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30 octobre 2006

Ségolène Royal, un désir d'islamiste ?

Ségolène Royal
(photothèque région Poitou-Charente)

Que les choses soient bien claires : je ne suis adhérent, ni du parti socialiste, ni d’un autre parti qu’il soit de gauche, du centre ou de droite ; j’essaie de rendre compte, le plus honnêtement possible, de la qualité des réponses que j’enregistre à mon émission de radio ou ailleurs ; et il m’est arrivé de rapporter ici des propos intéressants entendus de personnalités aussi éloignées sur l’éventail politique que François Hollande, François Bayrou, ou Pierre Lellouche (cliquer sur les liens pour lire les articles).

Donc je ne participerai pas à la « primaire » entre les candidats du P.S pour les élections présidentielles ; et (par devoir de réserve) je pensais garder confidentiel mon choix pour l’élection du printemps prochain. Mais, disons le franchement, je serais assez catastrophé si Ségolène Royal portait les couleurs de la gauche au deuxième tour, avec alors de très fortes chances d’être élue - c’est du moins mon pronostic. Je me permets de le dire en considérant mes propres « valeurs » (mot dont elle a tellement usé et abusé), parce qu’à mon avis, ce serait la victoire du look sur le fond, de la mode du moment sur les décisions au long cours, et du « médiatiquement correct » sur les vraies décisions. Mais aussi parce que clairement, c’est la personnalité présidentiable qui a manifesté le moins d’empathie face aux menaces vraiment existentielles, pesant à la fois sur la communauté juive de France et sur l’état d’Israël.

Petite remarque en passant : la « méthode Royal » qui consiste à adapter son discours aux résultats de sondages explique aussi son positionnement par rapport à ce sujet particulier : il souffle, en ce qui concerne l’opinion publique française et les Juifs, le même vent mauvais de lâcheté que celui qui soufflait en 1940 ; et, fine mouche, on peut compter sur elle pour choisir le bon cap en suivant le vent. Faiblement conseillée en matière économique (la majorité des « think tank » de gauche préparant plutôt les fiches de Dominique Strauss Kahn ou de Laurent Fabius), elle a par contre comme bras droit une conseillère en communication, qui a du lui dire qu’un « pas de valse » avec Jamel Debbouze sur Canal +, paierait bien plus électoralement parlant, que des apparitions trop visibles aux côtés d’une communauté juive traumatisée - mais également quasi-inexistante dans les bastions de Province d’où est partie sa campagne.

J’avais déjà rapporté le 11 octobre sur le blog ses propos consternants sur les « conflits de civilisation » où elle mettait en parallèle la guerre d’Afghanistan et Guantanamo. Sur le conflit israélo-palestinien, elle a préconisé de reprendre, immédiatement et sans conditions, l’aide aux Palestiniens (sous-entendu : de payer les salaires des 150.000 fonctionnaires aux ordres du Hamas, car l’aide humanitaire, elle, n’a jamais cessé). Le CRIF a eu raison de publier l'extrait d'un article de Philippe Val dans Charlie Hebdo, dénonçant son discours visiblement dirigé vers l’électorat d’extrême gauche (comme ses tirades environnementalistes sont clairement destinées à récolter les suffrages écologistes dès le premier tour). Admettons cependant qu’elle ne parle pas par calcul, mais par conviction, et donnons crédit à son porte-parole, l’ex-« gauchiste » du parti Arnaud Montebourg, lorsqu’il dit qu’elle se situe « plus à gauche » que les autres candidats du P.S en matière de politique étrangère et d’environnement : en hexagonal traduit, cela se décline en une série axiomatique : « le réchauffement climatique est bien plus dangereux que Mahmoud Ahmadinejad», « Bush = Ben Laden » et « Israël = pas gentil ». Voir également sur l'encyclopédie en ligne "wikipedia" (www.fr.wikipedia.org) l'article consacré à Ségolène Royal, avec la synthèse de ses positions en matière de politique étrangère ; on y relève la très franchouillarde critique de la notion « d’axe du mal » (les géopoliticiens avertis sachant bien, en effet, que la Corée du Nord n’exporte pas de missiles balistiques vers l’Iran mais seulement des cargaisons de pousses de bambou).

Mais - encore plus grave car concernant directement la société française où nous vivons -, elle a fait preuve d’une ambiguïté troublante vis-à-vis des chantages islamistes divers et variés, entendus ces derniers mois et années. J’ai découvert un site de gauche, très laïc et résolument anti-Sarkozy, que je vous invite à découvrir sur ce lien : il relève des prises de position peu glorieuses, dont les médias n’ont pratiquement pas parlé. Ci-dessous un extrait significatif :
« Pour Ségolène Royal, la polémique sur le voile, c'est beaucoup de bruits pour rien ! D'ailleurs en pleine polémique sur le voile à l'école, la candidate préfère faire diversion avec le string. Elle se lance alors dans une campagne anti-string au pire moment, à tel point qu'on ne peut s'empêcher, à tort ou à raison, d'opposer l'un à l'autre. Aurait-on affaire à une sorte de donnant-donnant à l'adresse des religieux ? Le string, répète S. Royal, est une "atteinte à la dignité de la femme". Et le voile, c'est quoi ? C'est que Mme Royal a un sens des priorités qui lui est très personnel. En 89 déjà, elle jugeait cette affaire insignifiante. Ségolène a d'autres bêtes noires bien plus sérieuses : les mangas et les dessins animés dits "violents" par exemple. Goldorak serait-il une menace "bien plus sérieuse" pour la démocratie qu'un Tariq Ramadan ?
"Qu'est-ce qui est le plus inquiétant pour les valeurs françaises ou européennes ? Trois filles qui portent un foulard et qui finissent par l'enlever ou bien le fait que tous les jours des millions d'enfants voient pendant trois heures d'affilée des dessins animés japonais où on s'entretue. [...] Moi je pense que c'est beaucoup plus grave, ce qui se passe à la télévision, et tout le monde s'en fiche ". »


A lire enfin, sur ce dernier lien, ses réactions plus que prudentes à propos de la mixité ou de l’affaire des caricatures de Mahomet.

J.C