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01 juillet 2005

Darfour : restons mobilisés !

 Photo de Diagne Chanel, Présidente du « Comité Soudan ». Manifestation devant l’Ambassade du Soudan, Paris, 15 mai 2005. Source : blog "Urgence Darfour"
Blog en stock
- juillet 2005

Les massacres du Darfour soudanais, qui ont fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés, sont - Paresse intellectuelle ? Refus de paraître sévère pour un pays ménagé par le Quai d’Orsay ? - rarement évoqués au « vingt heures » sur nos chaînes télévisées. « Rencontre » a consacré une émission à ce sujet le 13 février dernier, rompant un silence encore plus insupportable sur la fréquence juive où l’on aimerait rencontrer plus de compassion pour les victimes de ce nettoyage ethnique, perpétré par un état dirigé par des Islamistes et anciens protecteurs de Ben Laden.

Un collectif s’est constitué il y a quelques mois pour sensibiliser l’opinion sur ce drame, et son action peut être suivie sur un blog que je vous invite à découvrir. Ce collectif a publié un appel que vous découvrirez, j’ai eu l’honneur d’être contacté pour le signer, et ma signature figure ainsi parmi celles de très nombreuses personnalités de toutes origines et opinions, de droite comme de gauche, chrétiens, juifs ou musulmans, célèbres ou peu connus. Des dizaines d’associations ont aussi apporté leur soutien, de SOS Racisme au collectif « Algérie Ensemble » en passant par la LICRA.

C’est un grand plaisir pour moi que d’illustrer cette rubrique par une photo de Diagne Chanel, Présidente du Comité Soudan. Diagne Chanel fait partie des chevilles ouvrières du collectif, cela fait des années qu’elle consacre toute son énergie aux drames méconnus de l’Afrique. Elle avait été mon invitée le 28 novembre 2004 sur le thème : « Esclavage et Monde arabe ». 

J.C

29 juin 2005

Latifa Ben Mansour : les Frères musulmans sont un parti d'extrême droite antisémite

Latifa Ben Mansour, docteur ès lettres et sciences humaines, est chercheur au CNRS. Née à Tlemcen en Algérie, elle a du renoncer à vivre dans son pays après avoir été menacée de mort par les intégristes du Front Islamiste du Salut (FIS). Réfugiée en France, elle n’a jamais cessé de dénoncer la barbarie de l’islamisme combattant. Utilisant les outils de la linguistique et de la psychanalyse, elle a décodé des centaines de discours enregistrés par les leaders du FIS Ali Belhadj et Abassi Madani, en faisant la matière première d’un livre magistral "Frères musulmans, frères féroces. Voyage dans l'enfer du discours islamiste" (Editions Ramsay, 20 E). J’ai pu avoir un entretien passionnant avec cette femme courageuse, dans l’émission « Rencontre » du 3 novembre 2002. Voici l’extrait de mon interview à propos de l’antisémitisme des « Ikhwan » (« frères »), sujet sur lequel nos journalistes sont trop souvent bien discrets. 

Jean Corcos :
Dans votre livre, vous dites donc que le parti islamiste est un parti totalitaire, d’extrême droite, se camouflant derrière la religion, et vous avez le mérite de souligner l’antisémitisme forcené des islamistes. Curieusement, la presse française reste relativement discrète sur ce dernier point qu’il s’agisse de l’assassinat abject de Daniel Pearl au Pakistan, ou de l’attentat contre la Ghriba en Tunisie. De même, il est rarement rappelé que la nébuleuse Ben Laden s’appelle le « Front islamique international contre les juifs et les croisés ». Vous êtes d’ailleurs assez claire sur ce sujet dans votre livre puisque vous dites que le terme « El Yahoud », les juifs, employé dans un contexte antisémite, est un référent de base des discours islamistes.

Latifa Ben Mansour :

Absolument, le terme « juif » comme celui d’ailleurs de « franc-maçon » est un référent que l’on retrouve dans les discours des mouvements totalitaires d’extrême droite. J’aimerais à ce sujet vous citer une phrase d’un grand linguiste nommé Klemperer : « Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic qu’on avale sans y prendre garde et qui un jour font leur effet ». Il faut donc rester très attentif aux mots utilisés dans tout discours car ils ont tous des effets qui leur sont propres et qui peuvent avoir des conséquences importantes sur le comportement des personnes qui les écoutent.

Jean Corcos :

Justement. Prenons par exemple l’abbé Baruel, un des théoriciens de l’antisémitisme au XIXe siècle, qui avait inventé l’idée du complot judéo maçonnique et qui disait que les juifs étaient à l’origine de la révolution française, on remarque que Belhadj reprend les mêmes idées et tient les mêmes propos dans ses discours. Ce dernier dit d’ailleurs dans une de ses prêches que vous citez dans votre livre : « les juifs ont tué plus de 70 prophètes ». Cette affirmation qui ne figure pas dans le Coran, semble sortir de l’imagination de son auteur et non d’une quelconque interprétation d’un texte sacré. Est-ce que pour vous, le problème de l’antisémitisme est lié principalement au conflit israélo palestinien, ou est-il le pendant d’une idéologie d’un mouvement d’extrême droite ?

Latifa Ben Mansour :

Vous savez, ces mouvements extrémistes ont toujours besoin d’un ennemi potentiel qui leur permet de recourir à leur théorie du complot, théorie qui vise à faire croire en l’existence d’un soi-disant complot que cet ennemi fomenterait contre eux. Il n’y aurait pas eu de conflit israélo-palestinien, ces personnes auraient trouvé autre chose qui accréditerait leur idéologie et justifierait leurs actions. Je tiens à rappeler que ces personnes appartiennent à des formations d’extrême droite et qu’au sein de ces formations, elles n’ont rien de religieux, tant dans leur comportement que dans leurs pensées.

J.C

26 juin 2005

Le Centre Simon Wiesenthal reçu par le Roi de Jordanie

 Photographie prise au Palais royal d'Amman. Deux responsables britanniques du CSW, et à droite de la photo, Richard Odier

Photo pas vue

Merci à Richard Odier de m’avoir fait parvenir cette photographie dès son retour à Paris !
Une délégation du Centre Simon Wiesenthal a été reçue le 21 juin à Amman par le Roi Abdallah II de Jordanie, où elle était venue lui remettre le « Prix de la tolérance ».
Voir sur le site du CSW le compte-rendu (en anglais).

Ce prix a été rendu au souverain hachémite en hommage à son action constante pour promouvoir la Paix et le dialogue entre les Religions. C’est le deuxième musulman à recevoir le prix, le premier ayant été son père le regretté Roi Hussein.

Le Centre Simon Wiesenthal, établi en 1977 et basé à Los Angeles, porte le nom du célèbre chasseur de nazis et survivant de la Shoah. Cette ONG internationale, membre de l’UNESCO, est dédiée à la lutte contre l’antisémitisme et au rapprochement entre les peuples. 400.000 adhérents et soutiens participent à son action à travers le Monde. « Rencontre » a eu le grand plaisir de recevoir le 27 février 2005 Richard Odier, secrétaire général du Centre pour l’Europe, sur le thème « La haine islamiste sur Internet ». Une interview passionnante qui sera rediffusée cet été, et dont je vous reparlerai.

J.C

Après les élections iraniennes, le Monde retient son souffle !

 Photo de Martine Corcos, Centre Communautaire de Paris, mars 2005 

C’est bien sûr pour rire ... ou plus exactement pour essayer de sourire, après la victoire de Mahmoud Ahmadinejad aux élections présidentielles iraniennes. 

Une très mauvaise nouvelle pour le Moyen Orient que cette élection d’un « dur » islamiste, au moins à court terme. Mais peut-être ce fanatique avoué, beaucoup moins malin que Rafsandjani, va-t-il multiplier les provocations et précipiter ainsi la fin du régime ? L’Iran sera en tout cas sûrement au menu de « Rencontre » d’ici la fin de l’année ! L’occasion de vous rappeler aussi, en lien, un des sites de l'opposition iranienne en exil. Ainsi que notre dernière émission avec un ancien ministre iranien, Houchang Nahavandi
Un mot pour finir à propos de la photo : mon épouse Martine, avec toute sa classe de « l’oulpan » du Centre Communautaire, a participé à une création théâtrale inédite et entièrement en hébreu autour de la fête juive de Pourim, une fête qui commémore le miraculeux sauvetage des Juifs de Perse sous le Roi Assuérus. Dans ce passage, donc, elle lisait les nouvelles, qui hélas sont souvent mauvaises. 

J.C

22 juin 2005

Les Amitiés Judéo-Musulmanes prennent le bus !


Non ce n’est pas le « vrai » bus du « tour de l’amitié » ... Mais il me fallait trouver une illustration sympa, donc bientôt je l’espère des photos du bus qui doit conduire pendant plus d’un mois à travers la France des dizaines de jeunes Juifs et Musulmans.

Un petit rappel historique. Le dimanche 21 novembre 2004 était fondée, lors d’une grande manifestation à la Cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette (Paris), l'AJMF « Amitié Judéo-Musulmane de France ». A l’initiative de ce beau projet, le Rabbin Michel Serfaty, qui est venu en parler à « Rencontre » dans notre émission du 26 décembre dernier. La nouvelle Association a deux Présidents, Michel Sefarty et Djelloul Seddiki, responsable de l’Institut de Théologie et Secrétaire Général de la Grande Mosquée de Paris, qui a été à plusieurs reprises notre invité (20 avril et 2 novembre 2003). Le CRIF, le Consistoire Israélite et la Grande Mosquée de Paris sont les « pères fondateurs » des AJMF.

Un « tour de l’amitié » a commencé dimanche dernier, 19 juin, au départ de l’Hôtel de Ville de Paris, et il doit traverser toute la France. Voyageront dans un bus à impériale (ma photo) des jeunes des deux confessions (Scouts Musulmans, « Hachomer Hatsair », association « Terre d’Europe », E.E.I.F) qui bavarderont dans la journée au premier étage, ... et dormiront la nuit sur des couchettes disposées en bas ! A chaque étape, des nouveaux participants, jeunes ou moins jeunes prendront le relais. Le début du parcours l’a conduit à Lille, Bruxelles et Strasbourg, il doit ensuite traverser la France direction le Sud Est (Lyon, Grenoble), faire un crochet en Italie à Milan, puis revenir en traversant notamment les villes de Nice, Marseille, Toulouse, Bordeaux, avant un retour à Paris le 24 juillet. A quasiment chaque étape sont prévues des rencontres avec des personnalités religieuses locales, des représentants des municipalités et des jeunes des « quartiers difficiles », là où - hélas ! - une propagande hostile a suscité, par endroits, des violences antisémites ces dernières années. 

J.C

20 juin 2005

Une BD egyptienne où les superhéros luttent pour la Paix !

 
Jalila, superhéroine du Moyen Orient, personnage de bande dessinée né au Caire

Le journal « le Figaro » d’aujourd’hui publie un article bien original sous le titre « quand la BD rêve d’une région apaisée ». On y découvre la société d’édition égyptienne « AK Comics » qui publie des bandes dessinées tout à fait dans l’esprit des créations américaines en la matière : personnages féminins en tenue moulante, science-fiction, héros positifs luttant contre des méchants maléfiques, etc. Mais les aventures des personnages se situent dans un Moyen Orient imaginaire, « après la guerre de 55 ans qui s’est achevée par une explosion nucléaire », donc bien différent de celui d’aujourd’hui. Diffusés modestement à 30.000 exemplaires chaque mois, en arabe et en anglais, ces BD sont lues principalement en Egypte, et depuis peu dans le Golfe. Le directeur d’ « AK Comics » se réjouit de l’abonnement récent d’une école juive de Jérusalem, en espérant de futures traductions en hébreu. Le créateur de « Jalila » et des autres personnages s’appelle Ayman Kandil, c’est un universitaire de 38 ans qui a longtemps vécu aux Etats-Unis. Ecoutons le, dans un extrait de l’article : «Nous ne mentionnons ni la culture ni la religion de nos héros pour qu'aucune religion ne soit perçue comme meilleure qu'une autre. C'est aussi dans cet esprit que nous ne parlons pas de superhéros arabes, ce qui aurait exclu par exemple la Turquie ou Israël, mais de superhéros du Moyen-Orient», explique-t-il. «C'est un message d'universalité. Seules la tolérance et la capacité à vivre ensemble peuvent donner du sens à notre civilisation». 

Outre Jalila, la plus puissante de tous, deux autres superhéros vivent dans ce Moyen-Orient de l'après-guerre, sans toutefois se croiser : Zein, l'immortel «dernier Pharaon», qui rêve de reconstruire la «Cité des origines», détruite par l'explosion d'un météore il y a seize millénaires, et Aya, l'avocate qui, telle une Batman orientale, traque inlassablement le crime organisé et la corruption.
Pour découvrir le site de l’éditeur et tous les personnages : cliquer ici.

J.C

17 juin 2005

Shimon Peres, interview

Photo prise lors de mon interview de Shimon Peres, Tel Aviv, 10 novembre 2004 

J’ai eu à deux reprises le grand bonheur d’accompagner, comme invité représentant « Judaïques FM », des missions de solidarité en Israël de l’AUJF et du CRIF. La dernière fois, c’était en novembre dernier, des journées inoubliables où nous avons tous eu l’impression de vivre un tournant au Proche Orient avec la disparition de Yasser Arafat. Accompagné de mes charmantes consoeurs Keren Lentschner de Radio RCJ, et Rachel de Radio Shalom (que l’on aperçoit en arrière plan de la photo), nous avons pu interviewer Shimon Peres pendant quelques minutes à l’hôtel Hilton de Tel Aviv où il donnait une conférence aux membres de la mission.

J.C

15 juin 2005

Tunis - Jérusalem

 
Timbre tunisien. Hommage au peintre Yahia Turki 
Source : site www.tunisia-stamps.tn

Une exposition rassemblant des oeuvres majeures de l'école de Tunis sera inaugurée le 8 juin et se poursuivra jusqu'au 23 juin au centre mondial du judaïsme de Jérusalem.
Cette initiative, soutenue par le Conseil régional des Bouches-du-Rhône, revient au Marseillais Robert Bismuth. Fondateur en 1992 d'un comité de coopération entre la région PACA et le gouvernorat de Tunis, il a su tisser des liens étroits entre les deux rives de la Méditerranée. Les quarante toiles sélectionnées offrent un panorama complet d'un courant pictural qui engendra dès 1900 une véritable révolution artistique. 
 Source : "newsletter" de l'Ambassade d'Israël à Paris ; journal "Jerusalem Post", 31 mai 2005

J.C

Florence Aubenas libérée : un billet émouvant d'André Nahum, ce matin sur Judaïques F.M

Introduction :
Mon ami André Nahum lit tous les mercredis matin un billet-éditorial sur l'actualité. Voilà le texte émouvant qu'il a consacré à la journaliste Florence Aubenas, enfin libérée.
J.C
 
Florence Aubenas a décrit hier au cours de sa conférence de presse avec beaucoup de dignité, beaucoup d’émotion et pas mal d’humour, ses cinq mois de detention dans une sorte de tombeau, sans air et sans lumière où elle ne pouvait même pas se tenir debout. Peu nourrie, les yeux bandés, pieds et mains liés, elle passait ses jours et ses nuits sur un mauvais matelas, sans avoir le droit de parler ou même de bouger.
A cela s’ajoutaient des tortures morales que ses ravisseurs ne manquaient de faire subir à cette femme courageuse qu’ils avaient privée de son nom en l’affublant d’un numéro, comme cela s’est fait naguère en d’autres lieux.
En la voyant hier à la télé, je ne pus m’empêcher de penser à Daniel Pearl et à cet autre journaliste italien, qui après avoir subi les mêmes sévices ont tous deux été décapités "en direct", face à une camera.
Je pensais aux tortures que d’autres nazis infligeaient à leurs victimes, à cette déshumanisation impitoyable de l’être humain et bien que rien ne soit comparable, vous me permettrez de vous lire ces vers de Primo Levi que cite François Rastier dans son livre "Ulysse à Auschwitz" :
"Considérez si c’est un homme que celui qui peine dans la boue,
qui ne connait pas le repos,
qui se bat pour un quignon de pain,
qui meurt pour un oui pour un non...
Considérez si c’est une femme que celle qui a perdu son nom et ses cheveux..."
En séquestrant dans des conditions inhumaines une journaliste française, ressortissante d’un pays qui avait refusé de cautionner la guerre d’Irak et que sa politique pro-arabe mettait croyait-il à l’abri de pareilles mésaventures, les barbares qui se prétendent "résistants" et "bons musulmans". donnent la preuve que seuls comptent leur fanatisme et leur intérêt matériel, sans aucune autre considération. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : fanatisme et intérêt. Les prises d’otages sont une affaire qui rapporte gros. Malgré la discrétion des autorités, il est difficile de croire qu’il n’y a pas eu versement d’une rançon substantielle, et s’il l’a fait, le gouvernement a bien fait.
Mais cet odieux trafic d’êtres humains, particulièrement répandu et prospère en Irak, comme il le fut naguère au Liban risque si l’on n’y prend garde de s’étendre à d’autres pays. Il faut donc le dénoncer et le combattre , comme il faut dénoncer et combattre ces voitures piégées et ces attentats-suicides qui font quotidiennement des dizaines de victimes au sein de la population irakienne. Il faut, en collaboration avec les autres pays de l’Union européenne, les Américains et l’ONU, aider le peuple et le gouvernement irakien, comme il faut aider le peuple et l’ Autorité Palestinienne, comme il faut aider le peuple et le gouvernement israélien à vaincre le terrorisme sous toutes ses formes. Cette guerre d’un nouveau genre qui a été imposée à notre civilisation doit être gagnée.  

André Nahum

12 juin 2005

Emile Shoufani, un juste


Jean Mouttapa et le père Emile Shoufani, service de presse Albin Michel, 
photo Philippe Lissac

Emile Shoufani, « le curé de Nazareth », est le premier homme de Paix auquel j’ai voulu rendre hommage. Arabe, citoyen israélien, il a vécu au plus profond de son âme les déchirements entre les deux populations. Solidaire des Palestiniens des Territoires dans leur revendication d’indépendance, défenseur des droits de la minorité arabe d’Israël, il n’a jamais cessé pour autant de se considérer comme un citoyen loyal de son Pays, condamnant de la façon la plus nette les attentats terroristes et la déferlante de haine antisémite dans les états arabes voisins. Pour lui, la meilleure façon de comprendre l’angoisse profonde des Juifs et de vacciner les Musulmans contre la haine est d’enseigner la Shoah. Tous les ans, il amène ses élèves en visite au Yad Vashem à Jérusalem. Dans les pires moments de l’Intifada, il a organisé des rencontres de jeunes des trois religions. Et puis, il a réalisé son rêve : un voyage de centaines de jeunes juifs et arabes sur le site de l’horreur absolue, Auschwitz. 250 Israéliens juifs et arabes, et autant de jeunes Français juifs, musulmans et chrétiens, ont visité ensemble le site symbole de la Shoah en mai 2003. 
Pour mener à bien son projet, il a été puissamment aidé depuis Paris par Jean Mouttapa, directeur de collection aux éditions Albin Michel. Jean Mouttapa a créé pour ce noble projet l’association « Mémoire pour la Paix » (site http://www.memoirepourlapaix.com/) qui a pour objet d’aider Emile Shoufani et d’organiser toutes sortes de rencontres éducatives entre Juifs et Arabes. « Rencontre » a rendu hommage à deux reprises au père Shoufani : le 18 avril 2003, pour présenter le projet du voyage (invités : Jean Mouttapa et Djelloul Seddiki, directeur de l’institut de théologie de la Grande Mosquée de Paris), et un après, le 20 avril 2004 à l’occasion du « Yom Hashoah » (invités : à nouveau Jean Mouttapa et Abd Al Malik, qui fut reçu dernièrement à propos de son livre, voir « blog » du 2 mai). Allez visiter le très beau site de « Mémoire pour la Paix » pour en savoir plus et les aider !

J.C

Le "Printemps des cèdres" est-il terminé ? Le 3 juillet, Khattar Abou Diab, expert d'origine libanaise, fera le point après les élections


Elections au Sud Liban, 5 juin 2005 (photo Reuters)

Khattar Abou Diab est politologue, consultant et conférencier dans différentes institutions universitaires (Ecole de journalisme de Lille, Collège interarmées de Défense, etc.). Il a été enseignant aux Universités de Paris III, VII et XI. Spécialiste de l’Islam et du Moyen Orient, il écrit notamment pour les revues « les Cahiers de l’Orient » et « Arabies ». Il a participé au "Dictionnaire mondial de l'islamisme (Editions Plon, 23,75 E), un ouvrage monumental sous la direction d’Antoine Sfeir, et qui fut le thème de notre émission le 9 février 2003. Khattar Abou Diab connaît parfaitement le Liban qui est son pays d’origine, il devrait donc éclairer les auditeurs de « Rencontre » sur ce qu’il convient d’espérer (ou de craindre) pour le futur proche de ce petit état. 

Le « Printemps libanais » qui a surpris le Monde depuis l’assassinat de Rafic Hariri va-t-il continuer, maintenant que les troupes syriennes sont parties ? 
Ce départ est-il un faux semblant, avec des risques de déstabilisation téléguidés par Damas ? 
L’opposition libanaise va-t-elle s’unir, ou au contraire se déchirer entre les différentes communautés ? 
Le Hezbollah, conforté par ses succès électoraux, acceptera t-il d’être désarmé ? 
Une paix avec Israël est-elle possible ? Ou bien faut-il craindre un embrasement voulu par l’Iran et la Syrie qui se sentent acculés ? 

Une émission passionnante en perspective !

J.C

07 juin 2005

La Mémoire, pour la Paix


Jeunes dans le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau
Photo Xavier Nataf
Photo pas vue 
- juin 2005


Voilà la première d'une série d'images inédites, parce que les grands médias préfèrent toujours celles de la haine, plus "vendeuses" ... Une image trop forte pour la gâcher par de vains commentaires. Cette photo a été prise lors du rassemblement de 500 jeunes, musulmans, juifs et chrétiens, réunis en mai 2003 sur ce site maudit. J'en reparlerai plus longuement et très prochainement sur le "blog".

J.C

05 juin 2005

La musique adoucit les moeurs !

 
Musiciens juifs tunisiens
Fusain et lavis sur papier, Eugène Burnand (1850-1921), école suisse

Une toile sur la Toile
- juin 2005

Passionné par « l’Orientalisme » sous toutes ses formes, j’aurai le plaisir d’agrémenter mon « blog » par des copies d’œuvres anciennes ou récentes, illustrant les pays évoqués. Plaisir multiple avec ce dessin, puisqu’il évoque à la fois ma Tunisie natale, la musique qui est toujours associée à la fête dans nos traditions, et un domaine de création partagée entre Juifs et Musulmans ! Les trois Pays du Maghreb ont vu s’illustrer pendant des siècles des groupes orchestraux autour de « l’école andalouse » (surtout au Maroc et en Algérie, plus particulièrement à Constantine), ou avec une tonalité plus proche de la musique orientale du Machrek (essentiellement en Tunisie). 

Nous avions au début de « Rencontre » consacré plusieurs émissions à cette tradition, en invitant notamment à deux reprises (1998 et 1999) Simon Elbaz, musicien, et Rachid Aous, producteur du premier CD de « Matrouz », composition originale mêlant des chansons en hébreu et en arabe. Nous avions aussi évoqué Enrico Macias et son voyage avorté en Algérie, en avril 2000 avec Sheherazade Hadid, journaliste algérienne. Oui, la musique adoucit les mœurs et réunit les cœurs, c’est bien pourquoi la fréquence juive de Paris compte un auditoire musulman régulier pour les émissions consacrées à cet art, avec parfois des appels du public. « Judaïques FM » s’illustre en la matière, avec l’émission « La fête orientale » de Maurice Azoulay le samedi soir, et « L’Andalouse », produite par Sammy Ghozlan un dimanche soir sur deux. Oui, la musique ouvre les portes des âmes, c’est bien pourquoi les intégristes les plus fanatiques l’ont toujours interdite, ainsi les horribles Talibans lorsqu’ils régnaient à Kaboul. Le monde arabe vient de produire à Beyrouth sa première « Star académie », et le vainqueur a été, ironiquement, un ressortissant d’Arabie saoudite, un des états les plus fermés à la modernité ! Le journal « Libération » vient de publier le portrait de Hicham Abdel Rahman, jeune saoudien de 24 ans brutalement métamorphosé en star par des millions de jeunes de son pays, qui ont voté par téléphone pour l’élire. Et ce, au grand dam de la « police des mœurs » locale, qui l’a condamné à resté cloîtré à domicile, en attendant une tournée triomphale.

J.C

Accueillante Tunisie

Introduction :
 Je vous avais déjà parlé (voir « blog » du 24 mai) du pèlerinage de la Ghriba à Djerba, en Tunisie, et du voyage de milliers de Juifs (dont un fort pourcentage d’Israéliens) dans ce pays musulman. La fête est maintenant finie, et elle s’est déroulée sans aucun incident, grâce à une organisation remarquable de la sécurité. Mais surtout, les premiers témoignages parlent tous de l’accueil formidable des Tunisiens, autorités comme simples habitants rencontrés lors du séjour. Notre ami Moïse Rahmani, membre du bureau de coordination des organisations juives de Belgique, responsable du site http://www.sefarad.org/ (Institut Sépharade Européen, voir en lien), vient d’en parler dans le site d’information israélien « Guysen News » (adresse : http://www.guysen.com/).
Avec l’aimable autorisation de ce journal en ligne que nous remercions, nous reproduisons un extrait de l’article de M. Rahmani, « La Tunisie, un exemple à suivre ».
J.C 

« Je ne parlerai pas de l’accueil, au-delà de tout éloge. Je ne parlerai pas de la gentillesse innée et non de commande du Tunisien « Monsieur tout le monde ». Je ne parlerai pas de la chaleureuse réception que les autorités officielles nous ont réservée. Je voudrais centrer sur l’aspect multiculturel de ce pays, sur son ouverture et sur le respect envers les autres religions. Je voudrais souligner que selon les officiels rencontrés, la religion est une affaire privée et s’exerce chez soi. Je n’ai pas vu de femmes voilées dans les ministères, dans les banques ou dans les magasins. J’ai vu, par contre, des femmes libres. Les intégristes, les islamistes, sont un danger pour le pays, c’est ce que se sont plus à nous passer comme message nos hôtes interrogés. Ils ne doivent pas gangrener la société. A bon entendeur, salut ! Dans nombre de médias belges, une bombe humaine qui se fait exploser en tuant des civils est qualifiée de kamikaze et des excuses lui sont cherchées. En Tunisie, chez les officiels, le verdict est sans appel : c’est un terroriste et il n’y a pas d’excuses à essayer à lui trouver. »
Pour lire l’article complet, suivre le lien
Pour lire aussi l’article publié antérieurement dans « Guysen News », à propos de la visite en Tunisie d’une délégation de Juifs français conduite par le Grand Rabbin Joseph Sitruk et reçue par le Président Ben Ali en décembre dernier, cliquer ici

J.C

01 juin 2005

Sincères condoléances ... à toute la famille


Le sourire du mois  
- juin 2005

 La "une" du journal algérien "El Moudjahid" à l'occasion du décès du Pape JeanPaul II.
Source : site http://www.harissa.com/, envoyé sur le forum de discussion par un internaute

J.C

29 mai 2005

L’Amérique, l’Europe et le Moyen-Orient : le Directeur de la Fondation pour la Recherche Stratégique sera notre invité le 19 juin


François Heisbourg, Directeur de la « Fondation pour la Recherche Stratégique » (site : http://www.frstrategie.org/ ) a déjà été l’invité de « Rencontre ». C’était le 16 mai 2004, et le thème était « Al-Qaïda, les Musulmans et nous ». Il nous parlera le 19 juin prochain de son dernier ouvrage : "La fin de l'Occident ? L'Amérique, l'Europe et le Moyen Orient" (Editions Odile Jacob, prix 21 E). Un livre passionnant, écrit par un expert rigoureux et sans parti pris, une qualité de plus en plus rare lorsque l’on aborde des sujets brûlants. Plaidant pour une politique européenne vigoureuse face aux défis du monde contemporain, il souhaite une relation transatlantique renouvelée où l’Europe et les Etats-Unis seraient solidaires face aux menaces de l’extrémisme islamiste, tout en jouant chacun leur partition. « Remettant les pendules à l’heure », il rappelle combien les uns et les autres ont leur part de responsabilité, en acceptant en particulier l’absence de liberté en terre musulmane, dans la mesure où leurs intérêts économiques ou géostratégiques y trouvaient leur compte. Critique de l’intervention américaine en Irak et de « l’unilatéralisme » de l’administration Bush, il démonte aussi les discours d’un antiaméricanisme primaire qui ont conquis les opinions publiques, française en particulier. Sévère également pour la politique de colonisation israélienne dans les Territoires occupés, il dénonce aussi l’absence de toute compréhension pour les besoins de sécurité d’Israël et de toute empathie pour les souffrances de son peuple. Enfin, comme nos auditeurs l’avaient déjà entendu l’année dernière, il souligne la réalité terrifiante du terrorisme d’Al-Qaïda, et la nécessité de se préparer au pire.

Un entretien qui s’annonce passionnant, donc rendez-vous le 19 juin sur Judaïques F.M !

J.C

Merci !

- Merci à toutes celles et tous ceux qui ont bien voulu rendre visite à ce « blog ». Depuis le 5 mai dernier, lorsque j’ai installé un outil fiable de comptage ( le petit logo « sitemeter », permettant bien sûr de ne comptabiliser que les visiteurs extérieurs ), j’ai relevé 214 entrées sur ce site, pour 326 pages visitées. Soit une moyenne de 10 visites par jour, ce qui n’est pas mal quand on pense aux millions de « blog » référencés. Un petit rappel à l’attention des « surfeurs pressés » : allez jeter un coup d’oeil aux archives des 3 mois précédents ! 
- Merci ensuite à trois sites amis : harissa.com, col.fr et sefarad.org qui ont eu la gentillesse de mettre l’adresse de « rencontrejudaïquesfm » en lien, ce qui permettra à leurs lecteurs qui ne connaissent pas encore l’émission de nous découvrir.
- Merci enfin à tous les sites de référencement qui ont placé notre adresse dans la rubrique « radio », « média » ou « divers », ce qui contribuera je l’espère à élargir notre audimat : « zone-annonce », « monsurf.com », « ousurfer », « homepage.org », « meilleur du web », « actuliens », « monwebmaster.com », « le moteur recherche web », etc... j’en oublie, certainement ! J’espère bien sûr que les « grands » moteurs de recherche permettront ensuite de trouver notre adresse à partir de quelques mots clés. D’ores et déjà, il est possible de trouver un lien sur notre site à partir de la simple référence « judaïquesfm » (notre radio) et ce sur les moteurs « Google » et « Yahoo » ». 
- Reste bien sûr à vous convaincre, amis lecteurs et/ou auditeurs, de rester fidèles à ce blog, en l’enrichissant le plus souvent possible de nouvelles rubriques. Le plus simple : mettez l’adresse en favori. Il y aura, je l’espère, de nouveaux articles au moins une fois par semaine : bien sûr, l’annonce des nouvelles émissions (fréquence : 2 par mois) ; quelques comptes rendus d’émissions passées ; des photos de nos invités ou portant sur nos sujets ; quelques infos sur « Judaïques FM » ; et puis, une série de nouvelles rubriques, dont je ne vous donne que le titre, histoire d’aiguiser votre curiosité : « blog en stock » ; « une toile sur la Toile » ; « le sourire du mois » ; « surf pour la Paix » ; « photo pas vue » ...
Merci pour votre fidélité, et à bientôt !

J.C 

24 mai 2005

Ghriba miraculeuse : 1000 Israéliens s'envoleront pour Djerba

 
Photo de la vénérée Ghriba, Ile de Djerba, tirée du site www.Cap-Tunisia.com

Un millier d’Israéliens vont décoller dans les prochaines heures de l’aéroport de Tel Aviv vers les rivages de la Tunisie, un pays qui n’a pas (encore) de relations diplomatiques ouvertes avec l’état juif. Originaires de ce pays pour la plupart, ils vont participer au pèlerinage annuel de la Ghriba, qui se déroule autour de la plus ancienne Synagogue du Monde, bâtie après la chute du Premier Temple sur l’île de Djerba. Tous les ans, les « Tunes » du Monde entier viennent par milliers en pèlerinage à l’occasion de la fête de « Lag Baomer ». Et, à partir du jeudi 26 mai au soir, ce seront à nouveau les rituelles bougies allumées, chants de louanges aux vénérés Bar Yochaï père et fils et odeurs de méchoui. Un des derniers symboles de la coexistence passée entre Juifs et Arabes, un trop beau symbole que les tueurs d’Al-Qaïda ont voulu gâcher il y a trois ans avec l’attentat contre l’enceinte de la vieille Ghriba. La présence de touristes israéliens à cette occasion est comme le baromètre de la normalisation entre leur pays et le Monde arabe. J’ai pu en voir en 1996, c’était dans le cadre d’un beau voyage organisé par mon ami Bernard Allali, Président de l’association A.T.P.J.T, et nous avions pu entendre parler hébreu dans les ruelles du souk, impression encore surréaliste pendant les années 1990. Et puis, l’extraordinaire était devenu monnaie courante, avant que la violence ne revienne au Proche Orient. 
Puisse ce retour en terre tunisienne conforter la trêve qui l’a permis !

A noter enfin le "blog" d'un sympathique collègue tunisien dont un article est consacrée, justement à la Ghriba et au pèlerinage de cette semaine.
Il s'appelle Zizou, son adresse : www.zizoufromdjerba.blogspot.com. Allez lui rendre visite !

J.C

22 mai 2005

Une Egyptienne écrit dans l'édition internationale du "Jerusalem post"

L’Egypte, état arabe le plus peuplé, cœur de la culture moyen-orientale pendant des décennies, est sur le chemin obligé de la paix au Proche-Orient. « Rencontre » a traité seulement deux fois de ce pays-clé, en juillet 1999 avec Ahmed Youssef, correspondant à Paris du journal « Al Ahram », et en décembre 2004 avec l’expert en géopolitique Frédéric Encel. Il faudra en reparler, certainement plusieurs fois !
Madame H’ayat Alvi-A’ziz est un professeur spécialiste dans le Moyen Orient et les études islamiques à l’Université Américaine du Caire. Elle a courageusement publié un article dans le numéro du 8 au 14 avril 2005, de l’édition internationale du journal israélien « Jerusalem Post » (adresse : http://www.jpost.com/), alors que malgré le réchauffement des relations diplomatiques de tels échanges sont encore mal vus par ses collègues. Mais ce qu’elle a écrit est encore plus courageux, puisqu’elle dénonce l’utilisation de la religion pour éluder l’examen des vrais problèmes qui minent les sociétés égyptienne et arabes. Elle s’exprime ainsi à contre courant de sa propre opinion publique, fortement travaillée par la propagande islamiste. Ecoutons la .
« Personne ne parle des problèmes quotidiens qui nous assaillent. Les sermons se moquent de notre santé, comment obtenir de meilleurs soins, comment purifier l'environnement, comment réduire l'analphabétisme, comment améliorer notre niveau de vie ou contribuer au progrès et au développement de la société. Non! Ces défis ne sont pas dans les prêches, pourtant on en parle dans le Coran. Le silence qui couvre les problèmes humains qui nous envahissent est l'image d'une "crise de rejet de la modernité" par les sociétés musulmanes du Moyen Orient, d'Asie du Sud et même d'Occident. Les seules préoccupations concernent la pratique religieuse, les règles d'habillement, les principes de morale, la séparation des sexes et, eh oui !, la condamnation systématique des Etats-Unis et d'Israël »
 Pour lire l’article complet : cliquer ici.

Merci à Albert Soued pour avoir permis ce lien sur ce blog. Albert Soued produit le site http://www.nuitdorient.com/, et réalise la traduction de dizaines d’articles passionnants découverts dans la presse internationale. Dans la rubrique « lumières », aller voir en particulier les publications d’intellectuels musulmans démocrates et partisans de la Paix.

J.C

19 mai 2005

Quand le Roi de Jordanie et Elie Wiesel travaillent ensemble pour la Paix : des dizaines de Prix Nobel réunis à Pétra les 18 et 19 mai

 
Le Roi de Jordanie écoutant Elie Wiesel, cliché AP tiré du site www.cyberpresse.ca

Elie Wiesel a de la suite dans les idées : en 1988, il avait réuni 75 Prix Nobel en France, à l’invitation de François Mitterrand. 17 ans après, ayant sympathisé avec le Roi Abdallah de Jordanie rencontré dans le cadre du sommet de Davos, il a organisé avec le Souverain un nouveau colloque réunissant des dizaines de Prix Nobel, venus réfléchir sur l’avenir du Monde à proximité des ruines de la cité antique de Pétra. Le penseur juif devenu le symbole de la mémoire de la Shoah, et le Souverain musulman de l’état le plus pacifique de la région ont uni leurs efforts pour réaliser cette réunion exceptionnelle. Le thème : « Un Monde en danger ». Sont venus aussi le Vice Premier Ministre d’Israël Shimon Peres, l’ancien Président américain Bill Clinton, le Dalaï Lama, l’acteur Richard Gere, et bien sûr des Prix Nobel de la Paix, de Littérature, de Médecine ...

J.C

16 mai 2005

Mon ami André Nahum, "collègue" de Judaïques F.M

Sidi Bou Saïd, source : site http://www.harissa.com/

Comment parler de relations judéo musulmanes sans penser à André Nahum ? J’ai eu la chance de le connaître il y a 28 ans, il avait à peu près mon âge d’aujourd’hui, et il venait de publier "Partir en Kappara", autobiographie relatant le commun héritage de toute une communauté, en l’occurrence la mienne, celle des Juifs de Tunis : une vie tranquille, ensoleillée, entre siestes et rituelles vacances à quinze kilomètres du domicile, dans un Pays où la mer était toujours proche et où la fin du bonheur semblait infiniment lointaine ; et puis, comme deux coups de canons venus gâcher définitivement la fête, l’histoire qui s’invite à la table de « Tunes » bien surpris, en 1961 la guerre de Bizerte, en 1967 celle des Six Jours ; et puis vint le temps des valises, du bateau, de l’exil à jamais illustré dans ma mémoire par une photographie de départ découverte sur un autre livre qu’il publia, un album de photos toutes accompagnées de légendes bouleversantes d’à propos, et qui s’appelait "L'étoile et le jasmin". Pauvre, pauvre petite étoile des Juifs, retrouvant sur une sordide terrasse de café de Belleville un peu de la terre perdue, le temps de respirer une bouffée parfumée ! 
« L’étoile et le jasmin » est devenu le titre de l’émission littéraire qu’il anime tous les lundis à 21 heures sur Judaïques FM. Malgré un « jingle » immuable et oriental, André a une thématique beaucoup plus vaste que celle de « Rencontre », et j’admire son énergie de - toujours jeune - retraité, qui le fait avaler des bouquins sans faiblir et interviewer sans faillir les plus grands écrivains, les personnalités les plus illustres, de la regrettée Françoise Giroud au Directeur de la rédaction du "Figaro Magazine". 
Mais André Nahum, c’est aussi le billet du chroniqueur politique du mercredi matin, cinq minutes qui le voient synthétiser toute l’actualité du Proche Orient avec à la fois lucidité et optimisme, percutantes chroniques dont il tira, en un premier bilan, un livre, "Israël-Palestine, l'heure de vérité" (Editions Safed, 2001). 

André Nahum a enfin été le Romain Bouteille d’un « café de la gare » judéo-tunisien dont les Clavier et Lhermitte se seraient appelés Kakou ou Boujenah, le père spirituel d’un folklore encore complexé dans les années 70, une sorte d’archiviste autoproclamé de siècles de traditions populaires, miraculeusement retrouvées et notées, au hasard de ses visites de médecin dans les appartements de Sarcelles. Les relations judéo-musulmanes, hélas, hélas, ne sourient pas encore dans nos esprits comme le petit marchand de jasmin illumine une des photographies de son album déjà jauni. Et mon ami, l’infatigable « collègue » de Judaïques F.M, nous explique chaque semaine pourquoi, en espérant comme moi des temps meilleurs ! 
Pour découvrir la bibliographie d’André Nahum, et lire quelques uns des savoureux proverbes judéo-arabes dont il fit la compilation, aller sur le site de « Harissa », le site des Juifs de Tunisie.

J.C

12 mai 2005

Afghanistan : quel avenir pour la burqa ?

 
Femme afghane et enfant, région de Parwan, photo prise par un soldat américain

Un de mes grands regrets est de n'avoir pas - encore - consacré d'émission à l'Afghanistan. Nous avons parlé du Pakistan proche avec un des très rares journalistes israéliens à avoir pu s'y rendre (Gideon Kouts, en janvier 2002), nous avons évoqué les courants islamistes de cette région avec l'orientaliste Antoine Sfeir en février 2003 ... ce sera donc pour une prochaine émission.

Pour revenir à cette photo, je recherchais donc en surfant sur le Web un cliché de l'infâme burqa, cette prison mobile de tissu aux couleurs chatoyantes. Et je suis resté sous le choc de ce cliché, pris par un anonyme soldat américain bien longtemps après que les Talibans eurent été balayés de Kaboul. Le petit enfant (disons que c'est une petite fille, le symbole serait trop beau !) porte un chapeau blanc à larges bords d'une grande banalité, photographiée seule elle pourrait être de n'importe quelle origine ou religion ; et la banalité de sa tenue devrait décevoir tous ceux qui hurlent contre "l'uniformisation du Monde" au nom d'une soit-disant "défense des identités culturelles", lorsque la modernité vient s'infiltrer dans l'univers des tchadors, hijabs et autres uniformes de l'asservissement féminin ... Il faudrait agrandir le cliché pour deviner ce qu'exprime son jeune regard, pour appréhender comment elle se sent contre ce corps momifié vivant ; mais heureux présage, elle regarde ailleurs, la tête détournée, comme pour oublier la burqa de sa maman !

J.C

11 mai 2005

"Rencontre" ... à la rencontre de nos auditeurs

Les producteurs de l’émission ont eu la chance de rencontrer deux fois notre auditoire depuis le début de l’année. Invité avec mon ami Emile Moatti, nous avons en effet donné deux conférences à l’invitation des « Clubs de l’Amitié Juifs d’Ile de France », le 20 janvier à la Synagogue de la rue Copernic et le 10 mai au Centre Communautaire d’Antony. Merci à Colette et Michel Finifter, à Michèle Laïk, qui ont organisé ces manifestations, nous permettant de parler à des dizaines d’invités et de répondre à leurs questions ! 

Toute prise de contact direct est intéressante, et j’en ai retenu plusieurs enseignements. Tout d’abord, la série « Rencontre » a des auditeurs très fidèles, cela est vraiment touchant, et j'espère bien sûr que ceux qui ne nous connaissent pas auront eu envie de découvrir l'émission en nous écoutant ; ensuite, les gens semblent surpris par l’espérance qui nous anime l’un et l’autre, alors que nous travaillons dans des domaines différents, mais complémentaires - le dialogue inter religieux pour Emile, avec les Chrétiens puis les Musulmans, et cela depuis plus de vingt ans ; la vulgarisation de « l’orientalisme » en ce qui me concerne, pour élever un peu le débat et sortir du « choc des ignorances ». En écoutant certaines critiques, on se dit qu'il y a malheureusement des murs de méfiance, d'incompréhension, de scepticisme ... mais ces murs peuvent, au moins, se fissurer un peu ; en témoins directs, nous avons raconté nos expériences de dialogues, et rapporté les propos étonnants entendus lorsque la confiance s'établit, en privé ou à micro ouvert ; en militants bénévoles et fidèles de notre Communauté, nous avons rappelé combien ces petits cailloux semés, même sur une longue et difficile route, sont bénéfiques, par contraste avec les propos aigris et désespérés trop souvent entendus sur les "antennes libres" du 94.8 FM !

Pour les associations ou communautés intéressées par une conférence, contactez nous en écrivant à l’adresse rencontre@noos.fr.

J.C

08 mai 2005

Florence Aubenas, une photo inédite


Un site consacré au monde musulman ne peut ignorer l’actualité la plus largement connue du grand public. L’inquiétude pour le sort de Florence Aubenas et de son interprète Hussein Hanoun El Saadi est - heureusement - quotidiennement entretenue par les journaux, les chaînes de télévision et les mairies qui ont affiché leurs portraits à travers toute la France. L’enlèvement, la séquestration, le silence depuis le bouleversant appel au secours de la jeune femme, filmée par des preneurs d’otages cyniques et sadiques, ont bouleversé les consciences. Un site Internet a été créé par le Comité de soutien dédié à cette action, cliquer sur le lien http://www.pourflorenceethussein.org/. Un site écrit par un journaliste (même et modestement amateur) ne peut pas ignorer les risques courus par les « vrais » reporters, ceux qui peuvent être assassinés en allant recueillir la réalité du terrain.

Cet enlèvement m’a, en plus, rappelé un souvenir personnel en rapport avec notre émission. J’avais eu la chance de faire au printemps dernier la connaissance de Nicolas Hénin, correspondant de Radio France en Irak. Nous avions convenu d’une émission avec interview au bout du fil à Bagdad, une première pour la fréquence juive de Paris. Puis vinrent les vacances, et l’intérim de Nicolas Hénin fut assuré par Christian Chesnot - qui eut ainsi la malchance d’être enlevé à sa place, avec Georges Malbruno ! A son retour, Nicolas Hénin fut prudemment déplacé sur Amman, et c’est depuis la capitale jordanienne que nous l’avons eu comme invité, c’était le 14 novembre dernier. Les deux journalistes français n’avaient pas encore été libérés, et c’était avant la disparition de Florence Aubenas. 
Un dernier mot sur la photo que j’ai choisie pour illustrer ce « blog ». Je n’ai pas voulu reprendre le cliché reproduit à des dizaines de milliers d’exemplaires, celui où elle sourit dans son bureau de « Libération ». Dans cette photo inédite, elle est radieuse, debout dans une rue à Paris ou ailleurs, mais en plein air, cet air libre dont la privent ses lâches ravisseurs. Elle semble à l’aise comme toute jeune française ou occidentale, tête nue, pouvant aller là où bon lui semble : exactement ce que ne supportent pas les fanatiques preneurs d’otages !

J.C

02 mai 2005

Le 5 juin, l'historien Ygal Bin-Nun fera des révélations sur les relations secrètes Israël-Maroc

Ygal Bin-Nun

Ygal Bin-Nun est un historien israélien, enseignant et chercheur à l’Université Paris VIII. Ses travaux nous permettent de découvrir les prémices des relations israélo marocaines, de la fin des années cinquante au début des années soixante, alors que le rejet de l’état juif par le monde arabe semblait à la fois massif et éternel. La consultation d’archives déclassifiées peu à peu, quarante ans après, nous font découvrir comment vont s’établir des canaux secrets de négociation entre le gouvernement marocain, des diplomates israéliens et des agents du Mossad ; quel fut le rôle des responsables de la communauté juive, et comment fut organisé le départ, massif et bien organisé, de centaines de milliers de personnes vers Israël ; comment tous les leaders marocains, y compris Mehdi Ben Barka qui fut le grand rival du Roi Hassan II, cherchèrent de façon très étonnante l’appui d’Israël à une période où la monarchie chérifienne passait par une période très agitée au lendemain de l’Indépendance ... Ygal Bin-Nun vient de présenter ses travaux lors d’un cycle de conférences au Centre Communautaire de Paris, où j’ai eu le plaisir de faire sa connaissance. En attendant la publication de son prochain livre en langue française (il vient de faire éditer en langue anglaise un ouvrage intitulé : "Psychosis or an ability to foresee the futur ? The contribution of World Jewish Organisations to the Establishment of Rights for Jews in Morocco 1956-1961", Editions REEH European Journal of Hebrew Studies 2005), les auditeurs de Judaïques F.M auront la primeur de ses passionnantes révélations !

Depuis cette époque héroïque, les relations israélo-marocaines ont connu des hauts et des bas, mais après le "gel" de la deuxième Intifada, des contacts diplomatiques à haut niveau ont eu lieu et on parle de plus en plus de reprise des relations. Le journal marocain en ligne "L'Observateur" vient de consacrer un dossier passionnant à ce sujet, clique sur le lien pour le lire.

J.C

Paix au Proche Orient : un sondage encourageant

L'excellente revue « L’Arche » a publié dans son numéro 562 (février 2005) un sondage très encourageant, réalisé fin décembre et début janvier au sein des populations israélienne et palestinienne. Ce sondage résulte d’un travail commun, effectué par deux organismes très sérieux qui ont réalisé plusieurs enquêtes parallèles en coopération, malgré les violences des dernières années : "L’Institut Truman pour la Paix" (Université de Jérusalem) et le " Centre Palestinien pour la Recherche Politique et les Sondages" (PSR, Ramallah). Il révèle que, pour la première fois, se dégage au sein de chaque peuple l’acceptation d’une solution de compromis basée sur les « paramètres de Clinton », proposés à la fin de l’année 2000 au début de « l’Intifada des Mosquées ». 

 On se reportera aux détails de ce sondage en allant sur le lien (cliquer ici).

J.C

Qu'Allah bénisse la France ! Abd Al Malik sera notre invité le 22 mai


« Rencontre » recevra pour son émission du 22 mai 2005 Abd Al Malik, qui parlera de son livre "Qu'Allah bénisse la France" (Editions Albin Michel, prix : 15 E). Il est rare qu’une autobiographie soit aussi poignante, et autant emblématique d’une génération. Fils d’immigrés congolais, élevé par une mère seule avec six frères et sœurs dans une cité de la banlieue de Strasbourg, l’auteur a basculé tout jeune dans la délinquance et la violence. Un jour, las de vols et trafics en tout genre, ce jeune garçon intelligent se convertit à l’Islam, une variante obscurantiste qui sévit dans certaines banlieues. Il parcourt les routes de France pour prêcher dans des Mosquées de fortune. Et à nouveau, il risque de basculer dans la rancœur et la haine pour son pays d’accueil. Mais deux bonnes fées vont lui permettre de trouver sa voie : celle du Soufisme, Islam mystique et lumineux qui le reconduit vers l’amour universel, pour la France et tous ses habitants, avec ou sans religion, chrétiens, juifs et musulmans ; et celle de la musique, il est le leader du group de rap « New African Poets ».

J.C

17 avril 2005

Dalil Boubakeur, Président du Conseil Français du Culte Musulman, reçu par Judaïques FM

Jean Corcos, Dalil Boubakeur et Bernard Kanovitch

« Rencontre » a eu le grand honneur de recevoir le 22 février 2004 le Recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, Président en exercice du Conseil Français du Culte Musulman. Invité avec lui, Bernard Kanovitch, Président de la Commission pour les relations avec les Musulmans du CRIF. 

Le titre de l’émission était celui de leur ouvrage commun, « L’appel au dialogue » (Éditions 1, prix : 13,50 E). Ce titre était aussi à l’image de leur combat partagé pour une pratique tolérante et ouverte des religions. Partisans tous les deux d’un dialogue républicain entre défenseurs de la laïcité de toutes origines, ils ont répondu à des questions parfois difficiles, à l’image de la période que nous vivons.

J.C

08 avril 2005

Beur FM et Judaïques FM sur la même longueur d'ondes

Merci à notre confrère le journal en ligne "proche-orient.info" d'avoir informé à la une ses lecteurs de cette sympathique première ! En marge de l'émission "Rencontre", mais dans le même esprit, les deux radios BEUR FM et JUDAIQUES FM ont réalisé une émission commune pour rendre compte du colloque qui vient de se dérouler à La Sorbonne du 4 au 7 avril, organisé par "La Société d'Histoire des Juifs de Tunisie" (SHJT) sur le thème : "L'Alliance Israélite Universelle en Tunisie (1860-1967) et les transformations socio-culturelles de la communauté juive". 

Cette émission spéciale sera diffusée sur Judaïques F.M en deux parties les 10 et 17 avril. Nos invités ont été les professeurs Klifa Chater et Habib Kazdaghli de l'Université de Tunis, le professeur Michel Abitbol de l'Université Hébraïque de Jerusalem et le Professeur Claude Nataf, Président de la SHJT. J'ai eu le plaisir de poser les questions avec M. Ahmed NAIT BALK, de BEUR F.M. Merci aussi à la "Fondation pour la Mémoire de la Shoah" d'avoir pris l'initiative de ce projet, destiné à rapprocher jeunes juifs et musulmans.

Voir article en lien : cliquer ici.

J.C

06 avril 2005

Nos prochaines émissions

Dimanche prochain, 10 avril, "Rencontre" recevra Anne-Marie Delcambre, professeur d'arabe et docteur en civilisation islamique. L'émission aura pour thème "L'Islam face aux deux autres monothéismes", et le débat s'appuiera sur l'ouvrage "Enquêtes sur l'Islam" (Editions Desclée de Brouwer, prix : 25 E), recueil d'articles universitaires publiés sous sa direction.

Dimanche 24 avril ... nous ferons relâche, car ce sera le premier jour de la fête juive de Pessah. 

Dimanche 8 mai, nous recevrons le politologue Alexandre Del Valle, à propos de son dernier livre "La Turquie dans l'Europe, un cheval de Troie islamiste ?" (Editions des Syrtes, prix : 23 E). Alexandre Del Valle est rigoureusement contre l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne ...

Soucieux d'équilibre et pour que nos auditeurs puissent se faire une opinion, nous recevrons plusieurs semaines après Monsieur Semih Vaner, directeur de recherche au Centre d'Etudes et de Recherches Internationales (C.E.R.I), turc d'origine ... et partisan de cette adhésion !

J.C