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11 mai 2008

Après le coup de force de Beyrouth : un zoom sur d’effarants alliés du Hezbollah

La "grande Syrie" revendiquée par le P.S.N.S
(source : Wikipedia)

Le Liban va-t-il replonger dans la guerre civile ? Déjà une quarantaine de tués, et cela risque d’empirer si les affrontements débordent Beyrouth, où l’armée - étonnement passive au moment du coup de force chiite - joue au moins les corps tampons en centre-ville.

Je me permets de reproduire ci-dessous un extrait de l’éditorial de Pierre Rousselin publié le samedi 10 mai dans « le Figaro », parce qu’il tranche par sa netteté sur les numéros d’équilibristes de trop de médias, toujours gênés lorsqu’il s’agit d’appeler un chat un chat ... et Nasrallah, un fasciste en train de faire un putsch !
« Les véritables intentions du Hezbollah s'étalent désormais au grand jour. Il ne peut plus prétendre qu'il mène la « résistance » contre Israël, qu'il conduit une opposition légitime au sein du système libanais, ou bien qu'il défend les intérêts de la population chiite. Le Hezbollah est en train de prouver au monde qu'il ne se soucie, en fait, que de préserver l'État parallèle qu'il s'est taillé au Liban sous prétexte de combattre les Israéliens.
Seule milice libanaise à avoir refusé de désarmer, comme l'exigent pourtant les résolutions 1559 et 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, le Hezbollah a eu son heure de gloire en 2006, lorsqu'il a réussi à entraîner Israël dans une guerre à laquelle il a pu résister, au prix de la destruction du pays. Aujourd'hui, le masque est en train de tomber : l'État libanais est le véritable ennemi du Hezbollah.
La Syrie souffle sur les braises, même si elle négocie avec Israël par l'entremise de la Turquie. Damas fera valoir que seul son retour au Liban garantira la stabilité.
Quant à l'Iran, il cherche à établir, avec la milice chiite, une tête de pont sur la Méditerranée. Il a donc toutes les raisons de soutenir son allié jusqu'au bout.
Le Hezbollah ayant profité de la couardise internationale pour se réarmer à la barbe de la FINUL, rien ne permet d'être optimiste pour le Liban. »


Mais le Hezbollah n’a pas agi seul lors de cette tentative de coup d’état : s’il a lancé le signal de l’assaut pour la prise de Beyrouth Ouest, fourni la logistique et certainement intimidé l’armée, les sites d’information (et en particulier l’incontournable « mediarabe.info », en lien permanent et dont les responsables sont libanais), deux milices alliées sont allées affronter en première ligne les faibles effectifs des partisans de Saad Hariri (sunnites) et Walid Joumblat (druzes) :
- d’abord les chiites « laïcs » du parti Amal de Nabih Berri, dont la chaîne de télévision rivalise dans l’antisémitisme avec « Al Manar » (relire l'article sur le blog) ;
- ensuite les sbires d’un parti politique totalement ignoré par la presse française, et que je vous invite à découvrir car son programme est absolument effarant ... le « Parti Social Nationaliste Syrien » (P.S.N.S) !

D’abord quelques mots à propos de son nom ... voilà au moins des Libanais qui n’ont pas peur de trahir ouvertement leur pays ! Partisans de la « Grande Syrie », ils ont d’ailleurs une antenne à Damas où ils sont officiellement reconnus. Maintenant regardez la carte en illustration : elle représente la « Grande Syrie » réclamée par ces fous furieux, une Syrie qui engloberait donc outre le Liban, Israël, la Jordanie, l’Irak, le Koweït, mais aussi le Sinaï, Chypre et le Sud de la Turquie ... et ce sont leurs miliciens qui paradent aujourd’hui dans les rues de Beyrouth !

Maintenant, examinons leur nom : « Sociaux Nationalistes », cela fait penser à « Nationaux Socialistes », et il ne s’agit pas d’une coïncidence ! Je vous invite à visiter l’article de Wikipedia consacré à ce parti (aller sur le lien) : fondé en 1932 par un libanais grec orthodoxe, Antoun Saadé (1904-1949), il a un emblème qui fait furieusement penser à la croix gammée, malgré les protestations de ses sympathisants ! Il a tenté deux coups d’État, dont l’un a abouti à l’arrestation puis à l’exécution de son fondateur. Ses partisans se sont recrutés à l’origine parmi les communautés un peu « marginalisées » du pays - chrétiens non maronites, druzes et chiites. Retiré à l’arrière plan de la vie politique libanaise ensuite, on le retrouve quelques décennies plus tard jouant un rôle important en coulisses, avec notamment l’assassinat du jeune président Bechir Gemayel en 1982. Allié du Hezbollah, il a participé naturellement à tous les conflits avec Israël, et pour ceux qui auront la curiosité de visiter les sites de sa mouvance, il n’hésite pas à rivaliser avec lui dans l’antisémitisme le plus abject. A noter, enfin, que c’est dans ce parti que le jeune Georges Ibrahim Abdallah - assassin de plusieurs diplomates à Paris au début des années 80 -, a milité à ses débuts : condamné à la prison à vie, il est toujours détenu dans une prison française.

J.C