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11 octobre 2006

L'Afghanistan est-il sauvé ? 2/2 : la guerre dont on a honte

Les forces de l'OTAN en Afghanistan
(source: A.F.P pour Yahoonews)
Rien ne vaut parfois une bonne illustration pour réaliser les évènements ...
Une vraie guerre se déroule en ce moment en Afghanistan, où les Talibans reviennent en force sur le terrain perdu en 2001. Les effectifs américains sont insuffisants pour leur faire face, et l'armée afghane est encore trop peu aguerrie pour tenir le pays - d'où l'intervention massive de l'OTAN et d'autres pays alliés : 37 états sont maintenant impliqués dans ce front de la guerre mondiale contre les islamistes, le plus ancien.

Parmi les troupes étrangères présentes en Afghanistan, 900 hommes des forces d’élite françaises, avec déjà une dizaine de tués en opération. On remarquera l’extrême discrétion de nos grands médias sur cet engagement : en aurait-on honte en haut lieu ? Pourtant l’intervention américaine, puis internationale, se fait dans un cadre tout à fait légaliste, suite à des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU. Les Talibans sont considéré par la majorité des gouvernements du monde comme des ennemis dangereux, membres de la mouvance djihadiste et terroriste internationale ; mais ce sont des mots que l’on n’ose pas utiliser, et qui semblent déchirer la bouche de beaucoup de journalistes ou hommes politiques ... pour ne pas parler des femmes : la semaine dernière, Ségolène Royal a ainsi trouvé le moyen d’évoquer cette guerre dans un drôle de raccourci : "Dans un monde divisé, hanté, de Bagdad à Kaboul ou Guantanamo, par les conflits de civilisations", elle veut "mettre le développement, la santé, l'éducation au coeur de notre politique étrangère", nous rapporte le journal « Le Monde » à propos de son discours prononcé à Vitrolles le 29 septembre.
Comme certaines choses sont dites, sournoisement, en creux ... La guerre en Afghanistan serait donc un « conflit de civilisations » (bonjour la civilisation de la burka obligatoire !) ; Guantanamo serait le pendant des innombrables massacres commis par les islamistes, en Algérie, au Soudan ou ailleurs (bonjour le sens des proportions) ; et il n’y aurait de « bons militaires » que ceux affectés à des tâches humanitaires, à la rigueur envoyés pour le compte des Nations Unies et pour séparer des belligérants (bonjour la défense nationale revue et corrigée par une fille de militaire !).
 
J.C

Sur le même sujet, lire sur le blog : Afghanistan : quel avenir pour la burka ?