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07 janvier 2012

Les extrêmes-droites, les Juifs et les Musulmans : Jean-Yves Camus sera mon invité le 15 janvier

Jean-Yves Camus


Je serai ravi de retrouver mes auditeurs pour ce premier rendez-vous de la nouvelle année civile, le 15 janvier, et ce sera l'occasion de leur présenter mes meilleurs vœux, en mon nom et en celui de notre station. 2011 n'a pas été une année facile, ni dans notre pays secoué comme ailleurs en Europe par une grave crise financière et économique, ni au Moyen-Orient où les risques de conflit deviennent de plus en plus inquiétants. Mais nous resterons en France pour cette émission, dont le sujet est à la fois politique et d'actualité puisque je l'ai intitulée "Les extrêmes-droites, les Juifs et les Musulmans". Dans quatre mois maintenant aura lieu le grand rendez-vous des présidentielles, et jamais le Front National n'avait été crédité d'un score aussi important dans les sondages. Même si le rapport des forces fait présager, au second tour, d'une victoire nette de la Gauche, Marine Le Pen peut bousculer les résultats, surtout si la crise de l'Euro devient incontrôlable, et lui amène encore plus d'électeurs. Face à cette montée, les institutions juives officielles et en premier lieu le CRIF ont cherché à nouveau à mobiliser, mais il se passe pour la première fois quelque chose d'étonnant  : il y a des appels dans la communauté "de base" à voter pour le Front National, considéré par une minorité non négligeable comme le seule rempart face à une communauté musulmane de plus en plus visible et ressentie comme la seule menace réelle contre ses citoyens juifs. Pour en parler, j'aurai comme invité un des meilleurs spécialistes des extrême-droites, le politologue Jean-Yves Camus. Jean-Yves Camus est diplômé à la fois de Sciences Po et en Histoire contemporaine ; il est chercheur associé à l'I.R.I.S, Institut des relations internationales et stratégiques, et il collabore à plusieurs journaux dont le site "Rue 89" et l'hebdomadaire "Actualité Juive". Cela fait 20 ans que le sujet des droites radicale l'intéresse, il a publié plusieurs ouvrages de référence là-dessus, et il a aussi collaboré à plusieurs ouvrages collectifs sur le racisme et l'antisémitisme.

Parmi les questions que je poserai à Jean-Yves Camus :

-  Dans un article de l'hebdomadaire "Le Point" du 3 décembre dernier, intitulé "Marine Le Pen fait la cour aux juifs", vous estimiez que 5 % de ces électeurs voteront bien pour elle, maintenez-vous ce chiffre ? Vous dites dans le même article "qu'il serait faux d'affirmer que la fille Le Pen est antisémite ou négationniste" ; par ailleurs, au moment des élections internes au Front où elle s'est imposée, les partisans de Bruno Gollnish la traitaient de "sioniste" : quels sont ses vrais sentiments pour les Juifs compte-tenu de tout cela ?

- On est aussi obligé de se poser la question du rôle assez ambigu de certains Israéliens dans ce rapprochement entre les Juifs et le Front National. Comment expliquez-vous cela ? Est-ce de l'ignorance vis à vis de la situation politique en France ? Est-ce parce que ces mêmes Israéliens francophones soutiennent  chez eux, en majorité, des partis de droite et d'extrême-droite ? Ou est-ce que - et on le voit aussi aux USA, avec le même soutien apporté à la droite du parti républicain - il y a une sorte de désespoir, et le calcul stupide que le seul espoir serait, au bout du compte, une guerre mondiale des "judéo-chrétiens" contre un milliard et demi de musulmans ?

- Il ne faut pas oublier la grande complaisance du F.N vis à vis des islamistes radicaux, comme le F.I.S en Algérie pendant les années 90. Jean-Marie Le Pen a soutenu Saddam Hussein pendant la première guerre du Golfe ; il a été régulièrement reçu à l'ambassade de la République Islamique d'Iran, dont il défend le droit à avoir une arme nucléaire ; et le F.N s'oppose à toutes les interventions militaires à l'étranger dans le cadre de l'OTAN, en Libye ou en Afghanistan : est-ce que peut changer ce positionnement, qui provient d'abord de la vieille hostilité idéologique de l'extrême-droite française vis à vis des USA - hostilité partagée d'ailleurs par la majorité des Français ? Et sinon, comment espérer des relations normales avec Israël s'ils ont le pouvoir ?

- Un parti "populiste" n'a-t-il pas du succès précisément parce qu'il dit des choses que refusent de dire les élites, même si ce sont des vérités d'évidence, par exemple à propos de l'immigration ? Notre pays est dans une situation financière désastreuse, on diminue partout les aides publiques et le chômage explose ; or on sait que l'immigration fait entrer essentiellement une population pauvre, de culture différente, peu éduquée et souvent sans qualification : si on pense que, dans ces conditions et il faut fermer nos frontières pendant un moment - et c'est ce que soutiennent la majorité des Français -, peut-on appeler cela du racisme ? 

- On a assisté, en Europe du Nord, en Suisse, aux Pays Bas, à la montée de partis dits "populistes" dont le discours était en gros construit sur deux rejets : rejet de l'Europe - et la crise de l'Euro ainsi que la mauvaise gouvernance européenne leur apporte de sérieux arguments ; et rejet de l'islam, qui il faut le dire est arrivé en contre coup d'une immigration massive et récente de populations musulmanes, qui ont modifié la démographie de plusieurs grandes villes. Or, mis à part les pays d'Europe centrale, comme la Hongrie où il y a à la fois une vieille tradition antisémite et anti-Roms, ces partis ne véhiculent aucun discours anti-juif, et ils se disent plutôt philosémites comme Geert Wilders aux Pays Bas, qui soutient le gouvernement au pouvoir : que faut-il en penser ? 

Des sujets brûlants, une actualité dont on n'a pas fini de parler ... je vous espère donc très nombreux à l'écoute dimanche prochain !

J.C