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28 septembre 2008

La libération de la femme tunisienne : j’en parlerai avec Gérard Cardonne le 5 octobre


J’ai déjà eu le plaisir d’avoir Gérard Cardonne à notre micro il y a un moins d’un an, nous avions parlé de son livre « La nuit afghane » publiée aux éditions Hirlé. Vous pouvez d’ailleurs télécharger cette émission en allant sur ce lien. Rappelons que c’est un écrivain engagé. Alsacien de naissance et très attaché à sa terre natale, il n’a pas eu peur de sillonner le Monde, et pas pour des destinations toujours touristiques puisqu’il s’est rendu dans des régions ensanglantées par de terribles conflits : l’Afghanistan, donc, mais aussi la Bosnie et l’Algérie. Et le fil conducteur de tous les romans que ont inspiré ces voyages, c’est le combat des femmes en terre d’islam, qui sont souvent victimes de préjugés machistes au nom de la religion.

Nous allons parler dimanche prochain de son dernier ouvrage, et celui-là est par contraste lumineux, rempli d’optimisme car il parle du pays arabe où la libération de la femme a fait des bonds gigantesques, ce pays c’est la Tunisie. Le livre a pour titre « Selma, une femme libre » (Le Verger éditeur). Petit clin d’œil, c’est justement en Tunisie que nous avions fait connaissance l’année dernière, à l’occasion d’un colloque. Et, je le répète assez souvent, ce pays est cher à mon cœur car c’est là où je suis né et où j’ai grandi, et je dois dire que de Sidi Bou Saïd à Djerba en passant par Hamamet et Korbous, j’ai retrouvé des paysages gravés dans ma mémoire, j’ai retrouvé aussi des évocations bien appétissantes de la gastronomie locale, bref on peut dire que l’auteur a donné envie de visiter ou de redécouvrir un pays dont il est vraiment tombé amoureux. Amoureux, d’ailleurs, comme son héros avocat, alsacien comme Gérard Cardonne, et qui finit par succomber au charme de Selma, l’héroïne tunisienne qui était pourtant la « partie adverse » dans son roman ... En quelques mots, voici la trame de l’histoire : un avocat arrive à Tunis, chargé par son cabinet de défendre les intérêts d’un client algérien, que sa femme tunisienne a abandonné en fuyant dans son pays natal et surtout en amenant leur enfant, une petite fille née en France donc de nationalité française. Et là, vont s’affronter deux législations diamétralement opposées sur le droit des femmes, le « Code de la famille » algérien et le « Code du statut personnel » tunisien.

Les auditeurs me connaissent assez pour savoir que je ne suis pas excessivement complaisant dans mes interviews, et donc que, aussi sympathiques que soient et mon invité et le sujet traité, je ne vais pas avoir peur de poser des questions délicates. Ainsi :
- Est-ce que l’auteur n’a pas un peu enjolivé la situation de la femme dans le pays en mettant en avant les profils modernes que l’on rencontre plutôt dans les grandes villes, et alors que d’autres témoignages évoquent plutôt la multiplication des foulards islamiques en Tunisie ?
- Gérard Cardonne a imaginé dans son roman le personnage d’une jeune juive tunisienne d’origine djerbienne et qui semble très heureuse de vivre dans son pays natal, mais pourquoi n’avoir même pas évoqué le passé, et le départ massif des Juifs de ce pays ?
- Entre une dictature laïque et une démocratie où les islamistes gagneraient les élections, qu’elle serait sa préférence ? Et ne pense-t-il pas qu’il existe aussi en Tunisie, un courant à la fois d’opposition et non islamiste ?

Merci d’être à l’écoute dimanche prochain, car je suis sûr que Gérard Cardonne sera aussi percutant que dans ma précédente interview ! 

J.C