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31 octobre 2007

« L’intégrisme, l’islam et nous » (1/3), une conférence de Dounia Bouzar



Dounia Bouzar
(photo tirée du site http://www.dynamique-diversite.fr/

Introduction :
Dounia Bouzar a présenté une brillante conférence lors de la soirée organisée le 25 octobre dernier à l’Assemblée Nationale par l’association « Paroles de Femmes », auprès de laquelle elle travaille comme consultante. Anthropologue du fait religieux, elle est experte pour l’Union Européenne sur la prévention de l’intégrisme. En janvier 2005, elle a démissionné du Conseil Français du Culte Musulman. Elle a été désignée par le Time Magazine « héroïne européenne » pour son travail novateur sur l’islam et vient d’être nommée Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques. Chargée de recherche à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, elle a co-fondé le projet « Dynamique Diversité ».
Avec son aimable autorisation, je publie en trois parties cette conférence, tirée de son dernier ouvrage « L’intégrisme, l’islam et nous, on a tout faux ! » (Editions Plon).


Depuis le 11 septembre, tout le monde croit savoir ce qu’est l’intégrisme.
Il s’est présenté à nous sous forme d’image spectaculaire, revenant en boucle avec un nom : Ben Laden. Et une religion : l’islam.
On s’est concentré sur cette « tête de réseau ». Pourtant, le piège consiste à personnaliser l’intégrisme. Car pendant ce temps, on oublie tous ceux qui l’aident et tous ceux qui l’approuvent. Car pendant ce temps, on oublie d’étudier pourquoi certains l’aident et l’approuvent ... Une solidarité internationale s’est mise en place. Des mesures militaires se sont déployées, sans précédent. Mais attention, la haute technologie ne combat pas l’idéologie. La défaite des terroristes sur le plan militaire ne diminuera pas leur dangerosité.
L’aspect matériel ne doit pas primer sur l’aspect psychologique.
Par quels procédés le discours intégriste arrive-t-il à métamorphoser des êtres humains en véritables machines meurtrières n’importe où et n’importe quand ? En France, comment ces discours font ils autorité ?
Rappelons que religion veut dire « relier ». Comment les intégristes transforment-ils les religions en frontières qui séparent les uns des autres ? Comment font ils pour réduire un message d’amour en conviction de haine ? Comment peut-on être à la fois médecin et intégriste ?

En France, les jeunes qui tombent dedans n’ont pas de lien direct avec les groupuscules politiques du Moyen-Orient.
Impossible dorénavant de les classifier selon des critères traditionnels : plus de zones géographiques définies, pas de revendications nationales construites, pas de courants religieux homogènes, pas de méthodes d’action structurées, pas de combat politique élaboré ... Une seule chose est claire : les intégristes recherchent la toute puissance.
L’intégrisme, c’est avant tout un projet de régénération et d’unification. L’intégrisme, c’est d’abord un processus. Un processus d’extension externe et de purification interne.
J’ai bien dit « purification interne », puisque que les populations musulmanes sont les victimes les plus nombreuses de l’intégrisme ! Et il instrumentalise l’islam pour se faire.

Aujourd’hui, j’espère vous prouver qu’il pourrait utiliser n’importe quelle autre religion, et même une idéologie politique. Des groupuscules veulent anéantir tous ceux qui ne sont pas comme eux en instrumentalisant l’islam. Il faut donc bien partir des réalités.

Mais présenter l’intégrisme comme l’application littérale de l’islam est une erreur grave.
Cette erreur sert l’intégrisme, puisqu’elle fait l’économie des procédés d’endoctrinement.
Cette erreur sert l’intégrisme, puisqu’elle fait l’économie des raisons d’endoctrinement.
Cette erreur sert l’intégrisme, parce que ceux qui veulent respecter la liberté des cultes vont nier ce phénomène.
Cette erreur sert l’intégrisme parce que tous ceux qui considèrent la religion musulmane comme responsable du radicalisme valident ainsi la définition des intégristes ...

D’ailleurs, les ingrédients du discours intégriste ressemblent étrangement à ceux du fascisme (1) :
- un sentiment de crise d’une telle ampleur qu’aucune solution rationnelle ne peut en venir à bout ;
- la seule façon de s’en sortir passe donc par la primauté du groupe. Pour privilégier l’exaltation, on coupe les musulmans de leurs cultures, on développe le sentiment d’appartenance à une communauté plus pure, ce qui permet de justifier n’importe quelle action contre les ennemis internes ou contre les ennemis externes ;
- puis on fortifie ce groupe purifié, en désignant un bouc émissaire.
On déplace ainsi l’agressivité sur l’extérieur. Les adeptes doivent considérer « les autres » comme un tout négatif afin de se percevoir comme un tout positif. L’estime de soi se nourrit du mépris de l’autre : les Occidentaux en général, les Juifs en particulier...
On dit qu’ils ont concocté un plan pour maintenir les musulmans en position de dominés ... Le discours intégriste a besoin de la haine à l’égard de l’Occident car il y trouve sa justification.
- ensuite, on prétend que la destinée historique du groupe dépend de l’instinct d’un chef sauveur, un héros, toujours masculin, qui détient la vérité, qui est supérieur à toute raison rationnelle ;
- enfin, on assure que si le groupe est en danger, c’est que « les autres » ont compris qu’il détient la vérité. Puisque le groupe détient la vérité, il est en droit de dominer les autres pour « sauver le monde » .

Et bien-sûr, tous les moyens seront bons.

Il ne s’agit pas de se soumettre à une religion mais de s’approprier l’autorité de cette religion en son nom propre pour s’ériger soi-même en autorité au-dessus de tous les autres hommes.
Il n’est donc pas question de Dieu dans ce processus. Les intégristes n’ont que faire de Dieu. Ce qu’ils veulent, c’est prendre la place de Dieu !

Dounia Bouzar
(1) : Robert O. Paxton , Le fascisme en action (The anatomy of fascism) , le Seuil, Trad. de William Olivier Desmond, en coll. avec l’auteur.

01 juillet 2007

Faut-il sauver le journaliste Johnston ? Une tribune libre d’Isabelle Yaël Rose


Capture d'écran du message des ravisseurs
du journaliste britannique Alan Johnston
(photo Reuters)

Tribune libre

Nous le savons depuis longtemps : l’une des armes favorites des « organisations terroristes » est l’utilisation des médias et de la propagande. En cela, le Hamas ne fait pas exception. Il vient d’en faire la preuve en diffusant une vidéo qui met en scène le correspondant Johnston. Dans ces circonstances, les journalistes qui couvrent les événements se retrouvent souvent, et bien malgré eux, pris « entre deux feux » : montrer les images, et devenir des instruments de propagande en jouant un autre jeu ; ou rester silencieux, ce qui est contraire à leur métier et à leur mission. Il est pourtant une autre manière de poser l’enjeu qui permettrait peut être de trouver une solution. Plutôt que de s’interroger sans fin sur la déontologie journalistique, prendre la question à l’envers : qui a le plus besoin des journalistes ?

Les images ou les informations qui pourraient nous venir de Gaza n’apporteront de toutes façons rien de véritablement nouveau : tout ce qu’il y a à connaître de la situation, et de son évolution inévitablement catastrophique pour la population, nous le savons. Le monde connaît déjà tous les visages de la souffrance au Moyen-Orient. Ce n’est donc pas un reportage de plus qui pourra nous informer, et encore moins « faire bouger ». En revanche, il est tout à fait certain que le Hamas, et précisément actuellement, veut lancer une campagne d’opinion. Tout simplement parce qu’il est sous pression. Il a donc un besoin impératif des médias. Maintenant. Pour preuve, la diffusion simultanée de la cassette vidéo de Johnston et celle de la voix de Guilad Shalit. Pour preuve encore, cette conversation téléphonique entre l’assistant d’Ismaël Haniyé et le père de Guilad Shalit. Il y aurait encore d’autres preuves à produire, mais que celles-ci nous suffisent : le Hamas veut se faire voir et entendre par l’intermédiaire des journalistes.
Alors, si les journalistes - et les décisionnaires - sont effectivement solidaires de leur confrère, il ne leur reste plus qu’une chose à faire. Tout de suite. Laquelle ? Rappeler tous les journalistes de Gaza et refuser de couvrir aucun événement jusqu’à ce que leur collègue soit libéré. Certes, se retirer du terrain est contraire au principe même de ce métier. On aura ainsi vu des journalistes se faire assassiner, kidnapper, menacer, pour être immédiatement remplacés, que le spectacle continue. Certains auront même bénéficié de ces remplacements au pied levé pour faire avancer, d’une manière aussi soudaine qu’inespérée, leur carrière personnelle. Le Hamas compte bien sur cette primauté du spectacle sur les acteurs quand il fait ce qu’il fait. Il a déjà vu comment les choses se sont déroulées au Liban. Le dilemme des journalistes - et des décisionnaires - peut maintenant être reformulé : jouer le jeu des kidnappeurs en continuant à « couvrir » Gaza sans véritablement produire des informations qui se justifient, ou être prêts à jouer un autre jeu selon leurs propres règles pour tenter de sauver la vie de leur collègue - et partant, leur propre vie. Car telle est la vraie question : que vaut la vie d’un journaliste ?

Pour finir : ceux qui connaissent le Moyen-Orient le savent : quand on veut obtenir quelque chose, il faut savoir profiter des rapports de force au bon moment. Il ne faut pas se laisser impressionner par les bruits, les cris, ni les images. Et surtout : il ne faut se faire aucune illusion sur les bonnes intentions de l’autre. En l’occurrence, le temps joue contre nous. Donc : couper le son et les images, jusqu’à ce que Johnston retourne auprès de sa famille. Un message clair pour le Hamas. Et tous les terroristes. Quel est-il ? « Puisque nous sommes les instruments involontaires de votre propagande, pas touche à notre vie ! ».

Jérusalem,
Isabelle-Yaël Rose

Nota de Jean Corcos :

Juste quelques précisions à propos de cet article (brillant, comme à l’accoutumé) de ma « correspondante » en Israël.
Tout d’abord, j’ai choisi de le publier sous la forme d’une « Tribune libre », car elle propose une option qui fera bondir beaucoup de monde ... se retirer du terrain peut aussi être interprété comme une forme de capitulation devant le terrorisme, et s'il n’y a plus personne pour témoigner, on prend le risque de laisser les islamistes mettre paisiblement en coupe réglée la Bande de Gaza, sans pouvoir rien dénoncer !

Ensuite, les ravisseurs d’Alan Johnston ne se réclament pas du Hamas mais d’une mystérieuse « Armée de l’Islam », ce qui fait furieusement penser à une franchise d’Al-Qaïda ; ils demandent d’ailleurs la libération d’un idéologue de cette mouvance emprisonné à Londres. Et, étrangement, le Royaume Uni vient de revivre les heures sombres du terrorisme islamiste, avec les attentats (heureusement ratés) à la voiture piégé, à Londres comme à Glasgow.

Enfin, est-il besoin de dire combien ces salauds qui menacent d'égorger comme un agneau le journaliste britanique m’inspirent du dégoût ? Mais en même temps, avouons-le, je suis maintenant plus réticent à me sentir pleinement solidaire de nos voisins d’outre-Manche, quand je pense à leur fameuse BBC - dont Johnston était le correspondant à Gaza- qui a toujours fait preuve d’une complaisance écœurante vis-à-vis du terrorisme palestinien ; à leurs syndicats (manipulés ou sincères ?) qui viennent de lancer des appels racistes au boycott d’Israël ; et puis aussi à leur lâcheté, qui a permis le développement d’un « Londonistan » dans leurs propres murs - lire cet article sur le blog !

15 juin 2007

Menace terroriste sur la France - Alexandre del Valle: « le danger est sérieux »

Introduction :
Alexandre del Valle a déjà été trois fois mon invité sur Judaïques FM. On pourra notamment entendre le podcast d’une émission passée en en allant sur ce lien. Je reproduis ci-dessous le texte d’une interview publiée dans le journal "France-Soir", et repris sur le site http://www.alexandredelvalle.com/. Bien inquiétant ... car cet expert en islamisme prend très au sérieux les menaces terroristes en France, au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy. A noter, aussi, la fin de l’interview, où Del Valle insiste sur la promotion des « musulmans modérés » : une réponse cinglante, à la fois pour ceux qui le présentent comme un « agité islamophobe », et pour ceux qui (réellement islamophobes), n’acceptent pas cette stratégie.
J.C

Alain Vincenot le 18/05/2007, Source : France Soir
 

Dans un message diffusé sur Internet, les Brigades Abou Hafs al-Masri menace la France d'une « campagne djihadiste sanglante » après l'élection à la présidence de la République de Nicolas Sarkozy, qualifié de « croisé sioniste ». Pour Alexandre Del Valle, spécialiste des questions de géopolitiques liées à l'islamisme, la menace est réelle.


- France Soir: Faut-il prendre ce message au sérieux?

- Alexandre Del Valle: Oui, très au sérieux. Les islamistes considèrent Nicolas Sarkozy comme un ennemi. Il entretient de bonnes relations avec Georges Bush et Tony Blair et a affirmé, le soir de son élection, le 6 mai dernier, son amitié envers les Etats-Unis. Certes, il n'a pas caché son désaccord sur l'écologie, mais il n'a parlé ni de l'Irak, ni de l'Afghanistan. Par ailleurs, dans le passé, il s'est dit proche d'Israël. Chez les islamistes, il est perçu comme pro américain et pro israélien. Et comme « juif », car bien que chrétien, ses ennemis mentionnent de façon obsessionnelle ses « origines juives » et fustigent son supposé « sionisme ». Je dis bien perçu car la réalité est bien plus nuancée et le nouveau président français n’est ni un pro américain forcené ni un pro israélien inconditionnel mais un chef d’Etat occidental solidaire des alliés naturels de la France et soucieux de l’équilibre dans le monde et au Proche Orient.

- Qui sont les Brigades Abou Hafs al-Masri?

- Il s'agit d'une cellule d'Al Qaïda. Ce sont elles qui avaient annoncé, puis revendiqué les attentats de Madrid qui, en mars 2004, avaient fait plus de 200 morts et plus de 1400 blessés. En général, elles annoncent puis revendiquent les attentats perpétrés par Al-Qaïda ou ses commandos affiliés, en l’occurrence les réseaux salafistes maghrébins pour la France. - La France est donc sur la sellette...- Effectivement. Et plus que jamais, comme d’ailleurs la Grande Bretagne ou l’Allemagne. Après la passation de pouvoir, Nicolas Sarkozy a rendu visite à Angela Merkel, en Allemagne, qui a récemment déclaré qu'Al-Qaïda est aujourd'hui la plus grande menace pour son pays et pour l'Europe. Or, la France va succéder à l'Allemagne et au Portugal dans quelques mois à la présidence de l'Union européenne. Le message des Brigades Abou Hafs al-Masri vise donc à la fois la France et l'Europe, notamment les pays européens afin de les dissuader d'élire, comme la France, des candidats solidaires de l'Alliance Atlantique.

- Que peuvent faire la France et l'Europe?
- Surtout ne pas sombrer dans le syndrome Zapaterro, le premier ministre socialiste espagnol élu après les attentats de Madrid et qui croit être épargné par Al-Qaïda en critiquant l'Amérique et Israël. En fait cette attitude munichoise ne garantit pas la sécurité de l'Espagne qui continue à être menacée. Les islamistes ne demandent pas seulement le retrait d'Irak et d'Afghanistan. Ils veulent diviser le front occidental, ne perdant pas de vue leur objectif qui est la conquête de l'Europe par la terreur psychologique et l'instrumentalisation des frustrations des populations musulmanes.
D'où la deuxième réponse à apporter au message des Brigades Abou Hafs al-Masri. Il faut aider à constituer un islam européen afin d'empêcher les islamistes d'instrumentaliser les frustrations. Parallèlement, il faut accélérer l'intégration car n'oublions pas que les islamistes recrutent maintenant chez des beurs de troisième et quatrième génération, qui pour la plupart ne parlent même pas arabe, mais se sentent tenus à l'écart. Enfin, il convient de mettre en place une Union méditerranéenne qui renforcera le dialogue entre l'Europe et les pays musulmans modérés.

Alexandre Del Valle, 
géopolitologue, Secrétaire Général de la Droite Libre, (UMP), a notamment écrit, aux éditions des Syrtes, "Le totalitarisme islamiste", et, avec Emmanuel Razavi, "Le dilemme turc ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara", Paris, 2006.

13 avril 2007

Attentats d’Alger, un « raccourci historique » (suite)

Hier j’évoquais sur le blog la symbolique du lieu de l’attentat d’Al-Qaïda contre le gouvernement algérien, en écrivant que c’était comme si le passé faisait un clin d’œil au présent. Je ne me doutais pas que Hamida Layachi, directeur de « Al Jazaïr News » et grand spécialiste de la mouvance islamique dans son pays, évoquerait lui aussi cette symbolique dans une interview recueillie par Florence Beaugé du journal « Le Monde » (édition datée du 13 avril). Ci-dessous un extrait :

« La stratégie du GSPC a changé. Il accentue son rejet absolu de toute réconciliation et signifie qu'il a désormais deux ennemis : le pouvoir algérien et l'Occident, en particulier la France. Dans l'un de ses derniers communiqués, dûment authentifié, il y a environ trois mois, il le dit clairement. Le choix de ses cibles, mercredi, ne doit d'ailleurs rien au hasard : le Palais du gouvernement est le coeur même du pouvoir algérien. C'est aussi un bâtiment qui date de l'époque coloniale française. Il abritait autrefois le siège du gouvernement général, autrement dit les représentants du pouvoir métropolitain, et surplombait le fameux "Forum". C'est là qu'en 1958, le général de Gaulle a prononcé son fameux discours - "Je vous ai compris ..." - qui a été interprété par les colons comme l'assurance que l'Algérie resterait française. La symbolique est donc double et particulièrement forte. Si le GSPC avait choisi de faire un millier de morts, il aurait envoyé ses kamikazes rue Didouche-Mourad (l'une des principales artères de la ville), par exemple. Il ne l'a pas fait, délibérément. »

Hier également, j’évoquais dans mon article l’historien Benjamin Stora, dont « Le Monde » a publié par ailleurs une interview audio sur son site Internet, après les attentats d’Alger. Mais il me revient également nos échanges lors de ma propre interview diffusée en janvier 2005, dont vous pouvez entendre l’enregistrement intégral en allant sur ce lien. Ci-dessous, donc, un extrait où j’avais abordé - alors que nous parlions de la guerre d’indépendance de l’Algérie -, les racines de la violence islamiste, trente ans après. Comme quoi, on pouvait parler, déjà, de « raccourci historique » ...

Jean Corcos :

(...) Est- ce que ce qui s’est passé à partir d’octobre 1988, cette révolte réprimée dans le sang, et puis ensuite la montée donc de la guerre civile, est ce que ce n’est pas un retour du refoulé ? Et est-ce que les islamistes ne jouent pas un peu un rôle de réplique de ce qu’était le FLN dans les années 1950 ?

Benjamin Stora :

Alors, on a beaucoup dit effectivement dans les années 1990 que le FIS était l’enfant du FLN, sans faire de jeu de mots ; c’est une expression très célèbre, très connue des années 90, c'est-à-dire que le FIS voulait se poser en héritier du FLN. Le FLN avait commencé la révolution dans les années 1950 - 1960, et puis le FIS arrivant trente ans plus tard, pour lui donner cette coloration exclusivement religieuse, exclusivement islamique. Alors, entre parenthèses, le FIS par là même mettait au secret toute une branche importante des nationalistes algériens ; par exemple, les berbéristes, les communistes, tous ce gens étaient au FLN, ou les gens de Ferhat Abbas qui étaient des républicains, tous ces gens naturellement pour les islamistes n’existaient pas, c’était le « parti de la France » (...)
Moi, je dirai que les islamistes n’ont pas vraiment voulu rejouer l’histoire du FLN, mais ils ont pris appui sur l’énorme trou de mémoire de la société algérienne. C'est-à-dire les reconstructions des récits historiques qui ont été entreprises par les pouvoirs successifs depuis les années 1960 jusqu’à nos jours, ont privé de mémoire la jeunesse algérienne, puisqu’on a diabolisé tout ce qui n’était pas strictement FLN (...) Et c’est sur la base de cette amputation mémorielle, de ce trou de mémoire géant que naturellement les gens du Front Islamique du Salut n’ont donné qu’une version de l’histoire, c'est-à-dire une version exclusivement identitaire religieuse.

J.C

12 avril 2007

Al-Qaïda frappe à Alger

Après l'attentat près des bureaux du gouvernement,
Alger, 11 avril 2007 (photo : Reuters)

Sale temps sur le Maghreb ... Au lendemain de nouveaux attentats kamikazes au Maroc, quelques mois après la découverte et l’élimination d’un groupe islamiste armé en Tunisie, « Al-Qaïda au Maghreb » devient une sinistre réalité après les trois attentats simultanés hier, à Alger et banlieue.

Le quotidien « Libération » mentionne ce matin le communiqué publié sur un site Internet, proche de la mouvance terroriste : « Nous ne serons en paix que lorsque nous aurons repris pied dans toute notre terre d’islam (...), dans notre Andalousie spoliée, et notre Al Qods (Jérusalem) violée ». Quelle jolie profession de foi ! Quelle franchise dans cet autoportrait, raciste, impérialiste, fanatique ! Toute contrée envahie un jour faisant partie du « Dar El Islam » pour les djihadistes, ils se fixent un programme de guerre illimitée dans le temps et dans l’espace, avec pour objectif de condamner (dans un premier temps), soit à la mort, soit à la conversion, soit à l’expulsion des millions de Catholiques espagnols ou de Juifs israéliens. Et ce, après avoir trucidé au passage quelques centaines de milliers de Musulmans, histoire de se constituer des bases arrière en prenant le contrôle des pays arabes. Mais cela n’émeut pas du tout nos doctes orientalistes, qui continuent de susurrer la douce musique du « conflit israélo-palestinien, racine de toutes les frustrations » ; ou les pacifistes de toutes obédiences (d’extrême-gauche, mais rejoints sur ce terrain par Jean-Marie Le Pen), qui nous disent qu’il est urgent d’abandonner l’Afghanistan aux Talibans - comme si cela allait calmer les kamikazes d’Alger ou d’ailleurs !

Sans doutes sera-t-il nécessaire de revenir sur l’Algérie dans une prochaine émission. Il y a plusieurs années, déjà, des Algériens, journalistes, intellectuels ou associatifs étaient venus témoigner à mon micro sur les massacres des islamistes du GIA, puis sur la terrible répression de la révolte kabyle. Disons-le franchement : au-delà du minimum de réserve que j’essaye de conserver, je n’ai jamais pu être pris en flagrant délit de complaisance vis-à-vis du Président Bouteflika, « faucon » en matière de relations avec la France ou Israël, mais singulièrement « colombe » quand il a décidé d’accorder une large amnistie aux anciens des maquis islamistes ... une politique désastreuse, quand on voit ces attentats.

Je parlerai par ailleurs de l’Algérie prochainement, mais en interviewant Benjamin Stora à propos de son dernier livre, « Les trois exils, histoire des Juifs d’Algérie » (Editions Stock). En attendant, et comme un curieux clin d’œil du passé au présent, on retrouve sur cette photo prise après l’attentat l’imposant bâtiment du « Gouvernement Général », héritage du passé colonial et haut lieu des manifestations pro « Algérie française » dans les années 50 !

J.C

15 mars 2007

Un général iranien et deux emblèmes


Merci à nouveau à l’excellent site « iran-resist », en lien permanent sur le blog et qui est souvent cité ici, pour avoir mis côte à côte les deux emblèmes, celui du Hezbollah libanais et celui des Pasdaran iraniens. Difficile de ne pas être frappé par l’analogie du graphisme ! Petite explication, d’abord, pour ceux des lecteurs qui auraient besoin d’une séance « d’explication d’images »

- On est d’abord frappé par le même sigle guerrier, la "Kalachnikov" tenant lieu de programme - ce qui ne choque guère les responsables politiques européens, dont les partis affichent soit une rose au poing, soit un olivier ou autre sigle bucolique. Ainsi par exemple, le député UMP Claude Goasguen a toutes les peines du monde pour faire signer par ses collègues une pétition dénonçant le caractère terroriste du Hezbollah, alors que ce dernier a déjà eu droit à ce qualificatif au Royaume Uni, aux USA bien sûr mais aussi de la part du Canada et du Parlement européen. Violence donc, mais au nom de la religion : comme le révèle l'article "Hezbollah" sur l'encyclopédie en ligne Wikipedia, le fusil mitrailleur est surmonté d'une citation en arabe tirée du Coran : "car ceux qui suivent le parti de Dieu seront victorieux". "Parti de Dieu", c'est bien la traduction littérale de "Hezbollah" !

- Puisque cette politique étrangère française a subi tout le poids personnel de Jacques Chirac, merci cette fois à J.C. Durbant dont le blog est également en lien permanent, pour cette publication d’un extrait de son interview au journal « Le Monde » le 28 juillet dernier, en pleine guerre du Liban :  
« Q. Vous paraît-il toujours inopportun de qualifier le Hezbollah d’organisation terroriste ? 
R : ce n’est pas au moment où l’on veut essayer d’avoir un retour du Hezbollah, si c’est possible, au sein de la communauté libanaise et sa transformation en un parti politique qu’il faut soulever des questions de cette nature. »

- Mais revenons aux emblèmes, tellement sympathiques, de ces « mouvements politiques » islamiques. Au-delà de la violence incarnée par l’arme, le poing tendu incarne tout à fait une rhétorique révolutionnaire : justement, celle des « Gardiens de la Révolution » (en iranien : "Pasdaran"), dont on trouvera un historique et un descriptif sur l'encyclopédie Wikipedia en lien. Une véritable "armée dans l’armée" de 130.000 hommes, ce qui va bien au-delà d’un de ces "groupe de guérillas" qui plaisent tant ici à nos partis d’extrême gauche. Vous y découvrirez aussi (pour les Internautes naïfs qui suivraient l’actualité d’après le 20 heures du J.T ou en lisant les communiqués de l’AFP), un secret de polichinelle, celui de l’implantation militaire des Pasdarans au Liban. Mais au-delà de la force, brutale, l’emblème du Hezbollah comme celui des Pasdaran reproduit un morceau de globe terrestre, qui est lourd de sens : il ne s’agit pas de défendre l’Iran, ou le Liban, ou un territoire X ; le but est d’exporter la "révolution islamique" partout dans le monde, considéré comme un immense "champ de bataille" ; par exemple en Argentine, avec le méga attentat antisémite de Buenos-Aires en 1994 qui fit 85 morts et 300 blessés et pour lequel la justice argentine a lancé un mandat d’arrêt international contre l’ex-président iranien Rafsandjani (lire sur le site "iran-resist").

- L’analogie entre les deux emblèmes n’est donc évidemment pas le fruit du hasard, et le Hezbollah (quels que soient par ailleurs les rivalités internes ou le jeu - plus ou moins autonome - de la Syrie vis-à-vis de l’Iran) a été conçu, dès le départ, comme la succursale libanaise de la République Islamique d’Iran.

- Or j’ai trouvé notre illustration sur cet article du site iran-resist, où il était question du passage à l’Ouest du général iranien Ali Reza Asghari. Plusieurs quotidiens, du "Figaro" au journal "Le Monde" ont parlé ces derniers jours du coup très dur subi par la République Islamique car cet officier aurait été, depuis une vingtaine d’années, une courroie de transmission entre la "filiale" Hezbollah, et la "maison mère" des Pasdaran : quelqu’un qui en sait beaucoup, aussi, sur les réseaux terroristes des Mollahs au Moyen-Orient, des réseaux "dormants" qui pourront se réveiller partout en cas d’intervention américaine contre les installations nucléaires iraniennes !

J.C

25 février 2007

Le 11 septembre, presque un détail pour Le Pen

Une fois n’est pas coutume, j’ai emprunté tel quel le titre de « Libération » du 22 février. Une façon de renvoyer la dernière provocation du leader de l’extrême droite française à ses propos au micro de RTL, il y a presque 20 ans, où il déclarait que les chambres à gaz étaient un « point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale ».

Rendons cette justice au « borgne fou » qui revient à chaque fois polluer les élections présidentielles - en attendant d’en être expulsé, par la force de l’âge ou (on peut rêver) le retour à la raison d’une partie de son électorat, suffisamment grande pour lui envoyer une claque : son message, même s’il évolue au gré des électorats à conquérir, reste remarquablement stable en ce qui concerne le nazisme. Jamais évoquée en termes négatifs (« l’occupation allemande n’a pas été aussi inhumaine que cela », entretien à l’hebdomadaire « Rivarol », janvier 2005), couverte d’un halo de confusion mentale (ainsi son père, mort accidentellement après que son chalutier ait heurté une mine allemande est-il dans sa bouche « mort pour la France »), la guerre entre Alliés et Forces de l’Axe est toujours évoquée en termes défavorables aux premiers. Retour donc sur sa dernière et scandaleuse interview à « La Croix », et sur son « les 3000 victimes de attentats du 11 septembre, c’est beaucoup moins que les bombardements de Marseille ou de Dresde à la fin de la Seconde Guerre Mondiale » ... CQFD, d’après Le Pen et implicitement, les nazis n’ont jamais EUX bombardé de cités européennes, et les seules victimes civiles ont été visées intentionnellement par les Américains ... pour ne rien dire des camps de concentration ou d’extermination, sur lesquels (bien sûr) « il faut laisser les historiens discuter » (une fois supprimé la « scélérate Loi Gayssot »).

Le candidat du Front National crachant à la figure des malheureuses victimes du 11 septembre en banalisant l’évènement, cela n’a rien non plus d’inattendu quand on pense à son tournant violemment anti-américain, que j’avais déjà relevé sur le blog (lire ou relire l’article "Le Pen, candidat des Mollahs"). Mais faisons un retour sur l’article de Christophe Forcari dans « Libération » :
« En relativisant la portée des attentats du 11 septembre, Le Pen renoue avec le discours traditionnel de l’extrême droite pour qui les États-Unis représentent avant tout la patrie du capitalisme apatride. Dans son entreprise de séduction tous azimuts, il adresse également un signal fort à l’électorat d’origine maghrébine, hostile à la politique américaine au Moyen-Orient et à celle de son principal allié dans la région, Israël ».
«Le Pen n’a choqué que le petit monde politico-médiatique, pas le peuple » a dit à « Libé » un autre dirigeant du F.N, Louis Aliot. Hélas, en repensant aux réactions pas très nettes entendues au moment même du méga attentat (voir sur le blog), j’ai bien peur qu’il n’ait raison sur cette triste analyse !

Je me suis demandé enfin quelle « réponse » faire à une telle abjection, une réponse qui puisse rasséréner un peu les lecteurs. Et puis, le hasard a voulu que Irène Elster (dont on a pu apprécier des photos et un article sur le blog) me signale un extrait vidéo sur « Youtube » de « Adieu », cette chanson de Bruel "censurée sur les ondes françaises" (en fait, jamais passée à la radio comme le disait mon article). Une chanson consacrée justement, aux attentats terroristes, et dont le dernier couplet - celui évoquant le 11 septembre, à travers le regard d’un survivant - me semble tout à fait à propos. Une vraie émotion contre une vraie abjection. Regardez et entendez donc Patrick Bruel chanter au piano que ce n’était pas un « détail » !

J.C



Adieu Patrick bruel par jasmin16

01 février 2007

Patrick Bruel : la chanson "censurée" sur les ondes françaises

Couverture du disque "Des souvenirs Devant"

Patrick Bruel est sans doutes l’une des personnalités les plus populaires du « box office » national. Acteur aux multiples personnalités, révélé par Alexandre Arcady (comme lui originaire d’Algérie) et dans les films ayant immortalisé la « saga pied-noir », il s’est ensuite imposé par sa voix au timbre éraillé et par la sensibilité de ses chansons. Invité principal ou associé des plus populaires émissions de télévision, sa sensibilité de gauche et son soutien aux causes « bien vues » - comme l’antiracisme ou la Paix au Proche-Orient - ont toujours été salués sans réticences. Seul « couac », d’un mauvais goût à la hauteur de son auteur, la sortie de Le Pen, furieux de l’engagement du chanteur, et qui - en digne héritier de l’extrême droite antisémite des années noires - su rappeler son patronyme en apostrophant « Monsieur Benguigui » ...

Mais il y a aussi une « ligne jaune », d’autant plus redoutable qu’elle est transparente, et qui lorsqu’on la franchit, fait jouer une étrange « omerta » : dénoncer la barbarie sanguinaire des attentats contre les civils, que ces derniers soient américains, israéliens (comme cette semaine à Eilat), arabes ou de toutes les origines ou religions. Là, Bruel n’est plus « in », dans une France où de savants commentateurs expliquent quotidiennement et benoîtement que « les Musulmans se sentent humiliés », que « l’injustice génère la violence », que « les Arabes sont très malheureux », et que « on n’approuve pas bien sûr mais on peut comprendre ».

Dans son dernier disque « Des souvenirs devant », le chanteur a consacré une chanson à ce sujet, « Adieu » à lire comme un jeu de mots : « adieu » à tous les innocents massacrés par les fanatiques islamistes, à Netanya comme à Madrid ou à New York ; « à Dieu » qui se tait et au nom de qui ces horreurs sont accomplies. On n'entend pratiquement jamais cette chanson sur les ondes françaises. Pour répondre à ce scandale, à mon modeste niveau, j’en ai reproduis ci-dessous les paroles - en pensant, fortement, au spectre du terrorisme revenu en Israël cette semaine.


J.C
 

 Elle vient de partir de chez elle

Un croissant, un éclat de rire
Son mari lui dit qu'elle est belle
Mais dans une heure elle va mourir
Elle n'a pas choisi son destin
Juste là au mauvais moment
Puisqu'il fallait prendre ce train
Et Madrid pleure ses enfants

Adieu
Nous sommes tous dans le noir
Si tu n'existes pas
Au moins fait le savoir
Adieu
Je n'ai plus de questions
Mes yeux sont abîmés
Mon cœur perd la raison

Sa femme attend une deuxième fille
Elle jure qu'elle n'en aura pas plus
Il touche son ventre, les yeux qui brillent
Pourquoi juste à cet arrêt de bus ?
Pourquoi ce type est si couvert ?
Il fait si chaud à Netanya
Le sang se mélange à la terre
Et le monde reste sans voix

Adieu
Nous sommes tous dans le noir
Si tu n'existes plus
Au moins fait le savoir
Adieu
Je n'entends plus l'Histoire
Mes yeux sont fatigués
Mon cœur perd la mémoire

9h16, il est en retard
Comme à peu de chose près tous les jours
Mais aujourd'hui il est trop tard
Il ne montera pas dans la tour
Il voit des cris courir vers lui
Il croise des yeux qui hurlent de peur
Pourquoi ces larmes, pourquoi pas lui ?
Et cette poussière à vie dans le cœur

Adieu
Nous sommes tous dans le noir
Si tu n'existes pas
Au moins fait le savoir
Adieu
Il y a tant de questions
Mes yeux sont épuisés
Mon cœur perd la raison
Adieu
Nous sommes tous dans le noir
Si tu n'existes plus
Au moins fait le savoir
Adieu
Ils se réclament de toi
Dis-leur que ce n'est pas toi
Qui a voulu tout ça

29 janvier 2007

Même lorsque les Palestiniens s’entretuent, ils trouvent le moyen d’assassiner des Israéliens innocents (Avi Pazner)

Ce commentaire d’Avi Pazner, porte-parole du gouvernement de Jérusalem, constitue - hélas ! - le meilleur titre pour commenter l’actualité de ce matin à Eilat : trois civils assassinés dans un attentat suicide, plusieurs grièvement blessés ; et cela, alors qu’un début de guerre civile a embrasé Gaza (30 tués en un week-end), avec étrangement les mêmes acteurs ; les « Brigades des martyrs Al Aksa » (branche armée des « laïcs » du Fatah) affrontent les « islamistes » du Hamas ; mais les mêmes « laïcs » ou « islamistes » (à ceci près que cette fois, c’est le redoutable et clandestin « Djihad islamique » qui revendique l’attentat) se disputent donc « l’honneur » d’avoir tué des Israéliens ... tandis que le gouvernement du Hamas, une fois de plus, vient approuver la boucherie.
Tant de guillemets en une dizaine de lignes ne doivent pas camoufler l’essentiel. Les deux tendances qui s’affrontent à Gaza reproduisent, en miniature et en gros, les deux camps qui se concurrencent de plus en plus nettement dans le monde arabe au Proche-Orient, celui des « nationalistes arabes » majoritairement sunnites, et celui des « islamistes transnationaux », majoritairement chiites et sous l’orbite de l’Iran - même si, et là est le paradoxe, le Hamas est l’émanation palestinienne des « frères musulmans » sunnites. Mais sur le fond, ni l’un, ni l’autre de ces camps n’a intégré l’acceptation d’un État juif indépendant dans la région ... et les attentats vont continuer, seuls des moyens sécuritaires (défensifs ou offensifs) permettant de les réduire à un niveau supportable. Pour mémoire, le dernier attentat suicide en Israël remonte à avril 2006, à Tel Aviv.

Découvrir ou redécouvrir sur le blog, à propos de cet avant-dernier attentat, le magnifique article d’un journaliste arabe, Nazir Majali - affaire de démontrer que tout le monde n’est pas fier de telles actions dans le camp d’en face (lire ici)

J.C