31 mai 2006
L'islamisme, maladie de l'islam : écoutez Abdelwahab Meddeb sur le Web (premiere partie)
Voici le podcast de mon émission avec Abdelwahab Meddeb, diffusée le 21 mars 2004
Pour l'écouter appuyer sur le bouton "play" ci dessous ou téléchargez-le ici.

Abdelwahab Meddeb est écrivain, poète et universitaire - il enseigne la littérature comparée à Paris X Nanterre. Il est né à Tunis dans une famille d’intellectuels prestigieux. Producteur sur France Culture de l’émission « Cultures d’islam », il a écrit une dizaine d’ouvrages et de nombreux articles dans plusieurs revues. Je lui rendrai hommage dans un futur article, car c’est un intellectuel musulman qui a clairement intégré la nécessité d’une réconciliation judéo - arabe, fondée sur un respect réciproque. J’ai consacré (et c’est assez exceptionnel) deux émissions à son livre « La maladie de l’islam »(Editions du Seuil). Il s’agit d’un ouvrage qui m’a passionné, et dont je recommande bien sûr vivement la lecture à tous nos auditeurs et aux lecteurs de ce blog. Il était impossible, en seulement 25 minutes, d’évoquer les treize siècles d’histoire de la pensée musulmane qu’il est parvenu à synthétiser en environ 210 pages, c'est pourquoi il y a eu deux émissions. Dans ce livre, il nous dit que l’intégrisme, désastreux en Terre d’islam pour les populations et agressif envers le reste du Monde, est une maladie, comme l’intolérance fut la maladie du catholicisme et le nazisme la maladie de l’Allemagne. Il prouve aussi que les deux courants, celui de l’ombre et celui des lumières, se sont, en fait, toujours affrontés à travers les siècles, ce qui démolit, et c’est une bonne chose, les schémas simplistes conduisant soit à la diabolisation, soit à la complaisance. J’ai partagé cette interview en deux parties : celle diffusée le 21 mars 2004, où nous avons évoqué le passé d’une civilisation qui ne fut jamais monolithique ; et puis une seconde émission, diffusée le 4 avril 2004, où nous avons parlé du monde contemporain, de la propagation récente de cette maladie islamiste, et où nous avons confronté nos idées à propos de ce qu’il appelle « la culture du ressentiment ». Le « podcast » de cette deuxième émission sera mis en ligne la semaine prochaine.
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Libellés : Abdelwahab Meddeb, Islamisme, La maladie de l'islam, Podcast
30 mai 2006
Al-Qaïda cherche à isoler l'Amérique : une analyse inquiétante d'Alexandre Adler dans "Le Figaro"
Deux interprétations excessives peuvent être données de la vague terroriste, organisée principalement par al-Qaida, à partir de l'an 2000. Pour le parti pacifiste-isolationniste qui demeure majoritaire en Europe, il s'agirait, pour l'essentiel, d'un fait divers criminel démesurément grossi par le choix d'une cible new-yorkaise ; pour les protagonistes d'al-Qaida elle-même, ce serait, au contraire, le point de départ d'une lutte apocalyptique, dont l'issue ne pourra être que le triomphe de l'islam révolutionnaire.
Si l'on prend toutefois une approche différente de ces deux pôles, on tendra à considérer l'offensive djihadiste non pas dans le langage de ses protagonistes, mais dans la visée stratégique qui, du reste, pourrait bien être celle de ses cerveaux les plus exercés, l'Egyptien Zawahiri ou l'un quelconque de ses officiers généraux pakistanais qui, depuis le début, aura prêté son concours à l'entreprise. On dira alors que, sans illusions sur sa force intrinsèque, al-Qaida s'est lancée la tête en avant, afin de créer, pour ainsi dire, une réaction en chaîne qui contraigne peu à peu des forces de plus en plus importantes à entrer dans l'action. Certes, ce plan beaucoup plus rationnel qu'il ne semble a eu ses ratés, par exemple au Pakistan, dont le général Musharraf a su geler la crise ; cependant, une série de mouvements profonds se sont produits qui lui confèrent toute sa validité stratégique : avec la conquête de l'Irak, les Etats-Unis entraient, en effet, dans une zone sismique ultrasensible.
Si le basculement de l'Irak dans un djihad de masse ne s'est pas produit et si l'émergence d'un véritable pouvoir chiite-kurde est tout de même un grand succès à moyen terme de la stratégie américaine dans toute la région, le contrecoup de l'opération n'a, lui, pas pu être maîtrisé. L'émergence d'un nouveau pouvoir chiite arabe, à partir de l'Irak, a provoqué tour à tour une très forte montée du sunnisme extrémiste en Arabie saoudite et un basculement plus panislamiste que strictement sunnite d'un mouvement de masse égyptien, celui des Frères musulmans, vers un affrontement décisif avec le pouvoir encore semi-laïque du Caire.
La victoire très problématique du Hamas, en Palestine, appartient à ce dernier cycle. Mais enfin, surtout, la très forte convergence entre intérêts américains et iraniens en Irak provoquait en retour une résistance désespérée de la cléricature la plus réactionnaire, qui imposait d'abord la victoire électorale truquée d'Ahmadinejad, ensuite l'intensification délibérée de l'affrontement sur le nucléaire.
A ce stade, le troisième étage de la fusée Ben Laden se déclenche. Le processus de mondialisation conduit par les Etats-Unis depuis 1990, et accéléré dans ses postures militaro-industrielles par le 11 Septembre, ne pouvait à terme qu'engendrer une certaine polarisation. C'est ici que l'Administration Bush aura sans doute le plus péché par ignorance, bien davantage que par arrogance, en omettant de tout faire pour que le pôle islamisant du Moyen-Orient demeure isolé sur la scène mondiale. Tour à tour, l'Amérique latine oubliée, la Russie dédaignée, la Chine sous-estimée se sont placées en position hostile à la stratégie américaine, tandis que croissait l'isolationnisme des principales nations européennes. Si, en Amérique latine, les fautes aberrantes commises par le groupe Chavez-Castro sont en train de produire des contrepoisons au Brésil, au Mexique et au Chili, la faute fondamentale s'est produite à Moscou.
Alors que les intérêts profonds de la Russie devraient la conduire à combattre le djihad, à contenir la puissance de la Chine et à constituer un tissu de relations énergétiques avec le reste de l'Occident, une diplomatie sans générosité a propulsé sur le devant de la scène le vieux parti arabo-centré et antisémite qui faisait la pluie et le beau temps à la fin de l'ère Brejnev. L'aggravation des polémiques avec Poutine, sans ouverture vers une alternative meilleure, conduit à l'éclipse de la puissance russe. Si la dépendance chinoise envers le libre-échange mondialiste est beaucoup plus grande, il existe néanmoins un parti antimondialiste à Pékin, qui pousse les feux d'une alliance stratégique avec Moscou et d'une déstabilisation du processus de paix indo-pakistanais.
Nous en arrivons donc aux deux équations de base qui ont déclenché l'offensive djihadiste de l'an 2000, Palestine et Cachemire. Malheureusement, au moment d'enclencher cette bataille décisive, l'Amérique a perdu la plupart de ses alliés potentiels, tandis que la politique sociale étroite de George W. Bush en interne affaiblissait le soutien de l'opinion publique à la guerre. Nous aurons bientôt à déplorer tous ensemble cet affaiblissement de la position américaine. "
Alexandre Adler
Libellés : Al-Qaïda, Alexandre Adler, Le Figaro, Politique américaine
29 mai 2006
La presse arabe : langue de bois ou reflet de l'opinion ? Chawki Freïha sera notre invité le 4 juin

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Libellés : Chawki Freiha, Emission 2006, Liberté de la presse, Presse arabe
28 mai 2006
Judaïques FM : une belle histoire - et une aventure qui continue !
Gérard Akoun assure la direction de notre radio avec Iris et Wladimir Spiro. A côté de son travail principal ... il est directeur d'un laboratoire de biologie. Et cela est tout à fait à l'image de la majorité des animateurs de la station, dont le signataire de ces lignes : alors que "l'argent roi" est venir pourrir trop de médias, il y a encore sur la bande FM de la place pour des bénévoles passionnés ! Envie de partager avec des dizaines de milliers d'auditeurs, envie de servir notre communauté tout en refusant tout esprit de ghetto, voilà ce qui caractérise celles et ceux qui font Judaïques FM. Interviewé par la revue de l'AMIF (Association des Médecins Israélites de France), Gérard Akoun vient de parler de son engagement personnel et de la radio - son histoire et son présent. Ci-dessous un extrait.
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" La création de cette radio fut le fruit d’une idée collective car nous nous étions rendus compte très vite que les associations telles que le Centre Medem, Identité et dialogues, le Cercle Bernard Lazare, ne disposaient pas d’une tribune d’expression sur la seule radio juive de la bande FM à l’époque. Sous l’impulsion de notre première présidente Arlette Levy Zlottowski, et avec 25 personnes qui représentaient des sensibilités associatives différentes qui chacune donnait le même somme (5000 francs), nous avons fondé Radio Judaïques FM dans le cadre de l’APDC (« association pour le développement des cultures juives »). Nous, les irréductibles Juifs de Gauche, nous étions heureux car nous avions enfin un lieu pour exprimer nos idées. Je me souviens comme si c’était hier de la première émission de Judaïques FM en octobre 1981. Au début, des journalistes professionnels aguerris ou débutants s’étaient engagés avec passion dans cette aventure mais très vite au bout de 6 mois en raison d’un manque cruel de moyens financiers, la publicité n’étant pas encore autorisée, il leur fallut gagner leur vie et ils nous ont donc quitté. On s’est retrouvé avec une radio, il fallut se jeter à l’eau ou abandonner et nous avons appris à devenir journalistes ... Cela a été le début d’une grande aventure qui continue encore !!!
Ma première émission a eu lieu le 19 octobre 1982, le lendemain de la mort de Pierre Mendès France.Je l’ai animée avec Annie Goldman qui est toujours présente sur notre antenne avec son émission « Itinéraires ». Cette première émission qui a duré une heure a constitué en quelque sorte mon « baptême du feu »... Nous fonctionnons depuis 25 ans, en association avec une autre radio pendant quelques années, de manière indépendante depuis plus de 10 ans sans transiger d’un iota avec nos objectifs de départ : le pluralisme d'expression, une ouverture sur la société, un ancrage à gauche en France, un soutien pour la paix au Proche Orient, ainsi que la diffusion des cultures juives. Ce n’est pas toujours facile car nos moyens financiers sont limités, c’est le prix de l’indépendance ; nous ne dépendons d’aucune institution. Sont salariés sur notre radio les professionnels, journalistes, techniciens, secrétaire, animateurs. Près de la moitié de nos émissions sont assurées par des passionnés d’art, de culture, de musique qui enregistrent leurs émissions après leurs journées de travail. Je n’emploie pas les termes de militants ou de bénévoles qui, et c’est dommage, font sourire aujourd’hui ou provoquent l’étonnement : « Quoi ils ou elles font cela gratuitement !» Et oui ! Et souvent pour certains depuis plus de vingt ans.
Pluralisme d’expression évidemment, de Sammy Ghozlan à Théo Klein la marge est large ! Nous avons été l’objet de sévères critiques au sein de la Communauté juive car la ligne politique de la radio par rapport à Israël depuis le début a été la suivante : soutien inconditionnel à l’existence et à la sécurité de l’état d’Israël, droit de critique à l’égard des gouvernements de quelque bords qu’ils soient, tout en sachant que les décisions seront prises par celui qui est sur le terrain le peuple israélien. Je répète souvent cette phrase : « Si tu as l’impression que ton ami va se noyer, tu as le devoir de l’avertir ». Sur Judaïques FM,nous avons soutenus la gauche israélienne sans lui être inféodée. Nous ne sommes affiliés à aucun parti israélien ce qui assure notre indépendance, et nous permet à l’occasion d’exercer notre esprit critique. Il n’a guère été facile, pendant des années d’être pour deux états et d’être contre la colonisation. Que n’a t’on entendu de la part de certains auditeurs, quand nous répétions que des colonies à Gaza étaient une aberration !
Nous avons, en ce qui concerne les affaires françaises la réputation d’être une radio plutôt de gauche, nous revendiquons cette sensibilité mais sans être inféodés à un parti ce qui nous a permis de critiquer le gouvernement Jospin, le parti socialiste, pour leur mansuétude vis à vis des actes délictueux commis contre des personnes ou des institutions juives ; critiquer aussi leur négation d’une judéophobie spécifique aux islamistes ; ou critiquer pour ne pas lutter, à gauche et surtout à l’extrême gauche, contre un antisémitisme masqué par un antisionisme de bon aloi ; ou sur un autre plan, afficher notre scepticisme pour certaines réformes.
Ces cinq dernières années, nous nous sommes attaches en priorité à lutter contre la désinformation à propos d’Israël, il y avait urgence, en évitant d’en faire nous mêmes, dénonçant les dérapages des médias, la critique unilatérale systématique de la politique israélienne, mais sans démagogie de notre part. A propos d’Ariel Sharon, par exemple,bien qu’étant réservés sur sa politique entre 2001-2003, nous nous sommes toujours élevés contre sa diabolisation, nous demandions qu’on le juge sur son action gouvernementale et non sur sa réputation, et nous avons salué l’évolution de sa politique que la maladie ne lui a pas permis malheureusement de mener à son terme."
Gerard Akoun
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Libellés : Gérard Akoun, Historique, Judaïques FM
25 mai 2006
Espérance de Paix ...
Merci à nouveau à Charlie Benyahya pour cette belle photo : on reconnaît à son chapeau, vêtu d’une blanche djellaba, le rabbin Michel Serfaty, président de l’AJMF (Amitié Judéo-Musulmane de France) ; à sa gauche, son co-président, Djelloul Seddiki. Cette photo a été prise devant la « Mosquée de la Paix » de la Cité des Tarterets à Corbeil-Essonne, le 21 avril 2006, dans le cadre du deuxième « tour de l’amitié » de l’AJMF.
« Rencontre » a déjà consacré deux émissions à cette association et au travail de rapprochement qu’elle accomplit dans un contexte bien difficile. Félicitations au blog « diasporablog » (en lien permanent), qui a rendu compte de façon très complète de ce tour en banlieue parisienne. J’ai particulièrement relevé le discours de l’imam de Drancy rendu en hommage aux victimes de la Shoah (lire ici).
Libellés : Amitié Judéo-Musulmane de France
Morad El Hattab : à lire ; et à écouter !
Ecrivain, Conférencier international, Consultant - expert à l'U.N.E.S.C.O., profondément marqué par Auschwitz, passionné d'Emmanuel Lévinas, Morad ancre sa réflexion dans le respect de la dignité humaine et prône le vivre - ensemble. Son livre, « Chroniques d’un buveur de lune - Essais sur le Mal et l’Amour » lui a valu le « Prix Littéraire Lucien Caroubi, Prix pour la Paix et la Tolérance ». Il vient de faire l’objet d’une réédition le 3 mai dernier aux éditions Albin Michel. Et cela, dans le cadre de la collection « Spiritualités » dirigée par un homme remarquable, Jean Mouttapa - qui a également été deux fois mon invité et qui est le relais français du travail de rapprochement israélo-palestinien mené par le père Emile Shoufani (lire sur le blog). Ces « Chroniques » ne sont pas celles d'un rêveur, mais bien celles d'un homme vrai, exquis d'élégance fragile. Partant de ces thèmes inépuisables et d'une actualité permanente que sont le mal et l'amour, elles sont une invitation dans ce que chaque être a de plus authentique, un voyage qui mène de la perversité à l'amour sans rivages. Dans sa préface, le Professeur Raphaël Draï écrit : « Morad El Hattab, musulman fraternel qui rappelle que le Dar el Islam se doit être le Dar el Salam, la demeure de la paix, n'a rien du lunatique. Accueillir sa pensée serait lui en rendre témoignage. »
La communauté juive de France a été meurtrie par le sort atroce d’Ilan Halimi, assassiné il y a déjà quelques mois après un long martyre. Morad El Hattab avait écrit un très beau texte pour en parler, publié en premier dans le blog (relire ici). Peu de temps après ce drame, il a été interviewé sur la chaîne de télévision israélienne « infolive.tv » : voici le lien pour le voir et l’écouter.
Libellés : Ilan Halimi, interview, Morad El Hattab
23 mai 2006
Hamas et F.I.S : les « faux-jumeaux »
Le Premier Ministre Hamas Ismaël Haniyeh---------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Bref rappel : l’idée motrice de la « révolution indépendantiste » algérienne était de nature trotskiste (1). Elle conduisit l’Algérie vers un pouvoir fortement centralisé et se définissant comme laïc (2). Si les futures complicités françaises ont souvent été dénoncées, lesquelles prenaient la forme de doubles jeux - parfois même quadruples - qui impliquaient le pouvoir tout puissant des « réseaux militaires » engagés dans des « coups financiers » avec l'ancienne métropole, l’Algérie, brinquebalée par l’histoire, jouait aussi une autre carte que le joker français ... Dans ces circonstances, le pouvoir civil était quasiment ligoté. Mais, à côté de ces deux pôles, le militaire et le trotskiste, qui s’entendaient à l’occasion, se développa une influence concurrente qui se solda par la victoire du F.I.S ("Front Islamiquee du Salut"). Nous passerons sous silence les rivalités sanglantes du pôle islamiste - dont le G.I.A ne fut que la partie la plus visible. Rappelons-nous juste qu’avec l’élection du F.I.S, l’Algérie fut plongée dans la guerre civile qui répercuta ses ondes jusqu’en Europe. C’est que l’Algérie n’était pas préparée à cette étrange victoire: résistance des militaires, d’une part ; résistance des apparatchiks trotskistes, d’autre part ; et évidemment, même si ce n’est pas eux qui firent la différence, résistance des démocrates algériens. On assista alors à toutes sortes de massacres, tandis que la France, enfoncée dans ce second bourbier algérien, devint la cible d’attentats. Tout le monde s’en souvient.
On retrouve dans le parcours palestinien, qui ressemble de plus en plus à une « voie sans issues », beaucoup de points communs. D’abord, la doctrine originelle, tout droit importée d’Union Soviétique, qui se convertit trente ans plus tard à l’islamisme. Ensuite, on reconnaît la même technique de prise du pouvoir des éléments islamistes : avant les élections parlementaires, une main basse sur les municipalités et les grands centres urbains par la voie d’élections démocratiques. Enfin - et en cela, la Palestine fonctionne comme les pays du Tiers-Monde - une confusion entre le pouvoir civil et militaire, où le pouvoir civil appartient de facto à celui et ceux qui ont les armes et l’argent. D’une certaine manière, nous assistons aussi à une « africanisation » de la Palestine : un éclatement de la carte politique en des groupes armés rivaux où celui qui aura le plus d’argent prendra le pouvoir en sauvant plus ou moins les apparences.
C’est précisément de cela qu’Abou Mazen est en train de nous prévenir : il vient d’annoncer - le 19 Mai - que le nouveau Premier Ministre, Ismaël Haniyé, menait le pays tout droit à la guerre. Il vient d’annoncer également un effondrement du nouveau gouvernement islamiste qui devrait conduire à la tenue de nouvelles élections d’ici trois mois. En clair, il vient de nous annoncer une catastrophe programmée. Car quelle est l’alternative ? Soit un Hamas au pouvoir, qui refuse de reconnaître l’Etat d’Israël, qui se délie de tous les accords précédents signés sous le patronage de la Communauté Internationale ; c’est à dire un Hamas qui sabote le principe même du Droit, ce qui est finalement logique quand on sait que le Hamas reste une organisation terroriste malgré sa victoire. Et il se trouve de nombreux Palestiniens irréductibles qui ne cèderont jamais au Hamas, l’obligeant, comme cela sera de plus en plus souvent observable, à utiliser les « avertissements », les menaces, la force - dont les assassinats - pour faire taire les opposants. Soit la tenue de nouvelles élections qui, si elles devaient se conclure par la défaite du Hamas, ne seraient jamais reconnues par lui. Donc, la guerre civile de toutes façons.
Pour éviter cette guerre civile, la France, que l’on retrouve de nouveau aux côtés de l’Iran et de la Russie, défend sa position qu’elle qualifie de « légaliste » : il faut reconnaître la légitimité du Hamas, issue d’élections démocratiques. Mais c’est vite oublier une chose : quand une démocratie reconnaît la légitimité d’un pouvoir non démocratique dans ses valeurs, dans ses principes, dans son fonctionnement, elle ouvre la boîte de Pandore. C’est précisément ce que le Monde est en train de voir avec l’Iran - et nous n’avons certainement pas tout vu encore ...
Alors : que faire ? Ejecter le Hamas du jeu politique, comme le F.I.S fut éjecté en Algérie, au risque de provoquer une guerre civile ? La comparaison s’arrête précisément ici, car la Palestine n’est pas tout à fait l’Algérie : si le Hamas bénéficie d’un très fort pouvoir de nuisance - aussi bien pour l’avenir de la région que du monde en son ensemble - le Hamas a deux faiblesses qui ne sont pas sans importance : d’abord, Abou Mazen, malgré tout, est resté populaire - il est le Président auquel les Palestiniens ne veulent pas renoncer. En un sens, il est le Bouteflika probable et souhaitable pour la stabilité, sinon la paix. Ensuite, le Hamas n’a pas encore suffisamment d’hommes, d’argent (pour « acheter » les hommes et les complicités), d’armes, de poids diplomatique, d’amis internationaux pour faire taire définitivement la population en l’étranglant dans ses « réseaux ». C’est pourquoi, plus que jamais, les démocraties occidentales doivent s’opposer de toutes leurs forces à Ismaël Haniyé et à son Ministre de l’Intérieur : leur abandonner les ressorts de la société palestinienne conduirait nécessairement à une guerre - dans le genre même de celle que nous avons pu voir en Algérie. Et il est à parier que celle-là aussi irait répercuter ses ondes jusque dans le coeur de l’Europe que le Hamas, comme le Hezbollah, ont déjà investi ... Voir la méthodologie du G.I.A et du F.I.S. Une chose est certaine : l’Iran et la Russie, de par leurs choix politiques, ont choisi de financer une guerre civile au profit des islamistes; Quid de la France ? De l’Europe ? La Suède, quant à elle, a déjà choisi.
Isabelle-Yaël Rose.
Libellés : FIS, Hamas 2006, Isabelle-Yaël Rose 2006
22 mai 2006
France - Israël - Pays arabes - Iran : poker menteur ?
Paradoxalement, ce serait donc en raison de l’axe franco-arabe (nullement remis en question), qu’Israël redeviendrait un ami. Une théorie qui fait réfléchir, mais à laquelle on peut opposer aussi quelques réserves : par exemple, comment gérer une telle politique extérieure vis-à-vis des Palestiniens, qui ont choisi un gouvernement Hamas soutenu par Téhéran ? Le soutien à la cause palestinienne et l’hostilité aux Etats-Unis ne sont-ils pas devenus tellement forts dans l’opinion publique française, qu’ils rendent impossible tout rééquilibrage diplomatique ? Les gouvernements arabes se sentent-ils réellement menacés par l'Iran, où bien préfèrent-ils tirer leur épingle du jeu, en négociant en catimini leur "neutralité bienveillante" face à la république islamiste ?
Lire (ou relire) sur ce sujet notre article publié le 22 janvier sur le blog.
Libellés : Iran 2006, Israël, Monde arabe, Politique française
21 mai 2006
Une action humanitaire - ou un geste politique ?
Libellés : Coopération israélo-arabe, Hamas 2006, Israël, Palestiniens
Deux ans avant les attentats de Madrid, trois ans avant ceux de Londres - quand Antoine Sfeir parlait des filières islamistes en Europe

Antoine Sfeir, photo tirée du site de TV5
Ci-dessous un extrait de l’interview.
Le Tabligh qui se proclame mouvement actif, pur, et apolitique est semble t-il contrarié par ses adeptes. D’un côté, il prône la religion : rien que l’islam dans son intégrité avec ses principes de base, et l’importance donnée aux hadiths. De l’autre, une impatience de ces jeunes recrues qui appuient un débordement pas toujours réussi vers un semblant d’islamisme militant. Pensez-vous qu’avec la période d’expansion politique de l’islam, cette attitude puriste peut encore tenir ?
Antoine Sfeir :
Oui et non. Si vous me permettez, j’aimerais qu’on s’arrête un peu à ce qui se passe vraiment en France. Parce qu’on peut se poser la question : pourquoi aujourd’hui y en a t-il tellement au point que l’on a retrouvé des soldats français de Ben Laden, d’Al-Qaïda en Afghanistan ? Je pense qu’en France il y a quelque chose de formidable. La première génération que l’on est allé chercher dans les années 60 ne pose pas problème. En 1965, à Billancourt vous aviez déjà les salles de prière sur les chaînes de montage. La deuxième génération ne va pas non plus poser de problème, elle va opérer une intégration socio-économique en montant des petites et moyennes entreprises. En même temps il y a eu en France dés 1974 l’application de la loi sur le regroupement familial. Ce regroupement familial va multiplier le nombre des musulmans en France. La troisième génération, paradoxalement va naître française, totalement française : elle ne connaît pas le pays d’origine, elle ne connaît pas l’islam. Dans un premier temps, il va y avoir une volonté de droit à la ressemblance. Mohamed va devenir Momo. Rachid va devenir Rad. Nabil va devenir Nab. On est au stade de la préadolescence. Vers douze ou treize ans, ce gosse, qui est français mais qui voit une différence dans le regard que les autres lui portent, va découvrir son islamité. A partir de ce moment va commencer une véritable déstructuration identitaire.
Jean Corcos :
Vous présentez cela très bien dans votre livre en montrant que les parents sont incapables d’expliquer à leurs enfants à la fois leur culture, leur religion, et leur identité qu’ils vont être obligé d’aller chercher à l’extérieur.
Antoine Sfeir :
Exactement, et la première rébellion de ce cet adolescent va se dérouler contre le père et le grand père qui ne lui ont rien dit sur son pays d’origine, ni sur l’islam. Dans son esprit, il va y avoir une mystification de son pays d’origine et de l’islam d’autant que cette déstructuration identitaire va accompagner une déstructuration familiale. Traditionnellement, la famille orientale, musulmane, connaît le pouvoir patriarcal. Or, au fil des années, ce pouvoir patriarcal s’est complètement liquéfié ; il a passé le relais au pouvoir du savoir. Comble de l’aberration, dans la famille le pouvoir du savoir est tenu aujourd’hui par la jeune fille de la maison qui réussit à l’école, à l’université, et comble du comble, qui trouve du travail. Ce jeune homme qui voit cela ne comprend plus et, dirions nous dans un langage familier, est complètement paumé. Cette double déstructuration va le pousser à chercher ailleurs, au dehors, et sa restructuration identitaire va s’articuler autour de l’islam. Il va se découvrir musulman. Alors de plusieurs choses l’une, il va traverser la rive pour aller dans une mosquée quelconque. Si on prend l’exemple de Hervé Djamel Loiseau, ce soldat retrouvé mort en Afghanistan, il va traverser la rue à Belleville et va se retrouver dans la mosquée Abu Bakr, du Tabligh dont vous parliez, et dont le courant d’opinion indopakistanais, qui a simplifié jusqu’à le rendre simpliste le discours islamique ou coranique, va commencer à baliser dans la personnalité de Djamel Loiseau. Mais comme vous le dite aussi très justement, ce courant piétiste ne suffit pas. Bien qu’il remplisse totalement la vie du croyant, il ne suffit pas : ce jeune homme demande de l’action. Une fois qu’il a été islamisé ou réislamisé, il va vouloir agir. Mais le terrain est balisé et là il va être « repéré » et « ciblé ».
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Libellés : Antoine Sfeir, Extrait d'émission, Islamisme, Terrorisme 2006
19 mai 2006
Kadhafi est-il redevenu fréquentable ?
Libellés : Discours de Tombouctou, Kadhafi, Libye, Vidéo 2006
17 mai 2006
Le "système Chirac – de Villepin" : une tribune libre d’Isabelle Rose

Jean-Louis Gergorin,
présenté dans les médias comme
Les rumeurs, les scandales, la diffamation, les coups tordus, les complots, tout ce que l’esprit humain peut inventer de rumeurs et de mensonges, sont depuis toujours dans les manières des hommes politiques. Ils sont même des techniques de gouvernement. Cependant, leur nature et la manière dont ils sont utilisés servent également d’indicateur - de symptôme - à partir duquel on pourra juger de la viabilité d’une société.
Dans une démocratie vivante, en bonne santé, l’équilibre des Institutions et des rapports de force dans la société met un frein à l’utilisation sans borne de la diffamation : la liberté de la presse, l’indépendance de la Justice, la parole libre du citoyen, la variété de la pensée, coupent l’herbe sous le pied à la « parole mensongère ». En clair, il se trouve toujours une parole pour répondre à une autre parole. Une société déséquilibrée, contaminée par la pensée unique, ne permet plus au corps social de développer des anti-corps : on assiste alors à une sclérose du politique et de la pensée. Et avec elle s’installe le règne du commérage qui témoigne non seulement du vide intellectuel et politique, de l’absence d’une vision et d’un projet efficace, mais aussi d’un très grave désordre moral. Avant chaque fin d’empire, on retrouve toujours ce même duo : complots - diffamation, verrouillage. C’est de cela dont périrent Athènes, Rome, Byzance, mais aussi la III ème République en France. Chirac - de Villepin deviendront très certainement des cas d’école.
S’il fallait résumer leur technique de gouvernance ( !) et leur vision du monde (!!), on pourrait le faire très aisément : pour la technique, la ménagère dirait « cancans ». Pour la vision, une image - et non pas une idée - obsolète de la France et de la puissance. En gros, le monde, ses tensions, ses urgences, se sont arrêtés à De Gaulle (la guerre froide). On retrouve le « cancan » dans tous les dossiers chauds : la Yougoslavie, l’Irak (USA), la Côte d’Ivoire, Israël. Certes, il fut toujours d’usage de diaboliser l’adversaire : la diabolisation vaut justification. Elle est le costume de carnaval qui permet de cacher ses véritables intentions. Elle autorise l’acte de guerre qu’elle vend à l’opinion. Mais le phénomène le plus extraordinaire est que cette diabolisation est devenue système. Système d’autant plus parfait que l’opinion publique est verrouillée par le haut : contrairement à ce que l’on a pu voir aux Etats-Unis, par exemple, l’opposition à la politique étrangère est a priori impossible en France. Mieux : au Parlement, la gauche n’offre aucune alternance à la politique étrangère de la droite - ou inversement. Pire : l’extrême - droite et l’extrême - gauche parlent à l’unisson. Ce fait est parfaitement unique dans le monde : en Espagne, en Allemagne, aux USA, à titre d’exemples, la politique étrangère est aussi objet de débats ; dans la France chiraquienne, blocage total. En ce sens, la France actuelle ressemble très fortement à la Russie de Poutine. Et de la même manière qu’il faudra attendre le départ de Poutine pour voir de nouveau émerger une alternative - dans le scénario le plus optimiste - il faudra attendre celui de Chirac - de Villepin : une confrontation Ségolène Royal - Nicolas Sarkozy (toujours dans le scénario le plus optimiste) serait ce qui pourrait arriver de mieux à la France ; elle permettrait de redessiner les contours politiques, idéologiques et intellectuels du débat politique. Dit autrement : sortir d’une longue période de glaciation.
Alors certes, pour répondre à l’affaire Clearstream, Chirac et de Villepin nous aurons de nouveau servi la seule chose qu’ils savent faire - et encore : si mal : les grandes poses. Monsieur le Président appelle à un travail silencieux de la Justice. Le citoyen français sourit et traduit : comme pour toutes les autres affaires politiques dans lesquelles est apparu le nom du Président ou de l’un de ses proches, Monsieur Chirac en appelle à la loi du silence. Silence de la Justice. Silence de la presse. Silence de l’opposition. Il s’offusque de la dictature de la rumeur et de la diffamation. Sans doute est-ce là l’un de ces effets de l’histoire - comme un retour de boomerang : celui qui règne par la dictature de la diffamation périra par la diffamation ... ou comment l’arroseur devient l’arrosé. A croire que Chirac et de Villepin sont les enfants naturels de Mitterrand. Tout cela n’est certainement pas fait pour rétablir la confiance du citoyen français dans les Institutions, les politiques, le gouvernement.
Isabelle Rose
Libellés : Chirac, Clearstream, Isabelle-Yaël Rose 2006, Politique française, Tribune libre, Villepin
16 mai 2006
« C’est possible ? » : Emile Moatti dialoguera le 21 mai avec Mohamed Khouttoul, militant du dialogue
Libellés : Emile Moatti, Emission 2006, Mohamed Khouttoul
15 mai 2006
Save Darfur now
Libellés : Darfour, Elie Wiesel, USA
14 mai 2006
Signez la pétition : il faut sauver Leila !
Libellés : Femmes musulmanes, Iran 2006, Pétition
11 mai 2006
« Allah et Trotski sont dans un meeting » par Caroline Fourest
Les amateurs d’obscurantisme qui auraient raté l’avion pour Athènes ont pu, pour se consoler, passer un long week-end au Bourget, où l’Union des organisations islamiques des France (UOIF) tenait son vingt troisième congrès du 5 au 8 mai. Au programme : l’union sacrée de tous les culs-bénis contre la République laïque et un large échantillon de VRP des frères musulmans et de leurs sous-marques. On pouvait ainsi croiser des prêtres pro-Papon, comme le père Michel Lelong, des protestants venus chercher des alliés pour « ouvrir » la laïcité, comme le pasteur Marcel Manoel (Fédération protestante de France), des animateurs du réseau Voltaire comme Bruno Drewski, ou encore des chercheurs complaisants comme Olivier Roy ou Vincent Geisser (...). Tout ce petit monde ne semblait guère gêné de barboter en compagnie de la crème des Frères musulmans et des deux prédicateurs vedettes de l’UOIF : Hassan Iquioussen - qui affirme que la Shoah est un complot commun des Juifs et d’Hitler pour occuper la Palestine - et Hani Ramadan - qui pense que la lapidation et les châtiments corporels sont de très bonnes choses et que le sida est un châtiment divin »
Caroline Fourest
Libellés : Caroline Fourest, Charlie Hebdo, Islamo-gauchisme, Tariq Ramadan
10 mai 2006
Ch'ha, l'échelle et l'alya des Juifs de France ... un billet d'André Nahum
Les Juifs de France ont-ils été manipulés ? La violence antisémite - physique et verbale - dans certaines banlieues est-elle un mauvais rêve ? Pourquoi tous ces départs vers Israël (pour être plus précis : et également vers les Etats Unis et le Canada) ? André Nahum a donné ce matin sur Judaïques FM son point de vue sur le débat suscité par un livre (1), largement médiatisé par les hebdomadaires "Le Point" et "Marianne". Et sa conclusion est nette : oui, les Juifs ont peur de l'avenir dans notre pays !
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Ch'hâ était tombé un jour d'une échelle et souffrait de tout son corps. Ses amis vinrent lui rendre visite et apparemment aucun d'entre eux ne se rendit compte de l'intensité de ses douleurs. Chacun le prenait à la rigolade en lui disant : "Bah, ce n'est pas grave, il y a pire, tu aurais pu te fracturer les vertèbres, tu t'en tires à bon compte, demain tu seras sur pied etc. etc." Alors Ch'hâ en colère cria à sa mère : "Maman, je ne veux plus recevoir personne. Tu ne laisseras entrer à partir de maintenant que des gens qui sont eux-mêmes déjà tombés d'une échelle. Eux seuls peuvent savoir ce que je ressens."
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(1) "OPA sur les Juifs de France : Enquête sur un Exode programmé (2000-2005)" de Cécilia Gabizon et Johan Weisz, Editions Grasset.
Libellés : Alya des Juifs de France, André Nahum 2006, Ch'ha
09 mai 2006
Mazel Tov, Isabelle-Yaël !
Libellés : Coopération israélo-arabe, Espoir de Paix, Isabelle-Yaël Rose 2006, Israël, Revue L'Arche
07 mai 2006
Le dossier sur « L’appel des indigènes de la République »

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Mais quelques lignes plus loin, les signataires de l’appel se « dévoilent » (sans mauvais jeu de mot), lisons plutôt :
- la tribune libre de Fadela Amara dans le journal « Libération » (cliquer ici) ;
- l’article publié dans le journal « Marianne » (cliquer ici) ;
- le débat entre Alain Finkielkraut (pas encore traité de « néo réac ») et François Gèze, patron des éditions « La Découverte » et signataire de l’appel (cliquer ici).
Bonnes lectures. Et bon surf, en espérant que ce dossier aura contribué à votre réflexion - alors que, et quelles que soient les critiques légitimes que peuvent susciter certains aspects de la "loi Sarkozy" en cours d'examen à l'Assemblée Nationale, c'est le principe même d'une "immigration maîtrisée" qui fait débat, et qui suscite la violente opposition des "indigènes" et de leurs amis "rouges-verts" !
Libellés : Fracture coloniale, Indigènes de la République, Islamo-gauchisme
03 mai 2006
Ardisson et l'obsession des Juifs
Petite mise à jour postée le 24 juin 2009
Les visiteurs arrivant sur cet article étant - très probablement - des antisémites ayant fait une recherche du type « Ardisson juif », je leur conseille d’aller directement sur un « post » récent où j’analyse ce qui a pu les conduire à se poser anxieusement une telle question ... peut-être seront-ils curieux de lire comment j’analyse la sauce blanche qui leur sert de cervelle ?
Aller sur ce lien
Mais bien sûr, il n’est pas inutile de lire l’article ci-dessous ... pour ceux qui ont un peu de curiosité ; ou qui ne sont pas vraiment des minus haineux !
Mais revenons à Ardisson. Je vous ai déjà parlé sur le blog de l'incident violent ayant opposé Sami Naceri à Salman Rushdie, un guet-apens lamentable tendu à l’écrivain britannique, suivi d’une censure. Me reste aussi en travers de la gorge le « lynchage » en différé du président du CRIF, Roger Cukierman, mis KO par un Olivier Besancenot acclamé par l’assistance. Rappelons à ce sujet deux exploits récents du leader de la LCR, ses insultes à un Premier Ministre dans le coma (cliquer ici), et son refus de participer à la manifestation nationale en hommage à Ilan Halimi (également là).
Je ne suis pas un « fan » de Daniel Schneidermann, ni forcément d’accord avec tout ce qu’il dit à son émission « Arrêt sur images » ou dans sa rubrique de « Libération ». Mais je lui tire mon chapeau d’avoir signalé (« rebond » du 28 avril) le livre d’un jeune inconnu, Jean Robin, « Ils ont tué la télé publique », publié quasiment à compte d’auteur - un ouvrage sur lequel pèse une quasi « omerta » ... Robin dénonce en particulier les affrontements judéo - musulmans qu’Ardisson semble avoir plaisir à organiser, semaine après semaine. Ci-dessous un extrait de l’article de Schneidermann.
« Mais là où Robin touche juste, c'est en pointant les thèmes que Ardisson, semaine après semaine, sans en avoir l'air, injecte dans le débat public. Retenons-en deux : la théorie du complot, et l'obsession des Juifs.
La dilection d'Ardisson pour toutes les théories du complot n'est pas née avec sa mémorable invitation de Thierry Meyssan (l'homme qui affirmait qu'aucun Boeing ne s'est écrasé sur le Pentagone). Jean Robin en retrouve des traces notamment dans son livre Louis XX, pointant la fascination de l'auteur à propos de la thèse de l'évasion du Temple du petit Louis XVII. De Louis XVII au Pentagone, Ardisson, selon Robin, dresse le portrait cohérent d'une société où «la vérité est ailleurs», où toutes les paroles officielles, à l'instar de la sienne, ne sont que mensonge.
Aussi pernicieuse est sa trouble obsession des Juifs. Certes, il n'est pas question d'antisémitisme, d'hostilité déclarée. Mais ces citations antisémites répétées à l'antenne, sous couvert de les dénoncer ; cet acharnement à mettre en avant, gentiment, en vieux copain, l'origine juive de ses invités, qui s'y prêtent complaisamment ; cette insistance sur la judaïté de François Truffaut ou ... du tango argentin : la compilation de Jean Robin est implacable. Et amène une question : cette insistance d'Ardisson à souffler sur les braises de la compétition communautaire, de la lutte des mémoires, à organiser semaine après semaine des matchs judéo - musulmans ou israélo-palestiniens, ne contribue-t-elle pas à entretenir en France les crispations communautaires ? »
Libellés : Ardisson, Daniel Schneidermann, France 2, Jean Robin, Thierry Meyssan, Télévision
01 mai 2006
Le réveil chiite : Antoine Sfeir sera mon invité le 7 mai
Libellés : Antoine Sfeir, Chiites, Emission 2006















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