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17 février 2019

Maghreb, jeux de pouvoir et oppositions : Pierre Vermeren sera notre invité le 24 février


Mon prochain invité sera Pierre Vermeren. Mes auditeurs fidèles commencent à bien le connaitre, pour mémoire il est professeur d’histoire à l’Université Paris Panthéon Sorbonne, et un grand spécialiste du Maghreb pour lequel il a écrit plusieurs ouvrages, dont la plupart ont fait l’objet d’émissions dans ma série. La première fois que je l’avais reçu, c’était il y a quinze ans pour un livre dont le titre était « Maghreb, la démocratie impossible ? » ; et depuis, le fil rouge de son travail est resté l’aspiration à la liberté des peuples du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie. Son dernier ouvrage a été co-écrit avec Madame Khadija Mohsen-Finan, qui est politologue et membre du laboratoire Sirice auquel il est également attaché. « Dissidents du Maghreb » (éditions Belin) est un volumineux ouvrage de 350 pages, extraordinairement riche de renseignements précis sur un sujet peu connu, celui des hommes et des femmes qui ont combattu des régimes autoritaires pendant les décennies qui ont suivi les indépendances. Alors il était vraiment impossible de tout traiter en une émission, j’ai donc structuré notre interview en deux parties : dimanche prochain j’ai choisi comme sujet « Jeux de pouvoir et oppositions », et mon invité donnera un éclairage historique et politique à nos auditeurs ; et puis dans deux semaines, le titre sera « Dissidences plurielles », et nous verrons quels ont été leurs modes d’expression.

Parmi les questions que je poserai à Pierre Vermeren :

-          Dans les premières lignes de votre introduction vous citez des intellectuels jadis célèbres du bloc soviétique, qui ont été les première figures des dissidents dans l’histoire contemporaine. Par rapport aux dissidences, du Maghreb, aussi bien personnalités que mouvements, quelles sont les différences avec les « refuzniks » ? Pourquoi en a-t-on beaucoup moins parlé, et pourquoi nos gouvernements ne les ont pas vraiment soutenues ?
-          A propos du Maroc : quel était le paysage politique au moment de l’Indépendance, est-ce qu’on aurait pu avoir comme en Algérie et en Tunisie une longue période de parti unique et pourquoi le roi Mohamed V ne l’a pas voulu ? Quels furent les épisodes sanglants de la décennie entre 1965 et 1975 ?
-          L’Algérie et de la Tunisie, au moment de leurs indépendances, ont eu à leur tête tout de suite des Présidents dictateurs qui ont éliminé, physiquement, leurs ex-frères d’armes et leurs troupes, devenus des rivaux : racontez-nous ce qui s’est passé.
-          A propos de la Tunisie, vous évoquez longuement le mouvement des « Perspectivistes ». Leur nom vient d’une revue appelée « Perspectives », éditée dans les années 60 par la section française de l’Union Générale des Etudiants Tunisiens. Que penser de leur évolution, partant d’un mouvement ayant une soif de liberté sympathique pour évoluer ensuite vers une idéologie « anti-impérialiste » et panarabiste ? Que dit l’un de leurs anciens militants du début de pogrom à Tunis, le 5 juin 1967 ?
-          A propos du rattachement en 1975 du Sahara occidental au Royaume du Maroc, vous racontez comment Hassan I a su réunir les factions politiques et le peuple marocain dans la ferveur nationaliste du rattachement au Royaume. Est-ce que ce soutien fut vraiment unanime ? Et quid de la dissidence potentielle de populations sahraouies ?
-          A propos du fameux cheikh Abdessalam Yacine : que disait sa fameuse « lettre ouverte » de 114 pages adressée à Hassan II ? Que lui réclamait-il ? Comment le Palais a-t-il pu gérer son mouvement ? Et est-ce que c’est l’ancêtre du PJD, qui est au gouvernement depuis des années, ou autre chose ?

Je suis sûr que les auditeurs passionnés par l’histoire du Maghreb nous suivront avec passion : soyez nombreux à l’écoute !

J.C