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14 décembre 2017

Encore un article publié sur « Temps et Contretemps » : Migrants, islam, la grande peur des Européens




Un nouvel article sur le blog israélien francophone de mon ami Jacques Benillouche. Intitulé « Migrants, islam, la grande peur des Européens», il s’agit de la recension de mon émission du 3 décembre avec Dominique Reynié.

Dominique Reynié est professeur à Sciences Po Paris, et directeur général de Fondapol, la Fondation pour l’innovation politique. Fondapol publie régulièrement des analyses très intéressantes, mais une de ses originalités c’est de faire réaliser et de commenter des enquêtes d’opinion parfois à une échelle internationale. C’est le cas d’une étude concernant 26 pays, et intitulée « Où va la démocratie ? »
Dans le cadre de cette interview, nous nous sommes centrés sur un élément qui est, pour les uns la cause, pour les autres un symptôme de la crise de nos démocraties : la peur de l’islam, un islam souvent associé aux migrants. Il y a en effet un sentiment de peur et de rejet, illustré par une moyenne de 58% de « oui », en réponse à la question « L’islam représente-t-il une menace pour notre pays ? ». Pourquoi ? Où cette peur est-elle la plus forte ? Comment expliquer l’opinion en Allemagne, mais aussi au Royaume Uni et en Europe de l’Est ? Une interview passionnante, hélas dans le temps trop court de mon émission.

Bonne lecture, et n'oubliez pas que vous pouvez aussi avoir accès à l'ensemble des archives de mes articles sur "Temps et Contretemps", en cliquant sur l'icône correspondante en haut de la colonne de gauche.

Vous trouverez l'article :


J.C 

12 décembre 2017

Grande mosquée d’Alger, le tapis iranien…rongé par les rats

Le chantier de la Grande Mosquée d'Alger

La grande Mosquée d’Alger ne verra pas le jour de sitôt. Lancé depuis près de sept ans, le chantier titanesque s’éternise et aucune autorité ne semble être en mesure de préciser sa date de livraison. Pour sa part, le tapis géant iranien destiné à recouvrir la gigantesque salle de prière a été…rongé par les rats.

Avant que les autorités publiques, qui tiennent à ce projet comme à la prunelle de leurs yeux car le chef de l’Etat en fait une question personnelle, ont reçu des autorités iraniennes un tapis géant mesurant un hectare. Or, selon le journal El Khabar, ce tapis, entreposé dans les locaux du ministère des Affaires religieuses,«a été rongé par les rats». Cette situation a été générée par une défaillance de la climatisation. Cela signifie qu’au coût initial, les autorités devront désormais rallonger le budget en achetant un autre tapis dont le coût se compte en millions de dollars.
Mais il n’y a pas que le tapis persan qui va rallonger le budget de la Grande mosquée d’Alger. Les délais de livraison peuvent en effet s’avérer encore plus longs que prévus. Alors que l’ancien ministre de l’Habitat, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé la livraison du projet en décembre 2016, puis vers la fin 2017, le nouveau ministre de l’Habitat ne sait même pas quand cela pourra être possible. Il aurait même confié au Premier ministre, Ahmed Ouyahia, que le chantier ne pourrai être livré en décembre 2018 à condition que «l’entreprise de réalisation honore ses engagements». Chose peu évidente puisque Tebboune en personne avait sermonné cette entreprise chinoise pour non respect des délais de réalisation.
En tout cas, la Grande mosquée d’Alger continue d’être marquée par les polémiques. Sa construction a commencé par un scandale. Sa livraison, souhaitée du vivant de Bouteflika, risque de faire couler encore beaucoup d’encre et de consommer des budgets supplémentaires !

Rania Aghiles

Algérie Focus, 25 octobre 2017

09 décembre 2017

Peut-on apprendre les religions à l’Ecole ? Stéphane Girardot sera mon invité le 17 décembre



Dimanche prochain, nous n’allons pas aborder directement le monde musulman, mais plutôt le regard qu’ici, en France, nous portons sur lui. Comme le savent ce qui nous suivent régulièrement, j’ai invité dans cette série presque tous les acteurs travaillant dans le domaine du rapprochement interreligieux, mais c’est la première fois que nous allons parler de l’enseignement des religions à l’école. Mon invité sera Stéphane Girardot. Stéphane Girardot est « animateur en pastorale » au Lycée St Paul de Vannes, c’est un établissement catholique et il nous expliquera à quoi correspond cette fonction. Passionné par la transmission des savoirs, le dialogue interreligieux est pour lui, je le cite, « à la fois une nécessité culturelle, citoyenne, et en tant que chrétien, évangélique ». Nos chemins devaient fatalement se croiser car j’ai rejoint il y a quelques années la Fraternité d’Abraham, dont la vocation est le rapprochement entre les trois grandes religions monothéistes. Cela fait une vingtaine d’années qu’il propose aux élèves volontaires de son école, un parcours de découverte des différentes religions, qui se déroule de la Seconde à la Terminale. Il a tiré de cette expérience un livre, « Culture religieuse », publié aux éditions du Jubilé : cet ouvrage est riche, il donne de nombreux exemples de questionnements éthiques ou sociétaux abordés avec les jeunes, mais vu la thématique de ma série j’insisterai surtout sur l’interreligieux appliqué à l’islam.

Parmi les questions que je poserai à Stéphane Girardot :

-          Combien y a-t-il d’élèves au Lycée St Paul de Vannes ? Vannes est la Préfecture du Morbihan, une ville moyenne d’environ 60.000 habitants, et la population y est beaucoup moins mélangée qu’en région parisienne. En conséquence, quels sont élèves qui fréquentent votre école : sont-ils en majorité des catholiques croyants ? Et accueillez-vous aussi des juifs et des musulmans ?
-          Vous êtes rentré vous-même dans cet établissement en septembre 1995. Vous écrivez que vous avez été frappé par la liberté de parole qui y régnait, ainsi que par l’encouragement aux initiatives : ayant eu l’expérience de l’Ecole publique, est-ce que c’était un mieux ? Ensuite, vous avez pris l’initiative d’approfondir votre connaissance de votre religion : est-ce que cela vous a donné, aussi, la curiosité d’en apprendre plus sur les autres religions monothéistes ?
-          Cet enseignement de la « culture religieuse » est-il obligatoire ? Est-il différent de « l’enseignement du fait religieux » que l’école laïque a décidé, avec du retard, de dispenser également ? Est-il uniquement théorique ou comprend-il également des discussions avec les élèves, et des échanges avec des juifs et des musulmans en dehors ?
-          Est-ce qu’en se limitant strictement à l’exposé de ce que sont les différentes religions monothéistes on ne passe pas – surtout concernant les musulmans - à côté d’une réalité qui est complexe : il y a aussi tout un aspect sociologique et culturel ; il y a des mémoires qui peuvent se heurter, par exemple des visions différentes de l’Histoire proche et lointaine ; et puis il n’y a pas seulement « un islam  modéré » face à un « islam djihadiste », il y a plusieurs écoles religieuses, les Sunnites qui affrontent les Chiites, les Soufis, etc. Parlez-vous aussi de tout cela ?
-          Votre chapitre 6 est intitulé « Voyages scolaires et rencontres ». Vous venez régulièrement en région parisienne, et se rencontrent ainsi vos terminales et celles des élèves juifs des lycées de l’Alliance ; vous évoquez bien tout ce qui rapproche jeunes juifs et chrétiens dans le mode de vie. Mais au-delà de cette fierté, il y a chez les juifs un sentiment de peur dû à des agressions et à la remontée de l’antisémitisme ; cela les médias l’abordent, enfin, mais ne semble pas évoqué dans votre enseignement ?
-          Vous avez entrepris cet enseignement depuis une vingtaine d’années, or il y a eu une « bascule » dans l’opinion publique depuis les attentats de janvier 2015. Où en sommes-nous, dans le « peuple chrétien », celui que vous fréquentez et qui va à la messe le dimanche ? Est-ce qu’on n’a pas, malheureusement, une polarisation entre « cathos de gauche » - pour qui l’islam serait un autre christianisme - et « cathos identitaires », pour qui les musulmans sont des envahisseurs ?

Une émission originale, que j’espère vous serez nombreux à suivre le 17 décembre.

J.C