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27 octobre 2019

Que devient le Soudan ? Jacky Mamou sera mon invité le 3 novembre

Populations déplacées au Darfour

Nous allons parler dimanche prochain d’un pays qui ne fait pratiquement jamais la une des grands médias, et pourtant il a été le théâtre de guerres, de massacres et de famines depuis plus d’une trentaine d’années. 

Ce pays, c’est le Soudan, dont le territoire immense se situe au carrefour du monde arabe et de l’Afrique Noire. Pendant plusieurs décennies, il y a eu la révolte des populations chrétiennes et animistes du Sud, qui ont enfin fondé en 2011 un nouvel état, la République du Sud Soudan. Mais dans le reste du pays et depuis le début des années 2000, il y a eu une autre révolte, celle du Darfour, où des populations africaines et de religion musulmane ont fait l’objet d’une terrible répression. Enfin, le Soudan a connu au mois d’avril, avec plusieurs années de retard sur les « Printemps arabes », une révolte populaire qui a renversé le général Omar El Bachir, dictateur depuis le coup d’état de 1989. Alors, pour parler de tout cela, j’aurai le plaisir d’avoir comme invité Jacky Mamou. Jacky Mamou est médecin, il a été président de l’ONG Médecins du Monde et il préside le collectif Urgence Darfour.

Soyez nombreux à l’écoute !

J.C


 

12 janvier 2012

Syrie : le lourd passé du chef des enquêteurs

Le général soudanais Mohammedal-Dabi

Comment la Ligue arabe a-t-elle pu nommer un tel chef à la tête de ses observateurs en Syrie? Au bout de seulement trois jours, le général soudanais Mohammed al-Dabi concentre les critiques des ONG et des gouvernements occidentaux. Mercredi, au lendemain d'une visite éclair de quelques heures à Homs, au cœur de la répression du régime, le général était rentré satisfait: «La situation n'a rien d'effrayant», avait-il déclaré, précisant tout de même: «là où nous étions». Précaution de langage indispensable: les forces de sécurité avaient tiré non loin de là sur des manifestants.

Les félicitations de Pékin, principal allié du gouvernement syrien, ne vont pas faire remonter la crédibilité de la Ligue arabe. «La Chine se félicite des enquêtes objectives de la Ligue arabe en Syrie», a déclaré jeudi un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Le général n'est pas un inconnu pour le gouvernement chinois, qui soutient aussi Khartoum. Nommé chef des services de renseignement le jour du coup d'État de 1989, il fut dès lors en première ligne de la lutte contre l'opposition interne, sous l'influence de l'idéologue islamiste Hassan al-Tourabi. C'est l'époque des prisons secrètes, des lieux de détention non répertoriés où les opposants sont torturés.

Mohammed al-Dabi occupera ensuite plusieurs fonctions, dont l'une au Darfour, la province rebelle, théâtre d'une guerre ethnique qui a valu au président soudanais Omar el-Béchir, toujours en fonction, des inculpations de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.

Des villages pillés
Le général al-Dabi n'est pas inculpé par la CPI. En ce qui concerne le Darfour, il est surtout connu pour son rôle de négociateur avec les principaux groupes rebelles ces dernières années. Mais il avait déjà été en poste dans la région rebelle, et dans un tout autre rôle, écrivent les spécialistes du Soudan Julie Flint et Alex De Waal dans leur livre Darfur: a New History of a Long War. Selon eux, Mohammed al-Dabi a été l'un des créateurs des Janjawids, ces milices composées d'Arabes ou d'Africains formées par le gouvernement soudanais pour lutter contre les tribus révoltées. En février 1999, quatre ans avant que les troubles endémiques ne dégénèrent en guerre civile, Mohammed al-Dabi débarque à Al-Guenina, capitale de la province du Soudan-Ouest, «avec 120 hommes et deux hélicoptères de combat», écrivent les auteurs, citant le gouverneur local. Le général distribue de l'argent à des chefs locaux qui se mettent à ravager les villages de Masalit, la principale ethnie de la région, dans le sillage de l'armée: «Les militaires désarmaient les villages, et deux jours après les Janjawids pillaient.»

Le général a nié, tout en admettant auprès des auteurs qu'il avait employé la manière forte pour encourager les Masalit à rentrer dans le rang: «Quand ils traînaient les pieds, je les menaçais d'employer les armes.» La nomination à la tête de la mission d'observation en Syrie d'un Soudanais, et plus particulièrement de Mohammed al-Dabi, est d'autant plus dommageable pour la Ligue arabe qu'il s'agit pour elle d'une première, née des «printemps arabes». Jamais l'organisation n'avait été mandatée pour vérifier si l'un de ses membres réprimait son peuple.

La Ligue n'avait pas de marge de manœuvre, plaide un diplomate: «Il fallait un militaire expérimenté, qui ne vienne pas d'un pays proche, ni d'un État ayant un contentieux avec la Syrie.» Jeudi, onze civils ont été tués, dont six dans deux villes visitées par les enquêteurs arabes, Douma et Hama.

Pierre Prier,
Le Figaro, 29 décembre 2012

Nota de Jean Corcos :
Un article qui date de deux semaines ... mais bien d'actualité, alors que les "inspecteurs" de la Ligue Arabe viennent de rendre un premier rapport très prudent sur la situation dans le pays ! 

08 mars 2009

Inculpation d’Omar el-Béchir : un monde qui change, une justice qui avance

Le président soudanais Omar el-Béchir
(photo AFP)

C’est un jour historique pour la justice universelle : la Cour Pénale Internationale de la Haye (CPI) vient de lancer le 4 mars 2009 un mandat d’arrêt contre le président islamiste du Soudan, Omar el Béchir accusé de crimes contre l’humanité au Darfour.

Le Maréchal président el-Béchir, dictateur islamiste dont le régime est engraissé par les pétrodollars et qui détient depuis 1989 le plus grand pays africain par une main de fer, est aujourd’hui un homme recherché par la justice internationale. Cet homme a causé un désastre humanitaire dans son pays, et plus particulièrement au Darfour. Habité par des ethnies non arabes, couvrant une surface d’environ 510.000 km2, sur une région de l’Ouest du Soudan où vivent 6 millions d’habitants non arabes, cette région est le théâtre depuis 2003 d’un génocide à Grande échelle perpétré sur des populations autochtones par l’armée gouvernementale et les milices arabes sous les ordres d’el-Béchir. Quelque 400 000 hommes, femmes, enfants innocents ont étés tués, sans parler des milliers de victimes violées, torturées et terrorisées ... plus de trois millions et demi d’autres personnes ont été chassées de chez elles. Face à la résistance légitime du Darfour, le potentat el-Béchir arma les milices Janjawids arabes, dirigées par Choukratalla et aidé par Moussa Hilal et Ali Kosheib, officiers de l’armée soudanaise qui sont l’objet d’un mandat d’arrêt international : des dizaines de villages du Darfour ont été bombardés, les hommes et le bétail sont massacrés, les femmes et les enfants violés.

La décision des juges de la Cour Pénale Internationale de lancer un mandat d’arrêt contre le dictateur génocidaire des peuples autochtones africains, constitue certainement l’un des plus grands événements pour la cause des droits de l’homme en Afrique. Mais comme prévu les autorités soudanaises qui ne reconnaissent aucun pouvoir à la CPI ont refusé cette décision, qualifiée d’ingérence étrangère de nature «néocolonialiste». Malgré sa résistance et ses mensonges, le dictateur génocidaire halluciné du Soudan, inculpé par le procureur général de la Cour pénale internationale pour crime, et qui fait aujourd’hui l’objet d’un mandat d’arrêt, sait très bien que les bourreaux qui massacrent leur peuple ne resteront pas longtemps impunis.

La CPI héberge aujourd’hui le rêve d’une justice universelle censé punir les grands criminels et dissuader leurs émules. C’est maintenant le champ de bataille de Luis Moreno-Ocampo, un magistrat argentin, qui enquêtera sur les crimes perpétrés au Darfour. Depuis son élection en avril 2003, le premier procureur de l’histoire de la CPI, reçoit les doléances d’opposants africains victimes d’élections truquées, de citoyens irakiens fatigués d’enterrer leur frères, ou d’États dénonçant la violation de leurs frontières ... Hélas ! Les compétences de la CPI étant ce qu’elles sont, il lui est le plus souvent impossible de donner suite à ces SOS. La Cour ne juge que les génocides, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. A condition qu’ils aient été commis dans l’un des 108 pays signataires du « statut de Rome » (le premier fut le Burkina, en 1998). A condition aussi que le pays en question, n’ait pas engagé une procédure judiciaire. Mais le Conseil de sécurité des Nations Unis a, de son coté, la possibilité, quels que soient la nationalité de l’accusé et le lieu du crime, de transmettre le dossier au procureur de la CPI.

Il faut avouer aussi que dans les cinq premières années de son existence, le début de la CPI a été très difficile, et la Cour n’a saisi que peu de dossiers. Seuls trois Congolais (de la république démocratique du Congo) ont été poursuivis. Le premier fut Thomas Lubanga, accusé de crimes de guerre, les deux autres, Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo, accusés de crimes de guerre et crimes contre l’Humanité. Le trio était incarcéré dans la banlieue de La Haye, en compagnie des détenus du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) et de l’ancien dictateur libérien Charles Taylor, jugé par le tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL).

Nous pouvons nous poser cette question : pourquoi de tels retards dans le travail de la CPI ? D’abord parce que, contrairement aux autres juridictions internationales (TPIY, TSSL et Tribunal Pénal International pour le Rwanda), dont le procès se résument à un face à face entre défense et accusation, la CPI a choisi de faire entendre la voix des victimes (qui pour autant ne peuvent pas se constituer partie civile), par l’intermédiaire de représentants légaux. Une innovation qui traduit une volonté de réparation précise, directe et individualisée, mais qui complique les procédures (1). Ensuite, parce que la délocalisation de la justice allonge, elle aussi, considérablement les délais. Par ailleurs, l’audition de témoins oblige à assurer la protection de ces derniers, et celle de leurs familles, dans leur pays d’origine, opération pour le moins délicate. Enfin, l’importance du temps accordée aux victimes expliquent les ajournements du procès (c'est le cas du premier détenu de la CPI Thomas Lubanga).

Le travail de CPI n’est pas toujours facile et cela depuis les premières années de son existence, donnons un exemple : saisi par Yoweri Museveni, le président ougandais, Luis Moreno-Ocampo a, en juillet 2005, lancé des mandats d’arrêt internationaux contre Joseph Kony, chef de « l’Armée de la Résistance du Seigneur » (qui multiplie les exactions dans le nord de l’Ouganda) et contre quatre de ses acolytes. Tous sont accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, mais aucun n’a été arrêté (deux d’entre eux seraient décédés). Depuis sa création et malgré son premier budget de 97 millions d’euros (2008) et ses 679 employés, la CPI n’a pas fait peur. Ni la Chine, ni la Russie ne sont signataires du statut de Rome. Impossible dans ces conditions de faire comparaître devant elle les auteurs de crimes commis au Tibet ou en Tchétchénie.
Malgré cela, nous sommes entrain de vivre une transition vers un état de droit mondial. C’est grâce aux États-Unis que le Conseil de sécurité a donné son aval pour que la communauté saisisse le sujet de la situation au Darfour. Résultat : en mai 2007, le bureau du procureur a lancé des mandats d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’Humanité visant deux responsables soudanais : l’ancien ministre de l’intérieur Ahmed Mohamed Haroun, aujourd’hui secrétaire d’Etat aux ... affaires humanitaires, et Ali Mohamed Al-Abd al-Rahman, chef de l’une de ces milices djandjawids qui sèment la terreur au Darfour. Il est encourageant par contre de constater que la personnalité la plus engagée aux coté de Luis Moreno-Ocampo, est l’afro-américaine Susan Rice qui a fait du génocide darfourien une affaire personnelle (elle est devenue par la suite la représentante des USA auprès de l’ONU). Le procureur Luis Moreno-Ocampo a aussi à coté de lui une autre adjointe africaine, il s’agit de la Gambienne Fatou Bensouda.

L’Afrique a toujours été un grand espace d’impunité pour des grands criminels qui courent dans la nature. La CPI semble vouloir mette fin à cette injustice et à la culture de l’impunité qui règne sur un continent ruiné par les guerres et les génocides à Grande échelle. La CPI intervient aujourd’hui pour rendre justice à tous les peuples oubliés par les grands médias et par les humanistes sélectifs d’ici et là (population de la République Démocratique du Congo, Ouganda, Soudan, Centrafrique). Bref, le chemin est long mais Monsieur Luis Moreno-Ocampo, le premier procureur de la Cour Pénale internationale, ne se laisse pas désarçonner par les critiques malsaines selon lesquelles la CPI ne serait sous des apparences humanistes, qu’un énième avatar de la mainmise des pays du Nord sur ceux du Sud. Et puis, lui-même n’est t-il pas originaire d’un pays du Sud, l’Argentine, de même que son adjointe la Gambienne Fatou Bensoula ?

Ftouh Souhail,
Tunis
(1) Une centaine de témoins du génocide du Darfour ainsi que des familles des victimes seront attendus à La Haye au siège de la Cour Pénale Internationale.

31 octobre 2008

Adnen Hasnoui, jeune journaliste tunisien, vient de déposer plainte contre Ahmadinejad devant la justice de son pays !

Introduction :
Décidément les bonnes surprises en provenance de Tunis sont nombreuses, et mon « correspondant » Souhail Ftouh ne manque pas de me les signaler. Vous découvrirez, en lisant le dernier article qu’il m’a envoyé, qu’il n’est pas le seul là-bas dans son combat courageux pour une Paix juste au Moyen Orient - donc qui ne passe pas Israël à la trappe, comme hélas ouvertement souhaité par trop d’élites du monde arabe. Cette fois, c’est un jeune journaliste, Adnen Hasnaoui, qui vient de déposer plainte ... contre le nabot antisémite Mahmoud Ahmadinejad, après son discours délirant devant l’Assemblée Nationale des Nations Unies.
Quelques précisions à l’attention des sceptiques et mal intentionnés qui prétendent - sur un site extrémiste -, que ces signatures sont factices, et issues (c’est selon le jour) soit de mon imagination (il faudrait que j’ai beaucoup de temps à perdre dans l’espace réduit de liberté dont je dispose en sortant du travail !), soit d’une manipulation des services tunisiens (il faudrait qu’il soient bien naïfs pour dépenser tant d’énergie pour mettre à jour le soutien quasiment naturel de ce blog et de ma modeste personne à la cause d’Israël) !
Mais redevenons sérieux :
- L'information est visible (en français) sur le site de l'auteur de la plainte http://www.adnen.katib.org/node/66.
- Le lien arabe est sur cette adresse : http://www.adnen.katib.org/node/65

- L’auteur de la plainte présente des justifications pour son action, ici : http://adnen.katib.org/node/68 (traduction par Souhail Ftouh de l'exposé en arabe).
- Enfin (et comme je l’ai fait dès le départ pour m’assurer de l’existence réelle de Souhail Ftouh), je lui ai téléphoné à Tunis à son numéro, et j'ai eu le plaisir de faire ainsi sa connaissance ! J'ai ainsi appris que, outre cette action d'éclat, il milite aussi pour une autre cause des Droits de l'Homme pratiquement niée dans le Monde arabe, le Darfour, ayant signé des pétitions dont ce blog s'est fait souvent l'écho dans le passé.
J.C

Le discours du président Iranien Mahmoud Ahmadinejad, devant l'Assemblée générale de l’Onu, du Mardi 23 septembre 2008 n’a pas cessé de susciter les réactions réprobatrices à travers le Monde. La dernière réaction en date vient cette fois de la Tunisie !
Adnen Hasnaoui un journaliste « militant pour la paix » vient de saisir la justice tunisienne le lundi 20 Octobre au sujet du discours sulfureux d’Ahmadinedjad qui menaçait une fois de plus le monde d’un nouveau génocide. Ce journaliste tunisien a effectivement présenté une plainte devant le Procureur de La République Tunisienne à Tunis accusant le président Iranien d’incitation à la haine. Selon son site Internet l’auteur de la plainte a fondé son action sur la fameuse loi antiterroriste votée en Tunisie depuis le 10 décembre 2003. Cette loi, qui qualifie comme « infraction terroriste » tous les actes d’incitation à la haine ou au fanatisme racial ou religieux, autorise en effet les tribunaux tunisiens à statuer sur des infractions terroristes commises au delà des frontaliers tunisiennes, même si les auteurs de ces infractions ne sont pas tunisiens ou si les intérêts des pays étrangers sont menacés ou en cas d’un acte jugé menaçant à la paix et à la sécurité dans le monde.
 

Faut t-il rappeler que les déclarations d’Ahmadinejad étaient d’une violence extrême le 23 septembre 2008 devant l’A.G des Nations Unis ? Le Président Iranien Ahmadinejad qui menaçait une fois de plus Israël de destruction, a prononcé un discours digne de la propagande hitlérienne. Ce sinistre individu, pathologiquement affecté de l’existence d’Israël a alors promis qu’Israël sera bien détruit « pour le bénéfice de l’humanité ». Adepte de « Mein Kampf » et des « Protocoles des Sages de Sion » il a distillé sa haine du Peuple juif à la face du monde en considérant les Juifs (désignés sous le nom de code bien connu de « Sionistes ») comme ceux qui « dominent le monde » « détruisent l’environnement et la solidarité entre les Nations » ... Puis, au coeur de son discours, il fait la dénonciation de la manipulation et de la domination des « peuples américains et européens » par une « minuscule minorité dominatrice et agressive », qui se considère comme « supérieure » et « agit dans le secret » ...
Il était normal donc que son discours haineux et antisémite diffusé à l’ONU suscite des réactions réprobatrices à travers le monde car l’Organisation a précisément été créée pour empêcher les génocides dans le monde. (le terme a été adopté après l’extermination des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale). Et offrir aujourd’hui une tribune au plus grand promoteur d’Holocauste de la période contemporaine, pose un problème existentiel à l’Onu. Ahmadinejad pourrait fort bien constituer une véritable menace pour l’unité de l’Organisation.
L’action de l’auteur de la plainte Adnen Hasnaoui devant la justice tunisienne constitue d’ailleurs une continuité de l’effort international à traîner le chef de la République islamique iranienne devant la justice internationale. Rappelons d’ailleurs que L'Australie s’active de poursuivre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad devant la justice internationale pour incitation à la violence contre Israël. Selon le quotidien « The Australian » « Le président iranien a fait à plusieurs reprises des déclarations antisémites et a affiché sa détermination à rayer l'Etat d'Israël de la carte. Ces propos sont une incitation à la violence internationale », selon le Premier ministre australien, Kevin Rudd, le 14 mai 2008.
L’avocat et l’ancien ministre de la Justice du Canada, le montréalais Irwin Cotler, a appelé aussi le 17 mars 2008 la communauté internationale à agir contre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avant qu’il n’exécute ses menaces de génocide contre Israël. M. Cotler s’est prononcé à l’occasion de la séance d’ouverture d’une conférence interdisciplinaire au Collège Herzliya sur « Les droits de l’Homme et la sécurité ». Cotler a présenté plusieurs études de cas de décisions rendues par un tribunal international qui a condamné des Rwandais, y compris un ancien premier ministre, d’incitation au génocide par le meurtre de centaines de milliers de Tutsis. En les condamnant, le tribunal a invoqué la Convention sur le génocide des Nations Unies, qui a établi les critères pour prouver le crime d’incitation au génocide sanctionné par l’état, dont l’intentionnalité a été démontrée par des appels publics au génocide et l’incitation directe par l’utilisation d’euphémismes et d’un langage déshumanisant. Les actions de Ahmadinejad ont prouvé qu’il était coupable d’incitation au génocide, a déclaré M. Cotler, et il devrait être arrêté avant qu’il n’ait la chance de mener à bien ses plans. « Il y a plus de preuves sur une base factuelle à l’égard de l’incitation au génocide approuvée par l’état dans l’Iran d’Ahmadinejad que nous en avons eues à l’égard d’un Rwandais reconnu coupable d’incitation au génocide au Canada », a déclaré M. Cotler .
« L’Ambassade Internationale Chrétienne » de Jérusalem a organisé aussi le 15 octobre 2008 une conférence au Palais des Congrès de la Capitale. Le but : convaincre le monde de poursuivre en justice le président iranien pour incitation au génocide. Parmi les personnalités présentes, le révérend Reza Safa, un iranien réfugié aux Etats-Unis. « L’International Christian Embassy Jérusalem » a déjà lancé une pétition pour traduire Mahmoud Ahmadinedjad en prison. 55 000 personnes à travers le monde l’ont déjà signé. De son côté, le Prix Nobel de la paix, Elie Wiesel a rejoint récemment un mouvement de personnalités et universitaires, décidé à initier des poursuites judiciaires à l’encontre d’Ahmadinejad. Le mouvement se dit en effet très inquiet devant les menaces régulières proférées par le président iranien envers Israël. « Le monde reste silencieux, comme il l’a été 70 ans plus tôt », se sont exclamés ses membres
Il convient de saluer aussi l'action entreprise par un groupe d'experts aux USA qui préparent le terrain pour poursuivre en justice le président iranien. Ils ont présenté à Washington un document qu'ils ont élaboré, dans lequel ils accusent Ahmadinejad d'incitation au génocide. L'initiative vient du Centre de Jérusalem pour les questions publiques et politiques et de l'ancien ambassadeur israélien à l'Onu, le docteur Dore Gold. Le groupe est composé de juristes, qui ont déjà mené une action contre les génocides perpétrés au Rwanda et au Darfour, de membres du gouvernement et de diplomates. Ils se sont réunis au mois de septembre dernier à Washington pour entamer une action publique en vue de démontrer qu'Ahmadinejad n'a aucune légitimité et n'est qu'un criminel de guerre. Gold a résumé la situation en affirmant que « Ahmadinejad devait s'asseoir sur le banc des accusés pour incitation au meurtre au lieu de siéger à l'Assemblée générale de l'Onu ». Le manifeste, qui contient 70 pages, présente les déclarations du président iranien ainsi que les justifications juridiques prouvant qu'il doit être poursuivi par un tribunal international pour ses incitations au génocide. Le document comprend également des conseils prodigués au Conseil de Sécurité de l'Onu, à l'Union européenne et à d'autres états, sur les mesures à prendre contre le président iranien.
Avec cette plainte présenter contre Ahmadinejad devant la justice tunisienne, il est possible de s’apercevoir non seulement de la confiance que les Tunisiens ont dans leur système judiciaire qui ne place personne au dessus de loi mais aussi de l’engagement courageux de la Tunisie dans la lutte contre le terrorisme, et la promotion de la paix dans le monde. Nous ne pouvons donc que féliciter grandement l’initiative de notre compatriote tunisien Nous espérons que sa plainte sera entendue. Nous aimerions être informé du suivi. Aujourd’hui on ne peut cacher notre plaisir de constater que des gens, où qu'ils soient, ont le courage de s'indigner ouvertement devant la politique dictatoriale et dangereuse de cet homme qui effraie le monde entier par ses menaces de destruction !

Ftouh Souhail,
Tunis

25 septembre 2008

Français et Anglais ne doivent pas favoriser l’impunité d’Omar El-Béchir

Introduction :
C’est avec plaisir que je relaie sur ce blog une nouvelle pétition, celle-là appelant nos gouvernements à ne pas protéger le président soudanais Omar El-Béchir, poursuivi par le procureur de la Cour Pénale Internationale pour les crimes contre l’humanité commis sur les populations du Darfour.
Le collectif « Urgence Darfour » - son adresse est rappelée en fin d’article - a été souvent soutenu sur ce blog. Fin 2007, je recevais dans mon émission son président, le Docteur Jacky Mamou, et je vous invite à cliquer sur ce lien pour télécharger l’enregistrement.

J.C

Communiqué du collectif « Urgence Darfour »

Des sources sérieuses et non démenties font état de l’intention de la France et du Royaume-Uni de ne pas s’opposer au projet de suspension des poursuites judiciaires requises par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar El-Béchir.
Le 14 juillet dernier, M. Moreno-Ocampo avait demandé un mandat d’arrêt contre l’homme fort de Khartoum, l’accusant de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et génocide commis sur les populations civiles du Darfour. La Chambre préliminaire de la CPI doit en principe faire savoir d’ici quelques semaines si elle valide la requête du procureur. Or les chancelleries française et britannique semblent s’être engagées dans un marchandage avec le régime de Khartoum au terme duquel elles laisseraient, lors de la prochaine assemblée générale des Nations unies, les protecteurs du bourreau des Darfouris suspendre la procédure engagée contre lui. L’article 16 du Statut de Rome, qui régit la CPI, offre en effet la possibilité de geler toute poursuite pendant un an renouvelable. Laisser bloquer le processus judiciaire serait une attitude immorale !
Cette démarche constituerait un précédent d’une extrême gravité pour la justice internationale. En effet les deux puissances européennes ont été très actives pour que le Conseil de sécurité saisisse la CPI face aux massacres perpétrés par le gouvernement soudanais. Anglais et Français espéraient-ils alors que la CPI se contente de cibler quelques lampistes ? Déjà la saisine de la CPI venait comme une alternative à l’impuissance de la communauté internationale d’exercer sur le terrain « la responsabilité de protéger » les populations du Darfour. Laisser Béchir échapper aux poursuites serait un aveu d’incohérence politique !
Depuis la requête du procureur, le gouvernement soudanais, loin de calmer la situation, a multiplié bombardements et attaques au sol contre les civils, y compris dans les camps de déplacés comme tout récemment à Kalma, faisant toujours plus de victimes - et confirmant par là-même le bien-fondé de la démarche du procureur.
Dès l’annonce des demandes de poursuites, Béchir a mobilisé avec succès tous ses alliés dans l’Union africaine (UA) et la Ligue arabe. Sans compter la Chine et la Russie, ses habituels soutiens et fournisseurs d’armes.
Un premier argument contre les poursuites résiderait dans le fait que celles-ci entraveraient un processus de paix entre belligérants. Il n’y a aucune évidence à cette assertion. Béchir mène une guerre sans merci contre les civils depuis plus de 5 ans et n’a jamais montré la moindre volonté réelle de négocier un accord équitable au Darfour. La justice n’a de toute façon pas à dépendre d’accords politiques.
Une autre raison invoquée serait que le gouvernement soudanais menacerait, en représailles, les troupes des Nations unies et de l’UA ainsi que les travailleurs humanitaires. Même si ce chantage doit être pris au sérieux, il s’agirait de nouvelles violations des décisions du Conseil de sécurité et de nouveaux crimes que commettraient Béchir et son gouvernement. Il s’agirait alors d’un encouragement supplémentaire à l’impunité dont jouissent les assassins du Darfour. Céder à un tel chantage serait une faute politique !
Une suspension de la procédure judiciaire pendant un an entraînerait par la suite de nouveaux chantages à la violence pour la renouveler indéfiniment. Permettre cette issue serait inexcusable !
Les tractations des diplomates anglais et français viseraient à échanger l’arrêt des poursuites à l’encontre de Béchir contre le jugement de deux hauts responsables soudanais déjà inculpés par la CPI il y a plus d’un an, dont l’un Ahmed Haroun, l’organisateur des milices janjawids, a été depuis promu ... ministre de l’action humanitaire par le président soudanais. Le tout assorti de quelques promesses d’une amélioration du sort des civils sur le terrain. Aller dans ce sens constituerait une immense supercherie !
Les gouvernements anglais et français ne peuvent ignorer que tout accord avec Béchir aboutit systématiquement à un marché de dupes. Combien de fois n’a-t-il pas promis de dissoudre les milices janjawids ? Combien de fois n’a-t-il pas juré de faciliter l’aide humanitaire, laquelle est aujourd’hui encore attaquée, pillée, entravée ? Comment faire confiance à celui qui prétend qu’il y a moins de 10 000 morts au Darfour alors que l’ONU en dénombre 300 000 ?
Si la tentative de faire jouer l’article 16 se concrétisait, les premières victimes, directes, en seraient bien sûr les Darfouris, qui placent tous leurs espoirs dans les poursuites de la CPI et dont plus de 2,3 millions survivent dans des conditions précaires au sein de camps de déplacés, subissant le harcèlement des troupes soudanaises, des janjawids et des gangs de voyous.
De plus si la Grande-Bretagne et la France se rangeaient aux côtés des autres pays voulant geler les poursuites judiciaires contre Béchir, elles trahiraient tous ceux qui par le monde défendent l’idée d’une justice internationale. Elles donneraient raison aux démagogues qui espèrent discréditer la CPI en la présentant comme l’instrument d’une justice à orientation variable. Les bourreaux qui massacrent leur peuple entendraient le message : pas d’inquiétude, avec la communauté internationale on peut toujours s’arranger. Exactement ce que nous trouvons insupportable.

26 avril 2007

Deux génocideurs qui font la paire ...

Les présidents Mahmoud Ahmadinejad
et Omar el-Béchir, Khartoum le 1er mars 2007
(Photo A.P)

Il y a des photos de famille qui valent le déplacement ...
Mahmoud Ahmadinejad, alias "petit nabot antisémite", vient de se rendre dans un pays ami. Cette fois, après le Venezuela (voir article du 14 février), ce fut un état bien sympathique, lui aussi dirigé par des Islamistes : le Soudan. On le voit donc, sur ce cliché, entendre l'air très inspiré les hymnes nationaux des deux pays, alors qu'il vient d'achever une visite à Khartoum, jeudi dernier 1er mars. A ses côtés, le président soudanais Omar el-Béchir, officier putshiste régnant sur un pays régi par la "charia".

La légende de la photo Associated Press nous apprend qu'Ahmadinejad a prononcé une conférence dans un institut soudanais, et a dénoncé les agissements des Etats-Unis et d'Israël, responsables (sic) des malheurs du Monde. On ne peut l'en blâmer, car - de son point de vue - il a bien raison. Ah, que le concert des Nations serait heureux et paisible, si l'on pouvait exterminer tranquillement des Noirs musulmans refusant d'être arabisés (les habitants du Darfour), ou des Israéliens juifs refusant de perdre leur pays ! Comme il serait juste, et normal, que l'on puisse génocider tranquillement, sans résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU ... quelques centaines de milliers de Soudanais, déjà ; et des millions de Juifs et Arabes réunis, si l'autre taré arrive à se fabriquer une arme nucléaire et à "supprimer Israël de la surface de la terre", comme il l'a promis !

Je me souviens d'une blague, idiote, qui me faisait rire, alors petit écolier : "quand un gendarme rit, tous les gendarmes rient dans la gendarmerie". En plus sinistre et en voyant ces deux bobines, j'ai envie de transposer : "Quand un génocideur en action reçoit un génocideur en projet, ils se racontent des histoires de génocides".

J.C

22 mars 2007

Darfour : et si la France se réveillait ?



Enfin ! Après des années d’appels à manifester, de meetings, de tribunes libres dans la presse et d’innombrables reportages ; alors même que les Nations Unies ont reconnu le massacre de centaines de milliers de civils et qu’une résolution du Conseil de Sécurité l’été dernier envisageait - oh combien timidement - l’envoi de Casques Bleus, il semble que l’opinion française commence à se réveiller, et les responsables politiques à s’engager.

Mardi 20 mars, le Collectif « Urgence Darfour » (visiter le site en lien) appelait à un grand meeting, en ayant aussi et surtout convié les candidats à l’élection présidentielle. Ceux-ci étaient invités à s’engager sur les résolutions suivantes :

« Candidat(e) à la présidence de la République française, horrifié(e) par le sort réservé aux populations du Darfour, je m'engage :
1. A agir en sorte que la France use de tout son poids auprès du Conseil de sécurité des Nations unies pour y faire adopter des résolutions au titre du chapitre VII de la charte pour la protection effective des populations du Darfour.
2. A mettre en œuvre au niveau approprié, tant que dureront les crimes contre l'humanité, des sanctions économiques contre le Soudan : gel des avoirs, refus de visas pour les dirigeants soudanais impliqués dans les massacres, embargo sur les exportations de pétrole soudanais.
3. A m'abstenir de recevoir en France les membres du gouvernement de Khartoum.
4. A mettre à la disposition de la Cour pénale internationale tous les moyens utiles à sa mission, notamment en ce qui concerne l'établissement et la conservation des preuves, la protection des victimes, des témoins et des enquêteurs.
5. En liaison avec les États concernés, à donner mandat aux forces françaises stationnées au Tchad et en Centrafrique de protéger effectivement les réfugiés, les personnes déplacées et les membres des organisations humanitaires opérant dans ces pays.
6. A mettre en place les moyens d'une surveillance de l'espace aérien du Darfour et à en communiquer les informations aux États et institutions intéressés.
7. A dénoncer avec énergie tout pays qui s'opposerait aux sanctions prises à l'encontre du Soudan fondées sur les crimes contre l'humanité commis par son gouvernement.
8. A user de toute mon influence pour rendre possible une action européenne de protection des populations civiles du Darfour, notamment à mettre en place des corridors humanitaires.
A Paris, maison de la Mutualité, le 20 mars 2007 »


Cet appel a été publié, notamment, par le journal « Libération » qui a eu le grand mérite de publier, le même jour, un dossier de 5 pleines pages sur cette tragédie qui se déroule depuis maintenant 4 ans, dans une immense état africain, membre de la Ligue Arabe et à la population majoritairement musulmane (en lien le dossier sur le site du journal, moins complet malheureusement) Petit rappel, toutes les victimes sont musulmanes au Darfour : mais cela n’intéresse guère « les belles âmes » : des « altermondialistes » à la sauce José Bové en passant par les trotskystes (dont trois branches participent à la course présidentielle), elles ne sont pas venues à la Mutualité ; pour ces hémiplégiques de l’indignation, seules comptent en effet 1) les victimes musulmanes, certes ; 2) mais uniquement victimes de non musulmans, par exemple de dommages collatéraux en Afghanistan, en Irak ou à Gaza ... il ne fallait donc pas compter sur eux à la Mutualité, pleine à craquer ce 20 mars

... mais franchement ce ne fut pas une perte ! Trois candidats à l’élection présidentielle sont venus parler à la tribune, dont deux « grands » : Ségolène Royal, François Bayrou et Dominique Voynet. Nicolas Sarkozy (qui avait signé les résolutions, comme les autres candidats présents), a fait lire par sa représentante, Nicole Guedj, un message où il s’engageait à prendre des sanctions unilatérales contre le Soudan. Mais le « clou » de ce meeting fut la lecture par Bernard-Henri Lévy, d’un message de soutien de Jacques Chirac, menaçant lui aussi le gouvernement de Khartoum (voir en lien). Ségolène Royal et François Bayrou, quant à eux, ont pris l’engagement de boycotter les Jeux Olympiques de Pékin, en 2008, en raison de l’obstruction chinoise à toute résolution contraignante à l’ONU sur le Soudan !

Deux remarques, pour finir.

D’abord ces prises de position montrent que, lentement, à propos du Darfour comme du nucléaire iranien, le leadership politique français se réveille. Mais il est bien dommage que le « grand public », celui qui ne lit que des « gratuits » ou ne suit que les actualités à la télé, reste à la traîne de l’info, car sur ce genre de médias le Darfour reste traité bien furtivement. Il est heureux que Chirac - le support le plus fidèle des pires régimes du monde arabe - ait pris, tardivement, cette position ; mais le « grand public » donc, celui qui ne voit le Monde extérieur qu’au travers des froncements de sourcils à la télévision de son Président de la République (froncements de sourcil qui encouragent à désigner, par 66 % des Français, Israël comme le pays ayant l’influence la plus négative sur les affaires internationales, selon une enquête fameuse de BBC World), le grand public donc qui, toujours d’après ce sondage, a une meilleure opinion de la Chine que des États-Unis, ne sait strictement rien du trouble jeu chinois en Afrique. Il faudra donc lui expliquer, et cela sera très, très long !

Ensuite, je voudrais donner un grand coup de chapeau à Jacky Mamou, le président du collectif « Urgence Darfour ». Ancien responsable de « Médecins du Monde », spécialiste des ONG de terrains, il leur consacre une émission spéciale tous les quinze jours ... sur notre radio, Judaïques FM ! J’ai consacré une émission au Darfour, c’était il y a déjà deux ans (voir en libellé ci-dessous, ainsi que tous les articles déjà publiés sur le sujet). Il sera temps, aussi, d’en reparler et je serais très heureux de le recevoir dans ma série.

J.C

03 juillet 2006

Lundi 10 juillet, journée européenne de mobilisation pour le Darfour

Introduction :
Décidément, les grands médias français restent indécrottables ! Après plus de 200.000 morts et des millions de déplacés, le conflit du Darfour intéresse toujours aussi peu nos chaînes de télévision ... ainsi que "le grand quotidien du soir qui fait la morale à tout le Monde" - sauf aux islamistes génocidaires, au Soudan ou ailleurs ! Espérons que la prochaine journée de mobilisation du 10 juillet fera bouger les choses. Je reproduis avec plaisir la liste des personnalités attendues au théâtre de la Madeleine à Paris. On remarquera - et il faut s'en féliciter - la participation de nombreuses personnalités de la télévision. Faut-il par ailleurs le rappeler ? Les victimes de ce drame sont toutes musulmanes. Mais leurs oppresseurs le sont aussi, et cela justifie des honteux silences.
J.C

JOURNEE EUROPENNE DE MOBILISATION POUR LE DARFOUR LE LUNDI 10 JUILLET A 20 H AU THEATRE DE LA MADELEINE,
19 rue de Surene - 75008 Paris - métro Madeleine (lignes 8-12-14) - bus 24-42-52-94 arrêt Madeleine.
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Avec la participation de : Nicos ALIAGAS, présentateur TV - Céline BALITRAN, présentatrice TV - Dany BOON, acteur - Richard BERRY, metteur en scène et acteur - Amanda BRUEL, écrivain et scénariste - Jean-Yves CAMUS, journaliste et écrivain - Patrick DEVEJIAN, député - Morad EL HATTAB, écrivain et philosophe- Brigitte FOSSEY, comédienne - Patrick GAUBERT, président de la LICRA - André GLUCKSMANN, écrivain et philosophe - Marek et Clara HALTER, écrivain - Bernard HENRI-LEVY, écrivain et philosophe - Jacques JUILLARD, directeur délégué du « Nouvel Observateur » - Bernard KOUCHNER, ancien ministre et co-fondateur de médecins du monde - Jack LANG, ancien ministre - JENNIFER, chanteuse ­ Michel LEEB, acteur - Pascal LEGITIMUS, réalisateur, scénariste et acteur - Ivan LEVAI, directeur délégué au quotidien « La Tribune » - Corine LEPAGE, ancien ministre - Daniela LUMBROSO, présentatrice TV - Jacky MAMOU, président du collectif Urgence Darfour ­ Tristan MENDES-FRANCE, président de l¹institut Pierre Mendes-France - Jean-Pierre MIGNARD, avocat et vice président du CA de Témoignage Chrétien - Bernard MONTIEL, présentateur TV - Yanick NOAH, chanteur - Maxim NUCCI, chanteur et musicien - Youssou N'DOUR, chanteur et musicien - OMAR& FRED, comiques - Patrick PELLOUX, président de AMUHF - Patrick POIVRE D¹ARVOR, journaliste et écrivain - RAPHAEL, chanteur et musicien - Pierre SCHAPIRA, député européen et adjoint au maire de Paris- Dominique SOPO, président de SOS Racisme - Francois ZIMERAY, avocat et représentant de SOS Darfour en France

L'émision "Rencontre" et le blog ont souvent parlé du drame du Darfour, ci-dessous quelques liens sur des articles passés :

20 Mars 2005 1er Juillet 2005 15 Avril 2006 15 Mai 2006

15 mai 2006

Save Darfur now



Photographies de la grande manifestation du 30 avril
à Washington. En bas, l'acteur Georges Clooney
(source : site www.savedarfur.org)

Enfin, la cause du Darfour soudanais commence à remuer l'opinion publique ! Merci pour ces photos à Diagne Chanel, membre du "Collectif Urgence Darfour" et deux fois l'invitée de mon émission. Ils étaient des dizaines de milliers de manifestants devant le Capitole à réclamer une intervention internationale - en particulier la protection de l'ONU - pour les habitants de cette province oubliée du monde, victimes d'un effroyable nettoyage ethnique qui a déjà fait 300.000 morts et 2 millions de réfugiés parmi cette population musulmane. Des hommes et des femmes de toutes les origines et de toutes les religions étaient présents : des personnalités politiques américaines, démocrates comme républicains ; des artistes (voir photo) ; des dignitaires religieux ; et (quel symbole !), Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix et survivant de la Shoah. Pour en savoir plus sur cette manifestation, lire le compte-rendu sur le site "savedarfur.org" (en anglais)

J.C