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15 mars 2007

Un général iranien et deux emblèmes


Merci à nouveau à l’excellent site « iran-resist », en lien permanent sur le blog et qui est souvent cité ici, pour avoir mis côte à côte les deux emblèmes, celui du Hezbollah libanais et celui des Pasdaran iraniens. Difficile de ne pas être frappé par l’analogie du graphisme ! Petite explication, d’abord, pour ceux des lecteurs qui auraient besoin d’une séance « d’explication d’images »

- On est d’abord frappé par le même sigle guerrier, la "Kalachnikov" tenant lieu de programme - ce qui ne choque guère les responsables politiques européens, dont les partis affichent soit une rose au poing, soit un olivier ou autre sigle bucolique. Ainsi par exemple, le député UMP Claude Goasguen a toutes les peines du monde pour faire signer par ses collègues une pétition dénonçant le caractère terroriste du Hezbollah, alors que ce dernier a déjà eu droit à ce qualificatif au Royaume Uni, aux USA bien sûr mais aussi de la part du Canada et du Parlement européen. Violence donc, mais au nom de la religion : comme le révèle l'article "Hezbollah" sur l'encyclopédie en ligne Wikipedia, le fusil mitrailleur est surmonté d'une citation en arabe tirée du Coran : "car ceux qui suivent le parti de Dieu seront victorieux". "Parti de Dieu", c'est bien la traduction littérale de "Hezbollah" !

- Puisque cette politique étrangère française a subi tout le poids personnel de Jacques Chirac, merci cette fois à J.C. Durbant dont le blog est également en lien permanent, pour cette publication d’un extrait de son interview au journal « Le Monde » le 28 juillet dernier, en pleine guerre du Liban :  
« Q. Vous paraît-il toujours inopportun de qualifier le Hezbollah d’organisation terroriste ? 
R : ce n’est pas au moment où l’on veut essayer d’avoir un retour du Hezbollah, si c’est possible, au sein de la communauté libanaise et sa transformation en un parti politique qu’il faut soulever des questions de cette nature. »

- Mais revenons aux emblèmes, tellement sympathiques, de ces « mouvements politiques » islamiques. Au-delà de la violence incarnée par l’arme, le poing tendu incarne tout à fait une rhétorique révolutionnaire : justement, celle des « Gardiens de la Révolution » (en iranien : "Pasdaran"), dont on trouvera un historique et un descriptif sur l'encyclopédie Wikipedia en lien. Une véritable "armée dans l’armée" de 130.000 hommes, ce qui va bien au-delà d’un de ces "groupe de guérillas" qui plaisent tant ici à nos partis d’extrême gauche. Vous y découvrirez aussi (pour les Internautes naïfs qui suivraient l’actualité d’après le 20 heures du J.T ou en lisant les communiqués de l’AFP), un secret de polichinelle, celui de l’implantation militaire des Pasdarans au Liban. Mais au-delà de la force, brutale, l’emblème du Hezbollah comme celui des Pasdaran reproduit un morceau de globe terrestre, qui est lourd de sens : il ne s’agit pas de défendre l’Iran, ou le Liban, ou un territoire X ; le but est d’exporter la "révolution islamique" partout dans le monde, considéré comme un immense "champ de bataille" ; par exemple en Argentine, avec le méga attentat antisémite de Buenos-Aires en 1994 qui fit 85 morts et 300 blessés et pour lequel la justice argentine a lancé un mandat d’arrêt international contre l’ex-président iranien Rafsandjani (lire sur le site "iran-resist").

- L’analogie entre les deux emblèmes n’est donc évidemment pas le fruit du hasard, et le Hezbollah (quels que soient par ailleurs les rivalités internes ou le jeu - plus ou moins autonome - de la Syrie vis-à-vis de l’Iran) a été conçu, dès le départ, comme la succursale libanaise de la République Islamique d’Iran.

- Or j’ai trouvé notre illustration sur cet article du site iran-resist, où il était question du passage à l’Ouest du général iranien Ali Reza Asghari. Plusieurs quotidiens, du "Figaro" au journal "Le Monde" ont parlé ces derniers jours du coup très dur subi par la République Islamique car cet officier aurait été, depuis une vingtaine d’années, une courroie de transmission entre la "filiale" Hezbollah, et la "maison mère" des Pasdaran : quelqu’un qui en sait beaucoup, aussi, sur les réseaux terroristes des Mollahs au Moyen-Orient, des réseaux "dormants" qui pourront se réveiller partout en cas d’intervention américaine contre les installations nucléaires iraniennes !

J.C