Notre radio

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31 octobre 2006

La deuxième guerre du Liban sera-t-elle la dernière ? Chawki Freiha sera mon invité le 5 novembre

Soldat de la FINUL devant les portraits
de Hassan Nasrallah et de l'Ayatollah Khamenei

Le journaliste Chawki Freiha a déjà été à plusieurs reprises mon invité, et la dernière fois c’était en direct, le dimanche 16 juillet. La deuxième guerre du Liban venait de commencer pour Israël, un conflit totalement inattendu, où - pour la première fois depuis 1948 - des grandes villes allaient être quotidiennement bombardées, et ce après une attaque du Hezbollah à l’intérieur du pays, la mort de 8 soldats en quelques instants et l’enlèvement de deux appelés du contingent dont on est toujours sans nouvelles ...

Journaliste franco-libanais, Chawki Freiha est naturellement très concerné par tout ce qui concerne son malheureux pays, plongé (malgré le désir de paix de la majorité de sa population) dans des conflits « pour le compte des autres » : Syriens, Iraniens, Islamistes de toutes obédiences - et cela aujourd’hui par l’entremise du Hezbollah, organisation fanatique dont hélas il a beaucoup été question sur le blog (voir archives des juillet, août et septembre 2006). Ancien collaborateur du journal « Proche-orient.info » où il assurait une veille médiatique extrêmement riche, il suit de très près la vie politique dans le monde arabe. Il sera intéressant d’avoir grâce à lui le sentiment des Libanais, et de savoir s’ils sont eux aussi convaincus que c’est le Hezbollah qui a gagné. Il nous dira où en sont les rapports de force au « pays du cèdre », entre coalition anti-syrienne et partisans du cheikh Hassan Nasrallah, et s’il est vrai que tous les Chiites soutiennent ce dernier. Bien entendu, on espère en Israël que cette guerre aura été la dernière avec le Liban, alors il nous dira aussi si la fameuse résolution 1701 du Conseil de Sécurité le garantit, ou bien si elle est déjà dépassée (lire sur le blog le texte complet de la 1701) . Et puis, il y a eu au cours des derniers mois des bruits de botte en provenance de la Syrie : le dictateur Bashar Al Assad a lancé d’ailleurs des messages contradictoires, car il a proposé de reprendre les négociations, tout en disant que si on ne lui rendait pas tout le Golan il pourrait l’obtenir par la force : Chawki Freiha nous expliquera ce que qu’il convient d’en penser !

J.C

30 octobre 2006

Ségolène Royal, un désir d'islamiste ?

Ségolène Royal
(photothèque région Poitou-Charente)

Que les choses soient bien claires : je ne suis adhérent, ni du parti socialiste, ni d’un autre parti qu’il soit de gauche, du centre ou de droite ; j’essaie de rendre compte, le plus honnêtement possible, de la qualité des réponses que j’enregistre à mon émission de radio ou ailleurs ; et il m’est arrivé de rapporter ici des propos intéressants entendus de personnalités aussi éloignées sur l’éventail politique que François Hollande, François Bayrou, ou Pierre Lellouche (cliquer sur les liens pour lire les articles).

Donc je ne participerai pas à la « primaire » entre les candidats du P.S pour les élections présidentielles ; et (par devoir de réserve) je pensais garder confidentiel mon choix pour l’élection du printemps prochain. Mais, disons le franchement, je serais assez catastrophé si Ségolène Royal portait les couleurs de la gauche au deuxième tour, avec alors de très fortes chances d’être élue - c’est du moins mon pronostic. Je me permets de le dire en considérant mes propres « valeurs » (mot dont elle a tellement usé et abusé), parce qu’à mon avis, ce serait la victoire du look sur le fond, de la mode du moment sur les décisions au long cours, et du « médiatiquement correct » sur les vraies décisions. Mais aussi parce que clairement, c’est la personnalité présidentiable qui a manifesté le moins d’empathie face aux menaces vraiment existentielles, pesant à la fois sur la communauté juive de France et sur l’état d’Israël.

Petite remarque en passant : la « méthode Royal » qui consiste à adapter son discours aux résultats de sondages explique aussi son positionnement par rapport à ce sujet particulier : il souffle, en ce qui concerne l’opinion publique française et les Juifs, le même vent mauvais de lâcheté que celui qui soufflait en 1940 ; et, fine mouche, on peut compter sur elle pour choisir le bon cap en suivant le vent. Faiblement conseillée en matière économique (la majorité des « think tank » de gauche préparant plutôt les fiches de Dominique Strauss Kahn ou de Laurent Fabius), elle a par contre comme bras droit une conseillère en communication, qui a du lui dire qu’un « pas de valse » avec Jamel Debbouze sur Canal +, paierait bien plus électoralement parlant, que des apparitions trop visibles aux côtés d’une communauté juive traumatisée - mais également quasi-inexistante dans les bastions de Province d’où est partie sa campagne.

J’avais déjà rapporté le 11 octobre sur le blog ses propos consternants sur les « conflits de civilisation » où elle mettait en parallèle la guerre d’Afghanistan et Guantanamo. Sur le conflit israélo-palestinien, elle a préconisé de reprendre, immédiatement et sans conditions, l’aide aux Palestiniens (sous-entendu : de payer les salaires des 150.000 fonctionnaires aux ordres du Hamas, car l’aide humanitaire, elle, n’a jamais cessé). Le CRIF a eu raison de publier l'extrait d'un article de Philippe Val dans Charlie Hebdo, dénonçant son discours visiblement dirigé vers l’électorat d’extrême gauche (comme ses tirades environnementalistes sont clairement destinées à récolter les suffrages écologistes dès le premier tour). Admettons cependant qu’elle ne parle pas par calcul, mais par conviction, et donnons crédit à son porte-parole, l’ex-« gauchiste » du parti Arnaud Montebourg, lorsqu’il dit qu’elle se situe « plus à gauche » que les autres candidats du P.S en matière de politique étrangère et d’environnement : en hexagonal traduit, cela se décline en une série axiomatique : « le réchauffement climatique est bien plus dangereux que Mahmoud Ahmadinejad», « Bush = Ben Laden » et « Israël = pas gentil ». Voir également sur l'encyclopédie en ligne "wikipedia" (www.fr.wikipedia.org) l'article consacré à Ségolène Royal, avec la synthèse de ses positions en matière de politique étrangère ; on y relève la très franchouillarde critique de la notion « d’axe du mal » (les géopoliticiens avertis sachant bien, en effet, que la Corée du Nord n’exporte pas de missiles balistiques vers l’Iran mais seulement des cargaisons de pousses de bambou).

Mais - encore plus grave car concernant directement la société française où nous vivons -, elle a fait preuve d’une ambiguïté troublante vis-à-vis des chantages islamistes divers et variés, entendus ces derniers mois et années. J’ai découvert un site de gauche, très laïc et résolument anti-Sarkozy, que je vous invite à découvrir sur ce lien : il relève des prises de position peu glorieuses, dont les médias n’ont pratiquement pas parlé. Ci-dessous un extrait significatif :
« Pour Ségolène Royal, la polémique sur le voile, c'est beaucoup de bruits pour rien ! D'ailleurs en pleine polémique sur le voile à l'école, la candidate préfère faire diversion avec le string. Elle se lance alors dans une campagne anti-string au pire moment, à tel point qu'on ne peut s'empêcher, à tort ou à raison, d'opposer l'un à l'autre. Aurait-on affaire à une sorte de donnant-donnant à l'adresse des religieux ? Le string, répète S. Royal, est une "atteinte à la dignité de la femme". Et le voile, c'est quoi ? C'est que Mme Royal a un sens des priorités qui lui est très personnel. En 89 déjà, elle jugeait cette affaire insignifiante. Ségolène a d'autres bêtes noires bien plus sérieuses : les mangas et les dessins animés dits "violents" par exemple. Goldorak serait-il une menace "bien plus sérieuse" pour la démocratie qu'un Tariq Ramadan ?
"Qu'est-ce qui est le plus inquiétant pour les valeurs françaises ou européennes ? Trois filles qui portent un foulard et qui finissent par l'enlever ou bien le fait que tous les jours des millions d'enfants voient pendant trois heures d'affilée des dessins animés japonais où on s'entretue. [...] Moi je pense que c'est beaucoup plus grave, ce qui se passe à la télévision, et tout le monde s'en fiche ". »


A lire enfin, sur ce dernier lien, ses réactions plus que prudentes à propos de la mixité ou de l’affaire des caricatures de Mahomet.

J.C

27 octobre 2006

Une réunion des Ministres de l’Intérieur du G6 consacrée au terrorisme ou : « comment l’Agence France Presse réécrit l’actualité »

J’ai découvert hier cet article paru sur le site "yahoo.news" : une dépêche de l’agence AP (Associated Press), rendant compte d’un sommet sécuritaire de l’Union Européenne ; en voici un extrait :

« STRATFORD-UPON-AVON, Grande-Bretagne (AP) 
- Les ministres de l'Intérieur des six pays les plus peuplés de l'Union européenne (Grande-Bretagne, Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne) ont convenu jeudi de renforcer leur coopération pour lutter contre l'extrémisme, le terrorisme et l’immigration illégale.
Selon un communiqué publié à la fin de leur réunion de deux jours à Stratford-upon-Avon, en Angleterre, les ministres du G6 ont décidé de coordonner leurs efforts pour identifier les menaces terroristes, d'améliorer la coopération pour surveiller l'utilisation d'Internet par les groupes terroristes et d'échanger des informations sur les explosifs, notamment liquides.
Les ministres ont également exprimé l'intention de mettre en avant des musulmans laïcs représentant des modèles de réussite pour les jeunes de leur communauté dans les sociétés occidentales. Ils ont aussi décidé de lutter contre les fraudes fiscales susceptibles de financer le terrorisme.
"La plus grande menace pour tous les pays européens (...) vient du terrorisme, particulièrement de ceux qui par une utilisation dévoyée de l'islam constitueraient une menace terroriste pour nous tous", a souligné le ministre britannique de l'Intérieur John Reid, qui a présidé les débats. "Chaque pays représenté ici a une expérience récente du terrorisme."
M. Reid a souligné que les autorités britanniques avaient travaillé en étroite collaboration avec leurs alliés lorsqu'elles ont déjoué un complot présumé en août visant à faire exploser des avions de ligne assurant la liaison entre la Grande-Bretagne et les États-Unis.
"Nous sommes très attachés à l'action commune, la recherche sur les explosifs liquides, au partage du renseignement", a-t-il souligné. "Il est important que nous travaillions très étroitement." (...)
La crainte de dérives extrémistes au sein des communautés musulmanes d'Europe était au cœur de la réunion du G6. Celle-ci a été rattrapée par l'actualité française avec trois attaques de bus commises dans la nuit de mercredi à jeudi par des jeunes en banlieue parisienne, où vivent de nombreuses familles issues de l'immigration.
Lors d'une conférence de presse à Stratford-upon-Avon, ville natale de Shakespeare, le Ministre français de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a déclaré que les auteurs de ces faits seraient recherchés et "sévèrement punis". "Nous allons tout mettre en œuvre pour (les) arrêter", a-t-il assuré (...) »


Vous n’avez pas rêvé : le terrorisme vient particulièrement de ceux qui font une utilisation dévoyée de l’islam ; il faut mettre en avant des musulmans laïcs ; il y a une crainte de dérive extrémiste au sein des communautés musulmanes d’Europe ; et le rapprochement est fait avec les attaques de bus en banlieue parisienne. Mais chez nous, dans le monde lisse et policé expliqué aux lecteurs de « gratuits » (et souvent aussi aux lecteurs de vrais quotidiens), de pareils rapprochements seraient tout à fait indécents. Car le monopole de l’information appartient presque toujours à la très officielle Agence France Presse ... et lisez plutôt la dépêche de l'AFP en lien, également publiée par « yahoo.news ». Là, ouf, on respire ! Le Ministre de l’Intérieur britannique n’a jamais rien dit sur l’islam, et il n’est question que de « terroristes ». Sans doutes des Tigres Tamouls ? Ou des bons Catholiques de l’IRA ou de l’ETA ? Des Martiens à pois verts ? Ou alors, qui sait, des agents infiltrés de la CIA ou du Mossad ?

A propos de l’utilisation de l’Internet par les filières djihadistes, je rappelle, pour ceux qui ne l’auraient pas encore entendu, l’enregistrement de mon interview de Richard Odier, "la haine islamiste sur Internet", que vous pouvez écouter en allant sur l’article en lien.

J.C

26 octobre 2006

Tina Arena, "Je m'appelle Bagdad"

Et si on oubliait, un peu le Liban ? Et l’Iran de plus en plus menaçant ? Et si on parlait d’un pays voisin, un peu oublié ces dernières semaines, l’Irak ? Et si, pour en parler, on laissait tomber pour une fois les articles de presse ou les analyses sérieuses ... pour écouter une chanson et voir un clip ?

Tina Arena n’est pas une experte en géopolitique, et « Je m’appelle Bagdad » n’a ni prétention militante, ni vocation pédagogique. Et c’est heureux si on pense à la langue de bois qui, selon, noircit les pages des journaux, envahit les plateaux télévisés et parfois même se chante ; en résumé, l’histoire racontée est toujours la même : "il était une fois un Orient heureux et paisible, et tout a basculé dans la violence depuis qu’un fou furieux locataire de la Maison Blanche a décidé d’envahir le paisible Irak". Il était donc bien facile de faire un "tabac" en tapant à bras raccourci sur les méchants américains !

Or la chanteuse ne prend pas partie, elle ne montre pas des images tirées de l’actualité, et son clip vidéo est parfaitement intemporel avec effets hollywoodiens de palmiers ou de villes surgissant du désert pour y disparaître par magie, palais des mille et une nuits et tenues de Schéhérazade, envoûtant fantôme de la capitale ruinée. Certes, Bagdad, cité à âme humaine qui pleure dans la bouche de Tina Arena, raconte "qu’elle est tombée sous le feu des blindés". Mais sans autres précisions, cela aurait pu commencer avec la première guerre du Golfe, et les blindés qui l’ont fait tomber sont peut-être les milliers de chars détruits dans les guerres folles lancées par son défunt dictateur. "Ils ont tout détruit", mais ces "ils" ce sont ceux aussi bien ceux qui ont massacré hier (le génocide contre les Kurdes), ou ceux qui continuent aujourd'hui (les attentats d'Al-Qaïda). Mais on peut aussi penser que c'est pire avec la chute du dictateur sanguinaire - bref, rien n'est dit mais tout est subtilement évoqué. On tombe sous le charme, chacun peut imaginer le coupable de la chute de "la princesse défigurée", Georges W. Bush, Saddam Hussein ou les Mongols ... et tout le monde verra le clip avec plaisir.

J.C

25 octobre 2006

André Nahum sur Judaïques FM ce matin : « Mais quel jeu joue exactement la France au Moyen-Orient ? »

Bonjour,
On lit dans le journal libanais "L’orient-le Jour" d’aujourd’hui : "Les tentatives françaises de modifier les règles d’engagement de la FINUL, de manière à permettre l’usage éventuel de la force afin de mettre un terme à ces violations, se seraient heurtées à de sérieuses réserves aussi bien à Washington qu’à New York." Il s’agit vous l’avez compris, non pas des violations du Hezbollah, mais des survols du Liban par des avions israéliens.
Ouf !
Comme dirait l’autre : Nous l’avons en dormant, madame, échappé belle. Vous rendez vous compte dans quelle situation nous nous serions trouvés nous, Français juifs amis d’Israël si par malheur un missile sol-air français avait abattu un F-16 israélien au dessus du Liban ?
Imaginez la suite : représailles israéliennes, branle-bas de combat, manifestations "anti-sionistes" à Paris et en province avec affluence record garantie.
Mauvais scénario de politique fiction ? Certainement pas. Cette hypothèse, impensable naguère, aurait très bien pu devenir une réalité. Dites moi : Qu’aurions nous fait ? Que ferions nous si cela se produisait ? Le général Pellegrini, commandant français de la FINUL avait laissé entendre avant de se rétracter, désavoué par l’ONU, que si les avions israéliens poursuivaient leurs vols au dessus du Liban, il pourrait envisager de leur tirer dessus, puisque comme par hasard, les troupes françaises avaient amené dans leurs bagages, des missiles sol - air. Madame Alliot-Marie notre ministre de la défense et possible candidate aux élections présidentielles a enfoncé le clou au cours de son récent voyage à Washington, en occultant les manquements libanais à la décision 1701 du Conseil de sécurité.
Alors qu’Israël s’est totalement retiré du territoire libanais conformément à cette décision, les deux soldats retenus en otage par le Hezbollah n’ont pas été libérés. Le Hezbollah n’a pas été désarmé, il n’a pas retiré ses miliciens au delà de fleuve Litani et si l’on en croit le site israélien Debka.com, il reconstitue son infrastructure, ses fortifications et son armement au Sud Liban et dans la Bekaa. Alors, question : La FINUL élargie a-t-elle été déployée pour préserver la paix et mettre fin à la toute puissance et aux attaques du Hezbollah ou au contraire pour protéger la milice chiite ?
Mais quel jeu joue exactement la France au Moyen-Orient ?
On aide le Liban à se libérer de l’occupation syrienne, mais on ne fait rien pour diminuer l’emprise du Hezbollah iranien qui hypothèque son indépendance. On couvre de fleurs l’Iran, alors que son président clame son obsession de détruire Israël, pays membre de l’ONU, et veut se doter à cet effet de l’arme atomique. Un jour, on envisage de lancer des missiles sol- air contre les avions israéliens, le lendemain comme pour rétablir l’équilibre, on finit par admettre le bien-fondé de la barrière de sécurité que l’on condamnait avec force hier, la qualifiant de mur de la honte ou mur de Berlin.

Difficile à suivre ... pour le moins ...

André Nahum

23 octobre 2006

Quand les intellectuels parisiens louaient Khomeyni


Jean Corcos et Houchang Nahavandi, photo prise dans le studio de Judaïques FM,13 octobre 2006

Introduction :
Cette photo a été prise juste après l'enregistrement de notre émission, diffusée le 22/10/2006. C'était la première fois que j'avais le plaisir d'accueillir à la radio l'auteur, qui est un témoin exceptionnel du règne du dernier Shah d'Iran et des circonstances de sa chute. Je reproduis ci-dessous un extrait de son livre "Iran, le choc des ambitions" (éditions Aquilion), où il décrit l'aveuglement des intellectuels parisiens qui adulèrent l'ayatollah Khomeyni lors de son séjour à Neauphle-le-Chateau.
J.C

Citation on line

Houchang Nahavandi
« Iran, le choc des ambitions » (Editions Aquilion)

« Toute une partie de l’intelligentsia occidentale, française surtout, crie à la divine surprise. Des comités de soutien sont créés. Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et surtout Michel Foucault en prennent la tête. Saint Germain-des-Prés trouve une nouvelle cause à défendre et promouvoir, et se mobilise pour Rouhallah Khomeyni.
Michel Foucault se rend à deux reprises en Iran - septembre et novembre 1978 -, écrit une série d’articles dithyrambiques sur Rouhallah Khomeyni dans la grande presse occidentale, "Le Monde" notamment. Il le rencontre au moins une fois à Neauphle-le-Château, analyse ses positions philosophiques.
Simone de Beauvoir se rend également en Iran pour soutenir la révolution islamiste. Jean-Paul Sartre se contente de prises de positions parisiennes. Par la suite, voyant la tournure prise par les évènements, Madame de Beauvoir rectifiera quelque peu sa position. Michel Foucault, quant à lui, se contentera, à peine, de vagues regrets.
Au cours de cette période, le terrorisme intellectuel interdisait tout doute, toute question en la matière.
André Fontaine commente l’évènement dans "Le Monde" en titrant son grand article « Le retour du divin ». En comparant Rouhallah Khomeyni à Jean-Paul II, il évoque « le besoin d’identité, élément essentiel de dignité consubstantiel à l’homme » que lui inspire le triomphe du personnage, et rêve que « les représentants des religions révélées [puissent] se rencontrer pour voir ce qu’ils pourraient faire, les esprits forts ayant échoué, pour la Paix du monde ». L’article, traduit, a un grand retentissement en Iran. (...)
Le parti socialiste que dirige François Mitterand proclame « son soutien résolu » au mouvement. Le PS organise une manifestation publique de soutien et son bureau exécutif salue le 14 février 1979 la victoire de la révolution islamique « mouvement populaire d’une ampleur exceptionnelle dans l’histoire contemporaine ».

21 octobre 2006

Afghanistan (suite) : vers une retraite honteuse de la France ?

La semaine dernière, dans mon article du 11 octobre, j’évoquais l’extrême discrétion des grands médias vis-à-vis de l’engagement de l’armée française en Afghanistan. Quelques jours après (le 15 octobre), le journal « le Monde » publiait un article évoquant un retrait de nos troupes début 2007, dont le principe serait déjà décidé ... en voici la reproduction :

« Selon des sources proches de l'armée, l'état-major français a décidé de rappeler ses troupes d'élite déployées en Afghanistan aux côtés des militaires américains depuis 2003, révèle Le Journal du dimanche dans son édition du 15 octobre. La décision française, prise au cours d'un conseil de défense, n'a pas encore été actée mais serait effective début 2007. Elle s'inscrit "dans la redéfinition en cours des missions militaires en Afghanistan", explique le JDD. L'opération Enduring freedom, auprès de laquelle 200 hommes des forces spéciales français sont engagés sous commandement américain, est en train de disparaître. Quelque 10 000 des 15 000 militaires américains ont déjà rejoint la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) et les 5 000 restants "devraient se consacrer à former les réguliers de l'armée afghane", souligne le journal. Le repli des forces spéciales françaises s'explique aussi par la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays lors de ces derniers mois, où neuf militaires français sont morts en mission de combat, et par l'engagement militaire français au Liban. »

Cette fuite peu glorieuse s’expliquerait-elle par un épisode non rapporté par nos télévisions, mais qui circule dans la blogosphère ? Deux jeunes soldats français, tués il y a plusieurs semaines, auraient été éventrés vivants par les Talibans qui les auraient fait prisonniers ! Vous pourrez lire en lien :
- l'article du journal anglais "Daily mail" rapportant cet évènement.

J.C

Flotte, flotte petit drapeau ...

Entrée d'une mosquée, Damas, février 2006

D’abord quelques mots à propos de l’étrange illustration choisie pour ce post un peu léger.

Au début de l’année, la Syrie « laïque » dirigée par la Assad Corp. (activités : dictature, complots et sièges sociaux pour terroristes en tous genres) avait été en première ligne pour les manifestations « spontanées » après l’affaire des caricatures de Mahomet. Acte de gloire particulier, l’incendie de l’ambassade du Danemark à Damas - et celui du consulat à Beyrouth, par tout ce que le Liban devait compter de sbires à la solde de l’ex-occupant. Mais cela ne suffisait pas. Les foules débiles - qui semblent tellement heureuses de pratiquer l’autodafé de drapeaux - se lasseraient-elles de cet ersatz de bûchers pour humains ? Une autre pratique se répand maintenant au Proche-Orient, de Damas à Gaza : celle des pavillons étrangers pris pour paillasson ; comme cela, le plaisir de fouler au pied l’infidèle, le mécréant, le grand Satan américain ou le petit Satan israélien peut durer plus longtemps ... Et c’est ainsi donc, que furent placés à l’entrée d’une mosquée de la capitale syrienne cinq drapeaux, histoire de punir symboliquement les Danois (premiers à avoir publié les caricatures dans un modeste hebdomadaire), les Norvégiens (qui les avaient repris), les Français (pour cause de publications dans « France-Soir » et « Charlie-Hebdo ») ; quand aux drapeaux américain et israélien, leur présence obligée et en toute circonstance fait partie du rituel !

Mais revenons aux drapeaux qui s’alignent sur le blog, grâce au logiciel « Neocounter » : ils témoignent maintenant de visites en provenance de plus de 100 États indépendants, 106 exactement au 20 octobre (à ne pas confondre avec les « countries » enregistrés par le compteur, voir explications dans le post du 16 septembre).
Des États représentant largement chacun des cinq continents et dont le nombre me rend très fier, car ils témoignent d’un beau rayonnement sur la Toile ! Si vous avez tout oublié en géographie ou si vous êtes un peu curieux, une astuce du blog (au cas où vous ne l’auriez pas découverte tous seuls ...) : en déplaçant la souris et en plaçant l’index sur chaque drapeau, vous verrez apparaître sur la gauche la carte du pays correspondant, et même ses voisins ce qui vous permettra de bien le situer. Mais revenons à ces 100 « bougies » que l’on peut vraiment fêter. Même avec une dénomination aussi connotée que « rencontrejudaiquesfm », même en ne correspondant pas à la sensibilité de beaucoup d’entre vous, amis visiteurs (je pense par exemple aux hits en provenance du Maghreb à partir de la recherche « video Nasrallah »), je suis à chaque fois heureux et ému à la fois en enregistrant des « hits » depuis des milliers de kilomètres. Parfois, il s’agit d’anonymes que l’on devine très proches ... comme ceux qui ont tapé « Shana Tova » sur Google, depuis l’Ukraine, puis la Georgie, quatre-vingt-dix-neuvième et centième pays qui sont venus s’ajouter dans la colonne aux drapeaux. Souvent, il doit s’agir de visiteurs qui ne sont ni Juifs, ni Musulmans, ni même d’une quelconque religion, mais qui ont trouvé sur un sujet donné un élément de réponse sur cette adresse : je pense ainsi à deux visiteurs venus de la lointaine Amérique Latine, et qui m'ont permis de "hisser le pavillon" du Pérou et de l'Uruguay !
Comme on dit en hébreu, « Barouh aba » : soyez tous les bienvenus, ici tous les drapeaux flottent fièrement dans le vent du Web, même ceux « des ennemis d’aujourd’hui » (déjà 16 pays de la Ligue Arabe sur 22 représentés, plus le pavillon de la république islamique d’Iran) : je n’ai pas l’esprit aussi bas que ceux qui trouvent drôle la photo !

J.C 

Nota de Jean Corcos ajouté le 8 janvier 2015
Hélas, le logiciel Neocounter n'existe plus, et les visiteurs présents ne pourront plus visualiser ce "tour du monde virtuel" que j'ai eu le plaisir, souvent, de faire par le passé. Cependant, j'ai laissé cet article ou d'autres qui évoquent cet ancien "compagnon" du blog. 

19 octobre 2006

André Glucksmann : « L’indignation de beaucoup d’indignés m’indigne à mon tour … »

Introduction :
J'ai poussé la semaine dernière - c'est rare, mais cela m'arrive - un "coup de gueule" à l'occasion de l'assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa, et à propos des indignations sélectives de notre opinion publique, qui pardonne beaucoup à certains (Poutine, par exemple) et rien à d'autres (Bush ou les dirigeants israéliens, ceux-là sans exceptions à l'exception de Rabin qui a eu le bon goût d'être assassiné). Ce "post" daté de lundi 9 octobre a été repris par mes amis du site "primo" - en lien permanent -, et je les en remercie bien chaleureusement. Ceci m'amène également à me souvenir d'un article fameux d'André Glucksmann, celui-là publié dans le journal "Le Figaro" en pleine guerre du Liban (le 8 août dernier). Devant les clameurs d'indignation sélective condamnant Israël, il avait su trouver les mots justes pour "moucher" ceux qui font du conflit israélo-arabe la seule explication des malheurs de notre pauvre monde ... Ci-dessous, l'article intégral.
J.C

Proche-Orient : les illusions calamiteuses d’une géopolitique surréaliste

"L’indignation de beaucoup d’indignés m’indigne à mon tour. Pour l’opinion publique mondiale, certains morts musulmans pèsent le poids d’une plume, d’autres des tonnes. Deux poids, deux mesures. Le meurtre terroriste d’une cinquantaine de civils chaque jour à Bagdad est relégué à la rubrique des faits divers, tandis que le bombardement qui tue vingt-huit habitants à Cana est élevé au rang de crime contre l’humanité - seuls quelques rares esprits comme Bernard-Henri Lévy et Magdi Allam, rédacteur en chef du Corriere della Sera, s’en étonnent.
Pourquoi les deux cent mille massacrés du Darfour ne suscitent-ils pas le quart de la moitié des réactions horrifiées qu’éveillent les victimes deux cents fois moins nombreuses du Liban ? Lorsque des musulmans tuent d’autres musulmans, faut-il croire que cela ne compte pas, ni pour les autorités coraniques ni pour la mauvaise conscience occidentale ? L’explication est boiteuse, car lorsque l’armée russe, chrétienne et bénie par les popes, rase la capitale des musulmans tchétchènes (Grozny, 400 000 habitants) et tue les enfants par dizaines de milliers, cela ne compte pas davantage. Le Conseil de sécurité ne tient pas alors réunion sur réunion, et l’Organisation des États islamiques détourne pieusement les yeux. Force est de conclure que seul le musulman tué par des Israéliens vaut indignation universelle.
Faut-il croire qu’Ahmadinejad exprime tout haut ce que l’opinion publique mondiale chuchote in petto ? Pourtant un grand nombre de consciences occidentales outragées par les bombardements au Liban se proclament outrées au carré si on les soupçonne d’antisémitisme. J’aurais tendance à leur faire crédit, n’allons pas imaginer que la planète entière sombre dans la paranoïa antijuive ! Le mystère s’épaissit d’autant. Pourquoi pareille hémiplégie ? Pourquoi une indignation mondiale survoltée dès qu’il s’agit de bombes israéliennes ?
Si les images des destructions au Liban font choc - incomparablement plus choc que les affamés du Darfour et les ruines de Tchétchénie -, c’est qu’elles sont implicitement sous-titrées par une géopolitique surréaliste. Qui contemple l’actualité de Cana ou de Gaza ne compte pas seulement les cercueils des mauvais jours, les malheureux qu’on enterre semblent auréolés d’une annonciation fatale, étrangère aux centaines de milliers de cadavres africains ou caucasiens. Combien d’experts ne pointent-ils pas, depuis des décennies, le conflit du Moyen-Orient comme le cœur du chaos mondial et la clé de sa résolution ? Quel diplomate oublierait de répéter plutôt dix fois qu’une que les portes de l’enfer et le Sésame du retour à l’harmonie internationale se situent à Jérusalem ? Un même scénario codé trotte dans les têtes du XXIe siècle, il décrète que tout se joue sur les rives du Jourdain. Versant « hard » : tant que s’opposent 4 millions d’Israéliens et autant de Palestiniens, trois cents millions d’Arabes et un milliard et demi de musulmans sont condamnés à vivre dans la haine, le sang et l’oppression. Versant rose : il suffirait d’une paix, à Jérusalem, foi de Quai d’Orsay, pour qu’à Téhéran, Karachi, Khartoum et Bagdad les incendies s’éteignent et cèdent à la concorde universelle.
Nos sages sont-ils devenus fous ? Théorisent-ils sincèrement et sérieusement que, sans le conflit israélo-palestinien, rien de grave n’aurait eu lieu, ni la révolution massacreuse de Khomeyni, ni les dictatures sanglantes des partis Baas syrien et irakien, ni la décennie du terrorisme islamique en Algérie, ni les talibans en Afghanistan, ni les fous de Dieu essaimant sans foi ni loi ? L’hypothèse triste et inverse, rarement évoquée, est davantage vraisemblable : tout cessez-le-feu autour du Jourdain demeure intrinsèquement volatil tant que les palais, la rue, une bonne partie de l’intelligentsia et les États majors musulmans entretiennent la passion anti-occidentale. La « mondialisation » (le dynamitage planétaire des frontières économiques, mais surtout sociales et mentales) s’accompagne immanquablement de réactions de rejet souvent dures, parfois cruelles. Pas besoin de l’existence depuis 1947 de l’« entité sioniste » pour allumer l’anti-occidentalisme germanique de Fichte à Hitler, l’anti-occidentalisme russe sans cesse renaissant sous les tsars comme sous Staline et désormais Poutine. Seul un naïf peut supposer en toute ignorance que la volonté de puissance iranienne trouvant sa force de frappe dans la révolution khomeiniste récupère dans la « question juive » autre chose qu’un prétexte à djihadiser tous azimuts. Une fois Israël rayée de la carte, qui va imaginer que la subversion verte fêtera semblable triomphe en déposant les armes ?
La géopolitique de mauvaise foi qui sacre le Moyen-Orient pivot de l’ordre mondial est devenue la religion de l’Union européenne, la foi des incroyants et peu croyants d’Occident. Les penseurs post-modernes ont affirmé à tort la fin des idéologies, alors que nous nageons en pleine illusion idéologique, ayant en douceur troqué l’espoir fallacieux de la lutte finale contre la prédication angoissée d’une catastrophe non moins absolue et finale. Tandis que notre tête surréalise, notre coeur déchiffre la mort de l’humanité en chaque cliché expédié du Liban. Jérusalem n’est le centre du monde que parce que centre supposé de la fin du monde. Notre fantasmagorie calamiteuse se nourrit de prémonitions apocalyptiques.
Chaque affrontement moyen-oriental vaudrait répétition générale avant l’explosion ultime. La fumeuse guerre de civilisation, à force de l’invoquer, on y croit. Et à force de la prévoir, on s’y fait, par une méthode Coué, intitulée en anglais « self fulfulling prophecy », pronostic qui se confirme lui-même. Le bombardement à longueur d’années des agglomérations israéliennes par les missiles du Parti de Dieu crédibilise les promesses annihilatrices du Parrain iranien. Toutefois, remarque avec ironie Clausewitz, ce n’est pas l’agresseur qui déclenche la guerre, mais celui qui décide de stopper l’agression. Donc, Israël est forcément coupable. Circonstance aggravante : coupable d’une fin du monde mondialement fantasmée. De la géopolitique surréaliste au délire, la pente est glissante."

André Glucksmann
Le Figaro, 8 août 2006

18 octobre 2006

Innocents, prisonniers en terre d'islam : ne les oublions pas !

Stephane Lherbier, son épouse et sa fille Lola.
Quelques moments de bonheur
en dehors de sa prison de Téhéran (photo AFP)

Deux affaires d’emprisonnement d’innocents en terre d’islam : une dont je ne vous ai pas encore parlée ; et l’autre, sur laquelle le blog est revenu à plusieurs reprises.

D’abord l’affaire Stéphane Lherbier, jeune français emprisonné avec un ressortissant allemand depuis près d’un an dans une prison iranienne. Son épouse a informé le blog ami PAF (en lien permanent), du lancement d’un site pour relayer une campagne internationale pour leur libération : cliquer sur le lien pour le découvrir.
C’est tout naturellement que je m’associe à cette campagne en publiant cette photo et en reproduisant un extrait de ce site, qui raconte les circonstances de l’emprisonnement de ces innocents, dont on peut craindre - hélas ! - qu’ils ne soient une monnaie d’échange dans le bras de fer nucléaire du régime des Mollahs avec la communauté internationale.
« Stéphane Lherbier est un père de famille de 33 ans, passionné de pêche sportive. Sa passion le dévore depuis qu’il a 4 ans. Il avait longtemps caressé le rêve de vivre de cette passion et de posséder un jour SA société de pêche sportive. Après avoir vécu 8 ans dans les Antilles Françaises où il pratiquait la pêche en tant que loisir, faute de fonds suffisants pour en faire son métier, Stéphane s’est mis en quête de la destination idéale où il pourrait enfin concrétiser son rêve, dans la mesure de ses moyens.Après mures réflexions, son choix s’est porté sur les Émirats Arabes Unis, une destination pêche encore peu connue mais extrêmement prometteuse. La qualité de vie, la sécurité et la simplicité des démarches liées à la création d’entreprise, ont séduit la petite famille qui s’expatria à la fin de l’année 2004.
Après 8 mois d’activité, alors que la petite entreprise baptisée "Blue Marlin" commençait tout juste à rentrer un peu d’argent, Stéphane est arraisonné dans le Detroit d’Ormuz par la Marine Iranienne, au cours d’une partie de pêche au gros en compagnie d’un touriste Allemand, Donald Klein. Ils sont tous deux jugés puis condamnés à 1 an et demi de prison ferme sous l’accusation d’entrée illégale dans les eaux territoriales Iraniennes. Là où d’autres sont simplement repoussés à la "frontière maritime" contre paiement d’une amende, Stéphane écope d’une peine incroyablement lourde au regard des faits qui lui sont reprochés. »

Maintenant quelques informations à propos des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien, toujours menacés de la peine de mort en Libye sous la rocambolesque accusation d’empoisonnement volontaire d’enfants par le virus du sida (voir mon premier article sur le sujet, ainsi que les nombreux « posts » suivants, le dernier en date du 30 août). J’ai reçu à l’adresse de ce blog plusieurs messages d’un journaliste qui écrit dans la célèbre revue scientifique « Nature », le Docteur Declan Butler. Il a un blog, que je vous invite à découvrir (en anglais, bien sûr ...), où il a consacré plusieurs « posts » au « Lybian AIDS scandal ». Lire aussi son article dans la revue NATURE du 12 octobre J’ai constaté avec grand plaisir que de nombreuses associations médicales internationales sont maintenant mobilisées pour sauver ces innocents, et que plusieurs pétitions circulent - ceci illustre bien que la « blogosphère » peut constituer un « contre- pouvoir », quand les « grands médias » ne veulent pas parler de certains sujets ! Il ne faut pas relâcher la pression, car une atmosphère de fausse tranquillité s’était installé depuis le début de l’année, lorsque le procès précédant avait été cassé par la cour d’appel de Tripoli.

Encore une fois, en Libye comme en Iran, on a l’impression que des innocents sont les jouets d’enjeux qui les dépassent, et servent à faire monter les enchères sur d’autres dossiers !

J.C

17 octobre 2006

Paranos, les Américains ?

Affiche de propagande nord-coréenne, 2003
(photo tirée du site http://www.ki4u.com/unthinkable.htm)
Photo pas vue
 
La Corée du Nord - dernier état stalinien de la planète, première dictature communiste héréditaire de l'histoire, seul pays au monde où la population est littéralement affamée (on parle de centaines de milliers, voire de millions de morts) alors que toutes les ressources sont englouties dans un programme nucléaire et balistique - ce pays au régime ubuesque vient donc de faire exploser sa première bombe atomique la semaine dernière. Certains experts doutent de la réussite de l'essai souterrain, on comptabilise les particules radioactives au dessus du pays, et on essaie de se rassurer comme on peut ... par exemple, par des sanctions de l'ONU votées ce samedi, mais dont l'efficacité reste à démontrer.
 
Grands experts en bidouillage de missiles, les Nord-Coréens ont augmenté la portée des Scuds de conception soviétique dont ils avaient été équipés, puis ont fait une marchandise d'exportation ... Scuds B, puis C, puis D (1.300 kilomètres de portée) ont donc pris le bateau, et sont par exemple en possession de la République Islamique d'Iran qui les fait défiler régulièrement avec peint dessus "mort à Israël". Ne s'arrêtant pas en si bon chemin, ils ont développé le "Taepedong-2" de 6.700 kilomètres de portée, celui-là peut atteindre l'Alaska. Et l'affiche que j'ai récupérée sur le WEB risque un jour de devenir crédible : le Capitole en ligne de mire, ce n'est pas le fantasme d'un Président réputé débile, ni le fruit d'un complot à la Thierry Meyssan - mais un véritable programme, affiché sur des panneaux dans la capitale d'un vrai pays, même s'il est sans doutes le plus fermé du monde. D'où le titre de ce post ; car il ne faut pas avoir l'oreille bien fine pour entendre, déjà et encore, les accusations de paranoïa contre les États-Unis qui - par définition - ne doivent craindre que les conséquences de leur propre surpuissance !

Également directement menacé en cas de poursuite de la coopération entre "États-voyous", Israël qui guette le point de non-retour nucléaire côté Iran. L'état juif et "le pays du matin calme" (la Corée du Sud, qui est à son image une démocratie et une réussite économique) se sentent très proches en ces temps agités ... extrait du billet de mon ami André Nahum sur Judaïques FM mercredi dernier :

"Israël, à juste titre inquiet a condamné avec vigueur ces essais nucléaires et l'ambassadeur de Corée du Sud à Tel-Aviv, Shin Kak-Soo, lui a rendu un vibrant hommage en déclarant notamment au "Jerusalem post" : "En tant que puissance régionale forte, Israël a un rôle clé à jouer en suscitant un consensus international ferme pour s'opposer à la Corée du Nord à la suite de ce test nucléaire. Nous devons montrer au gouvernement nord-coréen que la communauté internationale est très forte et unie pour empêcher le développement d'armes nucléaires par la Corée du Nord et Israël est un acteur très important au Moyen-orient ". Si l’État hébreu est à la pointe de ce combat contre la dissémination de l'arme atomique surtout parmi des États-voyous, c'est qu'il est très prévisible que la Corée du nord aidera le pays des Ayatollahs à l'acquérir le plus vite possible, et rien ne dit que d'autres pays ou des mouvements terroristes ne profiteront pas également de ses enseignements et de ses techniciens. "

J.C

16 octobre 2006

Où va l’Iran ? Houchang Nahavandi, ancien ministre du Shah, sera mon invité le 22 octobre

Le Professeur Houchang Nahavandi, ancien ministre iranien

Après une longue pause de plus d’un mois et demi, la série « Rencontre » reprend avec une interview directement liée à l’actualité la plus inquiétante : l’Iran, dirigé depuis l’année dernière par un fanatique antisémite, qui programme la destruction de l’état d’Israël et dont rien ne semble empêcher la course à l’arme nucléaire.

Mon invité sera Houchang Nahavandi. Il connaît bien ce pays, car il a été deux fois ministre sous le règne du dernier Shah d’Iran, Mohamed Reza Pahlavi - d’abord ministre du développement pendant les années 60 et puis, pendant juste un mois en septembre - octobre 1978 ministre des sciences et de l’enseignement supérieur, juste avant la révolution qui allait installer au pouvoir le régime sanguinaire et despotique des Ayatollahs. Condamné à mort, il a fui l’Iran et il vit depuis en exil en Europe. Nous avons déjà eu une interview en mars de l’année dernière, et nous avions alors parlé de son ouvrage « Carnets secrets, chute et mort du Shah », publié aux éditions Osmondes. Ce livre a été un grand succès de librairie, c’est aujourd’hui aux Etats-Unis l’ouvrage le plus vendu sur la révolution iranienne. Il m’a fait parvenir un nouveau livre, intitulé « Iran, le choc des ambitions », (éditions Aquilon, prix : 28 E). C’est un ouvrage imposant (il a plus de 700 pages) qui complète le précédent ; il ne se focalise pas sur les années précédant la chute du Shah, mais il couvre deux siècles d’Histoire, en essayant de raconter les tentatives de modernisation du pays et, hélas, la chute dans un régime islamique totalitaire.

Mais l’actualité est trop brûlante, et contrairement à mon interview précédente la majorité des questions tourneront autour des réactions de la communauté internationale face à l’Iran d’aujourd’hui : que penser de la thèse, qui dit que dans le fond et pour garantir leur indépendance, tous les Iraniens, même opposants aux Ayatollahs, sont pour le nucléaire militaire (Antoine Sfeir l’avait développé à mon micro) ? Peut-on accepter la différence que l’on fait dans la presse entre Mollahs « conservateurs » et « réformateurs » ? Comment expliquer ce silence des intellectuels et des politiques face aux outrances antisémites de Téhéran, et est ce que vraiment l’Europe n’a plus de repères moraux ? Que penser des déclarations de Jacques Chirac au moment de l’Assemblée Générale des Nations Unies, quand il a dit que les sanctions ne pouvaient pas marcher, et qu’il ne fallait pas fixer d’ultimatum ? Et est-ce que aujourd’hui le front occidental n’a pas été brisé ?

Une émission passionnante, que j’espère vous serez nombreux à suivre !

J.C

12 octobre 2006

Vrais et faux ennemis de l’islam, par Mezri Haddad

Introduction
Mezri Haddad est un jeune philosophe tunisien, spécialiste de théologie comparative, qui a été déjà deux fois mon invité sur le plateau de Judaïques FM (voir la présentation de notre émission du 26 mars dernier). Il a publié dans le journal « Liberation » du 26 septembre un « rebond » où, courageusement, il prend la défense du Pape Benoît XVI qui s’est attiré les foudres des islamistes après son discours de Ratisbonne (lire sur le blog). Voici la reproduction intégrale de son article.
J.C

« Il ne se passe pas un mois sans que l'islam ne soit au coeur d'une polémique mondiale et sans que les musulmans ne manifestent leur colère contre des «ennemis» qui «blasphèment» leur religion et «fustigent» leur prophète. Mais, cette fois-ci, il ne s'agit ni d'un caricaturiste ni d'un écrivain, mais de la plus haute autorité morale et spirituelle de l'Eglise catholique, le pape Benoît XVI.
Pourtant, en dehors de ces réactions invariablement hystériques, il n'y a aucun rapprochement à établir entre l'affaire des caricatures, celle de tel ou tel écrivain à la littérature irrévérencieuse à l'égard du sacro-saint islam et celle de la conférence philosophique et théologique que le pape a prononcée. Réduire cette conférence magistrale, principalement consacrée à la problématique très complexe et typiquement «averroïste» des rapports entre foi et raison, la réduire à une vulgaire stigmatisation de l'islam ­ c'est plutôt l'Occident hédoniste et déchristianisé qui était la cible du pape ­, c'est faire preuve d'une affligeante ignorance. Pis, c'est donner raison aux ennemis de la raison, ces intégristes qui voient dans toute critique la manifestation d'un fantasmagorique complot de l'Occident contre le monde islamique. On ne le dira jamais assez, l'ennemi mortel de l'islam, c'est le fanatisme, et le mal qui le ronge depuis des années, c'est l'intolérance. En moins de dix ans, nul n'a autant discrédité l'islam que l'islamisme lui-même, cette souillure de l'islam, cette nécrose de la civilisation islamique. Des horreurs commises par les égorgeurs du FIS et du GIA en Algérie, y compris le supplice des pauvres moines de Tibérine, aux multiples massacres ordonnés par Ben Laden et ses acolytes, en passant par les faits et méfaits des talibans en Afghanistan, que de chemin parcouru sur la voie de la décadence et de la barbarie.
Ceux qui crient aujourd'hui au complot, où étaient-ils lorsque tant d'atrocités étaient (et sont toujours) commises au nom du Coran ? Qu'est-ce qui est plus dommageable pour l'islam, le fait de citer ­ sans y souscrire ­ un manuscrit du XIVe siècle, ou le fait de tuer indistinctement hommes, femmes et enfants au nom d'une conception dévoyée du jihad ? Le prophète de l'islam ne disait-il pas que «l'encre du savant est plus sacrée que le sang du martyr» ?
Plutôt que de réagir passionnellement, anticipant et flattant ainsi l'instinct de la foule, les oulémas de l'islam ont-ils lu le texte intégral de la conférence en question ? Et, quand bien même l'auraient-ils fait, en ont-ils saisi le sens et l'essence ? J'en doute fort car, même si le mot «raison» est cité quarante-cinq fois dans le Coran et que celui-ci commence par l'injonction «Lis» (iqrâ), il y a bien longtemps que la raison philosophique et même théologique a déserté la terre d'islam. Au moins depuis les autodafés réservés aux livres d'Averroès. Celui-ci a, en effet, eu des disciples juifs dont le plus prestigieux est Maïmonide, des disciples chrétiens dont la plupart ont d'ailleurs été persécutés par l'Eglise (!), mais aucun disciple musulman. A cette époque, la Raison parlait arabe et l'Inquisition parlait latin. C'est ici, et seulement ici, que le propos du pape Benoît XVI doit être relativisé, car la rencontre féconde entre islam et pensée grecque a été déterminante dans l'émergence de la civilisation que certains appellent occidentale.
Malgré la confusion et les malentendus que peut induire l'exhumation d'un texte de l'empereur byzantin Manuel Paléologue, je doute fort que le souverain pontife adhère à la conclusion de l'incompatibilité ontologique entre islam et raison. Parce qu'il est érudit, il sait que le manuscrit en question n'exprime en rien la quintessence de l'islam mais traduit l'esprit de la controverse théologico-philosophique islamo-chrétienne se déployant à une époque d'antagonisme paroxystique entre le monde islamique et la chrétienté.
Quoi qu'il en soit, une bonne partie de la littérature philosophique ou théologique «antimahométane» a été manifestement influencée par une apologétique chrétienne médiévale, elle-même traumatisée par l'expansionnisme islamique qui, contrairement à la légende, issue de l'apologétique islamique cette fois-ci, n'impressionnait pas toujours par sa douceur spirituelle mais par la cruauté de son glaive. L'histoire en général, celle des religions en particulier, n'a pas toujours été sainte ; elle a été au contraire souvent violente et sanglante. Cela vaut aussi bien pour le christianisme que pour l'islam, même si les corpus fondateurs divergent complètement sur l'usage de la violence : «Remets ton glaive à sa place, ordonne Jésus, car tous ceux qui auront pris le glaive périront par le glaive» (Matthieu 26,53) ; «Permission est donnée à ceux qui combattent pour avoir subi l'iniquité» (sourate XXII, verset 39). Qu'importe si ce verset coranique est le premier autorisant la lutte défensive, après 70 autres proscrivant la violence. Le fait est que la position coranique est ici aux antipodes de la position néotestamentaire. Cet interdit clairement exprimé n'a du reste pas prémuni les ouailles de Jésus de la tentation belliqueuse puisque, de persécuté, le christianisme est devenu lui-même persécuteur après la conversion de Constantin, lorsque l'Empire romain a fait de l'enseignement évangélique une idéologie dominatrice et totalitaire.
Pour revenir dans l'histoire, pour s'inscrire dans la modernité, pour conjurer les démons de l'intégrisme, pour éviter le «choc des civilisations», l'islam doit subir cette défaite victorieuse infligée par les Lumières, comme jadis et naguère le christianisme. C'est à cette seule condition qu'il sortira du magma chaotique dans lequel les intégristes veulent le maintenir. C'est alors que sera possible un dialogue des religions et des civilisations authentique, sans concession et néanmoins fraternel, comme le suggère Benoît XVI, et non point syncrétique et vaguement oecuménique, comme c'est le cas depuis le concile de Vatican II.
Ce dialogue doit avoir pour vocation la tolérance, et pour fondement, la connaissance. C'est que l'ignorance de l'islam par les chrétiens et l'ignorance encore plus abyssale du christianisme et du judaïsme par les musulmans couvent des malentendus et même des conflits redoutables. D'où ce besoin urgent et vital de connaître les autres religions, besoin auquel appelait il y a déjà fort longtemps le grand théologien Max Müller : «Celui qui ne connaît qu'une religion n'en connaît aucune.» »

Mezri Haddad

Philosophe tunisien, spécialiste de théologie comparative. Dernier ouvrage paru : Dialogue des religions d'Abraham pour la tolérance et la paix (collectif, sous la direction de H. Fantar), éd. Université de Tunis El-Manar, 2006

11 octobre 2006

L'Afghanistan est-il sauvé ? 2/2 : la guerre dont on a honte

Les forces de l'OTAN en Afghanistan
(source: A.F.P pour Yahoonews)
Rien ne vaut parfois une bonne illustration pour réaliser les évènements ...
Une vraie guerre se déroule en ce moment en Afghanistan, où les Talibans reviennent en force sur le terrain perdu en 2001. Les effectifs américains sont insuffisants pour leur faire face, et l'armée afghane est encore trop peu aguerrie pour tenir le pays - d'où l'intervention massive de l'OTAN et d'autres pays alliés : 37 états sont maintenant impliqués dans ce front de la guerre mondiale contre les islamistes, le plus ancien.

Parmi les troupes étrangères présentes en Afghanistan, 900 hommes des forces d’élite françaises, avec déjà une dizaine de tués en opération. On remarquera l’extrême discrétion de nos grands médias sur cet engagement : en aurait-on honte en haut lieu ? Pourtant l’intervention américaine, puis internationale, se fait dans un cadre tout à fait légaliste, suite à des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU. Les Talibans sont considéré par la majorité des gouvernements du monde comme des ennemis dangereux, membres de la mouvance djihadiste et terroriste internationale ; mais ce sont des mots que l’on n’ose pas utiliser, et qui semblent déchirer la bouche de beaucoup de journalistes ou hommes politiques ... pour ne pas parler des femmes : la semaine dernière, Ségolène Royal a ainsi trouvé le moyen d’évoquer cette guerre dans un drôle de raccourci : "Dans un monde divisé, hanté, de Bagdad à Kaboul ou Guantanamo, par les conflits de civilisations", elle veut "mettre le développement, la santé, l'éducation au coeur de notre politique étrangère", nous rapporte le journal « Le Monde » à propos de son discours prononcé à Vitrolles le 29 septembre.
Comme certaines choses sont dites, sournoisement, en creux ... La guerre en Afghanistan serait donc un « conflit de civilisations » (bonjour la civilisation de la burka obligatoire !) ; Guantanamo serait le pendant des innombrables massacres commis par les islamistes, en Algérie, au Soudan ou ailleurs (bonjour le sens des proportions) ; et il n’y aurait de « bons militaires » que ceux affectés à des tâches humanitaires, à la rigueur envoyés pour le compte des Nations Unies et pour séparer des belligérants (bonjour la défense nationale revue et corrigée par une fille de militaire !).
 
J.C

Sur le même sujet, lire sur le blog : Afghanistan : quel avenir pour la burka ?

10 octobre 2006

L'Afghanistan est-il sauvé ? 1/2 : hymne à la beauté


C’était il y a exactement cinq ans, au début du mois d’octobre 2001. Quelques semaines après le 11 septembre, l’aviation américaine lançait un déluge de feu sur les positions de l’armée afghane, alors aux ordres des Talibans. Le régime du - déjà oublié - Mollah Omar avait refusé d’expulser ses « hôtes », les terroristes d’Al-Qaïda qui avaient fait du pays leur base arrière. Et la guerre commença, brève et victorieuse, jusqu’à l’entrée à Kaboul des « Forces du Nord », dont le légendaire chef, le commandant Massoud, fut hélas assassiné un mois avant ...

Aujourd’hui nous savons que le conflit ne s’arrêta pas après cette première manche. Les Talibans sont de retour dans le Sud du pays. Une fragile coalition, issue d’un accord entre les « seigneurs de la guerre » et validée par des élections démocratiques, gouverne sous la protection de troupes occidentales. Et le nouvel Afghanistan a un hymne national tout neuf, que je vous invite à entendre tout en voyant défiler des paysages d’une stupéfiante beauté. A noter à la fin, un « Allahou Akbar » bien dans la note de la « République islamique » (qualificatif officiel de l’état afghan) qui, s’il n’est plus un « émirat », reste un peu loin de nos contrées laïques !

J.C

09 octobre 2006

Anna Politkovskaïa, les journalistes et "la pogne de Poutine"

La journaliste russe Anna Politkovskaïa,
assassinée à Moscou le samedi 7 octobre 2006

Deux sentiments, ressentis presque l'un après l'autre après ce lâche assassinat. D'abord, de l'émotion en apprenant la mort "en service volontaire pour la liberté d'expression" si l'on peut dire, d'une journaliste particulièrement courageuse. Une vraie journaliste, allant sur le terrain, enquêtant sur une guerre absolument atroce - la Tchétchénie -, et ramenant des informations autrement plus intéressantes que les reportages de nos journalistes sur les tenues plus ou moins "bourges" d'une candidate à l'investiture du Parti Socialiste ... Ci-dessous, un extrait de la dépêche A.F.P donnant la nouvelle et rappelant son œuvre, qui a reçu les plus hautes distinctions journalistiques.

« La journaliste russe Anna Politkovskaïa, célèbre jusqu'en Occident pour sa couverture très critique de la guerre en Tchétchénie et l'une des rares à couvrir encore ce conflit oublié, a été tuée par balles samedi à Moscou.
Son corps a été découvert en fin d'après-midi par une voisine dans l'ascenseur de son immeuble, devant lequel quelques dizaines de personnes, notamment des confrères, sont venues se recueillir dans la soirée, déposant des fleurs rouges.
Le Parquet a ouvert une enquête pour "meurtre avec préméditation".
Primée à l'étranger, notamment par le Pen Club International et en 2003 par le prix du Journalisme et de la Démocratie de l'OSCE, elle avait publié plusieurs livres, dont "Voyage en enfer. Journal de Tchétchénie", qui avait eu un large écho lors de sa sortie en 2000 en France.
Rare journaliste russe à couvrir encore la deuxième guerre de Tchétchénie, lancée par Moscou en octobre 1999, elle écrivait régulièrement dans le bi-hebdomadaire Novaïa Gazeta de longs articles dénonçant les assurances de normalisation en Tchétchénie du président Vladimir Poutine.
Très critique de la politique de Moscou dans le Caucase mais aussi plus largement du tournant autoritaire pris par M. Poutine, cette femme de 48 ans aux cheveux poivre et sel et au verbe acéré venait de publier "La Russie selon Poutine", paru au printemps en France. »

Le deuxième sentiment qui m’est venu immédiatement, fut une grosse révolte. Jamais, aux colères d’André Glucksmann près, on n’entend de protestations, ou on ne voit nos présentateurs vedettes de la télévision et nos abonnés aux grandes indignations - de Monseigneur Gaillot à José Bové en passant par un autre candidat à la candidature du P.S, celui-là rayon paillettes et qui vient de jeter l’éponge -, froncer les sourcils lorsque notre Président de la République reçoit Poutine ou est l’hôte du Kremlin. Pour la majorité des Français, d’ailleurs, droite et gauche confondues, l’important est de faire la nique aux Américains, à tout propos et quitte à se payer des amis comme hier Saddam, le boucher de Bagdad, ou - pourquoi pas, si c’est le prix à payer pour « jouer dans la cour des grands » ? - les antisémites de Téhéran ou d’ailleurs. Vive la « réal politique » ! Oui, mais mes chers compatriotes (inspirés par les grands médias ou leur soufflant les titres qu’ils ont envie de lire) vont sans complexes pousser des hurlements lorsqu’un troisième candidat à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, va serrer la main du Président élu des États-Unis ... « Sarko, caniche de Bush » - et voilà comment on peut descendre en flamme un homme politique ! Me revient alors la réplique du même Sarko qui ne manque pas de sel lorsque l’on apprend une nouvelle comme celle de l’assassinat d’Anna Politkovskaïa : « quand je pense que ceux qui me reprochent de rencontrer Bush sont ceux qui serrent la pogne de Poutine, ça me fait doucement rigoler" » (source : Yahoo.news)
Deux dernières réflexions, celles-là rapidement jetées pour ne pas faire trop long.
On aimerait aussi écrire « Quand on pense aux centaines de milliers de victimes musulmanes tchétchènes de la sale guerre de Poutine, et qu’on entend « ad nauseam » tous les dirigeants musulmans dire que « la racine » de la colère des peuples du Moyen Orient est le conflit palestinien, ça nous fait doucement rigoler ». Ou pleurer, quand on sait que les pires islamistes comme le Hezbollah ou la République islamique d’Iran ont été dotés en armements russes les plus sophistiqués ... A ce sujet,
lire l'inquiétant article de Caroline Glick dans le « Jerusalem Post » (« As the storm of war approaches »), où la célèbre « columnist » du quotidien israélien décrit combien la Russie est redevenue un ennemi stratégique d’Israël.
Et puis, en repensant à Poutine, tout le monde l’a déjà oublié mais je ne résiste pas à l’envie de le rappeler : les cérémonies du soixantième anniversaire de la libération d’Auschwitz en janvier 2005 furent grandioses ; grandiose aussi le discours du président russe, qui réalisa la prouesse de ne pas prononcer une seule fois le mot « Juif » dans son discours !

J.C

05 octobre 2006

Ce que les jeunes artistes arabes ont à nous dire, par Pierre Vermeren


Pierre Vermeren

Introduction :
J’ai le grand plaisir de reprendre sur le blog un remarquable « Rebond » de mon ami l’historien Pierre Vermeren, qui a été publié par le quotidien « Libération » du mardi 3 octobre avec deux autres tribunes libres, toutes sur le thème « Islam et violence ». Son article tranche par son originalité sur les deux autres - comme sur d’innombrables publications sur le sujet - parce qu’il parle de sociétés réelles, et non de l’image que l’on en a. Le vrai miroir des peuples, ce sont ses artistes qui les portent, et les jeunes artistes arabes qui ont réalisé récemment des films iconoclastes nous en disent plus sur la souffrance vécue de l’intérieur, que des piles de reportages convenus. Bonne lecture !
J.C

« La controverse soulevée par les propos du pape et les insupportables menaces de mort contre Robert Redeker accroissent l'incompréhension qui préside aux rapports Islam-Occident. Fulmination et préjugés progressent.
C'est «bloc contre bloc», «raison contre sacré», Lumières contre obscurantisme... Il est urgent de sortir du champ des représentations et des clichés essentialistes. L'histoire enseigne que les sociétés savent puiser dans leurs récits sacrés ce qui convient à leur temps, et à leurs passions. C'est moins dans l'essence des civilisations qu'il faut traquer les germes de la violence, ou d'une paix éternelle, que dans la vie des hommes de notre temps, qui dit l'état de nos civilisations.
Que nous disent, en ce début de XXIe siècle, les créateurs des pays arabes ? Et savons nous les écouter ? A rebours des propos lénifiants et des anathèmes, il faut entendre ces hérauts d'une extraordinaire vitalité, et l'insondable souffrance des millions de jeunes musulmans qui regardent vivre l'Occident. Car depuis quinze ans, l'Occident s'exhibe, via les télévisions par satellite, aux yeux des habitants du Sud. Mais en retour, que savons-nous de ces peuples, en dehors de la chaîne des violences quotidiennes rapportées par les télévisions ? En 2006, trois films arabes de grande qualité ont été distribués en France. Le 15 février est sorti Marock, de la Marocaine Laïla Marrakchi. Puis le 7 juin, Bled Number One, du Franco-Algérien Rabah Ameur-Zaïmeche. Enfin le 23 août, doublant le roman d'Alaa el-Aswany, l 'Immeuble Yacoubian, de l'Egyptien Marwan Hamed.
Porte-parole des générations nouvelles, ces jeunes réalisateurs ont produit des oeuvres aussi puissantes que violentes, qui nous adressent une multitude d'éclairages sur les sociétés du Sud. Le film marocain est une tragédie de l'amour impossible dans la jeunesse dorée francophone de Casablanca. Le film algérien est un drame, dont le héros est un délinquant expulsé de France au titre de la double peine ; il découvre son «bled», un village du Constantinois, et les siens, dans une Algérie en proie au chaos. Le film égyptien, enfin, raconte les histoires parallèles, et quelquefois croisées, des habitants d'un immeuble colonial au centre du Caire, sur un ton à la fois dramatique et satirique. La vieille société cosmopolite, submergée par les néo-urbains, croule sous l'amoncellement des problèmes économiques et sociaux.
Ces trois films sont très différents, mais il s'en dégage une vision globale, panorama des questions et dilemmes qui taraudent les sociétés arabes et étouffent leur jeunesse. On y croise l'usage et la crise du religieux, les débordements de la sexualité, l'insoutenable oppression des femmes, l'affairisme et la corruption, l'abus de pouvoir, la brutalité des rapports de domination, mais aussi la nostalgie des temps révolus, l'utopie politique, les rêves d'exil et d'Eldorado, la force de la jeunesse, et son désir de liberté.
A relire bien des critiques françaises de ces films, on est surpris par trop de réactions qui fuient la réflexion. Dans les trois pays, islamistes, conservateurs et bien-pensants se sont dits révoltés par la brutalité dévoilée, la perversion (relative au sexe, à la drogue et à l'alcool), les provocations envers la religion (l'amour impossible du jeune juif et de la jeune musulmane de Marock , qui conduit ce Roméo à la mort, ou la rhétorique pharisienne de Haj Hazzam, qui dévoie sa religion pour assouvir ses passions), et l'extrême dénuement des femmes (l'asile psychiatrique de Constantine, ou l'avortement forcé de la deuxième épouse de Haj Hazzam). Des campagnes de presse, des débats parlementaires, des sit-in et manifestations ont conduit les distributeurs à jongler avec la censure, négocier avec les politiques et déprogrammer des projections. Au regard de ces oeuvres puissantes, la dénonciation européenne du non-respect des droits de l'homme dans ces sociétés est une aimable conversation.
En France, trois types de réactions dominent la critique : l'appréciation technique, l'incrédulité, et le mépris. Pour bien des critiques, aussi peu au fait des réalités contemporaines des sociétés arabes qu'en empathie avec elles, ces oeuvres sont analysées pour leurs prouesses ­ ou défauts ­ techniques. Un grand hebdo parisien dit de Bled Number One, «C'est un bon film. C'est même du cinéma, même si c'est filmé en vidéo.» Face à la force de ces oeuvres, qui ne laissent pas indemnes, l'incrédulité est de rigueur, même dans la presse la plus branchée : «Manière assez fluide et rythmée d'associer musique et vacuité estivale [...], que l'on n'aurait jamais attendue de la part d'une cinéaste maghrébine», est-il écrit du film de Marrakchi. Enfin, le plus grand quotidien régional français voit, à propos du film marocain, «Tous les clichés possibles dans cette fureur de vivre complaisante et maladroite», et dans l' Immeuble Yacoubian, «une mise en scène avec peu de moyens et guère plus d'inventivité».
Les aspirations de la jeunesse arabe, ses souffrances et ses fantasmes sont détournés lorsqu'éclate une polémique ou de graves incidents internationaux. Des créateurs ont le courage de nous montrer, de manière drôle et satirique, mais aussi brutale et douloureuse, les tribulations de leurs sociétés. L'écho renvoyé par la France demeure très faible, alors que dans les trois films, la charge affective de ce pays est très puissante. Au-delà des considérations techniques, ces oeuvres méritent une vive attention. On n'y traite pas de l'essence de l'islam : on y apprend comment l'absence de justice et de droit laisse libre cours aux pulsions humaines; comment celles-ci détruisent un système social; et comment la crise de la culture nationale et de la religion projette une partie de la jeunesse vers l'islamisme, et une autre vers l'Europe. Ce sont des créateurs arabes qui l'exposent, et c'est assez époustouflant. A l'image de cette scène inouïe, où la star égyptienne Adel Imam, ivre et désespéré, prend à témoin la statue du père de l'indépendance égyptienne, Saâd Zaghloul, hurlant sa rage de voir «la plus belle ville du monde» devenue ce qu'elle est aujourd'hui. »

Pierre Vermeren
Maître de conférences en histoire du Maghreb contemporain à Paris-I.

Pour écouter mes deux interviews de l’auteur, cliquer sur les liens :
- Emission du 17 octobre 2004
- Emission du 31 octobre 2004

04 octobre 2006

Ne laissons pas Redeker avoir raison, par Sonja Riviere

Introduction :
Depuis que l’on a appris qu’un professeur de philosophie risquait d’être assassiné par des islamistes furieux suite à une tribune signée dans « Le Figaro », l’air est comme devenu plus irrespirable. Maintenant que des dingues font circuler sur Internet les adresses de qui ne leur plait pas, maintenant que l’horrible Al-Qardawi lance des « fatwas » aux millions de téléspectateurs d’Al-Jazeera, je me dis aussi que le danger rode vraiment, et que j’ai eu tort (qui sait ?) de m’exposer ainsi sur le Web. Maintenant qu’un pays aussi éloigné de l’islamisme que la Tunisie, et dont j’ai dis tellement de louanges sur ce blog ou dans mon émission, décide d’interdire le numéro concerné du « Figaro », on se sent vraiment déprimé.
Pour lire le texte qui a provoqué un tel scandale, allez sur le site de primo-europe.
Sonja Riviere s’exprime au nom du groupe de démocrates laïcs « Tous ensemble », un collectif qui a toujours su défendre une ligne à la fois antiraciste, et sans compromis pour les nouveaux obscurantistes. Et c’est avec plaisir que je reproduis son article sur cette affaire, diffusé par mail circulaire ; avec plaisir, parce que je m’y reconnais tout à fait. Oui il y avait quelque chose de brutal et sans nuance dans la peinture de l’islam faite par ce philosophe, et si je la reprenais complètement à mon compte je serais à la fois incohérent dans ma démarche - mettre en valeur les musulmans modérés - et dans mon éthique - ne pas mettre de l’huile sur le feu. Là-dessus, avec leurs réactions fanatiques, les excités qui le menacent rendent parfaitement plausible la caricature qu’on peut lui reprocher. Et puis, il y a un enjeu capital dans la défense de Robert Redeker, celui de la liberté de pensée ; et il est heureux que les syndicats d’enseignants dont le silence l’avait tellement accablé (lire ici) se soient enfin solidarisés (article dans "Libération" du 30 septembre).
J.C

« On peut ne pas être forcément d’accord avec Robert Redeker, professeur de philosophie aulycée Pierre-Paul-Riquet de Saint-Orens de Gameville (Haute-Garonne) quand il affirme que " l’islam, dans son texte sacré exalte violence et haine ".Toutes les religions du Livre (et quelques autres) comportent des appels au meurtre.

Mais Redeker et sa famille vivent, depuis huit jours, dans un endroit inconnu et sous protection policière. Après son article sur l’islam publié dans Le Figaro du 19 septembre dernier, Youssef Al-Qardawi l’a nominé dans sa fameuse « cheikh-liste », à la télévision Al-Jazeera. Redeker a désormais un contrat, pardon, une fatwa, ou l’équivalent, sur sa tête. En tout cas, n’importe quel cinglé peut le trucider à l’aise pour aller au paradis. Et ça n’a pas traîné. Les menaces écrites sont suffisamment graves pour que l’enquête soit confiée à la section antiterroriste du parquet de Paris.Alors, Redeker a finalement raison.La religion ânonnée par des centaines de milliers d¹enfants dans les écoles coraniques du Pakistan, du Soudan, de Somalie et en général des pays sous domination islamiste, cette religion prêche la haine de l’Occident. Dans les pays sous dictature des fous de Dieu, l’appel à la prière est un appel au meurtre. Le mois sacré de Ramadan doit apporter son quota de sacrifices humains. Se faire exploser au milieu de la foule musulmane en Irak, en Palestine, au Liban, est un exploit vanté par les mères des " martyrs ". Le Livre interdit le suicide ? Les fous ne lisent pas. Ne comprennent pas. Ne pensent pas. Ils vouent un culte à la mort et lui dressent des autels de cadavres d’infidèles ou d’apostats. Qu¹importe le Coran pourvu qu¹on ait l’ivresse des grands fonds !

Malheureusement, Redeker a raison.
Se foutant de l’esprit et de la lettre du texte sacré, les fous de Dieu tricotent une religion de haine, de rancoeur et de sang. Ils la trament depuis les années 1920. Aujourd’hui, c’est un tissu très fin, en apparence, car doublé de matériau isolant (pour isoler les " fidèles " des sociétés impies). Si l’on s’en approche, il vous colle à la peau comme une tunique de Nessus.Théo Van Gogh en est mort, Salman Rushdie a bien failli, et Redeker est épinglé sur la liste. Sans oublier les dizaines de milliers de musulmans labellés « apostats » dans les pays islamiques, comme en AlgérieLa même semaine, le Deutsche Opera de Berlin annulait la programmation de l’opéra de Mozart, " Idoménée ", par crainte de réactions islamistes. On y voit le roi de Crète Idoménée poser les têtes coupées de Poséïdon, Jésus, Bouddha et Mahomet sur des chaises. Un blasphème polythéiste, en somme, mais qui a, paraît-il, suscité des menaces préventives. Par prudence ( ?), la directrice de la salle a préféré assassiner Mozart (symboliquement).Là encore, Redeker a tort d’avoir raison. Il écrit en effet que nous assistons désormais à " une islamisation des esprits, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’islam ". Parce qu’à force d’entendre et de voir les mêmes vieilles (ou jeunes) barbes vitupérer depuis des années contre la décadence occidentale, on finit par se dire que, oui, c’est vrai, il y a une réelle démission à laisser ainsi se propager la haine. Et la peur. Mais le combat n’est pas celui de l’islam contre l’Occident. Il est celui de la barbarie contre la civilisation, de la folie contre l’intelligence, de la dictature contre la démocratie. Et dans ce combat, les hommes et les femmes qui vivent sous domination islamiste sont en première ligne.Les fous de Dieu ne sont ni courageux ni forts. Ils tuent au hasard dans la foule, s¹acharnent sur des cibles faciles (une religieuse de 70 ans, un philosophe). Ce ne sont pas des loups mais des hyènes puantes. Ils ne chassent pas. Ils se repaissent des proies égarées par l’indifférence coupable de nos démocraties aveugles. Ils ne sont forts que de nos lâchetés intellectuelles, de cette stupidité abyssale qui feint de confondre la veulerie avec le respect de l’autre.Quand osera-t-on interpeller les soi-disant " docteurs de la loi " islamique sur leur silence assourdissant à l’égard des crimes commis au nom de leur foi ? En se taisant, ils cautionnent l’image d’une religion de croisade, d’une sauvagerie moyenâgeuse. On peut aussi penser que les opposants de l’intérieur de l’islam, croyants ou non, ont peut-être du mal à accéder à une parole médiatique. Pas suffisamment agressifs, sans doute ? Il est vrai qu¹un beau prédicateur rasé de loin justifiant à mots voilés la lapidation de la femme adultère, ça vous fait vibrer un plateau de télévision ! Qu’il est bon de détester cordialement un ennemi estampillé comme tel ! Les fous de Dieu sont passés maîtres dans l’art de se créer des ennemis en forme de caricatures.

Mais eux-mêmes ne sont que d’immondes caricatures.

Les temps sont venus de dénoncer l’effroyable imposture.Celle qui laisse croire à l’existence d’un islam conquérant lancé à l’assaut de la décadence occidentale. Il n’y a ici ni religion, ni conquête, et si décadence il y a, ce n’est pas celle que l’on croit. Il ne s’agit que d’une folie meurtrière théorisée par des esprits malades pour instaurer une nouvelle Inquisition, substitut du nazisme. Une folie alimentée par ceux et celles qui, bien au chaud dans le cocon de la République, applaudissent à l’instauration d’une police des moeurs et de la pensée, à l’exclusion des femmes, au nom d’" un respect des différences culturelles " qui n’est autre que l’avatar moderne du racisme colonial.La décadence, elle, c’est celle de l’instrumentalisation d’une religion transformée en idéologie totalitaire. Brandie par les intégristes, elle n’est même pas un étendard : à peine une feuille de vigne. Et qui peine désormais à cacher ses parties honteuses : jalousie, frustration, haine de soi, vide sidéral de la pensée, degré zéro de l’intelligence, fascination de la mort.Cette caricature d’islamisation des esprits est devenue insupportable.Et en ce sens, force est de reconnaître que Redeker avait raison. »

Sonja Rivière 

Lucien Samir Arezki Oulahbib a mis en ligne sur son site « resiliencetv » une pétition de soutien à Robert Redeker, pour la signer cliquer sur le lien. A noter la diversité des commentaires laissés, certains injuriant totalement la religion musulmane tandis que d’autres marquent leur distance par rapport à sa tribune du « Figaro », tout en faisant de la défense du philosophe menacé une question de principe. A noter enfin que ce professeur a un site Internet, et qu’en allant y faire un tour j’ai constaté combien il avait été bouleversé par la Shoah, au point d’y consacrer plusieurs articles, notamment sur le négationnisme.