors ? Pourquoi ce succès d'une religion "venue d'ailleurs", alors que les Eglises se vident et le Judaïsme survit difficilement dans la Diaspora ? Un sujet sur lequel notre émission devra se pencher en 2006 !

J.C

A propos de la « fascination orientale », lire notre article sur le blog (cliquer ici).
A propos de la complaisance de certains articles vis-à-vis des « bombes humaines » et de leur mépris pour les victimes, lire ou relire l’excellent billet d’André Nahum (cliquer ici)