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18 septembre 2018

La plus dangereuse exportation de la Grande-Bretagne : le corbynisme


Jeremy Corbyn

L'auteur américain James Kirchick explique pourquoi la gauche européenne a tort de vouloir suivre les traces du leader travailliste.

Que Jeremy Corbyn fasse figure de sauveur montre l’état d’affaiblissement de la Gauche européenne. C’est pourtant ainsi qu’un nombre croissant de sociaux-démocrates désespérés se représentent le dirigeant d’extrême-gauche à la tête du Parti travailliste anglais.
On le comprend aisément : quoique dans l’opposition, le Parti travailliste apparait relativement fort, comparé à tous les partis sociaux-démocrates en Europe, où la Gauche est en chute libre et où les partis de centre-droit et d’extrême-droite dominent.
Lançant son pari à long terme pour s’imposer à la tête du Parti travailliste il y a trois ans, la percée du parfait député de base qu’était Corbyn a inspiré à des centaines de milliers de gens l’idée de rejoindre le parti, au point d’en faire le plus nombreux d’Angleterre.
Bien que le parti travailliste ait perdu l’an dernier les élections générales-surprise, Corbyn dépassa toutes les espérances, infligeant à la Première Ministre Teresa May une claque très rare en politique : une victoire humiliante.
Et aujourd’hui, grâce à l’incertitude rampante qu’à produite le Brexit et aux incessants coups de couteau dans le dos que se portent à eux-mêmes les Conservateurs, le Parti travailliste, en cas d’élections, sortirait vainqueur.

Un extrémiste

Alors qu’il devrait, de ce fait, être un « non-partant » pour les progressistes européens, Corbyn est un eurosceptique de toujours. Il a voté contre l’adhésion de la Grande-Bretagne à l’Union européenne en 1975 et n’a pas levé le petit doigt durant la campagne contre le Brexit, quarante ans plus tard. Corbyn appartient à une école de pensée de gauche qui considère l’Union européenne comme une conspiration capitaliste entravant l’implantation du socialisme dans chaque pays.
Mais, plus encore, le succès de Corbyn est dû, à plusieurs titres, à une chance extraordinaire, aux exigences de la politique interne du Parti travailliste et au système électoral majoritaire à un tour.
Une année avant l’élection de 2015 pour la direction du Parti, celui-ci substitua au processus qui accordait un poids égal aux parlementaires, aux représentants syndicaux et aux membres cotisants, le système de « un homme, une voix ». Le droit de vote, élargi à quiconque payait trois Livres, provoqua un afflux « d’entristes » venus de groupuscules gauchistes, qui soutenaient Corbyn. Avec pour conséquence qu’il gagna son élection haut la main.
Dans le système de représentation proportionnelle en usage dans la plupart des pays européens, Corbyn et les siens seraient relégués dans un parti d’extrême-gauche avec une représentation parlementaire mineure sinon égale à zéro, et non comme s’ils représentaient le courant central de la Gauche.
La liste sans fin des membres du Parti sous Corbyn est trompeuse. Loin d’indiquer un Parti jouissant d’un large et profond soutien dans la société britannique, tout repose sur le culte de la personnalité.
Sa base de supporteurs a protégé Corbyn de ses gaffes et des insurrections qui seraient venues à bout de tout autre dirigeant, à commencer par ce vote de défiance en 2016 de 172 des 229 parlementaires travaillistes.
Sa présence à la tête du Parti a, par ailleurs, un effet déformant sur la politique britannique en général, déportant le Parti travailliste tellement à gauche qu’il en perd sa compétitivité. Au regard de l’incompétence à gouverner des Conservateurs et de leur non-combativité, le Parti travailliste conduit par quelqu’un de politiquement habile et idéologiquement moins extrême – soit presque tout le monde sauf Corbyn – aurait pris le pouvoir depuis longtemps.

Pro-russe

Non content d’être socialiste au plan économique, le Corbynisme est mécaniquement anti-occidental en politique étrangère. En dépit de son attirance pour les infortunés socialistes néerlandais, le Corbynisme fait pâle figure dans les terres au-delà du Rideau de fer.
Ayant vécu sous le « socialisme réel » que Corbyn à célébré en paroles, bien des gens dans cette partie du monde sont allergiques à ces bromures marxistes du dirigeant marxiste du Parti travailliste et se montrent naturellement sceptiques à l’endroit d’un homme dont le modus operandi sur des sujets majeurs qui nous préoccupent tous est de se demander quelle est la position américaine et d’en prendre aussitôt l’exact contre-pied.
Bien que n’étant pas communiste lui-même, Corbyn a été un compagnon de route des causes communistes et des mouvements tiers-mondistes alignés sur Moscou durant la Guerre froide. Son plus proche assistant, ancien journaliste au Guardian, Seumas Milne, est un stalinien bon teint. Corbyn a épousé le point de vue de Moscou sur des sujets aussi bien majeurs (blâmant la « belligérance » de l’OTAN lors de l’invasion russe de l’est de l’Ukraine) que mineurs (déclarant que la chaîne de propagande Russia Today était plus objective que la BBC).
Son ambivalence sur les conclusions des services britanniques quant à la responsabilité russe dans l’agression contre l’agent double Sergei Skripal sur le sol britannique est l’exemple le plus récent de sa propension à soutenir la Russie contre son propre pays.

Un anti-sémite

Ce qui nous conduit aux raisons morales pour lesquelles les sociaux-démocrates européens devraient rejeter sans appel les politiques du Corbynisme.
Après près de trois années sous la direction de Corbyn, la crise liée à l’antisémitisme au sein du Parti travailliste n’a cessé de s’aggraver. La semaine dernière encore, Corbyn a comparé les actions d’Israël à Gaza à celles des nazis à Stalingrad, a gratifié les terroristes du Hamas du beau mot de « frères », a ridiculisé un collègue juif en le traitant « d’honorable élu de Tel Aviv » et s’est posé la question, sur une chaîne d’Etat iranienne, de savoir si Israël avait joué un quelconque rôle dans une attaque terroriste contre l’Egypte.
La journée en mémoire de l’Holocauste de 2011, Corbyn, s’alignant sur son chancelier fantôme John McDonnell, soutint une résolution parlementaire visant à renommer cette journée « La journée en mémoire des génocides ». Plus récemment, Corbyn et ses amis ont tenté d’amender la définition de l’antisémitisme générée par l’Alliance Internationale pour la mémoire de l’Holocauste, en vue d’exclure des exemples se rapportant à Israël. Invalider pareille rhétorique (comparer Israël à l’Allemagne nazie, imputer aux Juifs une loyauté à deux vitesses) comme antisémite constitue une tentative parfaitement cynique de Corbyn et ses acolytes de s’innocenter rétroactivement de l’accusation d’antisémitisme, après s’y être livré durant des décennies.
La conclusion à laquelle on ne peut échapper est que Corbyn est un antisémite. Non pas dans le sens brutal où le furent des gens comme l’ancien grand manitou du Klu Kluk’s Clan, David Duke, ou Nick Griffin, le fidèle du Parti National Anglais, ou encore le blogueur neo-nazi Daily Stormer (qui, par parenthèse, soutient le dirigeant travailliste). L’antisémitisme de Corbyn est plus subtil et nuancé, il est une fonction de son antisionisme passionné.
Corbyn est un gauchiste dogmatique, qui ne pense le racisme qu’au prisme du pouvoir dont, dans sa vision marxiste simpliciste et vulgaire, sont forcément détenteurs les Juifs. Il est incapable de comprendre combien les Juifs peuvent se sentir victimes de l’antisémitisme de gauche venant désormais s’ajouter à l’antisémitisme traditionnel d’extrême-droite.
Il est difficile d’imaginer un politicien ayant, sur les Juifs, les idées de Corbyn faisant son chemin dans les rangs du Parti socialiste français, encore moins des Sociaux-démocrates allemands.
L’activisme de Corbyn pour renommer la Journée en mémoire de l’Holocauste suffirait à le disqualifier auprès de la Gauche allemande, qui fit le formidable travail, des générations durant et dans l’indifférence générale de la société, de mettre l’Holocauste au centre de l’histoire européenne du vingtième siècle.
La dépréciation de l’Holocauste par Corbyn comparant des crimes bien moindres à l’extermination systématique de six millions de Juifs – ou la tactique manifestement antisémite de comparer les Juifs aux nazis – est taboue pour qui a un minimum d’éducation et fait preuve de conscience morale.

Un idiot utile

Les fondements de l’attitude de Corbyn envers les Juifs, Israël et plus largement envers l’histoire de la Grande Bretagne durant la seconde guerre mondiale et son histoire impériale, sont une autre indication de ce avec quoi on ne pourrait jouer en Europe continentale.
A la différence des nations du continent européen, la Grande-Bretagne n’est pas tombée sous le joug nazi ni n’a collaboré. Les Juifs anglais furent protégés par l’Etat britannique, échappèrent à la chambre à gaz. D’où il s’ensuit que les déclarations et les attitudes qui sont taboues dans une société comme l’Allemagne – où l’enseignement de l’Holocauste est obligatoire et où de nombreux étudiants ont des ancêtres qui participèrent aux crimes fascistes contre les Juifs – manquent de force dans un pays qui s’enorgueillit d’avoir combattu Hitler, et pendant un moment, seul.
L’anti-occidentalisme de Corbyn qui est sa marque de fabrique est aussi un sous-produit de l’opposition de gauche autant historique que provinciale à l’Empire britannique. Après la seconde guerre mondiale, qui sonna le glas de l’entreprise coloniale anglaise, l’animosité envers l’empire global raciste et capitaliste d’antan se reporta sur les Etats-Unis. Pas tous, dans les Gauches européennes, empruntèrent cette voie. A la différence de Corbyn, des sociaux-démocrates comme Clément Attlee, Helmut Schmidt, Bettino Craxi ou François Mitterrand comprirent tous la valeur de l’alliance transatlantique avec les Etats-Unis, et firent preuve de clarté morale dans leurs rapports avec l’Union soviétique.
Corbyn adore évoquer les réalisations d’après-guerre mises en oeuvre par le Parti Travailliste sous Attlee, fait montre d’une nostalgie croissante à l’égard du Service National de Santé, des programmes massifs de logements et de l’adoption de droits nouveaux pour les ouvriers. Mais il n’en représente pas moins une rupture radicale avec Attlee dans la plupart des domaines.
Là où Attlee était pro-américain, Corbyn est anti-américain. Là où Attlee était anti-soviétique et inflexible sur le caractère démocratique du socialisme démocratique, Corbyn aura été toute sa vie un idiot utile de Moscou et un allié des communistes britanniques. Là où Attlee contribua à bâtir l’OTAN et l’arsenal nucléaire britannique, Corbyn est opposé aux deux. Et tandis qu’Attlee soutint la création d’un Etat juif, Corbyn a passé toute sa carrière à promouvoir, célébrer et travailler avec des gens résolus à détruire ce même Etat.
C’est un social-démocrate allemand, Auguste Bebel, qui, le premier, a dit de l’antisémitisme qu’il était « le socialisme des imbéciles ». Peu de choses seraient aussi déraisonnables que de voir la Gauche européenne embrasser aujourd’hui la politique de Jeremy Corbin.

James Kirchick

Traduit de l’américain par Gilles Hertzog

La Règle du Jeu, 17 août 2018

16 septembre 2018

Tunisie, un passé juif à reconnaitre : Habib Kazdaghli sera mon invité le 23 septembre

Détail de mosaïque, Synagogue de Naro-Hammam Lif

J’ai intitulé ma prochaine émission : « Tunisie, un passé juif à reconnaitre ». Et c’est presque un jeu de mots, car le verbe « reconnaitre » peut se comprendre dans deux sens. D’abord, littéralement, il s’agit d’une connaissance à se réapproprier au niveau collectif, comme si le peuple tunisien ayant vécu avec sa millénaire communauté juive, qui en était une composante, redécouvrait son passé. Mais « reconnaitre » peut aussi se comprendre dans un sens moral, car les Juifs tunisiens ont été longtemps gommé de la mémoire nationale, et leur contribution à l’Histoire du pays mérite d’être connue par les nouvelles générations, qui ont pratiquement grandi sans jamais en rencontrer. Pour en parler, je recevrai l’intellectuel tunisien sans qui, vraiment, cette reconnaissance n’aurait pas été possible, il s’agit du professeur Habib Kazdaghli. Nous nous connaissons depuis longtemps, puisqu’il a fait partie de mes premiers invités, c’était en 2001. Docteur en Histoire, il est professeur des Universités depuis 2004, et il a été le Doyen de l’Université de Tunis La Manouba de 2011 à 2017. Il a acquis, à son corps défendant, une célébrité nationale quand des étudiants islamistes ont voulu le contraindre à accepter des élèves en niqab, et cela lui a valu et un procès et des menaces. Mais, surtout, il a formé depuis une vingtaine d’années des générations d’étudiants travaillant sur le passé pluriel de la Tunisie.

Parmi les questions que je poserai à Habib Kazdaghli :

-          Qu’est ce qui a conduit un universitaire né au tournant de l’indépendance, certes spécialiste de l’Histoire contemporaine, par ailleurs clairement engagé à Gauche, à s’intéresser à ce passé particulier ?
-          Pourriez-vous donner des exemples de sujets de ces recherches, pour ce qui concerne d’autres minorités jadis présentes en Tunisie ? Même question pour les thèses récentes concernant les Juifs ? Et pourriez-vous rappeler le travail fait en coopération avec des historiens juifs ?
-          La mémoire d’une communauté qui ne vit quasiment plus dans le pays, on peut l’enregistrer dans des travaux universitaires, on peut en tirer des livres mais très peu de gens iront les chercher dans des Bibliothèques. D’où l’idée d’un musée du patrimoine judéo-tunisien, qui comprendrait à la fois des objets matériels et des supports divers pour les présenter, vidéos, enregistrements, etc. Une de vos étudiantes a compilé ce qui existait déjà dans le pays, pourriez-vous en dire plus à nos auditeurs ?
-          Il y a déjà de la matière pour remplir une surface très importante, avec des dizaines de pièces archéologiques, des centaines d’objets rituels ou non, des documents, des manuscrits, des films et cela sans parler de ce qui pourra venir de France ou d’ailleurs. Il y a eu un débat sur l’emplacement de ce Musée, certains souhaitent un bâtiment spécifique, d’autres préfèrent que soit une aile d’un Musée National comme celui du Bardo : qu’en pensez-vous ?
-          Il y a malheureusement la « pollution »de cette mémoire judéo-tunisienne par le conflit israélo-palestinien, conflit qui malheureusement n’en finit pas mais qui provoque beaucoup d’hystérie en Tunisie. Il a été présenté à l’Assemblée il y a quelques mois un projet de criminalisation de toute relation avec Israël : dans le cadre de ce Musée, et vu qu’environ la moitié des juifs tunisiens sont allés vivre là-bas, si un objet ou un document venant d’Israël était proposé, est-ce que cela serait refusé ? Si vous organisez un colloque à Tunis, est-ce que des historiens israéliens seraient interdits de participation ?
-          Vous avez pris l’initiative de faire venir à Tunis une exposition réalisée par le « Holocaust Memorial » de Washington, et il y a eu des incidents : est-ce que vous pourriez raconter cela ?

Un sujet capital pour la mémoire judéo-tunisienne, et qui n’intéresse pas que le « Tunes » : soyez nombreux à l’écoute !

J.C

14 septembre 2018

Mort de Rachid Taha, chanteur du métissage musical


Des chansons comme « Ya Rayah » ou la reprise de « Douce France » symbolisaient sa musique, mélange d’influences algériennes, de rock, de punk et d’electro. Il est mort dans son sommeil à 59 ans.

Le chanteur Rachid Taha est mort dans la nuit de mardi 11 à mercredi 12 septembre d’une crise cardiaque dans son sommeil, à son domicile de la région parisienne, a fait savoir sa famille dans un communiqué. Il avait 59 ans.

« Son fils Lyes, sa famille, ses proches, tous ses amis et son label Naïve ont le regret et l’immense tristesse d’annoncer le décès de l’artiste Rachid Taha, survenu cette nuit suite à un arrêt cardiaque à son domicile des Lilas. »
Plusieurs personnalités du monde de la culture lui ont rendu hommage. « Rachid Taha était un grand artiste, mon ami et mon frère, il sera dans mon cœur pour la vie », a écrit sur Twitter le chanteur Axel Bauer. « RIP l’ami », a écrit Le producteur Pascal Nègre, évoquant les « fêtes, discussions, rires jusqu’à la fin de la nuit ». L’ancien ministre Jack Lang a salué un « artiste à la fois créatif et atypique. Il était l’esprit de cette France arc-en-ciel et tolérante ».

L’emblématique reprise de « Douce France »

Rachid Taha était une des personnalités fortes et attachantes de la scène rock hexagonale depuis ses débuts, en 1981, avec le groupe Carte de séjour, qu’il avait formé à Lyon avec quatre autres musiciens. Incarnant la jeune génération des années 1980, le groupe participa notamment à la fameuse marche pour l’égalité et contre le racisme en 1983.
Né en Algérie, près d’Oran, arrivé en Alsace à l’âge de 10 ans, Rachid Taha aimait construire des ponts entre les cultures. En 1986, il reprenait avec son groupe la chanson Douce France, de Charles Trenet, en faisant l’hymne d’une jeunesse française métissée et tolérante.
Pour lutter contre les lois Pasqua visant à réglementer l’immigration, Carte de séjour alla jusqu’à distribuer ce single aux députés à l’Assemblée nationale. Cette chanson fut aussi celle des meetings de la campagne présidentielle de François Mitterrand en 1988.

« Ya Rayah », tube intergénérationnel

Se produisant en solo à partir de 1989, Taha, qui a grandi avec le punk et le rock, ne cessa par la suite d’y être fidèle, tout en les infusant de musique orientale, comme avec sa reprise de Rock the Casbah, de Clash.
Il sort en 1997 un tube transgénérationnel, une reprise de Ya Rayah, hymne des immigrés algériens composé par l’idole du chaâbi, Dahmane El-Harrachi (1925-1980). Un genre musical qu’il affectionnait : « J’ai découvert le chaâbi à la radio, puis par les Scopitone dans un bar à côté d’où l’on habitait, en Alsace, avec mes parents, racontait Rachid Taha en 2017. C’est un peu notre Jack Kerouac à nous, de manière plus orientale ou désorientée. »
En 1998, année de fierté black-blanc-beur, c’est le succès de 1, 2, 3, soleils, réunissant Rachid Taha, Khaled et Faudel.
Pour la sortie de son dernier album, Zoom, en 2013, le chanteur électrise le Trianon à coups de sons traditionnels et électroniques, de métissages punk, jamaïcains et electro. Quatre ans plus tard, il rend hommage au chaâbi le temps d’un concert à l’Institut du monde arabe.
En 2016, il reçut une Victoire de la musique pour l’ensemble de sa carrière, avant de créer le projet CousCous Clan avec Rodolphe Burger. Il s’apprêtait à sortir chez Believe un nouvel album, dont le premier morceau devait s’intituler Je suis africain.

Le Monde, 12 septembre 2018