Notre radio

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22 septembre 2005

Hier sur Judaïques FM : André Nahum a rendu hommage à la nouvelle politique d'Ariel Sharon, et dénonce son opposition au sein du Likoud

Introduction : 
Mon ami André Nahum (voir article sur le blog), lit tous les mercredi matin un "billet" qui est très suivi par les auditeurs de notre radio. Voici la retranscription de son intervention d’hier 21 septembre, où il évoque les menaces de renversement du gouvernement Sharon provenant du clan des « durs » du Likoud menés par Netanyahou. On admirera la clarté de son analyse, hélas rarement partagée par les « excités » qui s’expriment sur les « lignes ouvertes » du 94.8 FM ! 
J.C
 
Ovationné à l’ONU, reçu en triomphe à New-York, Ariel Sharon rentre dans son pays pour affronter l’hostilité de son propre parti, le Likoud. La fronde menée par son ancien ministre des finances Benyamin Netanyahou a des chances non négligeables de l’abattre. Que lui reproche-t-on au juste ? D’avoir trahi ses promesses électorales, disent ses adversaires, en évacuant les 8.500 résidents juifs de la bande de Gaza, qui vivaient au milieu d'un million et quart d’Arabes hostiles, et dont la protection exigeait la présence de milliers de soldats, des routes de contournement et des barrages multiples.
Ce n’est pas de gaîté de coeur qu’un dirigeant juif de l’envergure d’Ariel Sharon, expulse de leurs demeures d’autres Juifs. Les évacués de Gaza ont droit au respect, à l’affection, à la sollicitude , à la compréhension et à de justes compensations mais que faire lorsque l’intérêt supérieur de la nation l’exige ? Qu’espèrent donc ceux qui veulent la peau du Premier Ministre ? Ont-ils un projet politique de rechange pour tenter un minimum de cohabitation avec les Palestiniens ? Comment la droite du Likoud envisage-t-elle l’avenir ? En accordant aux Palestiniens des confettis de zones autonomes ? Ni les Palestiniens ni l’opinion internationale ne l’accepteront jamais.
Imaginons que Natanyaou réussisse à évincer Sharon, que fera-t-il s’il prend sa place ? Probablement comme lui. Souvenons nous. En octobre 1998, à Wye River, il accepta le retrait de 13% de la Cisjordanie, l’ouverture du port et de l’aéroport de Gaza, l’ouverture d’une route pour faire communiquer Gaza et Jéricho. Il avait dû d’ailleurs affronter lui aussi à l’époque l’aile droite de son parti. Il ne peut pas ignorer aujourd’hui que ni lui, ni aucun autre dirigeant ne peut conserver en l’état toutes les implantations juives en Cisjordanie. Il devra, s’il accède au pouvoir, faire preuve lui aussi, de pragmatisme pour être en mesure de préserver l’essentiel, c’est à dire Jérusalem unie et les gros blocs d’implantations. 

Israël ne doit pas gouverner un autre peuple a déclaré Sharon et selon les sondages, une majorité d’Israéliens seraient d’accord avec lui. 
Avant le retrait de Gaza, l’image internationale d’Israël était désastreuse. Je rappellerai un sondage (rapporté par le Jérusalem Post, 1er novembre 2003), effectué en 2003 en Europe. Sur 7.500 personnes interrogées, 59% disaient qu’Israël est une plus grande menace pour la paix du monde que la Corée du Nord, l’Iran ou l’Afghanistan. Ayant réussi sa difficile opération, Sharon a tenu à l’ONU un discours juif et il a fait mouche. La plupart des chefs de délégations y ont été sensibles et il a réussi à retourner de fond en comble l’opinion mondiale. On déroule sous ses pieds le tapis rouge et les nations du monde, y compris de nombreux pays arabes et musulmans expriment le désir de se rapprocher d’Israël. Son ministre des affaires étrangères Silvan Shalom, né à Tunis, est devenu à New-York la coqueluche des ministres arabes. Sa rencontre avec son homologue tunisien Abdelwahab Abdallah fut marquée par des embrassades et des étreintes. Abdallah a même invité la mère de Silvan Shalom à venir avec lui en Tunisie en novembre lors de la conférence sur les communications (Jérusalem Post du 20/09).
Bon ! Nul n’est assez naïf pour croire que "c’est arrivé" et que tout est réglé. Déjà les pressions du "Quartet", USA-ONU, Europe - Russie, s’annoncent pour que Gaza soit un début et non pas une fin et tout laisse à prévoir que la bataille pour l’avenir de la présence juive en Cisjordanie sera rude. Souhaitons qu’elle se déroule sur le seul terrain diplomatique. 

 André Nahum