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22 octobre 2018

Azouaou Mammeri, peintre kabyle


Ce n’est pas la première fois que je vous propose une toile de ce peintre, connu surtout pendant la première moitié du siècle dernier. En cliquant sur son nom en libellé, vous verrez que je le présentais il y a quelques six ans comme « le peintre algérien du Maroc », car il y vécut longtemps et ce pays, voisin du sien, lui inspira beaucoup d’œuvres aux couleurs chatoyantes.

Mais, l’ayant « redécouvert » au hasard de mes surfs sur Internet, je me suis rendu compte qu’en fait Azouaou Mammeri était d’abord un kabyle.
Le site Kabylie - Djurdjura lui rend hommage, en reproduisant plusieurs de ses toiles, ainsi que les biographies que l’on peut trouver.

Revenons sur le choix de cette toile, que je trouve bouleversante : ces femmes voilées assises dans un cimetière au pied de la tombe d’un Marabout, font revivre une tradition propre à l’Afrique du Nord – le culte des Saints ; et le contraste entre les trois familles de couleurs du tableau - le blanc des tombes, le vert de l’herbe, et le bleu de la mer et du ciel -, apporte une beauté brutale à l’ensemble.

J.C

21 octobre 2018

Arabie saoudite : l'onde de choc de l'affaire Khashoggi

Mohammed Ben Salman

Introduction :

L'actualité va très vite concernant l'affaire Khashoggi : hier samedi, les autorités saoudiennes reconnaissaient la mort du journaliste dans l'enceinte du consulat d'Istanbul, en l'attribuant à un "accident suite à un combat" ; on apprenait aussi que des membres des services secrets, très proches du Prince héritier, avaient été arrêtés. Cette information, bien sûr, n'était pas connue alors que cet article du "Figaro" était publié le 18 octobre ; mais en ce qui concerne les réactions occidentales et les rapports de force avec l'Arabie Saoudienne, tout ce que vous lirez ci-dessous reste d'actualité.

J.C

L'émotion gonfle au fur et à mesure que sont révélés les détails sordides liés à la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. L'onde de choc mondiale qui accompagne la désastreuse affaire saoudienne risque de couler le «Davos du désert», la grande conférence économique organisée par Riyad, qui enregistre des annulations en cascade. Les ministres des Affaires étrangères du G7 se disent troublés. Les chefs des diplomaties occidentales soulignent la «gravité» de l'événement. L'image du prince MBS a été ternie auprès des responsables européens, qui payent, selon la spécialiste du Moyen-Orient Agnès Levallois, « leur absence de fermeté ». « Nous avons fait l'impasse sur tout ce qui nous dérangeait pour ne garder que ce qui nous plaisait au sein du pouvoir saoudien. Comment s'étonner du sentiment d'impunité ressenti par MBS, que tout le monde voyait comme un jeune moderniste. »

Mais derrière les protestations officielles, on voit les larmes de crocodile. « À court terme, l'impact sera fort. Mais dans trois semaines, ce sera à nouveau “business as usual”. Entre-temps, on aura sans doute mis l'affaire sur le dos d'exécutants trop zélés », prédit un diplomate français proche du dossier. Les intérêts financiers priment sur la morale. Donald Trump l'a rappelé ces derniers jours de manière cynique et caricaturale. Mais l'Europe fait elle aussi preuve de discrétion. « Nous exigeons d'abord de connaître les faits. Puis nous verrons si nous irons plus loin. Nous sommes assez prudents », affirme une source diplomatique française. L'Arabie saoudite est l'un des rares pays avec lesquels la France enregistre un excédent commercial. Riyad achète aussi des armes à la France. Avec 18,5 milliards d'euros de contrats, l'Arabie saoudite est le premier partenaire commercial de Paris dans le Golfe. « Riyad et l'Arabie saoudite sont des partenaires stratégiques pour la France. (L'affaire) ne remet pas en cause ce partenariat stratégique », a affirmé le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui a toutefois annulé sa participation au « Davos du désert ». De son côté, Emmanuel Macron a annoncé qu'il parlerait prochainement au roi Salman. En attendant, la France « sursoit à certaines visites politiques en Arabie saoudite ».

La faible réaction européenne vis-à-vis de Riyad n'est pas nouvelle. Dans la région, les Occidentaux ont toujours fait primer leurs intérêts commerciaux sur les principes, et fermé les yeux sur les excès de l'Arabie saoudite, notamment la sale guerre qu'elle mène au Yémen, où elle bombarde des civils. Les rares pays ayant essayé de s'opposer à Riyad ont dû faire demi-tour, comme l'Allemagne et l'Espagne, pour conserver leurs contrats d'armements. En août dernier, un simple tweet de l'ambassade canadienne, qui s'était dite «gravement préoccupée» par une vague d'arrestations de militants des droits de l'homme, avait provoqué une crise diplomatique entre Riyad et Ottawa. À l'époque, les pays européens n'avaient pas réagi. « L'Union européenne s'accroche à ses contrats. Elle n'a guère d'intérêts géopolitiques dans la région où elle a été marginalisée sur le dossier syrien et sur le conflit israélo-palestinien », poursuit Agnès Levallois, la vice-présidente de l'Institut de recherches et d'étude Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO). L'UE est en outre trop accaparée par ses problèmes internes - Brexit, montée des populismes, crise migratoire - pour se permettre une rupture économique avec l'Arabie saoudite.

L'affaire Khashoggi aura-t-elle davantage de conséquences au Moyen-Orient ? L'Iran, qui s'est pour l'instant gardé de tout commentaire, pourrait en théorie en être le principal bénéficiaire. Si Washington prend ses distances avec l'Arabie saoudite, son principal allié dans la lutte contre l'expansion régionale de l'Iran, le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire pourrait-il être reconsidéré ? L'imposition, le 5 novembre, de nouvelles sanctions américaines contre l'Iran tombe fort mal à propos. L'émotion provoquée dans les opinions publiques par l'affaire Khashoggi donnera-t-elle un poids nouveau aux arguments français, favorisant un sauvetage de l'accord sur le nucléaire avec Téhéran ?
« MBS a sapé les efforts pour bâtir un consensus international destiné à faire pression sur l'Iran », écrit l'ancien ambassadeur américain à Tel-Aviv Daniel Shapiro, dans le journal israélien Haaretz. Mais les experts, qui insistent sur l'obsession anti-iranienne de Donald Trump et de Benyamin Nétanyahou, n'y croient guère. « Le facteur décisif sera l'attitude du président américain », dit l'un d'eux. Or la Maison-Blanche a besoin de Riyad pour contenir l'Iran, mais aussi pour garder le contrôle des prix du pétrole et relancer le processus de paix au Proche-Orient. Que vaut en outre la vie d'un éditorialiste, fût-il du Washington Post, quand même le fait que 15 des pirates de l'air du 11 Septembre étaient saoudiens n'a pas changé la politique saoudienne de Washington ?

Et si les changements venaient plutôt de l'intérieur du régime saoudien? Un règlement de comptes à Riyad pourrait permettre aux relations commerciales avec l'Occident de reprendre leur rythme habituel. Conclusion d'un diplomate français : « Tout le monde ménage l'avenir. Dans la région, l'Iran est passé par pertes et profits et la Turquie est instable. Les pays du Golfe restent des marchés porteurs. Les Saoudiens le savent. »

Isabelle Lasserre

Le Figaro, 18 octobre 2018

18 octobre 2018

La Chine tente de justifier l'enfermement des musulmans au Xinjiang


Changement de braquet pour le Parti communisme chinois qui ne nie plus l'existence de camps de détention, mais fait la "pédagogie" de leur raison d'être.

La communauté internationale, les ONG, la presse et récemment le Congrès américain dénoncent depuis des mois les exactions chinoises contre les musulmans. Sont plus particulièrement visées les attaques contre la communauté ouïghoure au nord-ouest du pays, certains évoquant un "crime contre l'humanité". Jusqu'à maintenant, Pékin avait nié l'existence de camps de détention secrets ciblant les musulmans au Xinjiang. Les associations de défense des droits de l'homme affirment pourtant de leur côté qu'un million de personnes auraient été internées ou le seraient encore dans des camps de rééducation politique pour des motifs aussi futiles que le port d'une barbe trop longue.
Mais le Parti communiste chinois a cependant changé cette semaine de stratégie, relève Libération. Plutôt que de chercher à nier ces camps décelables sur les images satellites, les autorités tentent de procurer une base légale à la répression. Ainsi, Pékin parle désormais dans des amendements à la loi "antiextrémisme" de "centres de formation professionnelle" pour "éduquer et transformer" les soi-disant radicalisés. Objectif officiel? Fournir à ces dissidents des "opportunités d'emploi".

Justification par la lutte contre le terrorisme

En marge de cette tentative de rationalisation du discours officiel, une vaste campagne contre la nourriture halal a été lancée par les dirigeants du Parti. Les cadres du PCC ont reçu l'ordre de reproduire sur leurs comptes personnels le même serment, qui rejette toute croyance religieuse et combat la nourriture conforme aux instructions de la religion musulmane. 
"Je crois au marxisme-léninisme. Je lève l'étendard et combats jusqu'au bout la mode du halal, ferme dans ma croyance, et même jusqu'à la mort", proclame le serment.
Pékin a engagé ces dernières années une campagne de reprise en main politique au Xinjiang, à la suite d'attentats meurtriers attribués à des islamistes ou à des indépendantistes ouïghours, l'ethnie musulmane majoritaire dans la région.
Selon la mairie d'Urumqi, les fonctionnaires ne doivent observer aucun interdit alimentaire et le menu des cantines se doit d'offrir "de la cuisine de différentes nationalités". La mode du "tout halal" a eu tendance à effacer la frontière entre la religion et la vie civile et à favoriser "l'enlisement dans l'extrémisme religieux", observait ce mercredi le quotidien de langue anglaise Global Times.

David Namias
BFM TV, 13 octobre 2018



Nota de Jean Corcos :

Persécuteurs des minorités dans trop de pays, les Musulmans peuvent être aussi persécutés en tant que minorité dans d'autres pays. Ainsi, en Chine, où un million d’Ouïghours auraient été mis dans des "camps de rééducation" suite à une série d'attentats islamistes.
Hypocrites chinois, votant contre tout ce que font les Occidentaux au Moyen-Orient ou ailleurs en les traitant de racistes, mais sans scrupules pour ce qu'ils font eux-mêmes ; hypocrite monde musulman, qui se tait mais qui concentre, toujours, toutes ses critiques contre le minuscule Israël.