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11 novembre 2012

La revue de la presse arabe, votre autre rendez-vous du dimanche !


C'est avec un grand plaisir que je publie ce petit article, avec en lien la page de podcasts de cette émission, diffusée tous les dimanche à 10h15 sur Judaïques FM ...

- D'abord parce que c'est l'occasion de vous rappeler que notre radio a, enfin, un site agréable à suivre et vous permettant, surtout,  de réécouter toutes les émissions pendant un mois ;

- parmi elles, la "Revue de la presse arabe" qui est une production vraiment originale car elle donne une synthèse de l'actualité de la semaine dans ces pays, grâce à des traductions exclusives ;

- et enfin, parce qu'elle est réalisée par Chawki Freiha, journaliste franco-libanais de qualité et qui a été souvent mon invité à "Rencontre".

Voici le lien pour écouter ses revues : enregistrez-le en favori !


J.C

11 mars 2011

Rediffusion de mon interview de Pierre Vermeren le 13 mars


Hélas, il arrive parfois des impondérables, et je suis contraint de déprogrammer ma prochaine émission avec Chawki Freiha : mes excuses aux auditeurs fidèles !

A la place, Judaïques FM rediffusera mon interview de Pierre Vermeren, sur le Maghreb après la révolution tunisienne : cliquer ici pour lire la présentation.

J.C

06 mars 2011

Révolutions arabes : où va le Moyen-Orient ? Chawki Freiha sera mon invité le 13 mars

Révolutionnaires libyens à Benghazi

Nous allons poursuivre dimanche prochain la série d'émissions consacrées aux évènements historiques qui secouent le monde arabe, avec cette vague révolutionnaire qui, probablement, ne fait que commencer. Cette fois-ci nous allons parler du Moyen-Orient, qui a subi une véritable onde de choc depuis la chute du Président égyptien Hosni Moubarak. Nous reviendrons sur l’Égypte plus tard, mais il y a déjà beaucoup d'autres pays à traiter cette fois-ci  ; et j'ai choisi de n'aborder que l'angle géopolitique pour le moment - nous ferons, plus tard, une analyse plus en profondeur des sociétés arabes, afin de comprendre ce qui a poussé leur jeunesse à se révolter presque partout. Mon invité sera Chawki Freiha,  journaliste franco-libanais,  rédacteur en chef du site mediarabe.info, que j'ai souvent eu le plaisir de recevoir pour parler de son pays d'origine, et aussi de la Syrie qui l'a longtemps occupé. Mais notre auditoire le connait, également, parce qu'il donne  tous les dimanche matin sur notre antenne, à 10h15, une très intéressante revue de la presse arabe.

Bien sûr, l'actualité va très vite, et peut-être certaines questions que je me propose de lui poser seront modifiées en fonction de l'actualité que nous aurons le 13 mars !

Voici cependant quelques points que j'ai prévu d'aborder :

- Au Liban la coalition dite du 14 mars a implosé, les alliés druzes de Joumblatt ont retourné leur veste, et finalement un concurrent sunnite de Hariri junior, Najib Mikati, a été désigné le 25 janvier comme nouveau Premier Ministre : mais le gouvernement n'est toujours pas formé ! Où en sommes-nous ? Et que dire de M. Mikati, présenté dans les grands médias comme un homme d'affaires modéré et ouvert ?
- Fouad Ajami, qui est un universitaire américain d'origine libanaise, a dit des choses très intéressantes dans une interview au "Haaretz" : il avait soutenu l'invasion américaine de 2003 en Irak, et il pense que c'est la capture de Saddam Hussein, sorti comme un rat de son repère avant d'être jugé et exécuté, qui a donné du courage aux jeunes Arabes pour se dresser contre leurs tyrans. Il pense aussi qu'il n'y a pas de bons autocrates, que même si Israël n'avait pas d'autres choix que de signer les premiers traités de paix avec eux, des démocraties chez ses voisins donneront un support populaire à la paix : partagez-vous son avis ?
- Force est de constater que - mis à part le cas de la Libye qui est plus complexe - aucun despote anti occidental n'a encore été renversé : on pense bien sûr à la Syrie, mais aussi à l'Iran. Comment l'expliquez-vous ? Il y a la théorie qui donne à Al-Jazeera de grands pouvoirs de propagande, or étrangement cette chaîne est hébergée par le Qatar qui a basculé dans l'axe irano-syrien, est-ce une coïncidence ?
- En ce qui concerne Kadhafi, et en raison d'intérêts pétroliers et autres, l'Europe et les États-Unis l'ont absous de ses crimes terroristes passés, et restent bien mous pour soutenir réellement l'opposition : qu'en pensent les Arabes ? La Ligue Arabe s'oppose à la "no fly zone" qui interdirait de vol son aviation, est-ce que ce n'est pas une forme de complicité ? Et y a-t-il des pays qui ont envoyé une aide armée pour le soutenir ?

Nous parlerons aussi si nous en avons le temps du Yémen, du Sultanat d'Oman, de Bahreïn ... une émission donc très riche : et j'espère que vous serez très nombreux à l'écoute !

J.C

Nota post-publication :
Cette émission n'a pu, au final, être réalisée. Je laisse la présentation "pour mémoire" sur le blog.

31 mai 2010

Israel, les Arabes et l'Iran : Chawki Freiha sera mon invité le 6 juin

Le cheikh Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah

Nous allons revenir, pour le prochain numéro de « Rencontre » et pour le suivant, au pays du Moyen-Orient qui nous angoisse le plus, et ce pays bien sur, c’est l’Iran. Pour en parler, j’aurai comme invité un expert que mes auditeurs commencent à bien connaître, Chawki Freiha. Rappelons que c’est un journaliste franco-libanais, responsable du site Internet « mediarabe.info », en lien permanent sur mon blog. En cliquant sur son nom en libellé, vous retrouverez les présentations de nos entretiens précédents. Ensemble nous nous retrouvons, à peu près chaque année, pour faire un point de la situation au Moyen-Orient, et en priorité pour parler de son pays, le Liban, qui hélas et au fil des ans est devenu un pays de la confrontation avec Israël. J’apprécie d’autant plus sa fidèle contribution sur la fréquence juive, car j’imagine combien il craint pour le Liban une guerre qui serait la volonté de puissances étrangères - et en particulier de l’Iran. Nous commencerons, en première moitié d’émission, par évoquer l’actualité politique à Beyrouth, pour essayer de comprendre pourquoi le bel espoir du mouvement du 14 mars et d’un pays libéré après le départ des troupes syriennes, est complètement retombé, avec les déclarations d’allégeance de pratiquement tous les leaders libanais envers Damas. Mais nous essaierons de voir aussi s’il s’agit d’une grille de lecture uniquement syro-libanaise, ou si la fracture est beaucoup plus vaste dans la région, entre ceux qui jouent la carte iranienne et ceux qui essaient d’y résister : c’est pourquoi, en deuxième partie d’émission, nous passerons en revue différents pays arabes, et en particulier ceux du Golfe qui seraient aux premières loges en cas de guerre impliquant la République Islamique.

Parmi les questions que je poserait à Chawki Freiha :

- On parle de plus en plus d’un risque de guerre, cette année, entre Israël et le Hezbollah ; on a en parlé d’ailleurs très récemment avec les grandes manœuvres de défense passive où a été simulée une attaque générale, avec une pluie de missiles venant à la fois du Liban, de Syrie, de la bande de Gaza et d’Iran bref une guerre généralisée. Qu’en pense la population libanaise à la veille de la saison touristique ? Pense-t-elle une guerre possible, et à l’initiative de qui ?
- On a vu deux leaders du mouvement du 14 mars, le druze Walid Joumblat et le sunnite Saad Hariri, prendre le chemin de Damas et quasiment faire allégeance aux Assad, alors que leurs propres pères ont été tués par cette dynastie sanguinaire. Comment l’expliquer ? Et n’y a-t-il plus aucune voix libre au Liban ?
- On a vraiment l’impression que, sans rien céder aux Occidentaux, le régime de Damas a accumulé des succès diplomatiques impressionnants. L’isolement par les pays occidentaux est terminé, mais l’alliance avec l’Iran est confirmée, plus que jamais, on a eu ainsi au début de l’année une réunion au sommet, à Damas, avec Ahmadinejad et Nasrallah ; mais, en plus, on est en train de revivre les belles heures de la guerre froide : le président russe Medvedev vient de faire une visite en Syrie, où il a signé des contrats pour des armes ultra modernes, et même pour une centrale nucléaire ! Comment l’expliquer ?
- En cas de conflit avec l’Iran, qu’est ce qui l’emporterait chez l’homme de la rue arabe : la sympathie pour la République islamique, qui incarne la « résistance » face aux Occidentaux, ou la peur à la fois des Perses et du Chiisme ?
- Quid des différents pays du Golfe dans le cas d’un conflit éventuel ? Les Emirats du Koweit, du Qatar, de Bahreïn, les Emirats Arabes Unis, le Yémen ont-ils déjà choisi leur camp ?

Une émission passionnante sur un sujet plus que brûlant ... j’espère que vous serez nombreux à l’écoute !

J.C

13 octobre 2009

Beyrouth, nid d'espions

La capitale du Liban est au centre de la guerre du renseignement que se livrent les services syriens, le Hezbollah, le Mossad, la CIA et beaucoup d'autres.
La guerre froide avait le Berlin de John Le Carré ou la Vienne du Troisième Homme. La guerre clandestine qui se livre au Moyen-Orient a Beyrouth pour capitale. Espions occidentaux et agents iraniens, services de renseignements syriens et activistes du Hezbollah, Mossad, CIA et autres agences s'y livrent une guerre opaque dans laquelle les victoires sont parfois claironnées. Les défaites jamais.
Dans cette guerre de l'ombre, les services de renseignements israéliens ont subi, cette année au Liban, l'un des plus importants revers de leur histoire. Comme il se doit, ils n'ont pas commenté le démantèlement de leur plus grand réseau d'espionnage dans un pays arabe. Les chiffres sont pourtant sans précédents. Plus de soixante-dix Libanais ont été inculpés d'espionnage au profit d'Israël ces derniers mois. Une quarantaine de suspects ont été placés en détention. Une trentaine d'autres agents supposés sont toujours recherchés par les autorités libanaises. Certains ont réussi à fuir, prenant l'avion vers une destination inconnue, ou ont franchi la frontière entre les deux pays, toujours techniquement en guerre depuis 1949. D'autres ont cessé leurs activités.
À la différence des maîtres espions des romans, les membres de ces réseaux appartiennent à l'univers moins glamour du renseignement de terrain. Celui des petites mains, des cellules anonymes chargées de glaner des informations fragmentaires, de préparer des dossiers d'objectif ou de suivre les mouvements quotidiens de l'adversaire. Parmi ces agents, certains dormants depuis des années, toutes les communautés libanaises sont représentées : chrétiens, sunnites, chiites, originaires du Sud-Liban, de la Bekaa ou de Beyrouth.
«Certains travaillaient pour Israël depuis des années, parfois depuis les années 1980», explique le général Achraf Rifi, directeur général des Forces de sécurité intérieures libanaises, qui ont effectué une bonne partie des arrestations. «Ils ont été recrutés, ajoute-t-il, pour des motifs variés : financiers, idéologiques ou psychologiques. On a même des cas de chantage, sexuels ou autres. Mais le principal facteur de ce recrutement a été la longue occupation israélienne du Sud-Liban, qui a mis en contact des Libanais avec les Israéliens, et qui a, d'une certaine façon, rendu acceptable les relations avec eux».
«Une chose est sûre, c'est un beau coup de filet, commente une source diplomatique occidentale à Beyrouth. Il est possible que, depuis leur semi-échec pendant la guerre de 2006, où ils s'étaient appuyés sur leurs renseignements aériens et technologiques, les Israéliens aient un peu trop demandé à leurs réseaux, leur faisant prendre plus de risques pour reconstituer leurs listes de cibles. Mais ces arrestations sont surtout le fruit d'un travail sans précédent des forces de sécurité libanaises.»
Comme dans toutes ces affaires, l'écheveau est difficile à démêler. Particulièrement au Liban, où le Hezbollah, État dans l'État, entretient ses propres services de contre-espionnage, collaborant parfois avec les agences de l'État encore remplies d'agents et d'officiers pro-syriens, mais dirigés, depuis le retrait de Damas, par des sunnites fidèles à Rafic Hariri, notamment les Forces de sécurité intérieure.
«Un élément déclencheur est certainement la prise de conscience par le Hezbollah de l'ampleur de la pénétration israélienne», souligne le diplomate. Organisation clandestine, opaque et paranoïaque, qui base sa sécurité sur le recrutement chiite de ses cadres, le Hezbollah subit, en février 2008, un coup dur avec l'assassinat à Damas d'Imad Moughniyeh, chef de sa branche militaire. Attribué au Mossad, l'attentat met au travail le contre-espionnage du mouvement.
À la fin de l'année 2008, les premières arrestations commencent. En novembre, deux frères sunnites sont capturés par le Hezbollah. Originaires de la ville d'al-Marj, dans la vallée de la Bekaa, Ali et Youssouf Jarrah sont accusés d'espionner depuis vingt ans pour Israël. On retrouve en leur possession du matériel photographique et vidéo, et un système GPS dissimulé dans leur véhicule. La voiture, équipée pour prendre des photos, aurait été fréquemment garée au poste frontière de Masnaa, sur la route entre Beyrouth et Damas, par laquelle transitent les responsables du Hezbollah. Muni d'un passeport israélien, Ali Jarrah se rendait, via Chypre ou la Jordanie, en Israël pour y être briefé et entraîné. Selon des sources libanaises, il aurait aussi été envoyé en reconnaissance dans le quartier de Damas où Moughniyeh a été assassiné.

Vaste coup de filet

En janvier 2009, le Hezbollah capture deux autres suspects. Joseph Sader, employé à l'aéroport de Beyrouth, est enlevé alors qu'il se rend à son travail. Interrogé, il aurait révélé avoir eu la même fonction de renseignement dans un aéroport par où transitent émissaires et diplomates de tout le Moyen-Orient. Un garagiste de Nabatiyeh, ville chiite du Sud-Liban, est le quatrième agent arrêté par le Hezbollah. Marwan Fakir était un concessionnaire automobile qui fournissait des véhicules au mouvement chiite. Il aurait aussi utilisé ses talents de garagiste pour installer des dispositifs de localisation sur des voitures que le parti lui donnait à réparer. Ces affaires ne sont que le préliminaire du vaste coup de filet qui va suivre, celui qui implique les services libanais.

Un général libanais recruté par Israël

En mai 2009, les arrestations commencent. Le général Adib Alam, officier chrétien à la retraite, ancien de la Direction du renseignement militaire, est interpellé avec sa femme et son neveu. Selon les médias libanais, il aurait reconnu avoir été recruté par les services israéliens en 1998. Ses employeurs l'auraient convaincu de prendre sa retraite pour monter une agence de recrutement de domestiques asiatiques. Grâce à cette couverture, Adib Alam voyageait en Grèce, à Chypre et en Italie, où il rencontrait ses officiers traitants. Il aurait fourni des informations sur le Hezbollah et sur les mouvements internes de l'armée libanaise. Il avait aussi accès au département des passeports, source d'information capitale.
Mansour Diab, un colonel sunnite originaire du Akkar, région du nord du Liban, est à son tour convaincu de liens avec Israël. Ce commando Marine avait été l'un des héros de la prise d'assaut du camp de réfugiés de Nahr el-Bared, blessé à l'épaule au cours de l'attaque à l'été 2007. Il aurait été recruté par le Mossad pendant ses stages aux États-Unis. Un autre colonel, Shahid Toumiyeh, lui aussi originaire du Akkar, est arrêté avec un retraité des douanes. Puis Nasser Nader, suspecté d'avoir organisé la surveillance du quartier de Dahieh, le bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, dévasté par des bombardements israéliens d'une grande précision en 2006.
Cette vague d'arrestations est d'autant plus inhabituelle que les cellules d'espionnage, selon les règles en usage, n'étaient constituées que de deux ou trois personnes au maximum. Elles travaillaient de façon autonome et cloisonnée, et ne se connaissaient pas entre elles. «Nous avons réussi à percer un secret technique, qui nous a permis de détecter ces cellules, se contente d'expliquer le général Rifi. Certains ont envoyé des messages à leurs agents traitants israéliens leur disant qu'ils se sentaient repérés. Ils se sont vu répondre qu'il ne fallait pas s'en faire. Et nous avons commencé les arrestations. D'autres vont suivre. Ceux qui ont réussi à fuir ont en tout cas cessé leurs activités.»

«Un outil d'enquête extraordinaire»

L'histoire de ce «secret technique» semble, quant à elle, liée à une autre affaire. «Le secret en question remonte à l'enquête sur l'assassinant de Rafic Hariri, déclare une source diplomatique à Beyrouth. Les FSI libanaises se sont alors vu confier par des services occidentaux un puissant logiciel capable d'analyser des dizaines de milliers d'appels téléphoniques, et d'en déceler les anomalies. Comme, par exemple, des téléphones portables qui ne s'activent qu'à certains moments. Ou qui ne communiquent qu'avec un ou deux numéros. C'est un outil d'enquête extraordinaire.» Le responsable de ce programme est un brillant officier, spécialiste des systèmes informatiques, le capitaine Wissam Eid. «Il est vraisemblable qu'il a découvert beaucoup de choses grâce à ce logiciel, dit une source libanaise qui souhaite rester anonyme, comme la plupart des interlocuteurs. Notamment sur les communications du Hezbollah ...» Le capitaine Eid en savait-il trop ? Avait-il découvert des implications du Hezbollah dans l'attentat contre Rafic Hariri ? Toujours est-il que le 25 janvier 2008, sa voiture blindée est pulvérisée par un véhicule piégé, et le capitaine tué sur le coup. Son système a, depuis, permis un autre coup de filet. Portant un des plus graves coups à Israël dans une guerre sans héros.

Adrien Jaulmes,
envoyé spécial à Beyrouth
Le Figaro, 17/09/2009

Nota de Jean Corcos :
Nous n’avons pas évoqué ce sujet en détails lors de ma dernière émission avec Chawki Freiha, journaliste franco-libanais responsable du site d’information « mediarabe.info » (en lien permanent). Pourtant, je me souviens qu’il avait évoqué les Chiites arrêtés pour espionnage en faveur d’Israël, ainsi que ceux qui avaient boudé les urnes lors des élections, refusant leurs suffrages au Hezbollah. Preuve que, malgré ce « coup dur », l’État juif n’a pas que des ennemis farouches au Liban !

10 juin 2009

Après les élections libanaises : Chawki Freiha sera mon invité le 14 juin


Nous allons poursuivre et achever le tour du Moyen Orient commencé ensemble depuis un mois et demi, et nous allons le terminer par les voisins proches d’Israël mais principalement par le Liban, où se déroulaient dimanche dernier des élections très importantes. Mon invité sera Chawki Freiha, que les auditeurs de notre station connaissent bien, puisqu’il a déjà été plusieurs fois mon invité : il est journaliste, franco-libanais, et responsable du journal en ligne « mediarabe.info ». Nous avons fait ensemble des points réguliers sur la situation dans son pays depuis maintenant trois ans, on avait commencé au moment de la seconde guerre avec Israël, à l’été 2006. Lorsque je l’avais reçu, fin juin de l’année dernière, le Hezbollah et ses alliés venaient de faire une sorte de putsch à Beyrouth Ouest, imposant leur retour dans un gouvernement d’Union Nationale et ils donnaient l’impression d’une force irrésistible, contre laquelle la majorité élue en 2005 n’allait pas pouvoir résister longtemps. On avait vraiment l’impression que la roue de l’Histoire avait tourné à l’envers, et que tous les acquis de « la révolution des cèdres » étaient perdus. Pire encore, peut-être, la montée en puissance de l’Iran au cours des quatre dernières années risquait aussi, par Hezbollah interposé, de transformer peu à peu le pays en annexe de la République Islamique, et on se demandait même si l’avenir n’allait pas être plus sombre que les décennies d’occupation syrienne : or, miracle, contre toute attente c’est la coalition pro-occidentale qui a gagné les dernières élections législatives, et le Hezbollah et ses alliés qui les ont perdues !

Parmi les questions que je poserai à Chawki Freiha :

- C’était la première fois que la Diaspora libanaise pouvait participer aux élections, est-ce que cela a influencé les résultats ?
- Est-ce que la division était surtout profonde chez les Chrétiens, avec en gros d'une part les pro-occidentaux et d'autre part les partisans du Général Michel Aoun, qui avait fait alliance avec le Hezbollah ?
- Comment expliquer la dérive de ce dernier, qui était il y a vingt ans un héros de la résistance anti-syrienne ? Comment expliquer le rejet de l’électorat maronite à son égard ?
- Est-ce que les populations sunnites sont restées fidèles au « Courant du Futur » de Saad Hariri, un des piliers du camp pro occidental, et dont on dit qu’il pourrait succéder à Fouad Siniora au poste de Premier Ministre ? Que s’est-il passé chez les Druzes ? Et puis, surtout, comment ont voté les Chiites, parce que le Hezbollah contrôle militairement les régions de la banlieue sud de Beyrouth, de la frontière avec Israël et de la plaine de la Bekaa, et le parti Amal de Nabih Berri semble complètement satellisé ?
- Quelle est la position globale de la population libanaise vis-à-vis du processus de Paix ? Ce que l’on a vu et entendu depuis un an en provenance de ce pays, même de responsables politiques dits « pro occidentaux » a pas mal écœuré les Israéliens : le gouvernement libanais a refusé d’appliquer la résolution 1701 du Conseil de Sécurité et de désarmer le Hezbollah ; il y a eu la déclaration de Fouad Siniora, disant que le Liban serait le dernier pays arabe à signer la paix ; et il y a eu aussi l’accueil triomphal fait par toute la classe politique libanaise à Samir Kuntar, un terroriste assassin d’enfants libéré l’été dernier.

Soyez nombreux à l’écoute dimanche prochain ! 

J.C

29 juin 2008

Elimination d'Imad Mughniyeh : une "avance sur contrat" ?

La dernière photographie connue d'Imad Mughniyeh

Dès le lendemain de l'assassinat à Damas du numéro deux du Hezbollah, l'archi-terrorisye Imad Mughniyeh, recherché par les polices de 40 pays, le site "mediarabe.info" soulevait une hypothèse audacieuse, celle de la complicité des autorités syriennes (lire en lien ici). Mais pourquoi ?
Ce matin, j'ai donc rappelé cet évènement mystérieux lors de mon direct avec le journaliste franco-libanais Chawki Freiha. Et je dois reconnaitre que l'hypothèse proposée à nos auditeurs était vraiment troublante ... je tenais donc à vous en faire profiter, en publiant ici un extrait de l'émission !

Jean Corcos :
On est en gros, arrivé à un tournant géopolitique dans la région, avec en toile de fond un choc très violent et qui semble inévitable avec l’Iran : dans ces conditions, détacher la Syrie de l’Iran est un objectif stratégique, sur lequel d’ailleurs il semble que sont d’accord à la fois les Américains, la France et Israël (...) Est-ce que vous croyez que à Damas il y ait deux camps, et là je me réfère à une analyse récente du journal londonien "Al Qods Al Arabi", qui évoque un conflit entre les "Colombes" menées par le nouveau ministre des affaires étrangères Walid Moualem, et les "faucons", menés par le vice président Farouk al-Shara ?

Chawki Freiha :
Écoutez, c’est une plaisanterie qui me fait rire depuis les années 80, on entend parler de choses qui bougent en Syrie. Je pense que c’est un jeu de rôle orchestré par le Baas qui veut faire miroiter un changement, une ouverture, une démocratisation, mais comme je vous l’ai dit une fois ou deux, comme nous l’avons écrit, "on mange l’appât" et qu’est-ce qu’on fait avec l’hameçon ? Vous connaissez la suite ...

Jean Corcos :
Mais est-ce qu’il n’y a pas des débats ? Bon, peut-être pas comme on peut en imaginer dans une démocratie parce que le régime baassiste est un système opaque, mais enfin des conflits relativement violents. Je pense par exemple à l’assassinat lui aussi très mystérieux à Damas du numéro deux du Hezbollah, Imad Mughniyeh : vous-même vous avez dit sur votre site qu’il était impossible qu’il n’y ait pas eu de complicités au sein de la sécurité syrienne.

Chawki Freiha :
Absolument ...

Jean Corcos :
Mais alors pourquoi a-t-il été assassiné ?

Chawki Freiha :
C’est une avance sur la facture. Parce qu’il faut se mettre dans la tête que si Israël et la Syrie se mettent à négocier la paix, il y aura des exigences, chacun aura une facture à payer. Israël devra se retirer du Golan, et la Syrie devra neutraliser le Hezbollah au Liban. La Syrie, en assassinant Mughnieyeh ...

Jean Corcos :
Cela a été une avance sur contrat en fait ?

Chawki Freiha :
Une avance sur contrat. Cela prouve la capacité de la Syrie d’aller plus loin dans le démantèlement du Hezbolah. La Syrie a les moyens. Tout ce qui se passe aujourd’hui au Liban laisse présager un bain de sang qui va permettre à la Syrie de revenir avec un mandat pour neutraliser tous les protagonistes.

J.C

23 juin 2008

Syrie – Liban : guerre ou paix ? Chawki Freiha sera mon invité le 29 juin

Le général Michel Sleiman, nouveau Chef de l'Etat libanais

Les auditeurs de Judaïques FM commencent à connaître un peu Chawki Freiha, et je crois que de plus en plus de lecteurs se réfèrent au site WEB dont il est le responsable. Rappelons qu’il est franco-libanais, journaliste, et qu’il publie le site mediarabe info (voir en lien permanent). Ce site donne des informations inédites sur le monde arabe, en particulier des traductions de la presse de la région, et il est pour moi une source d’informations régulière.

Alors Chawki Freiha et moi, nous-nous sommes retrouvés, régulièrement, à mon émission pour parler de l’actualité de son pays d’origine et il fallait absolument que l’on fasse point sur la situation, car les évènements se sont emballés au cours des deux derniers mois.
Rappelons rapidement l’enchaînement des évènements : au début du mois de mai, le gouvernement dit pro-occidental de Fouad Siniora commence un bras de fer avec le Hezbollah, en exigeant le départ du responsable de l’aéroport international de Beyrouth, par où transitent des armes en direction de la milice chiite, et le démantèlement de son réseau parallèle de télécommunications. Hassan Nasrallah réagit de façon brutale, en quelques heures ses hommes et les milices alliées prennent le contrôle de Beyrouth Ouest, puis ils s’attaquent, dans la montagne druze aux partisans de Walid Joumblatt. Les combats font plus de 60 morts en cinq jours, et le gouvernement libanais, qui n’est soutenu ni par l’armée, ni par la Ligue Arabe, accepte la médiation du Qatar : un accord en six points est signé à Doha, le 15 mai, et en gros le Hezbollah et la mouvance pro-syrienne obtiennent ce qu’ils avaient exigé sans succès depuis un an et demi : le retour au gouvernement, avec une minorité de blocage ; l’élection du président Michel Sleiman ; le tout avec la bénédiction des Occidentaux, dont la France, qui va même remercier la Syrie pour sa coopération ! Et depuis, au cours des dernières semaines, on a appris coup sur coup que des négociations indirectes avec Israël avaient commencé ; qu’un échange de prisonniers allait se faire entre la milice chiite et Israël ; et que le président Bashar al-Assad allait même faire partie des invités au premier sommet de l’Union pour la Méditerranée, le 13 juillet prochain !

Parmi les questions que je poserai à mon invité dimanche prochain :
- le gouvernement libanais, et en particulier Walid Joumblatt, ne se sont-ils pas comportés en amateurs, tombant dans un piège de l’opposition en se lançant dans une épreuve de force qu’ils ne pouvaient pas gagner ?
- on a vu en première ligne des alliés du Hezbollah de toutes confessions : est-ce que cette division des autres communautés libanaises n’explique pas le fait que finalement les Chiites, qui ne sont que 35 % de la population, aient finalement pris le contrôle du Liban ?
- pour qui roule dans le fond l’Émirat du Qatar, officiellement allié de l’Occident mais qui a joué les « bons offices » pour faire plier le gouvernement libanais ?
- pourquoi Fouad Siniora a-t-il dédaigneusement repoussé les propositions israéliennes de négociation ?
- y a-t-il vraiment un débat à l’intérieur du régime de Damas, pour ou contre un rapprochement avec les Occidentaux - et donc pour ou contre l’alliance avec Téhéran  ? 

J.C

11 décembre 2007

Mes invités libanais ...


Rappelons d’abord un des principes qui guide ma série radiophonique : n’inviter que des hommes ou des femmes maîtrisant parfaitement le thème retenu pour l’émission du jour.
Facile à dire ... mais dans la pratique, la « peopolisation » de la politique et le mélange des genres sur les plateaux télé sont devenus des véritables plaies, les auditeurs ou téléspectateurs n’ayant même plus l’impression d’entendre des incompétents discuter de l’actualité ! Rappelons à ce sujet ce que disait Denis Jeanbar, ancien directeur de la rédaction du journal "L’Express", dans son efficace pamphlet « Les dictateurs à penser » (Editions du Seuil) : il descendait en flammes ce qu’il appelait le "magic circus de l’info", avec (à l’époque) des émissions comme "Tout le monde en parle" d’Ardisson sur France 2 (Laurent Ruquier a depuis pris la relève, mais sur un mode moins agressif) ; il parlait de la confusion des genres, avec des plateaux où on fait parler politique à des vedettes du porno ou à des héros du "loft", et où l’applaudimètre fait office de démocratie ; et il écrivait très justement : « fini le « je pense je suis », maintenant c’est « il réagit, donc il est ». Reconnaissons aussi que, faute de temps (notre station ne dispose que de 4h30 d’heures de diffusion par jour, et les plages des émissions ne dépassent pas le matin une durée maximum de 25 minutes), ce petit jeu de la dispersion des invités et de la dilution des discours ne peut guère être pratiqué !

Autre dérive (mais cela, les auditeurs de la fréquence juive le savent un peu), il y a cette facilité qui consiste à inviter des experts à la compétence réelle, mais qui correspondent à la "ligne" générale de la station : ainsi sont invités de préférence des experts plutôt "pro israéliens", non forcément "communautaires" mais qui ne peuvent, dans ces conditions et même si leur discours parait sympathique, aller facilement dans des pays voisins et hostiles d’Israël - donc apporter un témoignage concret et non académique ...
Or le Liban constitue clairement un exemple des limites du genre ! Territoires palestiniens exclus, c’est le seul pays ayant connu de réels conflits avec l’État juif au cours des 25 dernières années, conflits ayant causé des milliers de morts et des destructions lourdes. Le ressenti anti-israélien y est très fort, largement au-delà des franges fanatiques du Hezbollah, et on se souvient de la sortie du Premier Ministre Fouad Siniora au lendemain de la guerre de l’été 2006 : « le Liban sera le dernier état arabe à signer la Paix avec Israël « !

Pas facile, dans ces conditions, de recevoir des invités libanais. D’ailleurs, les nationaux résidents au Liban pourraient être physiquement inquiétés dans leur pays, pour être passé sur les ondes d’une radio "sioniste", même émettant de Paris ! Restent les "franco-libanais", ayant quitté leur pays en majorité au moment de la guerre civile : et j’ai reçu ainsi Antoine Sfeir à cinq reprises, Khattar Abou Diab une fois (au lendemain de "La révolution des cèdres" en 2005), et Chawki Freiha quatre fois au cours des deux dernières années.

Quelques rappels et mots d’explication ...

- Antoine Sfeir est, par son origine, un chrétien maronite (il est d’ailleurs apparenté au Patriarche de cette communauté, Monseigneur Nasrallah Boutros Sfeir), mais il se définit comme libre penseur et profondément laïc : à ce titre, il a courageusement démonté et dénoncé les mouvances islamistes, en particulier dans son livre « Les réseaux d’Allah. Les filières islamistes en France et en Europe » (Éditions Plon) qui avait fait l’objet d’une émission, puis dans « Le dictionnaire mondial de l’islamisme », du même éditeur et qui avait fait l’objet aussi d’une émission (taper son nom en libellé pour entendre une de ses interviews sur le blog). Directeur des « Cahiers de l’Orient », il est régulièrement invité par les chaînes de radio et de télévision. Il a pris, par contre, dernièrement des positions très prudentes en ce qui concerne la situation dans son pays, en critiquant assez durement à la fois Israël et les États-Unis pour la situation au Moyen Orient.

- Khattar Abou Diab est politologue, consultant et conférencier dans différentes institutions universitaires (École de journalisme de Lille, Collège interarmées de Défense, etc.). Il a été enseignant aux Universités de Paris III, VII et XI. Spécialiste de l’Islam et du Moyen Orient, il écrit notamment pour les revues « les Cahiers de l’Orient » et « Arabies ». Il a participé au "Dictionnaire mondial de l'islamisme", publié donc sous la direction d’Antoine Sfeir, son ami libanais. Mais surtout, il présente l’originalité d’être Druze, très proche de cette minorité mal connue qui, sous la direction de la famille Joumblat, a été successivement pro et anti-syrienne. Lorsque je l’ai reçu, il avait eu des propos très sévères pour la Syrie, que l’on pourra retrouver également en tapant sur son nom en libellé.

- Enfin (pourquoi le nier), je me sens particulièrement proche de Chawki Freiha, ancien collaborateur d’Elisabeth Schemla dans le journal en ligne disparu "proche-orient.info" et qui a depuis lancé avec succès le site « mediarabe.info », en lien permanent sur le blog. Lui aussi chrétien maronite, il dispose d’un réseau assez bien informé sur place, ce qui lui permet de livrer même certains « scoops » (ainsi, les tentatives d’approches réciproques entre la France et la Syrie au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy, ou les profils de certains candidats à la présidence libanaise présentés à tort comme "de consensus"). Je me souviens de deux émissions particulièrement émouvantes, réalisées pendant et juste après la guerre de l’été 2006, où nous avions évoqué son pays qui venait de payer un lourd tribu à un conflit provoqué par le Hezbollah, pour lequel il n’éprouve nulle sympathie !

J.C

13 novembre 2006

Retour et news

Amis auditeurs sur les ondes ... et surfeurs sur le Web, bonjour !
L’actualité n’a bien sûr pas chômé pendant cette petite cure de repos que s’est accordé le blog, et j’espère vous en rendre compte le mieux possible dans les prochaines semaines. En attendant, voilà cinq informations à noter.

Un nouveau site d’information sur le monde arabe
Chawki Freiha
en a parlé lors de mon interview du 5 novembre : plusieurs journalistes anciens collaborateurs du journal en ligne disparu « proche-orient.info » ont décidé de poursuivre, au moins en partie, l’aventure en proposant une revue originale de l’actualité moyen-orientale, basée en particulier sur une indispensable revue de la presse arabe. L’adresse du site est http://www.mediarabe.info/ , et je vous invite bien sûr à le suivre dès aujourd’hui, en attendant de le faire figurer parmi les « liens permanents » du blog, qui seront remis à jour d’ici la fin de l’année.


Pas d’émission le 19 novembre

En effet, ce sera comme chaque année, à la même époque, un radiothon dans le cadre de « la journée de la Tsedaka » (collecte sur les ondes pour les œuvres sociales de la communauté), et toutes les radios de la fréquence juive, à Paris comme en Province, bousculeront leurs programmes à cette occasion. Prochain rendez-vous de « Rencontre » donc le dimanche 3 décembre, j’y reviendrai.

114 Prix Nobel signent une pétition en faveur des infirmières bulgares et du médecin palestinien, qui risquent la peine de mort en Libye

Cela fait maintenant un an que j’évoque, à intervalles réguliers, cette affaire dramatique, et les dernières nouvelles ne sont pas bonnes : la peine de mort a été requise à nouveau dans le cadre du nouveau procès sur le sang contaminé par le virus du Sida, et le tribunal libyen a refusé de prendre en compte les avis des experts internationaux qui innocentent complètement les accusés. Je publierai prochainement le dernier communiqué de l’un des avocats des infirmières, qui fait un point complet sur le dossier. Dans l’attente, je vous donne les liens sur : la lettre ouverte signées par 114 Prix Nobel et adressée au colonel Muammar Al-Kadhafi ; la liste des Prix Nobel signataires.

Caricatures sur l’Holocauste : les finalistes du concours des Mollahs en Iran

Mon ami Kavéh Mohseni, deux fois mon invité sur Judaïques FM, a eu le grand mérite de publier sur le site iran-resist (en lien permanent) les « œuvres » dégoulinantes de racisme primées à Téhéran, dans le cadre du concours dont je vous avais déjà parlé sur le blog (cliquer ici). On notera en particulier le dessin négationniste signé « Chard », une femme française collaborant aux journaux « Présent » et surtout « Rivarol » : quand il s’agit de haine antisémite, les « grands esprits » islamistes, d’extrême-gauche ou d’extrême-droite se rejoignent. A méditer un peu, par certains Juifs de France complètement polarisés par les agressions d’origine maghrébine en France, et qui ne veulent pas voir la menace du Front National et de ses supporters !

Bonne chance Keren !

Je voudrais saluer ici ma consœur de la radio RCJ Keren Lentschner, qui a brillamment assuré la production de « Perspectives », une série consacrée à Israël et au Proche-Orient et qui est diffusée tous les dimanches à 11h30. Déjà collaboratrice du journal « le Figaro », elle rejoint à plein temps ce quotidien. Encore un talent perdu pour les médias de notre communauté ... Tous mes vœux de succès en tout cas, et aussi bonne réussite pour Kim Abramowicz, qui a repris l’émission à partir du 29 octobre.

J.C

31 octobre 2006

La deuxième guerre du Liban sera-t-elle la dernière ? Chawki Freiha sera mon invité le 5 novembre

Soldat de la FINUL devant les portraits
de Hassan Nasrallah et de l'Ayatollah Khamenei

Le journaliste Chawki Freiha a déjà été à plusieurs reprises mon invité, et la dernière fois c’était en direct, le dimanche 16 juillet. La deuxième guerre du Liban venait de commencer pour Israël, un conflit totalement inattendu, où - pour la première fois depuis 1948 - des grandes villes allaient être quotidiennement bombardées, et ce après une attaque du Hezbollah à l’intérieur du pays, la mort de 8 soldats en quelques instants et l’enlèvement de deux appelés du contingent dont on est toujours sans nouvelles ...

Journaliste franco-libanais, Chawki Freiha est naturellement très concerné par tout ce qui concerne son malheureux pays, plongé (malgré le désir de paix de la majorité de sa population) dans des conflits « pour le compte des autres » : Syriens, Iraniens, Islamistes de toutes obédiences - et cela aujourd’hui par l’entremise du Hezbollah, organisation fanatique dont hélas il a beaucoup été question sur le blog (voir archives des juillet, août et septembre 2006). Ancien collaborateur du journal « Proche-orient.info » où il assurait une veille médiatique extrêmement riche, il suit de très près la vie politique dans le monde arabe. Il sera intéressant d’avoir grâce à lui le sentiment des Libanais, et de savoir s’ils sont eux aussi convaincus que c’est le Hezbollah qui a gagné. Il nous dira où en sont les rapports de force au « pays du cèdre », entre coalition anti-syrienne et partisans du cheikh Hassan Nasrallah, et s’il est vrai que tous les Chiites soutiennent ce dernier. Bien entendu, on espère en Israël que cette guerre aura été la dernière avec le Liban, alors il nous dira aussi si la fameuse résolution 1701 du Conseil de Sécurité le garantit, ou bien si elle est déjà dépassée (lire sur le blog le texte complet de la 1701) . Et puis, il y a eu au cours des derniers mois des bruits de botte en provenance de la Syrie : le dictateur Bashar Al Assad a lancé d’ailleurs des messages contradictoires, car il a proposé de reprendre les négociations, tout en disant que si on ne lui rendait pas tout le Golan il pourrait l’obtenir par la force : Chawki Freiha nous expliquera ce que qu’il convient d’en penser !

J.C

29 mai 2006

La presse arabe : langue de bois ou reflet de l'opinion ? Chawki Freïha sera notre invité le 4 juin

Tous les abonnés de l'excellent journal en ligne proche-orient.info (en lien permanent sur le blog) peuvent avoir une source exceptionnelle d'informations grâce à la "revue de la presse arabe". Celle-ci est réalisée par Chawki Freïha, journaliste d'origine libanaise qui analyse les articles les plus percutants et en donne une traduction condensée. J'aurais le plaisir de l'avoir pour invité le 4 juin prochain.

Cela sera l'occasion d'aborder un nouveau volet de notre approche sociétale du monde arabe. Car en France, en Europe, on ne connaît pas grand-chose de l’opinion publique dans ces pays : on ne voit, de temps en temps, que des images de foules hurlant leur colère - par exemple à l’occasion de l’affaire des caricatures de Mahomet - et il en ressort l'idée, un peu simpliste, d’une « rue arabe » unanime dans sa colère anti-occidentale. Pourtant il existe d’autres canaux pour connaître cette opinion, comme l’écoute des télévisions - proche-orient.info offre d’ailleurs une veille remarquable des télés arabes. Et puis il y a la presse écrite, c’est normalement, dans des démocraties parfaites - ce que ne sont pas malheureusement pas la plupart des états arabes -, un espace de recul ou d’analyse si les journaux remplissent leur rôle ; mais c’est aussi, hélas, une manière de perpétuer une vision figée du monde, de faire de la propagande ou de cultiver les rancœurs. Nous ferons ainsi un petit voyage : presse arabe "internationale" publiée à Londres ; presse du Maghreb qui oscille entre une timide ouverture au Maroc ou une répression en Algérie ; presse libanaise qui a payé très cher son soutien à l'indépendance face au "parrain" syrien ; presse égyptienne qui oscille entre professionnalisme et délires populistes ; et puis, de plus, en plus, les sites Internet et les blogs qui sont autant d'espaces de liberté. Et nous essayerons, ainsi, de répondre à la question : la presse arabe, langue de bois ou reflet de l'opinion ?

J.C