Notre radio

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30 septembre 2007

« Mémoires vives » : Eric Keslassy sera mon invité le 7 octobre


Nous allons rester en France pour ma prochaine émission, et cette fois mon invité sera un jeune et brillant sociologue, Eric Keslassy. Il est docteur en sociologie et enseignant, et il a déjà écrit plusieurs livres. Il a notamment traité d’un sujet qui concerne directement la population d’origine immigrée, dans un livre intitulé « De la discrimination positive » ; il s’agissait d’un débat qui a beaucoup divisé le monde politique, aujourd’hui on en parle moins après les législatives et les présidentielles, mais je me souviens que il nous avait exposé sa position lors d’une réunion au CRIF, et c’est à cette occasion que nous avions fait connaissance.
Sur Judaïques FM nous allons parler d’un autre sujet, lui aussi associé aux populations d’origine immigrée en France mais qui concerne encore plus directement la communauté juive, ce sujet c’est la « Concurrence des mémoires ». Sous le titre : « Mémoires vives, pourquoi les communautés instrumentalisent l’Histoire », il a cosigné avec un autre enseignant, Alexis Rosenbaum, un essai paru aux éditions Bourin. C’est un livre de 135 pages qui se lit facilement, et qui va vraiment au fond d’un débat assez malsain que l’on a vu apparaître ces dernières années dans le domaine public, avec, en gros, la mise en accusation à la fois de l’ensemble de la communauté nationale et indirectement, de la communauté juive. En effet, des associations, des intellectuels, ont dit et répété que premièrement l’Histoire de France officielle avait effacé les pages noires de la colonisation et de l’esclavage, et deuxièmement que d’autres que les Juifs avaient, eux aussi, souffert de l’équivalent de la Shoah.
Eric Keslassy cite, dès les premières pages du livre, deux grands auteurs qui permettent d’ouvrir le débat. D’abord en introduction Pierre Nora, qui a écrit « la mémoire divise, l’histoire réunit ». Et puis Ernest Renan, dans sa célèbre conférence à la Sorbonne en 1882, qui a dit notamment : « la nation est une âme, un principe spirituel ; c’est le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune ; elle puise aussi sa force du passé, de la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ». A partir de cet éclairage, les polémiques des dernières années, soulevées par un provocateur comme Dieudonné ou par une mouvance subversive comme « les Indigènes de la République » (tous les deux violemment antisionistes) apparaissent comme autant de manières de détricoter le tissu social - même si les auteurs conviennent qu’ils ne faut pas laisser en l’état les « trous de mémoire » qui alimentent la « concurrence des mémoires ».

On se reportera, enfin et pour une première analyse de cet ouvrage, à la critique en lien de mon ami Jean-Pierre Allali sur le site du CRIF. 
J.C

29 septembre 2007

Le Sultanat d’Oman, un acteur discret pour la coopération israélo-arabe

A gauche, le représentant du Sultanat d'Oman
A droite, Tzipi Livni
(photo prise par Shahar Azran à New York, le 24 septembre 2007)

J’ai découvert cette information en surfant dernièrement sur les sites de la presse israélienne, qui tous se sont faits l’écho des contacts de la ministre Tzipi Livni avec ses homologues de divers États arabes, rencontrés à l’occasion de l’Assemblée Générale de l’ONU.

Parmi ces diplomates, donc, Sayyid Bader Bin Hamad Albu Said, Secrétaire Général du Ministère des Affaires Étrangères du Sultanat d’Oman, rencontré le 24 septembre à l’occasion d’un dîner célébrant la coopération régionale ... ou plutôt, hélas, ce qu’il reste des beaux projets de l’après-Oslo, et qui a survécu aux sept ans de malheur qu’a connu le Moyen Orient depuis 2000. Et cela a été l’occasion d’honorer le MEDRC (« Middle East Desalination Research Center »), un institution internationale que j’ignorais et qui fait travailler ensemble Israël et plusieurs pays arabes ! En effet, ce centre basé dans le Sultanat d'Oman accueille depuis dix ans des chercheurs omanais, algériens, marocains, saoudiens, koweïtiens et israéliens partageant des recherches sur le dessalement de l'eau de mer, un enjeu stratégique pour l'avenir des peuples de la région ...

On lira sur le site du Ministère Israélien des Affaires Étrangères en lien l'allocution prononcée par Tzipi Livni le 24 septembre dernier à cette occasion. A noter ses vœux en final, en cette période où les deux religions célèbrent des fêtes en parallèle : "Ramadan Moubarak et Shana Tova !".

J.C

24 septembre 2007

Max Gallo, André Glucksmann, Salman Rushdie, BHL, Nicolas Baverez ... de grosses pointures sur le blog !

J’ai mis en ligne, au fil de l’actualité, des articles complets ou de larges extraits publiés dans la presse quotidienne par des signatures connues, certaines célèbres et d’autres moins, articles qui m’ont tous marqué par leur acuité. De l’affaire Ilan Halimi au spectre d’un Iran nucléaire, de la défense d’Israël aux débats sur le passé colonial, des attentats islamistes de Londres à l’opinion européenne sur les conflits du Proche Orient, tous ces auteurs ont su éviter la langue de bois et parler comme on ne l’entend (presque) jamais, si on se contente de déglutir l’information pré-formatée de nos journaux télévisés. Une bouffée d’oxygène, que je vous invite à respirer en lisant ou en relisant ces textes de « grosses pointures » !

"Moderniser l’islam, un enjeu pour la Diaspora", par Salman Rushdie dans "Libération"

"La tentation de la repentance", par Max Gallo dans "Le Figaro"

"La France, homme malade de l’Europe", par Nicolas Baverez dans "Le Monde"

"Des barbarismes à la barbarie", par Barbara Lefebvre dans "Le Monde"

"Al-Qaïda cherche à isoler l’Amérique", par Alexandre Adler dans "Le Figaro"

"Disproportion ?", par Bernard-Henri Lévy dans "Le Point"

"Lettre ouverte au président Ahmadinejad", par François Léotard dans "Le Figaro"

"Proche-Orient : les illusions calamiteuses d’une géopolitique surréaliste", par André Glucksmann dans "Le Figaro"

J.C

23 septembre 2007

Sarkozy, Israël ... et Bouteflika

Citation on line
 
Introduction :
Deux extraits tirés du dernier livre de Yasmina Reza, "L'Aube, le soir ou la nuit" (Éditions Flammarion), où l'auteur donne son témoignage très personnel sur les coulisses de la campagne électorale qui a conduit Nicolas Sarkozy à la victoire ...
J.C

"Vantard. Quel autre adjectif choisir pour le décrire au consulat de France face aux représentants des principales organisations juives ? Peut-être a-t-il raison, les juifs n'ont pas d'affinité avec la modestie. "Je suis numéro un des sondages bien que je sois l'ami de l'Amérique et d'Israël. Je ne dis pas cela par prétention. J'ai cinquante et un ans, je suis calme. Ne vous laissez pas enfermer par les articles de journalistes stupides qui ne n'y comprennent rien. Une partie des élites françaises me détestent beaucoup plus qu'Israël et les Américains".

Extrait de son entretien avec le Président Algérien :
Bouteflika :
" Moi, j'appartiens à une génération qui voulait la destruction d'Israël. Nous avons échoué. Échoué. C'est fini. J'apprécie cher ami votre position sur Israël. Mais n'oubliez pas qu'il y a un peuple palestinien qui a droit à un État. Et ça manque un peu dans vos intonations".
Sarkozy :
" J'entends, monsieur le Président".

J.C

21 septembre 2007

Que s'est-il donc passé exactement le 6 septembre dans le ciel syrien ? par André Nahum

Introduction :
La nouvelle année juive commence, plus que jamais, sous l'ombre menaçante d'une peut-être proche guerre avec l'Iran, et avec ses alliés voisins d'Israël, Hezbollah et Syrie. Le fameux raid aérien du 6 septembre au dessus du désert syrien, tellement commenté dans la presse et toujours non confirmé par Jérusalem, apparaîtra peut-être dans quelques mois ou semaines comme le premier acte (préventif) d'une guerre totale ... Avec son talent habituel, André Nahum a donné dans son billet de mercredi dernier une synthèse claire et complète de ce que l'on peut savoir sur le sujet.
J.C

Bonjour.

Que s'est-il donc passé exactement le 6 septembre dans le ciel syrien ?
1) Il est certain que des avions israéliens ont fait une incursion au dessus de la Syrie. Ils ont pénétré très profondément à l'intérieur du pays avant que la DCA syrienne n'intervienne.
2) Un black-out total entoure tant à Jérusalem qu'à Damas cette opération.
3) La Corée du Nord s'est manifestée en la condamnant violemment. Il semble acquis également que de mystérieux Coréens se soient rendus en Syrie.

Questions :
1) Quelle était la mission de ces appareils israéliens dont on dit que les pilotes n'ont eu connaissance de leur objectif qu'après leur décollage ?
2) Est-ce intentionnellement que les missiles sol-air russes dont les Syriens sont abondamment pourvus ne les ont pas attaqués pour ne pas dévoiler leur potentiel dans ce domaine ou tout simplement les F15 et F16 israéliens ont-ils réussi à tromper la vigilance des radars ?
3) A quel titre et pour quelles raisons la Corée du Nord s'immisce-t-elle dans cette affaire si loin de sa zone géographique ?
4) Y a-t-il un rapport entre cette action aérienne et l'accident révélé lundi par le très sérieux hebdomadaire "Jane" et qui aurait coûté la vie en Syrie le 23 juillet à des dizaines d'ingénieurs et d'officiers iraniens et syriens pendant qu'ils expérimentaient l'installation d'ogives de gaz toxiques sur des missiles ?

Hypothèses :
La chaîne américaine CNN affirme d'abord que le 6 septembre, Israël a bombardé un stock important d'armes que la Russie aurait fourni à la Syrie peut-être pour le Hezbollah. Par la suite les journaux israéliens, américains et britanniques croient savoir qu'il s'agit de matériel nucléaire que la Corée du Nord aurait débarqué quelques jours plus tôt à Lattaquié et qui aurait été stocké au nord du pays.
La Corée du Nord aurait-elle cédé aux Syriens un matériel nucléaire qu'elle voulait soustraire au contrôle des observateurs internationaux ? Certains journalistes israéliens pensent que cette opération a été un succès complet et que la menace syrienne est désormais neutralisée. Bien que nous ne connaissions pas la vérité, il apparaît évident que Israël a voulu envoyer un signal fort à la Syrie et à l'Iran. Et c'est l'Iran qui réagit en faisant savoir que 600 missiles à longue portée sont pointés en direction d'Israël, prêts à être mis à feu en cas d'attaque américaine ou israélienne.
Face à la course effrénée et pathologique aux missiles, aux armes chimiques et à l'arme atomique à laquelle se livrent le psychopathe de Téhéran et son protégé syrien, il n'est pas impossible que l'on aille vers une guerre comme le craint Bernard Kouchner, si l'Occident n'est pas capable d'y mettre un terme par d'autres moyens.

André Nahum,
Judaïques FM le 19 septembre 2007

18 septembre 2007

Bref retour sur une soirée


Sur la scène de l'espace Rachi, de gauche à droite :
André Nahum, Jean Corcos, Armand Attal et Jean-Pierre Allali.
Manque sur cette photo : Claude Sitbon

Comme je vous l’écrivais au début du mois, mes disponibilités pour le blog sont hélas bien réduites en ce moment. Et il est encore plus dur de taper sur le clavier du micro un article exhaustif sur un sujet ardu comme celui de la soirée de lundi soir, consacrée à l’exil des Juifs de Tunisie ... alors que les débats prolongés m’ont fait dormir fort tard, et que je n’ai pas encore récupéré !

Je mets cependant en ligne, et dans l’urgence, ce petit "post", essentiellement pour vous renvoyer sur ce lien vers le compte-rendu écrit pour le site du CRIF par mon ami Jean-Pierre Allali, responsable de cette soirée, comme de l’ensemble des manifestations programmées dans le cadre de la campagne internationale « Justice for Jews from Arab Countries » : il rend assez bien compte des interventions des différentes personnalités que j’ai eu le redoutable honneur d’interroger devant un public passionné de plusieurs centaines de personnes, et du diagnostic que j’avais exposé dans ma propre interview publiée également par le CRIF : les causes du départ des Juifs ont été diverses, leur sort a été plus ou moins brillant selon leur nationalité ou leur destination finale, mais (et sa responsabilité a été soulignée), cette communauté millénaire a été désarticulée en quelques années par la volonté du Président Bourguiba - par ailleurs un grand homme qui a mis son pays sur des rails solides. Nous avons été plusieurs à témoigner, cependant, que le Président Ben Ali a remis en perspective le passé juif de la Tunisie ; une prise de conscience qui fait aussi honneur à de nombreux universitaires et intellectuels tunisiens, et dont j’ai pu témoigner à plusieurs reprises sur le blog, sur les ondes et lors de cette belle soirée !

J.C

Richard Prasquier, invité de « Rencontre »


Richard Prasquier et Jean Corcos dans le studio de Judaïques FM,
17 septembre 2007

Le CRIF a un nouveau Président depuis le printemps dernier, Richard Prasquier ayant été élu lors d’une Assemblée Générale, en succédant à Roger Cukierman qui avait assumé deux mandats.

J’ai pensé que, en son début de prise fonction, il serait intéressant de l’entendre sur les sujets concernés par ma série : « le CRIF, l’islam et les nouveaux enjeux », tel sera le titre de l’émission qui a été enregistrée le 17 septembre et qui sera diffusée le dimanche 21 octobre. Alors que notre communauté vient de vivre plusieurs années difficiles, je réentendrai avec curiosité ma précédente interview d’un Président du CRIF, Roger Cukierman ... c’était quelques jours après le 11 septembre 2001 !

J.C

17 septembre 2007

Que cherche la République Islamique d’Iran ? Kavéh Mohseni sera mon invité le dimanche 23 septembre

Les auditeurs de Judaïques FM et les lecteurs de ce blog doivent, je le pense, bien connaître Kavéh Mohseni. Iranien, réfugié politique, vivant en France depuis ses plus jeunes années, il est très engagé dans l’opposition au régime des Mollahs, en tant qu'éditeur du site « iran-resist » en lien permanent. Ce site est un support pour un des courants de l’opposition iranienne en exil, une tendance bien précise qui est à la fois démocrate, nationaliste et laïque ; on comprend vite à le lire régulièrement qu’il défend l’héritage du Shah d’Iran, renversé par la révolution islamiste en 1979. Il donne des informations extrêmement riches sur la répression que subit le peuple iranien depuis près de trente ans, et sur la corruption et l’hypocrisie des Mollahs qui se partagent le pouvoir. Et il n’a de cesse de dénoncer ceux qui, chez nous en Occident, espèrent le renversement des « durs » (de la tendance de l’actuel Président Mahmoud Ahmadinejad) au profit de soit disant « modérés », comme le « pragmatique » Rafsandjani ou le « réformateur » Khatami.

Nous reviendrons donc, en première partie de cette interview sur la situation réelle du pays, un décryptage difficile car le régime de Téhéran manipule toutes les informations. Puis, en deuxième partie nous évoquerons ce qui préoccupe directement l’auditoire de Judaïques FM, après les menaces directes de destruction d’Israël proférées sans discontinuer par Ahmadinejad depuis deux ans ; et je ne vous cacherai pas que la lecture régulière de « iran-resist » au cours des derniers mois, m’a souvent désorienté : j’ai noté en effet un grand pessimisme, avec des analyses récurrentes démontrant (presque) toujours que les démocraties occidentales recherchent, hypocritement, un compromis avec la République Islamique ; l’inflexion de la diplomatie française depuis l’élection de Nicolas Sarkozy me semble, par exemple, trop peu soulignée. Par ailleurs, Kavéh Mohseni a une théorie sur le nucléaire iranien assez peu conventionnelle, car en totale divergence avec le point de vue de la communauté internationale : celle-ci remarque que ce programme nucléaire a été longtemps clandestin, qu’il n’est pas autorisé au titre du traité de non prolifération, et que donc il y a le risque que les Mollahs produisent de la matière fissile en quantité suffisante pour avoir une bombe atomique ; et cette approche, des experts en géostratégie comme Thérèse Delpech et François Heisbourg l’ont soutenue à mon micro. Or, sa théorie c’est qu’il s’agit d’un bluff de la République islamique : il nous exposera donc ce qui lui permet de dire cela, et surtout quel serait le but de cette manipulation.

J.C

16 septembre 2007

Hommage à Varian Fry, un « juste » américain

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Introduction : 
J’ai déjà parlé ici à plusieurs reprises de mon ami Karim Hervé Benkamla (cliquer sur son nom en libellé en fin d’article). Franco-algérien, musulman par son père, il s’est investi avec beaucoup d’énergie et de sincérité dans les quelques « passerelles » construites, contre vents et marées, pour maintenir des espaces de dialogue, qu’il s’agisse du collectif « Deux Peuples - Deux États » (voir en lien permanent) ou dans « L’Amitié Judéo-Musulmane de France ».
Il vient de prendre une excellente initiative en soutenant une exposition en hommage à Varian Fry, un « juste » américain méconnu, exposition qui a reçu le soutien mérité du CRIF et de la « Fondation pour la Mémoire de la Shoah ». Lui-même collectionneur, il a prêté des œuvres d’artistes exposés (Delanglade, Springer), artistes eux-mêmes sauvés par ce « juste » ; et il a participé au comité scientifique de l’expo.

J.C

Varian Fry, dont l’exposition hommage célèbrera le centenaire, est né en 1907. Ayant découvert l’abjection antisémite des nazis à l’occasion d’un voyage en Allemagne en 1935, il avait collaboré dans les années trente à New York à de petites revues politiques, fréquentant les milieux libéraux anti-isolationnistes et se faisant des amis parmi les exilés antinazis. Diplômé de Harvard, il était par ailleurs un passionné d’art contemporain. Au moment où, en juin 1940, la défaite de la France et l’Occupation allemande laissent des milliers de réfugiés totalement à la merci des nazis, ce jeune américain idéaliste de 33 ans débarque à Marseille. La ville, devenue le carrefour de tous les exilés, anti-fascistes, juifs ou non-juifs, est alors le seul point de passage entre la France de Vichy et le monde libre. Varian Fry est mandaté par « l’Emergency Rescue Comitee », comité créé en juin à New York par des intellectuels libéraux et des allemands antifascistes, dans le but de sauver des personnalités de premier plan. Muni au départ d’une liste de 200 noms, il découvre sur place une autre réalité avec, pour le citer dans ses Mémoires, « Non pas l'horreur d'une mort brutale sur les champs de bataille, mais l'horreur lente et invisible, qui n'en est pas moins abominable. L'horreur que vécurent des hommes, des femmes et des enfants enfermés dans des camps d'internement. L'horreur de la chasse à l'homme par la Gestapo (...) C'est une histoire de truands, de contrebandiers et d'espionnage. De bassesse et d'héroïsme, de trahison et de dévouement ...»

Aidé par un réseau clandestin de militants français, dont beaucoup allaient ensuite s’engager dans la Résistance, il va réussir à faire passer aux États-Unis au cours des années 1940 et 1941 près de 2000 personnes, en majorité des artistes de renom, Juifs et non Juifs arrachés aux griffes des nazis et de leurs collaborateurs : citons ainsi les peintres et sculpteurs Marc Chagall, Marcel Duchamp, Max Ernst, Jacques Lipchitz, Chaim Lipnitski, André Masson ; les écrivains Hannah Arendt, Georg Bernhard, André Breton, Heinrich Ehrmann, Lion Feuchtwanger ; mais aussi des auteurs de théâtre, des musiciens, des éditeurs, des journalistes ... Il le fit avec un culot exceptionnel, alors même que le Consulat des États-Unis à Marseille et les Associations de Bienfaisance américaines tolérées dans la France de Vichy voyaient son action d’un très mauvais œil. Il finit d’ailleurs par être expulsé, et eut la grande peine, de retour dans son pays, de constater le peu d’échos reçu à son témoignage.

Varian Fry fut le seul américain a recevoir la « Médaille des Justes » du Yad Vashem.

Exposition à la Halle Saint Pierre, du 17 septembre 2007 au 9 mars 2008
2, rue Ronsard - 75018 Paris
Tel : 01 42 58 72 89 info@hallesaintpierre.org

12 septembre 2007

Shana Tova 5768


Revoici déjà le temps des fêtes de Tichri, qui débutent - pendant deux jours en Diaspora - par les célébrations de "Roch Hachana", la "tête de l'année". L'occasion de souhaiter à tous les lecteurs de ma communauté, en France comme partout dans le Monde, une "année douce comme le miel" selon les vœux traditionnels échangés à cette occasion : merci pour votre fidélité - à ce blog et je l'espère aussi à mon émission -, et bien sûr aussi à Judaïques FM notre radio !

Me pardonnera-t-on aussi de teinter d'un peu de gravité ces fêtes de Roch Hachana évoquées ici pour la troisième fois ? Pour des raisons personnelles, d'abord. Les Juifs prient leur Créateur, Maître de l'Univers et de l’Éternité, pour "être inscrits sur le Livre de la Vie" au cours de l'année qui débute ... un nécessaire rappel de la fragilité humaine et de notre modeste condition de mortels, qui résonne assez douloureusement pour moi à quelques semaines de la disparition de mon père dont on aurait fêté l'anniversaire ce mois-ci.
Mais aussi parce que, au delà du souhait de positiver ce qui peut encore l'être, au delà du cap que je me suis fixé ici et des idéaux de connaissance de "l'autre", de dialogue et d'espoirs de réconciliation qu'il ne faut jamais abandonner, l'horizon semble bien noir pour qui suit un peu l'actualité. Que cela nous plaise ou non, ceux qui veulent la destruction d'Israël et en premier lieu l'Iran ont aujourd'hui un sentiment de toute puissance qui les conduira, fatalement, à chercher une guerre qu'ils sont convaincus de gagner. Jamais la tension n'a été aussi forte à la frontière avec la Syrie, et le mystérieux raid israélien de la semaine dernière pourrait être une action préventive contre une menace précise - que nous ignorons. La fameuse "conférence internationale de Paix" qui doit être convoquée pour l'automne sera, probablement hélas, précédée des pires attentats pour la faire avorter. Enfin, le chaudron de la guerre se réveille souvent au moment des grandes fêtes juives de Tichri (guerre du Kippour en 1973 ; "Intifada des mosquées" en 2000), comme s'il fallait absolument les gâcher ...
Et c'est pourquoi, même si je formule ici et je redirai au micro des vœux rituels de Paix au Moyen-Orient, je crains l'explosion de toutes les violences pour l'année juive 5768 - en espérant bien sur me tromper !

Petit rappel aux lecteurs qui souhaiteraient en retour m'envoyer leurs voeux pour l'année nouvelle : l'adresse du blog est rencontre@noos.fr !

J.C

09 septembre 2007

Juifs de Tunisie, et puis un jour l'exil ... Une soirée au Centre Rachi le 17 septembre



Le café de Belleville

D’abord quelques mots à propos de ce dessin de presse, et de son mystérieux auteur ...
Il a plus de trente ans, et alors que je débutais mes activités de bénévole dans ma Communauté, la plume jouait alors le rôle du clavier d’ordinateur aujourd’hui : c’est ainsi que je publiais plusieurs dessins de presse dans le journal « Tribune Juive » (ancienne formule hebdomadaire), présentés aussi dans un certain nombre d’expositions et puis rassemblés dans un album (« Faut-il vous faire un dessin ? » Les Éditions Polyglottes, 1988). Mon pseudo d’artiste, qui apparaît sur ce dessin, était « Gan », ce qui signifie « Jardin » en hébreu. Depuis, et ayant déjà mes rares loisirs bien remplis par la radio et par le blog, je ne peux qu’espérer rendre vie à cet autre « double » lorsque arrivera l’heure de la retraite !

Maintenant ... je ne vais pas « vous faire un dessin » en vous donnant en plus un commentaire sur cette illustration. Les exilés judéo-tunisiens arrivés comme moi autour des années soixante, ont longtemps ressassé une nostalgie douce-amère, retrouvant leur pays natal autour d’un verre de Boukha et d’assiettes de Kémia, se construisant donc force palmiers en carton pâte à mesure que l’image des vrais, de ceux qui avaient décoré leur vie là-bas, s’estompait lentement. De cette mémoire particulière, de la Tunisie en général, j’ai largement parlé il y a trois mois à l’occasion du "Mois de la Tunisie", dont vous pourrez feuilleter les pages en lien. Mais il y a une autre dimension, politique celle-là que - hélas - le « grand public » ignore ou veut ignorer : les « Tunes » ne sont pas des Martiens brutalement apparus en France avec leur drôle d’accent, les sketches de Michel Boujnah ou la joyeuse équipe de « La vérité si je mens » ; ils font partie du million de Juifs évaporés des pays musulmans en quelques décennies, pour des raisons diverses, de manière certes plus ou moins brutale, mais toujours avec une absence totale de mauvaise conscience de leurs ex-compatriotes, et dans le silence du monde !

C’est pourquoi, et dans le cadre de la campagne internationale « Justice for Jews from Arab Countries », le CRIF et le Centre d’Art et de Culture de l’Espace Rachi proposeront une soirée sous le titre « Et puis un jour, l’exil ... », le lundi 17 septembre 2007 à 20 heures 30. Une manifestation soutenu également par l'Association "Arts et Traditions Populaires des Juifs de Tunisie". En première partie, la projection du film documentaire « Tunis-Paris » de Nedjma Scialom. Et en deuxième partie un débat avec la réalisatrice et la participation des historiens Armand Attal et Claude Sitbon, ainsi que des écrivains et amis Jean-Pierre Allali et André Nahum.

... Et j’aurais le grand honneur d’animer ce débat ! Autant vous dire que je vais m’atteler à préparer, le mieux possible, des thèmes de discussion à la hauteur du sujet et de la qualité des invités. Par ailleurs, le site du CRIF publie en attente de cette soirée une série d’articles et d’interviews à propos des Juifs de Tunisie. Vous pourrez lire en lien ma propre interview, où je réponds à trois questions de Jean-Pierre Allali - une bonne manière de commencer, déjà la soirée du 17 septembre, où j’espère retrouver de nombreux auditeurs ou lecteurs du blog.

J.C

06 septembre 2007

Ghaleb Bencheikh : musulman contre l'islamisme


Ghaleb Bencheikh
photo copryright Phillipe Lelluch

Introduction :
Ghaleb Bencheikh est une personnalité très attachante, que connaissent bien ceux qui suivent les difficiles efforts de l'interreligieux, et surtout qui cherchent à promouvoir un islam "modéré" face aux radicalisme qui (hélas) a le vent en poupe ces dernières années ... A la fois scientifique (il est physicien) et homme de foi, ayant le sens de la communication (il est le producteur de l'émission religieuse "islam" sur la chaîne France 2), son enthousiasme est communicatif : j'ai eu le plaisir de faire sa connaissance grâce à notre ami commun, Émile Moatti, et il a déjà été deux fois l'invité de "Rencontre". C'est donc bien naturellement qu'il a été interviewé par le journal "Libération" dans le cadre du numéro spécial du 28 août dernier, intitulé "Musulmans contre l'islamisme" - en partenariat avec "Charlie Hebdo" et la chaîne de télévision Arte. Ci-dessous un large extrait de son entretien.
Petit nota ajouté le 22 décembre 2014 : injustice des succès sur l'Internet, c'est le hasard d'un classement sur Google images qui me vaut des innombrables entrées par cette page ... ne partez pas avant d'avoir un peu visité mon site ! Il est associé à une émission de radio consacrée au monde musulman, et vous en saurez beaucoup plus en visitant les très nombreux liens permanents situés sur les colonnes de droite et de gauche.
J.C

Pourquoi l’islamisme a-t-il une influence croissante sur la jeunesse, notamment en Occident ?
L’islam version islamiste offre aux jeunes tentés par le retour à la religion une commode identité de référence et surtout un espoir quand l’horizon est opaque tant au niveau social qu’économique. Le phénomène ne se limite pas à l’islam, et aussi bien chez les chrétiens que parmi les juifs, beaucoup espèrent trouver dans leur patrimoine religieux et spirituel des réponses aux sempiternelles questions qui nous hantent sur les origines, la mort ou le sens de la vie. Pour les jeunes musulmans s’ajoutent des problèmes spécifiques, tels que la vie dans des quartiers difficiles ou un sentiment d’être discriminés car ils se voient comme éternellement issus de l’immigration. Sur ce terreau fertile intervient alors le discours galvanisant, qui a naturellement beaucoup plus de succès que celui d’un «aimons-nous les uns les autres» ou que celui du questionnement. 
En France, comment serait-il possible de limiter le phénomène ?
Un des grands problèmes vient du fait que les imams ne sont pas formés à ce que j’appellerai avec un peu de provocation un islam «gallican». L’échec est autant celui des cadres musulmans eux-mêmes que celui de la République. Il faudrait des imams à la culture hybride, nourris d’un héritage assumé de Voltaire et de Rousseau et profondément ancrés dans la culture de l’islam et la théologie la plus fine. Cet islam gallican permettrait de s’affranchir de l’ombre tutélaire des pays jusqu’ici pourvoyeurs d’imams, tels que le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Turquie, l’Egypte ou l’Arabie Saoudite. On pourrait par exemple tenter une première expérience en créant une école de formation théologique avec les deniers publics dans les départements concordataires (1). Autrement, le risque est de devoir compter, directement ou indirectement, sur des financements étrangers. Mais celui qui finance à la fin dicte ses conditions. L’autre enjeu essentiel serait une réforme du Conseil français du culte musulman, qui devrait se transformer en une organisation plus souple et ouverte, à la manière de la Fédération protestante de France, car, dans la tradition islamique, il n’y a pas de structure cléricale, ce qui est une source de grands bonheurs, mais aussi d’inextricables problèmes. 
Et sur le plan doctrinal ?
Il est possible, en France comme dans les autres pays occidentaux, de mener à bien les recherches théologiques et théoriques que l’on ne peut pas faire à Téhéran ou à Riyad. La première des urgences est de désacraliser l’œuvre des anciens, leurs commentaires sur les commentaires des commentaires. Quel qu’ait pu être leur génie, ils ne peuvent engager tous les hommes pour l’éternité et nous vivons dans un temps différent du leur. Le second point est de réfléchir sur le Coran lui-même. Il y a ceux qui veulent y voir une fiction littéraire ... C’est leur droit le plus absolu. Il y a ceux qui veulent y voir un appel au mystère et c’est aussi leur droit. Même dans ce cas, il n’y a aucune raison de ne pas le traiter comme tout autre texte sacré. Il est aujourd’hui difficile, voire impossible, de mener au sein de l’islam des débats sur des points qui ont été intensément discutés aux VIIIe ou IXe siècles, comme par exemple le fait de savoir si le Coran est incréé ou a été créé (2). Pendant des siècles, les théologiens ont discuté pour savoir comment interpréter «dans la main de Dieu» et s’il s’agit d’une main véritable ... De même à propos de la «face de Dieu» : n’est-ce pas là de l’anthropomorphisme ? On imagine mal aujourd’hui l’intelligence, la hardiesse et le génie des théologiens et jurisconsultes musulmans des siècles passés. 
Pourquoi aujourd’hui est-ce si difficile de discuter de telles choses ?
Il y a effectivement un climat délétère, une terrible frilosité exacerbée depuis l’affaire des caricatures de Mahomet. On hésite à publier tout ce qui pourrait fâcher. Cela est navrant, mais beaucoup de choses sont actuellement publiées dans les pays anglo-saxons. Cette différence s’explique aussi par la sociologie de la communauté musulmane en France, avec une élite très réduite, une classe moyenne qui commence juste à s’affirmer et qui a surtout à cœur de réussir sa vie professionnelle, et une majorité de gens vivant dans l’ornière, pensant seulement à la survie. 
Pourquoi les intellectuels et notables musulmans sont-ils souvent timorés pour condamner les attaques aux libertés menées par les islamistes ou même les attentats-suicides ?
Il y a la peur de passer pour un traître à l’islam et à sa communauté. D’où ces discours récurrents : «Certes je condamne cet attentat, mais je ne dirai rien publiquement tant que les médias ne condamneront pas aussi les crimes de Bush et des Israéliens.» Mais il y a aussi la peur, celle d’avoir des problèmes, de subir des menaces physiques, mais surtout de se retrouver mis au ban. Le seul moyen de sortir de ce double piège est d’agir avant tout selon sa conscience et de considérer clairement comme répréhensible et condamnable ce qui est répréhensible et condamnable. 
Faut-il aussi s’interroger sur ce qui, au cœur même du texte et de la tradition, peut inciter à la violence ?
Il y a à l’évidence dans le Coran des passages de facture martiale et belliqueuse. Ils sont bien là. Cela ne sert à rien de tenter de faire comme s’ils n’existaient pas ou de relever que dans l’Ancien Testament il y en a plus ou de rappeler à raison que dans le Coran, il y a aussi des appels à rendre le bien pour le mal. Il faut bien sûr replacer de tels textes dans leur contexte, mais je crois qu’il faut aller au-delà et proclamer de façon solennelle, en se fondant sur l’autorité de grands théologiens, la désuétude et l’obsolescence des incidences ­sociopolitiques de ces parties du Coran. C’est un travail intellectuel profond et ­essentiel que de différencier dans le texte ce qui est principiel, méta historique, de ce qui est simplement contextuel et circonstanciel. 
Même problème pour le voile ?
Si j’étais femme et musulmane, je ne le porterais pas, mais je respecte celles qui le portent, sans partager leur point de vue, car je suis attaché à la liberté. Mais je m’étonne toujours d’un tel choix. Quand je remonte dans l’histoire, je vois que c’était un roi assyrien qui a voulu distinguer les prostituées sacrées du temple des autres en leur faisant couvrir leurs cheveux. Ce signe a été repris par les femmes de haut rang dans le judaïsme antique, puis dans le christianisme. Le Coran s’inscrit dans cette continuité. Cela ne concernait d’abord que la famille du Prophète, puis les épouses des croyants, mais pas les femmes des basses castes. Nous sommes donc dans le contingent mais maintenant on retrouve le voile comme un uniforme combat de Dakar à Jakarta, en gommant toutes les différences culturelles.

Interview de Ghaleb Bencheikh par Marc Semo, 
Libération 28 août 2007

(1) L’Alsace et une partie de la Lorraine, occupées après 1870, où les cultes présents (catholique, protestant, juif) sont encore pris en charge par l’État.
(2) Savoir si le Coran a été dicté directement par Dieu, qui l’a transmis au travers de Mahomet, ou s’il est seulement inspiré par Dieu.

03 septembre 2007

Un peu moins de publications en septembre

Un petit message pour les amis fidèles du blog, dont l'assiduité me touche toujours beaucoup.

Comme vous avez du le noter, mon rythme de publications a tourné autour de cinq "posts" par semaine depuis le début de l'année, hormis bien-sûr les quelques pauses que je me suis accordées, dont les trois longues (et tristes) semaines du mois d'août.

Septembre sera "haché" en termes de mises à jour, pour deux raisons bien distinctes : d'une part, plusieurs déplacements professionnels sont prévus dans le cadre d'un changement de poste ; d'autre part, commencera dans les prochaines semaines la nouvelle année juive, avec les fêtes de Tichri qui sont particulièrement nombreuses. Et même si je ne suis pas très pratiquant, j'observe sur le blog le même respect qui est celui de notre radio et de l'ensemble de la fréquence juive : pas de publications ni de directs les "Yom Tov" et les Shabbat !

Ne perdez pas le fil, malgré tout : j'espère éditer environ trois ou quatre articles par semaine ; et bien sûr, je réagirai en cas d'actualité brûlante ... autant dire en cas de mauvaises nouvelles, car en matière d'actualité proche orientale ou d'antisémitisme, le pire est vraiment toujours à redouter.

J.C

02 septembre 2007

Juifs et Musulmans en Tunisie : les professeurs Khlifa Chater et Claude Nataf seront mes invités le 9 septembre


La Société d’Histoire des Juifs de Tunisie est une association non communautaire, regroupant à la fois des historiens et des passionnés par son objet, qui oeuvre de façon très rigoureuse pour explorer un passé qui me concerne particulièrement ... puisque c’est celui des miens !
A propos de cette histoire singulière, lire aussi
cette petite synthèse publiée sur le blog.
On me pardonnera, donc, d’avoir consacré déjà plusieurs émissions aux travaux de la SHJT mais je pense que c’est aussi mon devoir de soutenir tout ce qui va dans le sens du dialogue et de la compréhension des autres cultures et civilisations. Cette société savante a - entre autres - l’immense mérite de réunir, à l’occasion de colloques savants, des historiens français, tunisiens et israéliens. Et cela, à Tunis comme à Paris, et avec un sérieux universitaire détaché des contingences politiques.
Nous évoquerons avec mes deux invités, le 9 septembre prochain, le livre « Entre Orient et Occident, Juifs et Musulmans en Tunisie », cet ouvrage est sorti il y a quelques mois aux « éditions de l’éclat », qui publient les actes d’un colloque de la SHJT qui s’est tenu en avril 2003 à la Sorbonne. Ce colloque international avait cherché à décrire la réception de la modernité, en particulier des idées des Lumières et de la Révolution française, par les populations juives et musulmanes de Tunisie. Mon ami Jean-Pierre Allali a publié une excellente critique de ce volumineux ouvrage de 380 pages, et je vous invite à la lire en allant sur ce lien
.

J.C

Qui ordonne de brûler la Kabylie ? par Ferhat Mehenni

Photo tirée du site "Kabyle.com"


Introduction :
Ferhat Mehenni est le Président du « Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie » (M.A.K). Il fait partie des contributeurs de toutes origines du site ami « primo-europe », en lien permanent ; ses lecteurs connaissent, en particulier, son courage à propos de ce qui concerne Israël et sa nécessaire reconnaissance par le monde arabe, et par son propre pays en particulier - l’Algérie, qui a hélas plusieurs métros de retard dans la reconnaissance du droit à la différence, pour les Juifs comme pour sa propre minorité berbérophone. Le site « Kabyle.com », également en lien permanent sur le blog, représente un courant proche de son mouvement. Aujourd’hui, il vient de publier un communiqué à propos d’un drame se déroulant en ce moment, de l’autre côté de la Méditerranée.
On parle en effet assez peu des incendies qui ont dernièrement ravagé la Kabylie, détruit des milliers d’hectares d’oliveraies et tué déjà une demi-douzaine de personnes ; contrairement à la Grèce, dont les dramatiques incendies de forêts ont été largement montrés aux informations et qui a appelé à l’aide les pompiers de toute l’Union Européenne, tout se passe comme si le gouvernement algérien voulait garder secret ce désastre. Cependant, quelques témoignages recueillis sur place ont pu être entendus sur des radios et ils mettent en cause l’armée en lutte contre les maquis islamistes. On trouvera sur ce lien l’article de « Kabyle.com » à propos de ces incendies ; et ci-dessous la copie du communiqué de Ferhat Mehenni.

J.C 

Qui ordonne de brûler la Kabylie ? 

Depuis l’opération ahurissante des terroristes islamistes à Yakouren, dans la nuit du 12 au 13 juillet 2007, et particulièrement ces derniers jours, l’armée stationnée en surnombre en Kabylie pour des raisons qui n’ont jamais été données, incendie volontairement les forêts et les oliveraies kabyles sous le fallacieux prétexte de la lutte anti-terroriste. S’il suffisait ponctuellement de mettre le feu aux forêts kabyles pour en finir avec les terroristes islamistes qui, rappelons-le, ne sont pas de la région, personne n’y trouverait à redire, puisqu’on gagnerait au change. Or, la méthode est loin de faire ses preuves. L’armée française qui, déjà, pendant la guerre d’Algérie, avait essayé le napalm contre les maquisards, s’était très vite ravisée en se rendant compte autant de l’inefficacité des incendies que des ravages que cela occasionnait à l’environnement. Pourquoi depuis plus de 45 jours s’entête-t-on à mettre le feu à la moindre broussaille de la Kabylie, en pleine canicule ?

Les éléments opérationnels de l’ANP n’auraient jamais décidé de leur propre initiative de pratiquer la politique de la terre brûlée en Kabylie s’ils n’en ont pas au préalable reçu l’ordre ou l’aval de la Haute Hiérarchie militaire. Qui est donc derrière ces ordres ? S’ils n’existent pas, pourquoi personne n’ordonne l’arrêt de ces feux volontaires qui font du quotidien kabyle un enfer et de la terre un désert ? Ne continue-t-on pas de faire payer aux Kabyles leur refus, d’une part de s’arabiser et leur volonté, d’autre part, d’exister en tant que peuple ?

Ces crimes contre les hommes et la nature kabyles seraient-ils, une fois de plus, comme lors de l’affaire de parachutage d’armes à Cap Sigli, près de Vgayet (Bougie), une vulgaire opération de diversion en attendant de régler en haut lieu la difficile question de la succession au sommet de l’Etat algérien ?

Le MAK s’insurge contre toutes ces pratiques qui martyrisent la Kabylie et s’indigne que les plus hautes autorités de l’Etat se comportent avec la Kabylie avec autant de mépris et de manque de considération. Il exige que ces incendies volontaires cessent au plus vite afin de permettre aux températures diurnes de redevenir clémentes et aux citoyens de respirer.
Le MAK lance un cri d’alarme en direction des ONG écologistes agréées par les instances internationales pour saisir la gravité des atteintes à l’environnement en Kabylie et, par conséquent, pour prendre leurs responsabilités afin de protéger la nature dans cette partie de la planète.


Kabylie le 30/08/2007P/Le MAK, Ferhat Mehenni, Président