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19 décembre 2006

Condamnés à mort de Tripoli : l'indignation et le dégoût !

Trois des condamnés à mort de Tripoli :
Ashraf Juma, Nazia Nenova
et Snezana Dimitrova (au fond) (photo AFP)

Il n’a fallu que quelques minutes ce matin au président du tribunal de Tripoli pour condamner à la peine capitale les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien, accusés d’avoir inoculé volontairement le virus du sida à 426 enfants libyens dans un hôpital de Benghazi.

Deuxième condamnation à mort, après celle de mai 2004 prononcée par un premier tribunal à Benghazi et cassée par la Cour suprême. Deuxième coup de massue asséné sur six innocents, emprisonnés depuis déjà presque 8 ans, et qui ont connu des sévices tels que, finalement, des aveux leur ont été extorqués. Cela, je vous l’avais raconté il y a déjà plus d'un an, alors que l’opinion publique internationale était peu informée de cette affaire

A propos des preuves scientifiques de leur innocence, je reproduis ci-dessous un extrait de la dépêche Associated Press en lien :
« Lors du premier procès, le Professeur Luc Montagnier, le chercheur français qui a co-découvert le virus du sida, avait témoigné que le VIH sévissait déjà à l'hôpital de Benghazi avant l'arrivée des infirmières bulgares en 1998. De nouvelles preuves ont été apportées en ce sens ce mois-ci, trop tard pour être présentées au deuxième procès. Dans son numéro du 6 décembre, la revue médicale "Nature" a publié des analyses des virus ayant infecté les enfants. L'information génétique du VIH change au cours du temps, ce qui en fait une véritable "horloge moléculaire". Conclusion de l'étude : les enfants ont contracté le virus du sida avant l'arrivée des infirmières bulgares et du médecin palestinien, peut-être même jusqu'à trois ans avant le début de leur contrat à Benghazi. »
Je vous avais également fait part de la campagne menée par un journaliste de "Nature", le Docteur Declan Butler (cliquer ici), et de la pétition signée par 114 Prix Nobel (et là).

Tout cela n’aura servi à rien, et on ressent vraiment de "l’indignation et du dégoût", pour reprendre les propos de Sylvie Vartan, la compatriote des cinq malheureuses infirmières. Pauvres femmes devenues les boucs émissaires de la gabegie hospitalière de ce pays arriéré, pourtant gorgé de pétrole et qui n’a qu’à s’en prendre à ses dirigeants au lieu de vomir sa haine contre - comme d’habitude, comme toujours - "l’autre", "l’étranger" !

Pourquoi ne pas le dire aussi ? Il y a une semaine, un autre pays musulman, l'Iran, crachait son mépris à la fois aux Juifs du monde entier, aux démocraties et à la vérité historique en réunissant une "conférence" de pseudo historiens négationnistes. Cette xénophobie hurlante, ce dénis irrationnel de la réalité, cette façon hideuse de faire la fête lorsque "l’autre" est promis à la mort (les familles des parties civiles ont chanté et dansé à l’annonce du verdict, comme ailleurs au Moyen Orient on distribue des pâtisseries et des bonbons après chaque attentat réussi), tout cela devient absolument insupportable.

Seul l’avocat libyen des infirmières, Maître Bizanti, vient sauver l’honneur bien malmené de son pays. Et seules les sordides tractations en coulisse (lire la dépêche Reuters en lien) permettent de ne pas perdre complètement espoir.

J.C