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19 janvier 2006

François Bayrou : petit déjeuner avec les amis du CRIF ; langue de bois laissée au vestiaire


François Bayrou
Source : weblog de Michel Moine, cliquer ici.


Introduction :"Les amis du CRIF" ont inauguré de façon très brillante ce matin une série de "petits-déjeuners-rencontres" avec les hommes politiques. Premier invité, François Bayrou, Président de l'UDF. Le débat était animé par Sylvain Attal, éditeur à Public Sénat. Et je ne regrette vraiment pas d'être venu, tellement il est rare d'entendre un présidentiable parler sans langue de bois ! Lucidité par rapport à la situation actuelle de notre pays ; vraie modestie vis à vis de nos partenaires européens ; amitié sincère pour le petit Israël, trop longtemps diabolisé ; voilà qui change des effets de manches, discours lyriques et autres formules creuses, balançant des néologismes ("abracadabrandesque", "déclinologues") à des médias complaisants, qui vont plus à la soupe qu'aux vraies nouvelles. Les institutions de notre société sont épuisées et il faut tout reconstruire. Voilà l'essentiel de ce que nous avons entendu, et qui ne risque pas de plaire sur les grandes chaînes de radios et télévisions, où le député du Béarn est rarement invité : ci-dessous la reconstitution (approximative, à partir de mes notes) de quelques propos mémorables !
- A propos de l'affaire d'Outreau :
"Ce n'est pas la responsabilité d'un homme, c'est celle de toute l'institution judiciaire (...) La leçon, c'est que les innocents se défendent très mal, et lorsque quelqu'un est montré du doigt par les médias, il fait figure de coupable tout de suite ; or les médias répondent toujours à l'attente du public".
- A propos de la cinquième république :
" C'est un système bizaroïde, où celui qui est élu ne gouverne pas, et celui qui gouverne n'est pas élu (...) L'Assemblée Nationale n'a aucune maîtrise de son ordre du jour, et elle n'est pas du tout représentative du fait du système électoral". François Bayrou évoqua ainsi le scandale du refus de tout débat sur l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, et comment il s'était fait "jeter" pour avoir osé demander une consultation de l'Assemblée.
- A propos de la société française :
" La plupart des cadres étatiques sont à revoir (...). Nous sommes arrivés à l'épuisement d'un système, et le grand public n'a pas encore compris la situation".
- A propos de l'emploi :
" On multiplie les textes, et ils sont complètement illisibles. Aujourd'hui, il y a 243 contrats différents pour l'aide à l'emploi, la droite défait les dispositifs de la gauche et réciproquement, mais en fait on fait la même chose (...). Or le monde de l'économie a besoin de stabilité (...). On assiste à une course non maîtrisée dont la seule substance est de parler au journal télévisé et de gagner des points dans les sondages".
- A propos des médias français et d'Ariel Sharon :
" Je n'ai jamais participé à la "chasse à Sharon", même si j'ai été souvent en désaccord avec sa politique dans le passé (...). Je l'ai souvent rencontré, et j'avais pressenti qu'il serait capable de prendre des grandes décisions (...). Ceux qui disent que ce sera le chaos sans lui n'ont pas compris qu'Israël est une vraie démocratie, la seule du Proche Orient, et que seules les vraies démocraties sont des régimes durables. Et ils ne le comprennent pas parce que ici, nous n'avons pas de vraie démocratie".
- A propos de la nécessité d'un vrai parti centriste :
" Oui, l'expérience de "Kadima" peut s'incarner en France aussi. Si on a une bipolarisation, alors chaque camp est gouverné par ses noyaux durs". Et François Bayrou a évoqué le cas de la gauche française, avec les derniers propos étonnants de DSK "dont il se sent proche" proposant une alliance avec la LCR ; où des États-Unis, où les fondamentalistes religieux ont une influence disproportionnée chez les Républicains.
- A propos de la menace iranienne :
" Le recours au Conseil de Sécurité de l'ONU est inévitable, car ce régime ne fera pas marche arrière ; on devra envisager des sanctions ; mais l'aventure irakienne a rendu les Nations Unies plus fragiles devant de telles menaces".
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