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30 août 2005

S'il te plait, dessines moi une colombe ...


« La clairvoyance » (autoportrait), huile sur toile de René Magritte, 1936

Une toile sur la Toile
- août 2005

J’ai découvert « La clairvoyance » en cherchant une carte souvenir après avoir visité la dernière exposition parisienne consacrée à Magritte, il y a deux ans à la Galerie Nationale du Jeu de Paume. Et tout de suite j’ai pensé ... à « Rencontre », et au disque rayé de certains auditeurs qui nous entendent sans nous écouter, et répètent : « Mais vous êtes des grands naïfs » assorti souvent du lancinant « Il n’y aura jamais la Paix ».

Regardons ce tableau, et oublions quelques minutes l’autoportrait du Belge génial. Pas de doutes, c’est un œuf qui est posé sur la table, ou plutôt « ceci n’est pas un œuf » comme la pipe célèbre d’une autre peinture n’en était pas une. En fait ce n’est pas seulement un œuf pour le peintre, qui reproduit son devenir possible en colombe ; artiste lucide, il fixe la coquille blanche avec des airs de magicien, comme s’il avait le pouvoir d’apprivoiser l’avenir au bout de son pinceau.

Ainsi donc vont les interviews avec des invités qui savent voir plus loin que l’actualité, ou avec des intellectuels musulmans qui - s’ils en avaient le pouvoir - auraient depuis longtemps remisé Ben Laden au Musée des horreurs, là où les derniers Papes ont mis aux oubliettes l’Inquisition et les croisades. Jamais, au grand jamais il n’est question de mentir sur la réalité souvent sinistre, mais simplement d’imaginer (et d’aider à vivre) d’autres « possibles ».

J.C

27 août 2005

Des femmes courageuses


Le 30 janvier dernier mon invitée fut Safia Lebdi, vice-présidente de l’association « Ni putes ni soumises ». Une manière pour « Rencontre » de rendre hommage à ces femmes courageuses (ce fut d’ailleurs le titre choisi pour présenter ce numéro).

Le combat pacifique de "ni putes ni soumises" (voir le site en lien permanent) a brisé le mur de silence qui recouvrait la condition d’un grand nombre de femmes musulmanes des cités, victimes de violences morales et physiques. Après la mort atroce de la jeune Sohane, brûlée vive à Vitry en 2002 parce qu’elle refusait de se soumettre à la loi d’un petit caïd de banlieue, cette association a posé sur la place publique ce problème refoulé par la République, en organisant une grande marche à travers toute la France en février-mars 2003, marche constitutive du mouvement. Organisation sœur d’« SOS Racisme », elle a aussi travaillé et lutté pour l’intégration des jeunes d’origine maghrébine ou africaine, une intégration non encore pleinement réalisée, ce que comprend enfin notre pays après hélas une longue période de déni. Du courage, il leur en a fallu aussi beaucoup, pour dénoncer de façon extrêmement claire la montée en France d’un antisémitisme nouveau, véhiculé par un islamisme, minoritaire mais très dangereux qui manipule une partie des jeunes d’origine maghrébine. Et enfin, femmes courageuses elles le sont aussi, en étant membres d’une association qui soutient une paix de compromis entre Israéliens et Palestiniens, paix fondée sur la coexistence de deux états viables (voir également en lien le site du collectif "deux peuples - deux états" dont « ni putes ni soumises » fait partie des membres fondateurs).

J’avais eu la chance l’année précédente d’écouter Fadela Amara, leur présidente, présenter ses analyses devant la « commission pour les relations avec les Musulmans » du CRIF, à laquelle j’ai le plaisir de participer. Grippée, elle fut remplacée avec brio par sa jeune vice-présidente que j’ai reçue à Judaïques F.M, et avec laquelle nous avons eu une discussion passionnante en abordant presque tous les sujets, du « foulard islamique » au personnage du « grand frère » dans les cités, en passant par la fracture du front antiraciste depuis le retour des violences entre Juifs et Arabes.

J.C

21 août 2005

L'Ambassadeur d'Israël à Paris sera notre invité le 11 septembre


Nissim Zvili, photo Ambassade d'Israël à Paris

Son excellence Nissim Zvili, Ambassadeur d’Israël, a bien voulu répondre à notre invitation. Un grand honneur pour "Rencontre", qui a déjà produit plusieurs interviews de personnalités connues - députés et anciens ministres, intellectuels et journalistes, responsables associatifs et dignitaires religieux. Nissim Zvili n’est bien sûr pas un inconnu pour les auditeurs de notre station et de nos confrères de la fréquence juive de Paris (94.8 FM). Mais le thème de notre émission sera une première, car son sujet s’inscrit dans notre thématique particulière : nous parlerons en effet des Arabes d’Israël.

Combien sont-ils exactement ? Constituent-ils vraiment une menace démographique pour l’avenir d’un état à la fois juif et démocratique ? Quelle a été leur attitude pendant la dernière Intifada ? Comment faire progresser cette forte minorité, plus prospère que les populations des pays voisins mais plus pauvre que la moyenne de ses concitoyens ? Comment éviter que des partis arabes nationalistes viennent déstabiliser le pays à l’intérieur de la « ligne verte » ? Quels risques font courir à la société israélienne les extrémistes de droite, et quels échos ont les appels racistes au « transfert » ?

L’attentat de Shfaram au début du mois, action terroriste d’un déserteur de Tsahal qui fut lynché par la foule après avoir assassiné quatre Arabes dans une paisible bourgade de Galilée (lire sur le blog la déclaration très ferme d'Ariel Sharon), donnera, malheureusement, une forte résonance à cette émission programmée depuis longtemps. Un rendez-vous à ne pas manquer !

J.C

16 août 2005

"Maghrébins de France", le 28 août sur Judaïques FM


Nous parlerons le 28 août 2005 d’un livre sorti à la fin de l’année dernière, "Maghrébins de France" (Editions Privat, 23 E). Il s’agit d’un ouvrage collectif, publié sous la direction de Mohand Khellil, sociologue et professeur des universités. Il se présente comme une fresque sociologique, avec en introduction un indispensable rappel historique sur cette immigration. Le professeur Christian Lochon, historien, fait un point détaillé sur « l’Islam des Maghrébins de France », avec une analyse pointue de son passé, des regroupements par origine ou par région d’implantation, et une présentation de chaque mouvance cultuelle. Son exposé est à la fois serein et sans concession vis-à-vis des dérives qui inquiètent de plus en plus le grand public (instrumentalisation politique, problèmes d’intégration dans la République, etc.). Enfin deux chapitres originaux abordent l’image des Maghrébins, à la fois au regard du cinéma français et de leur propre littérature.

Deux invités donc pour cette émission : d’abord Christian Lochon qui est un grand spécialiste du Monde arabe (il a longuement vécu au Moyen Orient) ; ensuite son ancien élève du CHEAM (Centre des Hautes Etudes sur l’Asie et l’Afrique Moderne), mon ami Karim Hervé Benkamla. Karim est un exemple vivant d’une intégration réussie à la deuxième génération. Délégué National du « Conseil Français des Musulmans Laïcs », il apportera un éclairage sur cette « majorité silencieuse » et sur son manque de relais. Il est aussi et surtout un ami de la communauté juive, déjà deux fois mon invité et un des vice présidents de « L’amitié judéo-musulmane de France » (voir article sur le blog).

J.C

11 août 2005

A propos de notre "jingle"

 
Photographie des archives nationales, Jérusalem.
Thomas Edward Lawrence (« Lawrence d’Arabie »), deuxième à partir de la gauche, casque colonial ; au milieu, avec une canne, Sir Herbert Samuel, premier Haut Commissaire britannique en Palestine ; et l’Emir Fayçal, troisième à partir de la droite.
Photo prise à Amman, début des années 1920

 
Les auditeurs fidèles de "Rencontre" auront peut-être reconnu l’air de la bande annonce ou "jingle" : il est tiré du thème du célèbre film "Lawrence d’Arabie" de David Lean (1962), programmé ce lundi après-midi sur France 2. Une splendide brochette d’acteurs, avec Peter O’Toole dans le rôle du héros mythique, Omar Sharif, Anthony Quinn ... Un tel air pour annoncer une émission sur l’Orient et le monde musulman, c’était trop tentant ! Pour la fiche technique de l’air du film : éditeur "Gower Music Inc.", chœur et orchestre du Festival de Londres sous la direction de Stanley Black.

Mais revenons au vrai personnage, qui dérouta tant les historiens : théoricien orientaliste et baroudeur du désert, écrivain romantique et agent secret cynique, Sir Lawrence fut tout cela à la fois, mais avant tout un acteur patriote au service de "sa gracieuse majesté", qui fit accoucher l’Histoire au Proche Orient en aidant la "révolte arabe" contre l’Empire Ottoman à la fin de la Première Guerre Mondiale, et en faisant de la Grande Bretagne la puissance dominante de la région. Ayant deux fers au feu, les Anglais ont soutenu en même temps le projet de "foyer national juif" avec la déclaration Balfour, avant de soutenir les Arabes à la fin des années trente. Mais ( et je l’ai appris il y a peu grâce à l’article que lui consacre "L’Encyclopaedia Judaïca"), T.E Lawrence ne fut pas du tout un antisioniste, au contraire ! Il servit de conseiller et d’interprète lors de l’unique rencontre entre l’Emir Fayçal et Chaïm Weizmann ; et il crut sincèrement en la complémentarité des deux nationalismes. 

J.C

10 août 2005

Une difficile enquête ...


Le sourire du mois  
- août 2005

Dessin de Plantu, paru dans le journal "l'Express", semaine du 1er août 2005

J.C

07 août 2005

Déclaration du Premier Ministre Ariel Sharon suite à l'attentat terroriste de Shfaram


« Cette attaque est un acte criminel commis par un terroriste juif sanguinaire qui a cherché à tuer des citoyens israéliens innocents. Cette attaque terroriste est une tentative délibérée de porter atteinte au tissu relationnel entre tous les citoyens israéliens. 
« Le terrorisme perpétré par des civils à l’encontre d’autres civils est la chose la plus dangereuse pouvant affecter le futur de l’état d’Israël, sa stabilité et sa démocratie. De ma part et de celle du Gouvernement, j’envoie nos condoléances aux familles de ceux qui ont été assassinés et nos voeux de prompt rétablissement pour les blessés. L’état d’Israël, toutes races, religions et sexes confondus, condamne fermement cet acte de terrorisme. »
« Le Gouvernement est déterminé à protéger la vie des citoyens israéliens, quelles que soient les communautés d’appartenance et les zones géographiques ; j’ai demandé aux services de sécurité d’accorder la plus haute priorité à l’investigation concernant cette attaque terroriste. En cette période difficile pour l’état d’Israël, j’appelle tous les dirigeants des différentes communautés - juifs, musulmans, chrétiens et druzes - à travailler ensemble dans un effort pour maintenir le tissu relationnel interne, à agir de façon responsable et avec retenue et à permettre aux autorités de finir leur investigation (...) »

Source : "newsletter" de l'Ambassade d'Israël à Paris  

Dure rentrée !

Bonjour à toutes et tous pour une rentrée (un peu) plus précoce que prévue sur le blog ! Avez-vous passé de bonnes vacances ? Ou bien en profitez-vous encore, la magie du Web vous permettant de me lire près d’une plage ensoleillée ? Les visiteurs sont en tout cas de plus en plus exotiques, à en juger par les informations du « mouchard » sitemeter : Suisse, Canada, Israël, Algérie, Nouvelle-Zélande, Luxembourg, Etats-Unis ... 

Juste de retour à Paris, donc, et évidemment pas déconnecté de l’actualité. J’ai suivi comme vous les évènements des 3 dernières semaines, bien désolantes pour la plupart - à part la visite réussie d’Ariel Sharon à Paris, où j’ai seulement enragé de ne pas pouvoir être présent et profiter de l’invitation de l’ambassade d’Israël ... Attentat de Charm El Cheikh ; probable assassinat du leader sudiste John Garang et risque de retour de « l’autre » guerre du Soudan ; violentes manifestations contre le retrait de Gaza, qui doit maintenant débuter dans dix jours - et crise politique découlant de la démission de Netanyahu, prêt à tout pour provoquer la chute de Sharon ; et puis l’horreur d’un terrorisme juif, inconnu pendant des années malgré les violences de l’Intifada, et qui vient de plonger dans le malheur la paisible ville arabe de Shfaram. Un drame qui m’interpelle douloureusement, et à plusieurs titres : depuis longtemps convaincu que le délire extrémiste n’épargne pas plus les Juifs que les autres, je me sens sali malgré tout par l’acte de cet émule d’Ygal Amir et de Baruch Goldstein - sans excès de culpabilisation toutefois, car la société israélienne voudra éradiquer d’urgence cette gangrène, tandis que, hélas, le terrorisme reste tristement banalisé dans les sociétés arabes voisines ; ensuite je suis inquiet parce qu’un tel évènement peut fragiliser l’état démocratique d’Israël, en réveillant de vieilles blessures entre communautés ... or justement, était prévu prochainement un numéro spécial sur les Arabes d’Israël, et cela bien avant l’attentat de jeudi dernier ... mais chut, je vous en dirai plus bientôt ; enfin et bien sûr, je suis bien triste parce que « Rencontre », même si ce n’est pas son unique objet, a aussi pour objet de favoriser le dialogue avec les Musulmans, un dialogue impossible sans condamnation sincère, absolue et réciproque de TOUS les terrorismes ! 

Toute autre chose : j’ai profité de ces vacances pour dévorer les 800 pages du récit autobiographique de Raouf Oufkir, « les Invités ». Une épopée flamboyante, dans les coulisses du « Makhzen » aux beaux temps où son père fut le connétable tout puissant de Hassan II, avant de basculer dans l’enfer de bagnes secrets où la femme et les enfants Oufkir furent les victimes de la plus impitoyable des vengeances : quarante ans d’histoire secrète du Maroc, et une très belle interview qui sera programmée à l’automne.
Enfin un salut aux nouveaux visiteurs qui découvriront ce site en lisant ces lignes : n'hésitez pas à en savoir plus sur notre émission en consultant les archives depuis février dernier.
Bonne lecture, et ... bonne écoute sur notre radio, partout dans le Monde sur le site http://www.judaiquesfm.com/ !

 J.C

15 juillet 2005

Merci ... et bonnes vacances !

 

Ami(e)s surfeurs et surfeuses, le moment des vacances approche, et aussi celui de laisser ce « blog » en sommeil pendant quelques semaines. Je ne sais pas si vous irez à la plage ou à la montagne, en Normandie (photo) ou ailleurs ... mais profitez en bien !
C’est l’occasion pour moi, aussi, de remercier les visiteurs qui se sont comptés par centaines, en venant directement à l’adresse qu’ils connaissaient ; en la découvrant par un lien (mille merci, à ce sujet, aux sites déjà cités et à « desinfos.com ») ; ou en me trouvant grâce à un moteur de recherche, car le « blog » est maintenant référencé en particulier sur « Google ». C’est ainsi que depuis le 5 mai j’ai compté 545 visites et 866 pages ouvertes : une moyenne donc de 8 visites quotidiennes, et de 12 pages lues : pas si mal pour un nouveau venu sur le « WEB », et au contenu tellement ciblé !
Donc silence « radio » (c’est le cas de le dire) jusqu’au 15 août ... sauf évènements exceptionnels et dramatiques, et hélas l’actualité récente a montré que tout était possible.
Bonnes vacances.

J.C

Rediffusion le 14 août de notre émission avec Abd Al Malik

La période de fin juillet à fin août voit traditionnellement Judaïques FM alléger ses programmes, avec beaucoup de rediffusions. Ce sera le cas le 31 juillet. Et aussi le 14 août, où vous aurez l’occasion de réentendre l’interview très percutante que j’ai réalisée avec le chanteur de rap Abd Al Malik, émission diffusée le 22 mai. Voir la présentation de l'émission dans le blog.

 J.C

14 juillet 2005

Les soldates pleurent aussi

"Jeunesse perdue", tableau de Nir Or

Une toile sur la Toile
- juillet 2005

Ce tableau du peintre israélien Nir Or fait partie d’une exposition sur l’art israélien qui se tient à Berlin jusqu’au mois de septembre, à l’occasion des quarante ans de relations diplomatiques entre les deux Pays. Un anniversaire marqué notamment par la visite du Président Katsav dans la République Fédérale, la remise à l’écrivain Amos Oz du très prestigieux Prix Goethe par la municipalité de Francfort, et d’innombrables visites d’officiels.

Un mot d’abord, pour rappeler à nos lecteurs francophones de toutes les confessions la solidité des liens entre les deux états, qui s’explique bien sûr par un terrible passé assumé de façon exemplaire par l’Allemagne. Aujourd’hui, par ses liens économiques, scientifiques et culturels, la RFA est dans l’Union Européenne le partenaire le plus proche d’Israël, une réalité peu connue par nos compatriotes.

Un mot ensuite de ce tableau, de style « hyper réaliste », évoquant l'enterrement d'un jeune soldat. Réaliste il l’est par la composition, mais aussi par la vérité reproduite. Oui, le conflit israélo-palestinien n’a que trop duré, et il inflige des souffrances des deux côtés, comme ne veut pas le comprendre la majorité de l’opinion publique française qui se refuse à la moindre empathie pour l’une des parties. Lire à ce sujet le magnifique éditorial de Denis Jeambar, rédacteur en chef de « l’Express » qui dénonce ce manichéisme abject, comme je le fais régulièrement dans mes émissions sur Judaïques FM. Non, "Tsahal" n’est pas une armée de monstres sans âme, comme le suggèrent des reportages orientés à la télévision. Constituée en majorité de très jeunes appelés de 18 à 21 ans, garçons et filles tout juste sortis de l’enfance, cette armée comprend comme toute collection humaine des citoyens représentatifs de toutes les opinions ; certains sont d’extrême gauche et ont été mis aux arrêts pour avoir refusé de servir dans les territoires ; certains sont d’extrême droite, et aujourd’hui les condamnations pleuvent contre ceux qui refusent de participer à la nécessaire évacuation de Gaza ; mais en majorité, ces très jeunes sont d’abord des humains, défendant simplement leur pays contre la plaie du terrorisme, et capables de pleurer comme vous et moi.

J.C

13 juillet 2005

Rediffusion le 31 juillet sur "Rencontre" : la haine islamiste sur Internet, avec Richard Odier


Le CD ROM du Centre Simon Wiesenthal, objet de notre émission


Dimanche 31 juillet sera rediffusée une émission récente, diffusée le 27 février dernier. Son thème sera, malheureusement, en harmonie avec les horribles attentats perpétrés par Al-Qaïda et ses émules, à Londres la semaine dernière, à Netanya hier mardi. Car la haine ne germe pas de façon subite, elle pousse en silence dans des cerveaux jeunes, aigris, manipulables et subissant un lavage subversif. Le Centre Simon Wiesenthal (C.S.W) s’est intéressé depuis plusieurs années à ce phénomène, suivant d’abord les sites négationnistes et néo-nazis. Puis, après le 11 septembre, les sites islamistes se sont multipliés et ont nécessité un travail de veille considérable. D’où l’édition de ce CD ROM, qui est effrayant.

Écrivez au C.S.W, 64 avenue Marceau 75.008 Paris, pour le commander ; vous découvrirez des clips vidéo à la gloire de Ben Laden, et les pages d’entrée de dizaines de sites avec un antisémitisme obsessionnel, l’exaltation de la violence et un appel au Djihad international ...

Mon invité était Richard Odier, Secrétaire Général pour l'Europe du C.S.W. Un entretien très riche, dont j’ai retenu plusieurs choses : les liens subtils et efficaces entre sites islamistes, néo-nazis et altermondialistes ; l’impuissance des justices, malgré une prise de conscience générale ; et enfin l’utilisation d’Internet comme forum des supporters du Djihad ! On lira aussi, en complément, l'excellente synthèse établie par mon ami Marc Knobel, du CRIF, dans un rapport présenté devant une conférence de l’O.S.C.E en avril 2004.

J.C

10 juillet 2005

"Voyages au Moyen Orient" : notre émission du 17 juillet

Il y a deux genres d’actualités : celles qui sont tragiques, pèsent leur poids de victimes et sentent le sang et la poudre ; et puis celles qui ne sont jamais en première page des journaux, et généralement ignorées du grand public. Les premières sont dictées par les fanatiques, et correspondent à l’agenda qu’ils veulent imposer aux opinions publiques. Les deuxièmes correspondent à un travail de fourmi, celui des hommes de bonne volonté voulant rapprocher les peuples en évitant « le choc des civilisations » voulu par les barbares.

Est-il besoin de le rappeler ? Tout en refusant d'ignorer la première actualité, "Rencontre" permet aussi de ne jamais oublier la deuxième.

Deux invités, donc, le 17 juillet, pour deux brèves interviews successives. D’abord Bernard Kanovitch, le Président de la Commission pour les relations avec les Musulmans du CRIF à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir (voir photo). Il nous parlera du premier congrès inter religieux tenu à Doha, au Qatar, où pour la première fois des Juifs étaient invités. Puis Richard Odier, Secrétaire général pour l'Europe du Centre Simon Wiesenthal, parlera de la réception du C.S.W par le Roi de Jordanie (voir article). 

 J.C

07 juillet 2005

Le dégoût

 
Epave d'autobus après un attentat, photo Reuters, Londres 07/07/05

Comment parler de la barbarie islamiste, revenue gâcher nos pensées au cœur de l’été ? Colère, en pensant à l'ignominie d’un commentaire (qui se voulait drôle) entendu dans un bureau voisin du mien cet après-midi : « Quels imbéciles ces terroristes, il faisaient l’attentat mardi et nous étions sélectionnés pour les J.O ». Accablement immense, écœurement absolu devant la réincarnation d’une France rancie sentant les miasmes de Vichy, cette époque où déjà tous les malheurs du Monde étaient la faute des Juifs (on ne disait pas encore « les Sionistes ») et des « Anglo-saxons ». Pathétique Chirac, hier dans une posture anti « anglo-saxonne » presque permanente pour plaire à son opinion publique, et disant aujourd’hui sa solidarité à nos voisins, nos alliés. Triste Delanoë, de retour de Singapour où le « manque de fair play » britannique fut si vilipendé, et assénant à son retour « nous sommes tous des Londoniens ». Et pas (encore ?) un commentaire à la télévision, pour rappeler que 200.000 Français, la plupart jeunes, vivent et travaillent à Londres, et qu’il y a sûrement eu des victimes parmi eux.

Pour finir un juste rappel pour « moucher » encore plus fort tous ceux qui nous serineront à nouveau les discours sur la « grosse, grosse colère des Arabes », et du « tant que l’on n’aura pas réglé les problèmes du Moyen Orient, etc. » Discours formidablement démontés par tous les invités musulmans qui ont exprimé, à notre micro sur Judaïques FM, leur condamnation totale de la barbarie islamiste. Ou par le Directeur de la Fondation pour la recherche stratégique François Heisbourg, notre invité récent, écrivant en conclusion de son livre "La fin de l'Occident ? L'Amérique, l'Europe et Moyen Orient" : "il n'y a pas d'équivalence morale ou politique entre les porteurs de mort du terrorisme islamique et la grande démocratie américaine". Discours pulvérisés aussi par cet appel de libéraux arabes et musulmans au Conseil de Sécurité des Nations Unies, réclamant la création d’un Tribunal international contre le terrorisme.
Cet appel a été publié sur le site http://www.assoaime.net/index.php, déjà en lien sur ce blog et que je vous invite à découvrir.

J.C

05 juillet 2005

Egypte-Israël : le gaz passe !

 Signature de l'accord sur la livraison de gaz égyptien par les ministres Benjamin Ben Eliezer et Sameh Fahmy
Photo Reuters, Le Caire 30/06/05

Photo pas vue
- juillet 2005


L’Egypte et Israël ont signé le jeudi 30 juin un accord historique portant sur la livraison de gaz naturel égyptien pendant une durée de 15 ans. Ce contrat est d’un montant de 2,5 milliards de dollars. Jamais, depuis les traités de Paix de 1979 avec l’Egypte et de 1994 avec la Jordanie, l’état juif n’avait signé d’accord économique aussi important avec un des voisins arabes, un accord stratégique par son domaine (l’énergie), les sommes mises en jeu et surtout sa durée.
C’est une société mixte israélo-égyptienne, EMG (« Eastern Mediterranean Gas ») qui construira le pipe-line sous-marin de gaz, de l’Egypte vers le port d’Ashkelon.

J.C

03 juillet 2005

Le tour de l'amitié (suite)

Je vous avais parlé dans un article précédent du "tour de l’amitié" qui est parti de Paris le 19 juin dernier, et doit conduire à travers toute la France un bus de jeunes musulmans et juifs, sous l’égide de l' « AJMF » (Amitié Judéo-Musulmane de France).
Chaque étape est l’occasion de rencontres, cérémonies, visites .... Nos amis de la fréquence juive de Grenoble, « Radio Kol Hashalom » ont réalisé une émission spéciale lors de la réception du "tour de l’amitié" à la Mairie le 29 juin, puis de nombreuses interviews. Pour les écouter, aller à l'adresse http://www.rkhfm.com/ecouter.html, l’enregistrement sera disponible à partir de ce dimanche soir 3 juillet.

Merci à Patrick Bruttmann, Directeur d'Antenne de la radio, pour cette info !

J.C

Disparition de proche-orient.info



« Le couperet est tombé », comme l’écrivent si justement les deux responsables du journal en ligne, Elisabeth Schemla et Nicole Leibowitz : « Proche-orient.info », le seul journal d’actualité en continu sur le Proche-Orient, disparaît du WEB, faute de rentabilité car ce journal lancé il y a trois ans n’arrivait pas à équilibrer ses comptes.

Cette disparition me stupéfait et surtout m’attriste, à titre professionnel autant que personnel.

Comme journaliste bénévole de Judaïques F.M, producteur de la seule émission consacrée sur notre fréquence au monde musulman, je perds une des rares sources d’informations fiables en langue française. Cet irremplaçable « vrai journal » nous donnait le pouls du Monde arabe, et on a pu ainsi vivre en direct la révolte du peuple libanais depuis Beyrouth ou l’enterrement d’Arafat depuis la Moukata, avec d’innombrables audios et interviews qui transformaient le site en transistor d’appoint. Nous avons également pu entendre des opposants, des représentants des minorités, des intellectuels, autant de voix subtilement censurées dans la plupart des grands médias. Grâce à la revue de la presse arabe de Chawki Freïha, grâce aux analyses de Marwan Haddad, on pouvait tout savoir et tout retrouver par le moteur de recherche, des « scoops » de « Al Hayat » aux vulgarités de « Tunis Hebdo », en passant par les écrits réconfortants du site « Elaph.com » et le fiel des journaux islamistes divers et variés, en n’oubliant pas le courage de beaucoup de titres algériens ou marocains. Cette irremplaçable veille médiatique pourra-t-elle, au moins, continuer et être disponible ? Je l'espère en lisant le dernier édito du journal.

Pro israélien - au sens réducteur où hélas on le comprend trop souvent aujourd’hui en France, c'est-à-dire simplement attaché à la survie et à la prospérité d’un état juif en Paix au Proche Orient -, ce journal n’était pas un média communautaire. Travaillaient ensemble dans l’amitié et la confiance réciproque des Chrétiens, Juifs et Musulmans, faisant du site un laboratoire de la vérité journalistique au-delà de tous les ghettos. « Rencontre » qui a reçu des Arabes et Musulmans par dizaines depuis sa naissance en 1997 ne pouvait que se reconnaître en un tel journal. Et je reprends volontiers à mon propre compte ce qu’écrit très justement Jean-Yves Camus dans son message d’adieu : « Sur les sujets que j’ai prioritairement traités : antisémitisme, extrémismes politiques et islamisme, j’ai toujours essayé de garder le souci de l’exactitude factuelle, en évitant l’outrance, le repli identitaire et l’enfermement qui caractérisent malheureusement une partie non négligeable de la communauté juive à laquelle j’appartiens. Il n’y avait qu’une seule règle, la bonne : professionnalisme avant tout. »

Pour finir, je voudrais exprimer sur ce bien modeste « blog » toute ma sympathie à Elisabeth Schemla qui, je l’espère, continuera à relever de nouveaux défis, après « l’Express » et le « Nouvel Observateur » qui l’ont vue gagner ses gallons de grande journaliste ; lui dire ma gratitude d’avoir publié sur son journal un article écrit pour faire découvrir un Orientaliste de talent, Pierre Vermeren ; rappeler les émissions où elle fut notre invitée, avec son amie Khalida Messaoudi en direct depuis Alger juste après le 11 septembre en octobre 2001, puis avec Zaher Barakate en octobre 2002, ou pour nous parler des énigmes de Damas en juillet 2003 ; et lui promettre que nous l’écouterons à nouveau avec plaisir sur nos ondes !

 J.C

01 juillet 2005

Darfour : restons mobilisés !

 Photo de Diagne Chanel, Présidente du « Comité Soudan ». Manifestation devant l’Ambassade du Soudan, Paris, 15 mai 2005. Source : blog "Urgence Darfour"
Blog en stock
- juillet 2005

Les massacres du Darfour soudanais, qui ont fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés, sont - Paresse intellectuelle ? Refus de paraître sévère pour un pays ménagé par le Quai d’Orsay ? - rarement évoqués au « vingt heures » sur nos chaînes télévisées. « Rencontre » a consacré une émission à ce sujet le 13 février dernier, rompant un silence encore plus insupportable sur la fréquence juive où l’on aimerait rencontrer plus de compassion pour les victimes de ce nettoyage ethnique, perpétré par un état dirigé par des Islamistes et anciens protecteurs de Ben Laden.

Un collectif s’est constitué il y a quelques mois pour sensibiliser l’opinion sur ce drame, et son action peut être suivie sur un blog que je vous invite à découvrir. Ce collectif a publié un appel que vous découvrirez, j’ai eu l’honneur d’être contacté pour le signer, et ma signature figure ainsi parmi celles de très nombreuses personnalités de toutes origines et opinions, de droite comme de gauche, chrétiens, juifs ou musulmans, célèbres ou peu connus. Des dizaines d’associations ont aussi apporté leur soutien, de SOS Racisme au collectif « Algérie Ensemble » en passant par la LICRA.

C’est un grand plaisir pour moi que d’illustrer cette rubrique par une photo de Diagne Chanel, Présidente du Comité Soudan. Diagne Chanel fait partie des chevilles ouvrières du collectif, cela fait des années qu’elle consacre toute son énergie aux drames méconnus de l’Afrique. Elle avait été mon invitée le 28 novembre 2004 sur le thème : « Esclavage et Monde arabe ». 

J.C

29 juin 2005

Latifa Ben Mansour : les Frères musulmans sont un parti d'extrême droite antisémite

Latifa Ben Mansour, docteur ès lettres et sciences humaines, est chercheur au CNRS. Née à Tlemcen en Algérie, elle a du renoncer à vivre dans son pays après avoir été menacée de mort par les intégristes du Front Islamiste du Salut (FIS). Réfugiée en France, elle n’a jamais cessé de dénoncer la barbarie de l’islamisme combattant. Utilisant les outils de la linguistique et de la psychanalyse, elle a décodé des centaines de discours enregistrés par les leaders du FIS Ali Belhadj et Abassi Madani, en faisant la matière première d’un livre magistral "Frères musulmans, frères féroces. Voyage dans l'enfer du discours islamiste" (Editions Ramsay, 20 E). J’ai pu avoir un entretien passionnant avec cette femme courageuse, dans l’émission « Rencontre » du 3 novembre 2002. Voici l’extrait de mon interview à propos de l’antisémitisme des « Ikhwan » (« frères »), sujet sur lequel nos journalistes sont trop souvent bien discrets. 

Jean Corcos :
Dans votre livre, vous dites donc que le parti islamiste est un parti totalitaire, d’extrême droite, se camouflant derrière la religion, et vous avez le mérite de souligner l’antisémitisme forcené des islamistes. Curieusement, la presse française reste relativement discrète sur ce dernier point qu’il s’agisse de l’assassinat abject de Daniel Pearl au Pakistan, ou de l’attentat contre la Ghriba en Tunisie. De même, il est rarement rappelé que la nébuleuse Ben Laden s’appelle le « Front islamique international contre les juifs et les croisés ». Vous êtes d’ailleurs assez claire sur ce sujet dans votre livre puisque vous dites que le terme « El Yahoud », les juifs, employé dans un contexte antisémite, est un référent de base des discours islamistes.

Latifa Ben Mansour :

Absolument, le terme « juif » comme celui d’ailleurs de « franc-maçon » est un référent que l’on retrouve dans les discours des mouvements totalitaires d’extrême droite. J’aimerais à ce sujet vous citer une phrase d’un grand linguiste nommé Klemperer : « Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic qu’on avale sans y prendre garde et qui un jour font leur effet ». Il faut donc rester très attentif aux mots utilisés dans tout discours car ils ont tous des effets qui leur sont propres et qui peuvent avoir des conséquences importantes sur le comportement des personnes qui les écoutent.

Jean Corcos :

Justement. Prenons par exemple l’abbé Baruel, un des théoriciens de l’antisémitisme au XIXe siècle, qui avait inventé l’idée du complot judéo maçonnique et qui disait que les juifs étaient à l’origine de la révolution française, on remarque que Belhadj reprend les mêmes idées et tient les mêmes propos dans ses discours. Ce dernier dit d’ailleurs dans une de ses prêches que vous citez dans votre livre : « les juifs ont tué plus de 70 prophètes ». Cette affirmation qui ne figure pas dans le Coran, semble sortir de l’imagination de son auteur et non d’une quelconque interprétation d’un texte sacré. Est-ce que pour vous, le problème de l’antisémitisme est lié principalement au conflit israélo palestinien, ou est-il le pendant d’une idéologie d’un mouvement d’extrême droite ?

Latifa Ben Mansour :

Vous savez, ces mouvements extrémistes ont toujours besoin d’un ennemi potentiel qui leur permet de recourir à leur théorie du complot, théorie qui vise à faire croire en l’existence d’un soi-disant complot que cet ennemi fomenterait contre eux. Il n’y aurait pas eu de conflit israélo-palestinien, ces personnes auraient trouvé autre chose qui accréditerait leur idéologie et justifierait leurs actions. Je tiens à rappeler que ces personnes appartiennent à des formations d’extrême droite et qu’au sein de ces formations, elles n’ont rien de religieux, tant dans leur comportement que dans leurs pensées.

J.C

26 juin 2005

Le Centre Simon Wiesenthal reçu par le Roi de Jordanie

 Photographie prise au Palais royal d'Amman. Deux responsables britanniques du CSW, et à droite de la photo, Richard Odier

Photo pas vue

Merci à Richard Odier de m’avoir fait parvenir cette photographie dès son retour à Paris !
Une délégation du Centre Simon Wiesenthal a été reçue le 21 juin à Amman par le Roi Abdallah II de Jordanie, où elle était venue lui remettre le « Prix de la tolérance ».
Voir sur le site du CSW le compte-rendu (en anglais).

Ce prix a été rendu au souverain hachémite en hommage à son action constante pour promouvoir la Paix et le dialogue entre les Religions. C’est le deuxième musulman à recevoir le prix, le premier ayant été son père le regretté Roi Hussein.

Le Centre Simon Wiesenthal, établi en 1977 et basé à Los Angeles, porte le nom du célèbre chasseur de nazis et survivant de la Shoah. Cette ONG internationale, membre de l’UNESCO, est dédiée à la lutte contre l’antisémitisme et au rapprochement entre les peuples. 400.000 adhérents et soutiens participent à son action à travers le Monde. « Rencontre » a eu le grand plaisir de recevoir le 27 février 2005 Richard Odier, secrétaire général du Centre pour l’Europe, sur le thème « La haine islamiste sur Internet ». Une interview passionnante qui sera rediffusée cet été, et dont je vous reparlerai.

J.C

Après les élections iraniennes, le Monde retient son souffle !

 Photo de Martine Corcos, Centre Communautaire de Paris, mars 2005 

C’est bien sûr pour rire ... ou plus exactement pour essayer de sourire, après la victoire de Mahmoud Ahmadinejad aux élections présidentielles iraniennes. 

Une très mauvaise nouvelle pour le Moyen Orient que cette élection d’un « dur » islamiste, au moins à court terme. Mais peut-être ce fanatique avoué, beaucoup moins malin que Rafsandjani, va-t-il multiplier les provocations et précipiter ainsi la fin du régime ? L’Iran sera en tout cas sûrement au menu de « Rencontre » d’ici la fin de l’année ! L’occasion de vous rappeler aussi, en lien, un des sites de l'opposition iranienne en exil. Ainsi que notre dernière émission avec un ancien ministre iranien, Houchang Nahavandi
Un mot pour finir à propos de la photo : mon épouse Martine, avec toute sa classe de « l’oulpan » du Centre Communautaire, a participé à une création théâtrale inédite et entièrement en hébreu autour de la fête juive de Pourim, une fête qui commémore le miraculeux sauvetage des Juifs de Perse sous le Roi Assuérus. Dans ce passage, donc, elle lisait les nouvelles, qui hélas sont souvent mauvaises. 

J.C

22 juin 2005

Les Amitiés Judéo-Musulmanes prennent le bus !


Non ce n’est pas le « vrai » bus du « tour de l’amitié » ... Mais il me fallait trouver une illustration sympa, donc bientôt je l’espère des photos du bus qui doit conduire pendant plus d’un mois à travers la France des dizaines de jeunes Juifs et Musulmans.

Un petit rappel historique. Le dimanche 21 novembre 2004 était fondée, lors d’une grande manifestation à la Cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette (Paris), l'AJMF « Amitié Judéo-Musulmane de France ». A l’initiative de ce beau projet, le Rabbin Michel Serfaty, qui est venu en parler à « Rencontre » dans notre émission du 26 décembre dernier. La nouvelle Association a deux Présidents, Michel Sefarty et Djelloul Seddiki, responsable de l’Institut de Théologie et Secrétaire Général de la Grande Mosquée de Paris, qui a été à plusieurs reprises notre invité (20 avril et 2 novembre 2003). Le CRIF, le Consistoire Israélite et la Grande Mosquée de Paris sont les « pères fondateurs » des AJMF.

Un « tour de l’amitié » a commencé dimanche dernier, 19 juin, au départ de l’Hôtel de Ville de Paris, et il doit traverser toute la France. Voyageront dans un bus à impériale (ma photo) des jeunes des deux confessions (Scouts Musulmans, « Hachomer Hatsair », association « Terre d’Europe », E.E.I.F) qui bavarderont dans la journée au premier étage, ... et dormiront la nuit sur des couchettes disposées en bas ! A chaque étape, des nouveaux participants, jeunes ou moins jeunes prendront le relais. Le début du parcours l’a conduit à Lille, Bruxelles et Strasbourg, il doit ensuite traverser la France direction le Sud Est (Lyon, Grenoble), faire un crochet en Italie à Milan, puis revenir en traversant notamment les villes de Nice, Marseille, Toulouse, Bordeaux, avant un retour à Paris le 24 juillet. A quasiment chaque étape sont prévues des rencontres avec des personnalités religieuses locales, des représentants des municipalités et des jeunes des « quartiers difficiles », là où - hélas ! - une propagande hostile a suscité, par endroits, des violences antisémites ces dernières années. 

J.C

20 juin 2005

Une BD egyptienne où les superhéros luttent pour la Paix !

 
Jalila, superhéroine du Moyen Orient, personnage de bande dessinée né au Caire

Le journal « le Figaro » d’aujourd’hui publie un article bien original sous le titre « quand la BD rêve d’une région apaisée ». On y découvre la société d’édition égyptienne « AK Comics » qui publie des bandes dessinées tout à fait dans l’esprit des créations américaines en la matière : personnages féminins en tenue moulante, science-fiction, héros positifs luttant contre des méchants maléfiques, etc. Mais les aventures des personnages se situent dans un Moyen Orient imaginaire, « après la guerre de 55 ans qui s’est achevée par une explosion nucléaire », donc bien différent de celui d’aujourd’hui. Diffusés modestement à 30.000 exemplaires chaque mois, en arabe et en anglais, ces BD sont lues principalement en Egypte, et depuis peu dans le Golfe. Le directeur d’ « AK Comics » se réjouit de l’abonnement récent d’une école juive de Jérusalem, en espérant de futures traductions en hébreu. Le créateur de « Jalila » et des autres personnages s’appelle Ayman Kandil, c’est un universitaire de 38 ans qui a longtemps vécu aux Etats-Unis. Ecoutons le, dans un extrait de l’article : «Nous ne mentionnons ni la culture ni la religion de nos héros pour qu'aucune religion ne soit perçue comme meilleure qu'une autre. C'est aussi dans cet esprit que nous ne parlons pas de superhéros arabes, ce qui aurait exclu par exemple la Turquie ou Israël, mais de superhéros du Moyen-Orient», explique-t-il. «C'est un message d'universalité. Seules la tolérance et la capacité à vivre ensemble peuvent donner du sens à notre civilisation». 

Outre Jalila, la plus puissante de tous, deux autres superhéros vivent dans ce Moyen-Orient de l'après-guerre, sans toutefois se croiser : Zein, l'immortel «dernier Pharaon», qui rêve de reconstruire la «Cité des origines», détruite par l'explosion d'un météore il y a seize millénaires, et Aya, l'avocate qui, telle une Batman orientale, traque inlassablement le crime organisé et la corruption.
Pour découvrir le site de l’éditeur et tous les personnages : cliquer ici.

J.C

17 juin 2005

Shimon Peres, interview

Photo prise lors de mon interview de Shimon Peres, Tel Aviv, 10 novembre 2004 

J’ai eu à deux reprises le grand bonheur d’accompagner, comme invité représentant « Judaïques FM », des missions de solidarité en Israël de l’AUJF et du CRIF. La dernière fois, c’était en novembre dernier, des journées inoubliables où nous avons tous eu l’impression de vivre un tournant au Proche Orient avec la disparition de Yasser Arafat. Accompagné de mes charmantes consoeurs Keren Lentschner de Radio RCJ, et Rachel de Radio Shalom (que l’on aperçoit en arrière plan de la photo), nous avons pu interviewer Shimon Peres pendant quelques minutes à l’hôtel Hilton de Tel Aviv où il donnait une conférence aux membres de la mission.

J.C

15 juin 2005

Tunis - Jérusalem

 
Timbre tunisien. Hommage au peintre Yahia Turki 
Source : site www.tunisia-stamps.tn

Une exposition rassemblant des oeuvres majeures de l'école de Tunis sera inaugurée le 8 juin et se poursuivra jusqu'au 23 juin au centre mondial du judaïsme de Jérusalem.
Cette initiative, soutenue par le Conseil régional des Bouches-du-Rhône, revient au Marseillais Robert Bismuth. Fondateur en 1992 d'un comité de coopération entre la région PACA et le gouvernorat de Tunis, il a su tisser des liens étroits entre les deux rives de la Méditerranée. Les quarante toiles sélectionnées offrent un panorama complet d'un courant pictural qui engendra dès 1900 une véritable révolution artistique. 
 Source : "newsletter" de l'Ambassade d'Israël à Paris ; journal "Jerusalem Post", 31 mai 2005

J.C

Florence Aubenas libérée : un billet émouvant d'André Nahum, ce matin sur Judaïques F.M

Introduction :
Mon ami André Nahum lit tous les mercredis matin un billet-éditorial sur l'actualité. Voilà le texte émouvant qu'il a consacré à la journaliste Florence Aubenas, enfin libérée.
J.C
 
Florence Aubenas a décrit hier au cours de sa conférence de presse avec beaucoup de dignité, beaucoup d’émotion et pas mal d’humour, ses cinq mois de detention dans une sorte de tombeau, sans air et sans lumière où elle ne pouvait même pas se tenir debout. Peu nourrie, les yeux bandés, pieds et mains liés, elle passait ses jours et ses nuits sur un mauvais matelas, sans avoir le droit de parler ou même de bouger.
A cela s’ajoutaient des tortures morales que ses ravisseurs ne manquaient de faire subir à cette femme courageuse qu’ils avaient privée de son nom en l’affublant d’un numéro, comme cela s’est fait naguère en d’autres lieux.
En la voyant hier à la télé, je ne pus m’empêcher de penser à Daniel Pearl et à cet autre journaliste italien, qui après avoir subi les mêmes sévices ont tous deux été décapités "en direct", face à une camera.
Je pensais aux tortures que d’autres nazis infligeaient à leurs victimes, à cette déshumanisation impitoyable de l’être humain et bien que rien ne soit comparable, vous me permettrez de vous lire ces vers de Primo Levi que cite François Rastier dans son livre "Ulysse à Auschwitz" :
"Considérez si c’est un homme que celui qui peine dans la boue,
qui ne connait pas le repos,
qui se bat pour un quignon de pain,
qui meurt pour un oui pour un non...
Considérez si c’est une femme que celle qui a perdu son nom et ses cheveux..."
En séquestrant dans des conditions inhumaines une journaliste française, ressortissante d’un pays qui avait refusé de cautionner la guerre d’Irak et que sa politique pro-arabe mettait croyait-il à l’abri de pareilles mésaventures, les barbares qui se prétendent "résistants" et "bons musulmans". donnent la preuve que seuls comptent leur fanatisme et leur intérêt matériel, sans aucune autre considération. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : fanatisme et intérêt. Les prises d’otages sont une affaire qui rapporte gros. Malgré la discrétion des autorités, il est difficile de croire qu’il n’y a pas eu versement d’une rançon substantielle, et s’il l’a fait, le gouvernement a bien fait.
Mais cet odieux trafic d’êtres humains, particulièrement répandu et prospère en Irak, comme il le fut naguère au Liban risque si l’on n’y prend garde de s’étendre à d’autres pays. Il faut donc le dénoncer et le combattre , comme il faut dénoncer et combattre ces voitures piégées et ces attentats-suicides qui font quotidiennement des dizaines de victimes au sein de la population irakienne. Il faut, en collaboration avec les autres pays de l’Union européenne, les Américains et l’ONU, aider le peuple et le gouvernement irakien, comme il faut aider le peuple et l’ Autorité Palestinienne, comme il faut aider le peuple et le gouvernement israélien à vaincre le terrorisme sous toutes ses formes. Cette guerre d’un nouveau genre qui a été imposée à notre civilisation doit être gagnée.  

André Nahum

12 juin 2005

Emile Shoufani, un juste


Jean Mouttapa et le père Emile Shoufani, service de presse Albin Michel, 
photo Philippe Lissac

Emile Shoufani, « le curé de Nazareth », est le premier homme de Paix auquel j’ai voulu rendre hommage. Arabe, citoyen israélien, il a vécu au plus profond de son âme les déchirements entre les deux populations. Solidaire des Palestiniens des Territoires dans leur revendication d’indépendance, défenseur des droits de la minorité arabe d’Israël, il n’a jamais cessé pour autant de se considérer comme un citoyen loyal de son Pays, condamnant de la façon la plus nette les attentats terroristes et la déferlante de haine antisémite dans les états arabes voisins. Pour lui, la meilleure façon de comprendre l’angoisse profonde des Juifs et de vacciner les Musulmans contre la haine est d’enseigner la Shoah. Tous les ans, il amène ses élèves en visite au Yad Vashem à Jérusalem. Dans les pires moments de l’Intifada, il a organisé des rencontres de jeunes des trois religions. Et puis, il a réalisé son rêve : un voyage de centaines de jeunes juifs et arabes sur le site de l’horreur absolue, Auschwitz. 250 Israéliens juifs et arabes, et autant de jeunes Français juifs, musulmans et chrétiens, ont visité ensemble le site symbole de la Shoah en mai 2003. 
Pour mener à bien son projet, il a été puissamment aidé depuis Paris par Jean Mouttapa, directeur de collection aux éditions Albin Michel. Jean Mouttapa a créé pour ce noble projet l’association « Mémoire pour la Paix » (site http://www.memoirepourlapaix.com/) qui a pour objet d’aider Emile Shoufani et d’organiser toutes sortes de rencontres éducatives entre Juifs et Arabes. « Rencontre » a rendu hommage à deux reprises au père Shoufani : le 18 avril 2003, pour présenter le projet du voyage (invités : Jean Mouttapa et Djelloul Seddiki, directeur de l’institut de théologie de la Grande Mosquée de Paris), et un après, le 20 avril 2004 à l’occasion du « Yom Hashoah » (invités : à nouveau Jean Mouttapa et Abd Al Malik, qui fut reçu dernièrement à propos de son livre, voir « blog » du 2 mai). Allez visiter le très beau site de « Mémoire pour la Paix » pour en savoir plus et les aider !

J.C

Le "Printemps des cèdres" est-il terminé ? Le 3 juillet, Khattar Abou Diab, expert d'origine libanaise, fera le point après les élections


Elections au Sud Liban, 5 juin 2005 (photo Reuters)

Khattar Abou Diab est politologue, consultant et conférencier dans différentes institutions universitaires (Ecole de journalisme de Lille, Collège interarmées de Défense, etc.). Il a été enseignant aux Universités de Paris III, VII et XI. Spécialiste de l’Islam et du Moyen Orient, il écrit notamment pour les revues « les Cahiers de l’Orient » et « Arabies ». Il a participé au "Dictionnaire mondial de l'islamisme (Editions Plon, 23,75 E), un ouvrage monumental sous la direction d’Antoine Sfeir, et qui fut le thème de notre émission le 9 février 2003. Khattar Abou Diab connaît parfaitement le Liban qui est son pays d’origine, il devrait donc éclairer les auditeurs de « Rencontre » sur ce qu’il convient d’espérer (ou de craindre) pour le futur proche de ce petit état. 

Le « Printemps libanais » qui a surpris le Monde depuis l’assassinat de Rafic Hariri va-t-il continuer, maintenant que les troupes syriennes sont parties ? 
Ce départ est-il un faux semblant, avec des risques de déstabilisation téléguidés par Damas ? 
L’opposition libanaise va-t-elle s’unir, ou au contraire se déchirer entre les différentes communautés ? 
Le Hezbollah, conforté par ses succès électoraux, acceptera t-il d’être désarmé ? 
Une paix avec Israël est-elle possible ? Ou bien faut-il craindre un embrasement voulu par l’Iran et la Syrie qui se sentent acculés ? 

Une émission passionnante en perspective !

J.C

07 juin 2005

La Mémoire, pour la Paix


Jeunes dans le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau
Photo Xavier Nataf
Photo pas vue 
- juin 2005


Voilà la première d'une série d'images inédites, parce que les grands médias préfèrent toujours celles de la haine, plus "vendeuses" ... Une image trop forte pour la gâcher par de vains commentaires. Cette photo a été prise lors du rassemblement de 500 jeunes, musulmans, juifs et chrétiens, réunis en mai 2003 sur ce site maudit. J'en reparlerai plus longuement et très prochainement sur le "blog".

J.C

05 juin 2005

La musique adoucit les moeurs !

 
Musiciens juifs tunisiens
Fusain et lavis sur papier, Eugène Burnand (1850-1921), école suisse

Une toile sur la Toile
- juin 2005

Passionné par « l’Orientalisme » sous toutes ses formes, j’aurai le plaisir d’agrémenter mon « blog » par des copies d’œuvres anciennes ou récentes, illustrant les pays évoqués. Plaisir multiple avec ce dessin, puisqu’il évoque à la fois ma Tunisie natale, la musique qui est toujours associée à la fête dans nos traditions, et un domaine de création partagée entre Juifs et Musulmans ! Les trois Pays du Maghreb ont vu s’illustrer pendant des siècles des groupes orchestraux autour de « l’école andalouse » (surtout au Maroc et en Algérie, plus particulièrement à Constantine), ou avec une tonalité plus proche de la musique orientale du Machrek (essentiellement en Tunisie). 

Nous avions au début de « Rencontre » consacré plusieurs émissions à cette tradition, en invitant notamment à deux reprises (1998 et 1999) Simon Elbaz, musicien, et Rachid Aous, producteur du premier CD de « Matrouz », composition originale mêlant des chansons en hébreu et en arabe. Nous avions aussi évoqué Enrico Macias et son voyage avorté en Algérie, en avril 2000 avec Sheherazade Hadid, journaliste algérienne. Oui, la musique adoucit les mœurs et réunit les cœurs, c’est bien pourquoi la fréquence juive de Paris compte un auditoire musulman régulier pour les émissions consacrées à cet art, avec parfois des appels du public. « Judaïques FM » s’illustre en la matière, avec l’émission « La fête orientale » de Maurice Azoulay le samedi soir, et « L’Andalouse », produite par Sammy Ghozlan un dimanche soir sur deux. Oui, la musique ouvre les portes des âmes, c’est bien pourquoi les intégristes les plus fanatiques l’ont toujours interdite, ainsi les horribles Talibans lorsqu’ils régnaient à Kaboul. Le monde arabe vient de produire à Beyrouth sa première « Star académie », et le vainqueur a été, ironiquement, un ressortissant d’Arabie saoudite, un des états les plus fermés à la modernité ! Le journal « Libération » vient de publier le portrait de Hicham Abdel Rahman, jeune saoudien de 24 ans brutalement métamorphosé en star par des millions de jeunes de son pays, qui ont voté par téléphone pour l’élire. Et ce, au grand dam de la « police des mœurs » locale, qui l’a condamné à resté cloîtré à domicile, en attendant une tournée triomphale.

J.C