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16 avril 2007

Des raisons d’espérer au lendemain de Pessah : un billet optimiste d’André Nahum sur Judaïques FM

Introduction :
Faute de temps (faut-il rappeler le caractère bénévole et discontinu de mes activités de journaliste, en parallèle à mon travail principal ?), je n’ai commenté ici, ni le retour dans l’actualité diplomatique du « plan de Paix » de l’Arabie Saoudite, ni la libération par l’Iran des quinze marins britanniques. Mon ami André Nahum a évoqué ces deux sujets dans sa chronique du mercredi 11 avril, apportant une note d’espoir juste après la fête de Pessah !
J.C

Bonjour,

En ce lendemain de fêtes de Pessah la Mer Rouge ayant été traversée avec succès à pied sec, sommes nous en train de tourner en rond dans le désert pour je ne sais combien d'années encore ?

Eh bien au risque de me mettre mal avec tous les Cassandre je me permettrai pour ma part de percevoir une toute petite lueur d'espoir dans l'interminable conflit israélo-palestinien.
Il y a en effet le vote par la Ligue Arabe d'un plan déjà proposé en 2002 par les Saoudiens qui offre à Israël, à des conditions draconiennes certes et difficilement acceptables, une paix générale et des relations normales. Quand on pense que naguère les mêmes pays arabes se prononçaient à l'unanimité pour les fameux trois "Non" de Khartoum, on ne peut nier qu'il y a un certain progrès. Oh je ne vous dis pas que l'Arabie saoudite est subitement devenue sioniste, mais le contexte international l'oblige à revoir sa position par rapport à l’État juif et la pousse à rechercher aujourd'hui une solution ou tout au moins une accalmie. Il y a en Irak une véritable guerre entre les Sunnites soutenus par Ryad et les Chiites soutenus par Téhéran. Les Saoudiens ne peuvent accepter la création à leur frontière d'une puissante alliance chiite dominée par l'Iran qui s'implanterait au Liban et en Palestine et lorgnerait sur son pétrole et ses lieux saints pour devenir la première puissance de la région. Ils ne peuvent accepter que l'Iran dispose de l'arme atomique.

Deuxième évènement : La libération des quinze marins britanniques capturés dans le "Chott el Arab". Contrairement aux images diffusées par la télévision iranienne, on sait aujourd'hui qu'ils ont été plutôt maltraités. Les Iraniens prévoyaient de les traduire en justice pour leur infliger de lourdes peines après un procès à grand spectacle et voilà que le tendre Ahmadinejad, touché par la grâce décide brusquement de les libérer et de les renvoyer comme cadeau de Pâques dans leur pays d'origine.
Pourquoi cette soudaine mansuétude alors qu'Israël attend toujours la libération de Guilad Chalit retenu par le Hamas et des deux autres soldats encore prisonniers du Hezbollah en dépit de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ? Les Britanniques auraient-ils monnayé cette libération au prix fort comme le laissent entendre nos médias, ou plutôt comme le dit le site Internet NewsMax.com sous la signature de Kenneth R. Timmerman, parce qu'un troisième porte avion américain le « Nimitz » fait route vers le Golfe persique, que la peur du gendarme est le commencement de la sagesse, et qu'il y a peut-être en Iran des ayatollahs moins hystériques et moins fous que leur président, et qui ne veulent pas prendre le risque d'une confrontation avec les anglo-américains ? Vendredi 30 Mars, le Conseil suprême de sécurité se serait réuni d'urgence sous la présidence de Ali Larijani, négociateur pour le nucléaire et ami de Ahmadinejad. Durant cette réunion, le général Rahim Safavi commandant les Gardiens de la Révolution aurait déclaré que le déploiement du « Nimitz » faisait redouter l'éventualité d'une action militaire américaine début mai. Il aurait pressé le conseil d'ordonner la libération des otages britanniques pour abaisser la tension dans la région.
Quel crédit accorder à cette information alors qu'Ahmadinejad vient encore de créer le scandale en affirmant avec force gesticulations et mouvements de foule que son pays était passé à la phase industrielle de production de combustible nucléaire ? On peut tout de même espérer que si les Nations restent fermes, Russie et Chine comprises, on pourrait stopper l'Iran dans sa course au nucléaire sans même recourir à la force.

Mais il faut d'abord oublier Munich.

André Nahum