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11 avril 2007

Les drôles d'amis de José Bové

José Bové à Ramallah, avril 2002
Soyons d’abord bien clair : si j’ai choisi cette photo du candidat moustachu aux élections présidentielles, c’est parce qu’elle illustre l’engagement résolu de José Bové pour la « cause palestinienne » ; prise en avril 2002 à Ramallah, alors qu’il allait rencontrer Yasser Arafat assiégé à la « Moukata », elle a enrichi son « pressbook » de militant « alter mondialiste », et il en est sûrement très fier ! Mais on ne peut pour autant (malgré les sentiments de solidarité pour Israël que j’éprouve, et qui sont aussi ceux de beaucoup de lecteurs réguliers du blog), lui en faire un procès de principe ; après tout, il s’agit d’un conflit extérieur à la France, pour lequel il avait bien le droit de prendre partie, et il pouvait bien poser au pacifiste en se faisant tirer le portrait devant un char de Tsahal ...

... Sauf que, au-delà de la photo, il y a eu ses interviews et les mots terribles utilisés : dans la revue « l’Arche » de mai - juin 2002, Alain Finkielkraut a su dénoncer son faux humanisme :

« Des gens qui soutiennent inconditionnellement, les yeux fermés, la cause palestinienne, ne sont pas des pacifistes. Ils acceptent le terrorisme et lui donnent soit le nom usurpé de désespoir soit le nom odieux de résistance. Ce pacifisme est un premier mensonge. Le deuxième mensonge, ce sont les mots utilisés par José Bové: «rafles», «camps d'internement», «miradors», pour parler de ce que fait l'armée israélienne, c'est-à-dire des mots qui impliquent une comparaison avec le nazisme. Enfin, le pire, ce sont les déclarations du chef de file du mouvement antimondialisation à la télévision, selon lesquelles les attentats, les agressions antisémites en France, étaient peut-être imputables au Mossad.
L'homme qui fait des sauts de puce de Seattle à Porto Alegre et de Porto Alegre à Ramallah, ce n'est pas Astérix, c'est Touristix. José Bové, c'est le tourisme érigé en politique. Dans un premier temps, on dit: les Israéliens sont des nazis, et tous les Juifs qui les soutiennent aussi. Dans un deuxième temps, une fois qu'on a nazifié les Israéliens, on reverse sur Israël l'image de la pieuvre ou de l'araignée et le discours paranoïaque des Protocoles des Sages de Sion: ce sont les Juifs qui tirent tous les fils. On nous dira demain qui paye les bombes humaines pour légitimer leur répression. »

Rappelons ici ce qu’a dit José Bové à propos des attentats contre des Synagogues en France (source : « Libération » du 03/04/02) : « Il faut se demander à qui profite le crime (...). Je crois que le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu’un climat antisémite s’est installé en France, pour mieux détourner les regards ». Des paroles pour lesquelles, il est vrai - mais après de longs mois - il a consenti à présenter ses excuses à la communauté juive.

Mais où en est aujourd’hui le candidat « alter mondialiste » au sujet du conflit israélo-palestinien ? Son engagement reste total. D’après le journal « le Figaro », « José Bové, coiffé d’un keffieh palestinien, a dimanche 1er avril à La Courneuve planté un olivier à l’occasion de la Journée de la terre en Palestine. Des représentants d’Olivier Besancenot (L.C.R) de Marie-George Buffet (P.C.F) et de Dominique Voynet (Verts) étaient également présents. ». Le CRIF a réalisé un dossier remarquable à son sujet, au format pdf et que vous pouvez découvrir en lien : défense de l’islamiste Tariq Ramadan, invité vedette des Forums alter mondialistes (relire à ce sujet sur le blog des extraits de l’article de Caroline Fourest "Allah et Trotski sont dans un meeting" ) ; soutien constant des organisations pro palestiniennes les plus militantes ; et rappel, donc, de ses interviews outrancières datant des débuts de « l’Intifada des Mosquées » ...

Mais le flamboyant José a su aussi cultiver ses relations dans la mouvance « Indigènes de la République », mouvance à laquelle ce blog a déjà consacré un copieux dossier (voir libellé ci-dessous). Le site « « Respublica », à la fois de gauche et farouchement laïc, n’aime pas du tout cette collusion « islamo gauchiste » et le prouve par deux articles qui ne font pas dans la dentelle !

- D’abord le 30 mars, sous la signature de Jeanne Bourdillon et sous le titre « José Bové dans le Mantois, les ennemis de la République communient ensemble » ; en voici l’ouverture :
« Qu'attendre d'autre de la part d'un ennemi de la République ? Qu'il répète ses discours de haine et de déstabilisation des valeurs républicaines, des valeurs laïques, c'est bien le moins ! Dans deux salles pleines de militants de l'Islam politique et d'alliés des Indigènes de la République, José Bové, le démagogue à moustaches, a tenu meetings durant le week-end à Mantes-la-Jolie et aux Mureaux.
C'est Décil, ce groupuscule mantais infiltré par le collectif des musulmans du Mantois, qui avait milité en 2004 pour le port du voile islamique lors de l'adoption de la loi contre les signes religieux à l'école, qui l'a invité, et qui a tout organisé. Pour être tout à fait juste, une grande part de l'organisation de la venue de Bové a été prise en charge par le dit collectif des musulmans du Mantois, un lobby local pro Ramadan, qui tenait un stand au meeting du fumeur de pipe, le samedi soir.
Pendant trois jours, ces obsédés de la déchirure coloniale française qui veulent nous ramener aux affrontements d'hier, en ont eu pour leur compte de démagogie, de bons sentiments à pas cher, et de discours dangereux, sur la République, celle qui dans la bouche de l'incendiaire du Larzac rejette ses enfants issus de l'immigration coloniale, et sur la police, forcément raciste. »
La suite en lien.


- Ensuite, et cette fois sous la signature de Lucette Jeanpierre, on peut lire sur le même site un article dénonçant la promotion faite par des soutiens de José Bové à une vidéo intitulée « le nouveau désordre mondial » et signée par Roger Garaudy, condamné pour négationnisme et idolâtré, hélas, dans beaucoup de pays musulmans