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24 mars 2019

Le Maroc a aidé Israël à gagner la guerre des Six Jours en prévenant les renseignements


Le roi Hassan II a fourni des enregistrements top secrets des discussions entre les dirigeants arabes avant la guerre, dit l’ancien chef des renseignements militaires

Israël devrait largement remercier le Maroc pour sa victoire contre les ennemis arabes pendant la guerre des Six Jours de 1967, selon les révélations d’un ancien chef des renseignements militaires israéliens.

En 1965, le roi Hassan II a transmis à Israël des enregistrements d’une rencontre cruciale entre les dirigeants arabes où ils discutaient de leur préparation à la guerre contre Israël.
Cette rencontre a non seulement révélé que les rangs arabes étaient divisés – d’importantes disputes ont éclaté, par exemple, entre le président égyptien Gamal Abdel-Nasser, et le roi Hussein de Jordanie, mais aussi que les pays arabes étaient mal préparés à la guerre, a déclaré ce week-end le général Shlomo Gazit au quotidien Yedioth Ahronoth.
En se fondant sur ces enregistrements, ainsi que d’autres renseignements rassemblés dans les années précédant la guerre, Israël a lancé une frappe préventive au matin du 5 juin 1967, bombardant les aérodromes égyptiens et détruisant presque tous les avions de chasse de l’Egypte.
Pendant la guerre, qui a pris fin le 10 juin, Israël a saisi la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï à l’Egypte, la Cisjordanie et Jérusalem Est à la Jordanie, et le plateau du Golan à la Syrie.

Le roi Hassan II avait secrètement enregistré la réunion de 1965 parce qu’il ne faisait pas confiance à ses invités de la Ligue arabe, a annoncé Yedioth.
Il avait initialement autorisé une équipe commune des renseignements intérieurs et extérieurs israéliens, le Shin Bet et le Mossad, connue sous le nom des « Oiseaux », à occuper un étage entier du luxueux hôtel de Casablanca où se déroulait la conférence. Cependant, craignant que les agents ne soient remarqués par les invités arabes, le roi leur avait demandé de partir à la veille de la conférence.
Pourtant, selon Rafi Eitan, homme politique israélien et ancien officier des renseignements, qui codirigeait « les Oiseaux » avec Peter Zvi Malkin, légende du Mossad, les Marocains « nous ont donné les informations nécessaires, et ne nous ont rien refusé » juste après la fin de la conférence. Il n’a pas été précisé si Eitan avait parlé au Yedioth ou avait déjà fait cette déclaration.
Meir Amit, chef du Mossad à l’époque, avait décrit l’opération marocaine comme « l’une des gloires suprêmes du renseignement israélien » dans un mémo adressé à Levi Eshkol, alors Premier ministre.
Les dirigeants arabes s’étaient secrètement réunis en septembre 1965 à l’hôtel de Casablanca, avec leurs chefs des renseignements et des armées, pour discuter de savoir s’ils étaient prêts à une guerre contre Israël, et, dans ce cas, pour décider de créer ou non un commandement arabe commun pour un tel conflit.
Il y avait eu un accord sur le besoin de se rassembler pour la guerre, a annoncé Yedioth Ahronoth, et les commandants militaires avaient ouvertement parlé de leurs capacités.

Les enregistrements des discussions avaient été transmis au département de recherche de la Direction des renseignements militaires d’Israël, où ils avaient été traduits en hébreu.
« Ces enregistrements, qui étaient vraiment une réussite extraordinaire des renseignements, nous ont encore montré que d’une part, les états arabes se dirigeaient vers un conflit auquel nous devions nous préparer. D’autre part, leurs divagations sur l’unité arabe et l’existence d’un front uni contre Israël ne reflétaient pas l’unanimité réelle entre eux », a déclaré Gazit, qui dirigeait à l’époque le département de recherche.

Grâce aux enregistrements, et à d’autres sources, « nous savions à quel point ils étaient peu préparés à la guerre, a continué Gazit. Nous avons conclu que le Corps des blindés égyptiens était dans un état pitoyable et qu’il n’était pas prêt au combat. »
Le commandant des Corps blindés de l’armée israélienne à l’époque, le général Israël Tal, « a rejeté notre opinion avec mépris, a déclaré Gazit, disant que leur situation ne pouvait pas être si grave. Nous avons ensuite vu qui avait raison. »
Les renseignements de ces enregistrements ont donné au gratin militaire israélien le sentiment « que nous allions gagner la guerre contre l’Egypte. Les prophéties de malheur et le sentiment d’une défaite imminente étaient majoritaires en Israël et chez les responsables extérieurs à l’establishment militaire, mais nous avions confiance en nos forces. »
Gazit a été nommé à la tête des renseignements militaires après l’échec de ceux-ci à anticiper les attaques de l’Egypte et de la Syrie contre Israël à Yom Kippour en octobre 1973.

Sue Surkes
The Times of Israël, 16 octobre 2016

22 mars 2019

Casablanca, ville coloniale



Impossible de proposer un dossier sur le Maroc sans évoquer Casablanca, sa bouillonnante capitale économique : si Rabat est la capitale du pays, « Casa » est la ville la plus peuplée, bien plus que Paris par exemple car elle compte près de 3 millions et demi d’habitants.

On trouvera sur Wikipedia un article très détaillé sur la ville, attardons-nous juste un instant sur son histoire : on y apprend qu’elle fut très anciennement peuplée, comme l’attestent de nombreux sites archéologiques ; dénommée Anfa, elle fut le port d’un Royaume berbère, lui-même soumis par une suite de  dynasties qui arabiseront totalement la ville ; mais un raid punitif de la flotte portugaise devait la laisser en ruines, jusqu’au 18ème siècle. Après le départ des Portugais, un Sultan commença à reconstruire la citée, nommée « Dar el Baida » (« la maison blanche ») nom qui devint en espagnol plus tard « Casablanca » et qui s’imposa sous la colonisation – plus précisément le mandat français – au début du 20ème siècle. C’est alors que, réellement, naquit la grande cité que nous connaissons maintenant. 

Extrait de l’article :
« Le protectorat dirigé par le maréchal Lyautey, résident général jusqu'en 1925, se traduisit pour Casablanca par la construction d'un des plus grands ports d’Afrique et par son explosion urbaine, disciplinée par les plans d'urbanisation (…) Casablanca abritait la plus forte communauté européenne du Maroc (on estime que les Européens formaient environ 60% de la population casablancaise). »

 Casablanca, architecture art déco

Sur le site Casablanca City Guide, une page est consacrée à l’architecture léguée par la France. Extrait ci-dessous :
« Dès 1920, au cœur même des années folles, débuts de l’art déco, pionniers et colons vont inciter Casablanca à devenir la locomotive et le symbole d’un Maroc à venir : moderne, dynamique et ouvert.
Ainsi, Casablanca, laboratoire d’urbanisme et d’innovations où, pluralisme décoratif, dernières tendances, et utilisation de nouvelles technologies, telle en 1917 celle du béton armé, y seront testés et tous ces courants, feront de la ville ce qu’elle représente aujourd’hui...
On y retrouve tous les styles : arabo-andalou revisité à la française, art nouveau, néo-classicisme, art déco, néo-mauresque, fonctionnalisme, cubisme, hygiénisme, immeuble à redans, et brutalisme. »

 Détail de façade

Bien avant les grandes vagues de départ des années 50 et 60, les communautés juives, longtemps dispersées sur tout le territoire du Royaume, allaient peu à peu se replier vers la capitale économique où elles allaient participer à son développement. Ci-dessous, la photo d'un immeuble ayant conservé son patronyme d'origine. 

 L'immeuble Lévy Bendayan (1929)
 
Cette modernité, les architectes français allaient la bâtir jusqu’aux années précédant immédiatement l’indépendance (1956). Ainsi, le splendide immeuble « Liberté » construit en 1950, et qui fut le premier gratte-ciel d’Afrique (plein d’informations à son sujet sur ce lien)

 L'immeuble "Liberté"

Deux liens, pour finir, pour les passionnés qui voudraient en savoir plus : sur le site Dafina.net, une page et un forum consacré au Casa art déco ; et enfin, une association et un site consacrés à la préservation du patrimoine architectural de la ville, http://www.casamemoire.org/

J.C