Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Algérie 2007. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Algérie 2007. Afficher tous les articles

07 décembre 2007

Voyage de Sarkozy en Algérie : "l'amertume après les insultes antisémites", par Gérard Akoun sur Judaïques FM

Chronique politique du 6 décembre 2007

Le voyage en Algérie, du président Sarkozy a rapporté 5 milliards d'euros dans l'escarcelle de la France, nous en avions besoin, c'est vrai, mais on ne peut s'empêcher de ressentir de l’amertume en pensant aux insultes, aux couleuvres qu'il a fallu avaler pour que ce voyage se déroule sans problème. Je pense bien sûr aux propos scandaleux, inacceptables tenus par le ministre algérien des anciens combattants, Mohamed Chérif Abbès sur "Sarkozy, élu par le lobby juif", sur "les origines juives" du président ainsi que sur celles de Bernard Kouchner, qui symboliserait ce lobby, sur "l'industrie française aux mains des juifs" ; et aux autres déclarations que ce ministre et d'autres personnalités ont faites, exprimant ainsi un antisémitisme digne des Protocoles des Sages de Sion, tout en faisant preuve de grossièretés à l'égard de celui qui allait être leur hôte. Le Président de la République a considéré que l'incident était clos après qu'il ait eu une conversation téléphonique avec le Président Abdelaziz Bouteflika, au cours de laquelle ce dernier l'a assuré qu'il ne partageait pas les idées de son ministre.

On a évité ainsi une grave crise diplomatique, mais à qui fera t-on croire que ce ministre a pu tenir de tels propos sans bénéficier de soutien au sein de son gouvernement, et que cet antisémitisme viscéral n'est pas partagé par une bonne partie de la classe dirigeante alors que des affiches représentant Nicolas Sarkozy, entouré d’étoiles de David avec cette question "quelles sont tes origines ?" ont pu être placardées en toute impunité à Alger ? J’ai lu un certain nombre d'extraits de la presse algérienne : leurs auteurs étaient plus critiques vis-à-vis des réactions suscitées en France que vis-à-vis des propos du ministre. Après tout, pour la plupart d’entre eux, celui-ci n'avait fait qu'exprimer des vérités mais ajoutaient-t-ils c'est toujours la même chose, dès que l'on parle des Juifs, on crie à l'antisémitisme. Ce triste individu n'a été ni désavoué ni limogé, il est toujours ministre, il était simplement absent, lors des rencontres avec Nicolas Sarkozy et la délégation française.

Les Juifs ont bon dos, ils sont le bouc émissaire idéal pour expliquer tous les maux dont souffre le peuple algérien. Ceux ci ne trouvent pas leur source, dans la corruption, la gabegie, le partage des prébendes par une clique politico-militaire, l'absence de démocratie, mais "dans le pouvoir que détiennent les Juifs, les Sionistes", au moins en France si ce n'est dans le monde. Pour être complet, il faut ajouter, que 45 ans après le départ des Français d'Algérie, ce pays qui a été victime du colonialisme le serait encore, ce qui expliquerait qu’il soit toujours en voie de développement, malgré ses énormes réserves d’hydrocarbures et les revenus qu’il en retire. Il attend, il réclame une repentance de la France, pour les crimes qu'elle a commis pendant la colonisation et la guerre d'indépendance que les Algériens ont menée contre elle.
Le Président République s’y refuse, mais il a quand même reconnu "que le système colonial fut profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : Liberté, Égalité, Fraternité", et dans son discours de Constantine - dont il rappela qu'elle fut jadis surnommée la "Jérusalem du Maghreb" parce que sa communauté juive y était la plus importante d'Afrique du Nord et que pendant des siècles Juifs et Musulmans y vécurent en paix les uns avec les autres, ce qui n’a pas du plaire à tous ses auditeurs -, il fit un pas de plus en direction des Algériens en déclarant "les fautes et les crimes du passé furent impardonnables". Je doute que cela soit suffisant pour satisfaire ceux qui exigent beaucoup plus de la France.
Les dirigeants algériens font des relations avec la France, un problème de politique intérieure, qu'ils agitent quand le besoin s'en fait sentir. Une France dirigée par des Juifs ou sous influence juive constitue le parfait bouc émissaire. On comprend mieux alors les raisons et le moment choisi pour cette diatribe antisémite à laquelle s’est livré Mohammed Chérif Abbès. Il faut espérer, que le peuple algérien, qui rêve de vivre en démocratie, qui regarde les télévisions européennes, dont la jeunesse viendrait en masse en Europe si les portes lui étaient ouvertes, ne cède pas à cette propagande odieuse qui le cantonne dans le passé alors qu’il peut et qu’il a les moyens de se tourner vers l’avenir.

Gérard Akoun
Judaïques FM, le 6 décembre 2007

05 décembre 2007

Antisémitisme algérien : quelques rappels et un blog ...

Illustration antisémite tirée du blog algérien
http://www.algerienouvelle.blogspot.com/

Le scandale des déclarations du Ministre des anciens combattants Mohamed Cherif Abbès (voir article du 30 novembre) a éclairé d’une lumière crue l’antisémitisme qui gangrène, de façon profonde et ancienne, une partie de la société algérienne.

Sur ce pénible sujet de l’antisémitisme en terre arabe, il y a un certain nombre d’explications qui viennent à l’esprit, partagées par une bonne partie des intellectuels juifs ou non, et que je ne peux que rappeler rapidement : dérive mal contrôlée d’une hostilité radicale au Sionisme, qui a marqué toutes les franges de l’opinion de ces pays (encouragée par des décennies de propagande contre un bouc émissaire idéal) ; rancœur contre des anciennes communautés, autrefois « Dhimmis » (« protégées ») et qui ont joué la carte de l’occidentalisation à l’ère coloniale ; sentiments de mépris alimentés par des stéréotypes issus de l’islam - préjugés courageusement évoqués par Mezri Haddad, dans les « posts » publiés ici les 28 et 29 novembre) ; racisme pur et simple d’une majorité contre une minorité, que l’on retrouve partout dans le monde et dont on ne voit pas pourquoi seuls les Arabes seraient collectivement et par axiome exempts ... Tout ceci est bel et bon, avec - et il s’agit aussi d’une évidence - le pourcentage de « Justes », qui existent en terre d’islam comme partout ailleurs ; et qu’il faut d’autant moins oublier qu’ils furent (comme toutes les âmes pures) une minorité à honorer !

L’Algérie, donc, fut littéralement « labourée » par l’antisémitisme pendant la période coloniale, le Décret Crémieux - ayant naturalisé en masse toute la communauté juive - provoquant la fureur des « petits blancs » chrétiens jaloux de se retrouver sur un pied d’égalité avec des « indigènes », tandis que les Musulmans éprouvaient une rancœur - compréhensible - vis-à-vis de leurs ex-« protégés » bénéficiant d’un statut supérieur. L’antisémitisme algérien a été alimenté par des décennies de propagande ayant infecté les esprits, beaucoup plus que dans la Tunisie et le Maroc voisins. Une guerre atroce de décolonisation avec le départ en masse de tous les Français, Juifs et non Juifs mélangés, puis la prise du pouvoir par un parti totalitaire « islamo-baassiste » (le FLN), allaient laisser des blessures quasiment impossibles à cicatriser, comme en témoigne le voyage sans cesse avorté d’Enrico Macias dans sa terre natale - alors même qu’il est citoyen d’honneur de l’île de Djerba !

Après avoir un moment hésité - à la fois par crainte de faire de la publicité à un site infect, à la fois parce que ma démarche est plutôt de promouvoir les hommes et femmes de bonne volonté - j’ai jugé utile de vous démontrer que l’on peut à la fois être algérien et ... nazi ! Je vous invite donc à feuilleter la triste littérature que l’on peut découvrir sur le blog (hébergé comme moi par Blogger !) « Algérie Nouvelle », d’où est tirée cette illustration qui ne prête guère à interprétations.

Quelques extraits choisis, donc :
- "Mohamed El Maadi héros authentique mais méconnu" est un éloge d’un militant nationaliste algérien ayant joué la carte collabo et nazie sous l’Occupation, jusqu’à constituer, sous les ordres des tortionnaires de la Gestapo parisienne, une « légion nord-africaine », recrutée dans l’immigration ;
- Dans cet article illustré par le fameux dessin, le webmaster de ce blog évoque bien sûr les fameux « Protocoles des Sages de Sion » à propos de la commémoration annuelle de la Shoah par les Nations Unies ;
- "Enrico Macias, reste là où tu es" est une diatribe d’une incroyable violence, dont voici le début : 
« Sale porc sioniste, toi ? tu te dis algérien? Qu'as tu fait pour ce pays? Si tu y as bien vécu, c'est grâce aux français, grâce au chancre Adolphe Crémieux, et à ses condisciples et coreligionnaires, sinon jamais l'Algérie ne t'a désiré , ni voulu. D'ailleurs, toi qui dit aimer ce pays,toi qui chante la paix (celle du mondialisme, du métissage, sous l'emblème de l'étoile de David) tu fait partie d'un système féroce d'occupation sioniste en France, de Drucker à Arthur, d'Anne Sinclair à Bruel et de Benichou à Sarkozy, vous vous valez tous, et tous ne valez absolument rien, vous n'avez ni culture, ni civilisation, vôtre histoire n'est bâtie que sur le vol, le mensonge et le meurtre (...) » 
 Nota : j'ai moi-même corrigé plusieurs fautes d'orthographe du texte original que vous pourrez lire en lien.- Enfin, dans cet article typique d'un delirium antisémite profond, on a droit à une ahurissante diatribe à propos ... de l’Université de Bab Ezzouar, montrée du doigt comme « université kabbalistique » parce qu’un vue aérienne ferait penser à ... une ménorah et que l’architecte, Oskar Niemeyer serait ... probablement d’origine juive !

On ne s'étonnera pas, bien sûr, de découvrir aussi à la même adresse, de violentes attaques contre l'immigration africaine en Algérie, ainsi que des liens sur des sites "cousins" français, partageant le même antisémitisme virulent.


Une horreur à faire connaître, donc. Et de préférence à tous ceux qui imaginent que seuls des grands blonds « aryens » peuvent s’exprimer comme des nazis ...


J.C

30 novembre 2007

Algérie : "Message d'accueil antisémite pour Sarkozy", un article du "Figaro" qui a fait du bruit !

Mohamed-Cherif Abbès, Ministre algérien des Anciens Combattants
(crédit photo AFP)

Ce blog - comme mon émission - essaie de rendre compte, régulièrement, des tentatives d’établir des passerelles entre Juifs et Musulmans, des gestes de bonne volonté des uns et des autres, et ce afin de ne pas insulter l’avenir ... et sans non plus se bercer d’illusions sur l’avenir proche, mais cela aussi mes lecteurs et auditeurs le savent bien. Raison de plus pour ne pas ignorer ici les propos antisémites scandaleux d’un officiel d’un pays arabe, ministre de surcroît : d'autant plus que - enfin ! - on en a largement parlé dans notre pays.
Petit extrait, d'abord, de l’article de Thierry Oberlé publié dans "Le Figaro" mercredi 28 novembre :

Le ton monte à Alger à quelques jours de la visite d’État de Nicolas Sarkozy, prévue du 3 au 5 décembre. Dans un entretien accordé lundi à El Khabar, le principal quotidien du pays, le ministre des Anciens Combattants algériens, Mohammed Cherif Abbès, accuse à mots à peine couverts le président français d’être un agent à la solde d’Israël.
"Vous connaissez les origines du président français et ceux qui l’ont amené au pouvoir", avance-t-il. Avant de s’interroger : "Saviez-vous que les autorités israéliennes avaient mis en circulation un timbre à l’effigie de Sarkozy, en pleine campagne électorale ?" Il ajoute : "Pourquoi Bernard Kouchner, une personnalité de gauche, a décidé de sauter le pas (en entrant au gouvernement) ? Cela ne s’est pas fait pour des croyances personnelles. C’était le résultat d’un mouvement qui reflète l’avis des véritables architectes de l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, le lobby juif qui a le monopole de l’industrie en France."

L’article du "Figaro" (lire sur ce lien tant qu'il est actif) mentionne également les explications embarrassées de Mohamed Cherif Abbès, ainsi que les réactions (fort diverses) des partis politiques algériens : dans le climat de déliquescence qui caractérise la fin de règne de Bouteflika, on voit donc resurgir les vieux démons antisémites - vieux démons en vérité, et cela me rappelle ma dernière interview avec l’historien Benjamin Stora à propos de son livre "Juifs d’Algérie, les trois exils" : de manière encore plus nette que dans son ouvrage, il avait convenu que, oui, depuis l’origine du mouvement national algérien il y a eu en son sein une mouvance clairement antisémite, et cela dès les années trente et quarante ... une haine donc ancienne, recuite, sans aucune mauvaise conscience et qui permet des décennies plus tard de tels dérapages !

Le CRIF, pour sa part, a fermement réagi et j’ai plaisir à reproduire ci-dessous son communiqué :

Paris, 28 nov 2007 (AFP) - Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s'est dit mercredi "écoeuré par les propos grossièrement antisémites" tenus par le ministre algérien des Anciens combattants, Mohamed-Cherif Abbès, et attend un "démenti sans ambiguité des autorités algériennes". Dans un communiqué diffusé mercredi, le Crif indique avoir "pris connaissance avec accablement" de ses propos. Le ministre algérien, dans des déclarations publiées par le journal El Khabar, a évoqué les "origines" du président Sarkozy, "attribuant son arrivée au pouvoir à l'action d'un lobby juif et s'est insurgé contre la venue du chanteur Enrico Macias (qui a renoncé à accompagner Nicolas Sarkozy, ndlr) en Algérie", rappelle le Crif. "De tels propos fomentent la haine envers les Juifs et visent à retarder toute tentative de réconciliation entre la France et l'Algérie", ajoute-t-il. Le Crif "attend un démenti sans ambiguité des autorités algériennes" et indique que "pour sa part, il ne renoncera pas à continuer d'approfondir le dialogue avec le monde musulman". Le président Sarkozy se rendra en Algérie en visite d'Etat du 3 au 5 décembre. Le chanteur pied-noir Enrico Macias devait l'accompagner mais a fait savoir qu'il renonçait à faire partie du voyage, estimant qu'il n'était pas le bienvenu dans le pays.

Mais cette réaction n'a pas été la seule, et bien heureusement la communauté juive ne s'est pas trouvée isolée dans cette affaire ...

Réactions du Parti Socialiste
Dans un communiqué, le socialiste Jean-Christophe Cambadélis demande de son côté l'annulation du voyage présidentiel. "Il est peu probable que le Général de Gaulle, François Mitterrand, voire Jacques Chirac eut passé outre de telles déclarations qui portent atteintes à l'autorité de la France", souligne le député parisien. A ses yeux, "la France ne peut accepter que l'on fixe sa conduite, ses délégations et sa ligne de conduite".
Sur RTL, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a estimé que Nicolas Sarkozy ne pouvait "pas aller à Alger sans obtenir avant des excuses". "Il ne faut pas laisser passer ce genre de choses", a-t-il fait valoir jeudi matin.
(Source : journal "Le Monde")

Réactions diverses
La Ligue des droits de l'Homme (LDH) s'est dite "scandalisée" par ces déclarations qui "témoignent de la résurgence des préjugés antisémites les plus nauséabonds" et "doivent être immédiatement désavoués".Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a évoqué des propos "tout aussi inacceptables qu'irresponsables".Le président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), Patrick Gaubert, député au Parlement européen, a affirmé qu'il n'était "pas surpris par ces déclarations à connotation antisémite" ajoutant que "l'Etat algérien et ses représentants sont coutumiers de ce genre de déclarations".Le président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Axel Poniatowski (UMP), a qualifié ces propos de "purement inqualifiables". "C'est à la fois grotesque, inutilement blessant, totalement déplacé et extrêmement grossier", a estimé le Député. "D'ici la visite de M. Sarkozy en Algérie, il nous faut des explications", a-t-il ajouté.
(Source : journal en ligne « 20 minutes »)

Enfin, "last but not least", lors de l’entretien télévisée qu’il a accordé hier soir à Arlette Chabot et Patrick Poivre d’Arvor - grands mercis à nos deux chaînes télévisées pour avoir soulevé ce sujet d’actualité, ce n’est pas tous les jours que la haine anti-juive venue du monde arabe est portée à la connaissance du grand public - Nicolas Sarkozy a évoqué son entretien téléphonique avec Abdelaziz Bouteflika ; et les explications (assez molles, sur le fond) de l’Algérie officielle, qui prend ses distances avec les propos de son ministre. "L'incident est clos" donc, pour notre Président.

J.C

02 septembre 2007

Qui ordonne de brûler la Kabylie ? par Ferhat Mehenni

Photo tirée du site "Kabyle.com"


Introduction :
Ferhat Mehenni est le Président du « Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie » (M.A.K). Il fait partie des contributeurs de toutes origines du site ami « primo-europe », en lien permanent ; ses lecteurs connaissent, en particulier, son courage à propos de ce qui concerne Israël et sa nécessaire reconnaissance par le monde arabe, et par son propre pays en particulier - l’Algérie, qui a hélas plusieurs métros de retard dans la reconnaissance du droit à la différence, pour les Juifs comme pour sa propre minorité berbérophone. Le site « Kabyle.com », également en lien permanent sur le blog, représente un courant proche de son mouvement. Aujourd’hui, il vient de publier un communiqué à propos d’un drame se déroulant en ce moment, de l’autre côté de la Méditerranée.
On parle en effet assez peu des incendies qui ont dernièrement ravagé la Kabylie, détruit des milliers d’hectares d’oliveraies et tué déjà une demi-douzaine de personnes ; contrairement à la Grèce, dont les dramatiques incendies de forêts ont été largement montrés aux informations et qui a appelé à l’aide les pompiers de toute l’Union Européenne, tout se passe comme si le gouvernement algérien voulait garder secret ce désastre. Cependant, quelques témoignages recueillis sur place ont pu être entendus sur des radios et ils mettent en cause l’armée en lutte contre les maquis islamistes. On trouvera sur ce lien l’article de « Kabyle.com » à propos de ces incendies ; et ci-dessous la copie du communiqué de Ferhat Mehenni.

J.C 

Qui ordonne de brûler la Kabylie ? 

Depuis l’opération ahurissante des terroristes islamistes à Yakouren, dans la nuit du 12 au 13 juillet 2007, et particulièrement ces derniers jours, l’armée stationnée en surnombre en Kabylie pour des raisons qui n’ont jamais été données, incendie volontairement les forêts et les oliveraies kabyles sous le fallacieux prétexte de la lutte anti-terroriste. S’il suffisait ponctuellement de mettre le feu aux forêts kabyles pour en finir avec les terroristes islamistes qui, rappelons-le, ne sont pas de la région, personne n’y trouverait à redire, puisqu’on gagnerait au change. Or, la méthode est loin de faire ses preuves. L’armée française qui, déjà, pendant la guerre d’Algérie, avait essayé le napalm contre les maquisards, s’était très vite ravisée en se rendant compte autant de l’inefficacité des incendies que des ravages que cela occasionnait à l’environnement. Pourquoi depuis plus de 45 jours s’entête-t-on à mettre le feu à la moindre broussaille de la Kabylie, en pleine canicule ?

Les éléments opérationnels de l’ANP n’auraient jamais décidé de leur propre initiative de pratiquer la politique de la terre brûlée en Kabylie s’ils n’en ont pas au préalable reçu l’ordre ou l’aval de la Haute Hiérarchie militaire. Qui est donc derrière ces ordres ? S’ils n’existent pas, pourquoi personne n’ordonne l’arrêt de ces feux volontaires qui font du quotidien kabyle un enfer et de la terre un désert ? Ne continue-t-on pas de faire payer aux Kabyles leur refus, d’une part de s’arabiser et leur volonté, d’autre part, d’exister en tant que peuple ?

Ces crimes contre les hommes et la nature kabyles seraient-ils, une fois de plus, comme lors de l’affaire de parachutage d’armes à Cap Sigli, près de Vgayet (Bougie), une vulgaire opération de diversion en attendant de régler en haut lieu la difficile question de la succession au sommet de l’Etat algérien ?

Le MAK s’insurge contre toutes ces pratiques qui martyrisent la Kabylie et s’indigne que les plus hautes autorités de l’Etat se comportent avec la Kabylie avec autant de mépris et de manque de considération. Il exige que ces incendies volontaires cessent au plus vite afin de permettre aux températures diurnes de redevenir clémentes et aux citoyens de respirer.
Le MAK lance un cri d’alarme en direction des ONG écologistes agréées par les instances internationales pour saisir la gravité des atteintes à l’environnement en Kabylie et, par conséquent, pour prendre leurs responsabilités afin de protéger la nature dans cette partie de la planète.


Kabylie le 30/08/2007P/Le MAK, Ferhat Mehenni, Président

11 juillet 2007

Années noires sous Vichy, Guerre d’Algérie : nous finirons le 15 juillet notre interview de Benjamin Stora

Je vous avais présenté (voir « post » du 25 juin) le dernier livre de Benjamin Stora, dont je vous recommande vivement la lecture ("Les trois exils, Juifs d'Algérie", Éditions Stock).
Comme vous le savez, j’ai décidé d’y consacrer deux émissions, et celle diffusée le 15 juillet achèvera donc cette « saga » de deux siècles couverte par le bouquin : nous parlerons de la période la plus douloureuse, celle de Vichy (« l’exil hors de la citoyenneté française »), puis celle de la Guerre d’Algérie qui devait précéder « l’exil physique, hors de la terre natale ».

Comment la communauté juive s’est-elle organisée pour tenir le coup sous la répression de Vichy ? Pourquoi a-t-elle attendu un an pour retrouver ses droits après le débarquement allié de 1942 ? Quelles ont été à ce moment là les relations avec les Musulmans ? L’antisémitisme dans le mouvement national algérien était-il déjà apparent ? Pourquoi y a-t-il eu tout de suite un dialogue de sourds entre le F.L.N et les Juifs algériens ? Ceux-ci ont-ils été les victimes d’une violence particulière, de la part de l’insurrection, puis de l’O.A.S ? Comment se fait-il que cette communauté ne se soit pas construite une mémoire autonome, contrairement aux Juifs de Tunisie et du Maroc ?

Comme la précédente, cette émission a été pré enregistrée : et vous verrez que mon entretien avec Benjamin Stora a été vraiment passionnant !

J.C

25 juin 2007

Juifs d’Algérie, les trois exils : Benjamin Stora sera mon invité le 1er juillet


J’aurai à nouveau le très grand plaisir d’avoir pour invité dimanche prochain à mon émission le célèbre historien Benjamin Stora. Rappelons que je l’avais déjà reçu en janvier 2005, et qu’il existe un podcast à écouter sur le blog pour cette interview consacrée à un livre déjà ancien, « La gangrène et l’oubli », un classique sur la guerre d’Algérie (lien vers le podcast).

 Auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages consacrés à l’Algérie, sa terre natale (il a du fuir Constantine à l’âge de 11 ans, au moment de l’indépendance), il manquait cependant une pièce au puzzle que Benjamin Stora a reconstitué au fil des années, cette pièce c’était l’histoire des Juifs d’Algérie, une communauté humaine dont il est issu, mais dont il s’était assez peu réclamé dans le passé. Il a publié en septembre dernier aux Editions Stock « Les trois exils, Juifs d’Algérie », et je dois dire ici combien j’ai trouvé sa synthèse, qui fait un peu plus de 200 pages, vraiment riche et pleine d’informations inédites sur un sujet que l’on croyait déjà connu. En plus, son sujet est emblématique d’un autre enjeu - celui-là hélas, toujours d’actualité, des relations difficiles entre Juifs et Musulmans.
Il n’était donc pas possible de faire une interview valable en seulement 25 minutes, aussi ce livre donnera lieu à deux émissions : le 1er juillet, nous parlerons de l’histoire des Juifs d’Algérie jusqu’à la veille de la Seconde Guerre Mondiale ; puis dans la deuxième partie, qui sera diffusée le 15 juillet, nous évoquerons ce que fut le sort de cette Communauté sous Vichy, puis quelques années après pendant la guerre coloniale jusqu’au grand départ en 1962.
Quelques mots à propos du titre du livre, et de son illustration de couverture.
Contrairement à mes compatriotes de Tunisie (si largement évoqués ce mois-ci sur le blog), les Juifs d’Algérie ont connu de façon assez homogène trois « exils » comme l’écrit Benjamin Stora en introduction : « En moins d’un siècle, de 1870 à 1962, les juifs d’Algérie se sont donc déplacés trois fois : hors de la tradition juive en terre d’islam, hors de la communauté française de 1940 à 1943, hors de la terre algérienne en 1962 ». Si le premier « exil », fortement accéléré par la naturalisation française en masse au moment du Décret Crémieux, fut très bien ressenti dans l’ensemble, le deuxième - dû aux infâmes statuts de Vichy, avec en plus la dénaturalisation d’un trait de plume en octobre 1940 - puis quelques années plus tard, la guerre coloniale et le « vrai » exil, hors de la terre ancestrale, allaient causer un tel choc que cette communauté (contrairement à celles voisines de Tunisie ou du Maroc) a choisi, pendant longtemps, de refouler ce passé douloureux en ne se construisant même pas une mémoire singulière.
Quand à la photo de couverture, elle fait partie des archives de Benjamin Stora : prise en juin 1914, elle représente sa famille réunie avant de se rendre à Alger pour un mariage ; certains sont vêtus à l’européenne, d’autres ont mis leurs beaux vêtements « indigènes » pour immortaliser ce voyage extraordinaire qui les mènerait de Constantine à Alger : on ne peut pas mieux rendre compte, comme l’a dit André Chouraqui, de ces « Français juifs qui ont connu une enfance judéo-arabe et un âge d’homme français » ... 
J.C

13 avril 2007

Attentats d’Alger, un « raccourci historique » (suite)

Hier j’évoquais sur le blog la symbolique du lieu de l’attentat d’Al-Qaïda contre le gouvernement algérien, en écrivant que c’était comme si le passé faisait un clin d’œil au présent. Je ne me doutais pas que Hamida Layachi, directeur de « Al Jazaïr News » et grand spécialiste de la mouvance islamique dans son pays, évoquerait lui aussi cette symbolique dans une interview recueillie par Florence Beaugé du journal « Le Monde » (édition datée du 13 avril). Ci-dessous un extrait :

« La stratégie du GSPC a changé. Il accentue son rejet absolu de toute réconciliation et signifie qu'il a désormais deux ennemis : le pouvoir algérien et l'Occident, en particulier la France. Dans l'un de ses derniers communiqués, dûment authentifié, il y a environ trois mois, il le dit clairement. Le choix de ses cibles, mercredi, ne doit d'ailleurs rien au hasard : le Palais du gouvernement est le coeur même du pouvoir algérien. C'est aussi un bâtiment qui date de l'époque coloniale française. Il abritait autrefois le siège du gouvernement général, autrement dit les représentants du pouvoir métropolitain, et surplombait le fameux "Forum". C'est là qu'en 1958, le général de Gaulle a prononcé son fameux discours - "Je vous ai compris ..." - qui a été interprété par les colons comme l'assurance que l'Algérie resterait française. La symbolique est donc double et particulièrement forte. Si le GSPC avait choisi de faire un millier de morts, il aurait envoyé ses kamikazes rue Didouche-Mourad (l'une des principales artères de la ville), par exemple. Il ne l'a pas fait, délibérément. »

Hier également, j’évoquais dans mon article l’historien Benjamin Stora, dont « Le Monde » a publié par ailleurs une interview audio sur son site Internet, après les attentats d’Alger. Mais il me revient également nos échanges lors de ma propre interview diffusée en janvier 2005, dont vous pouvez entendre l’enregistrement intégral en allant sur ce lien. Ci-dessous, donc, un extrait où j’avais abordé - alors que nous parlions de la guerre d’indépendance de l’Algérie -, les racines de la violence islamiste, trente ans après. Comme quoi, on pouvait parler, déjà, de « raccourci historique » ...

Jean Corcos :

(...) Est- ce que ce qui s’est passé à partir d’octobre 1988, cette révolte réprimée dans le sang, et puis ensuite la montée donc de la guerre civile, est ce que ce n’est pas un retour du refoulé ? Et est-ce que les islamistes ne jouent pas un peu un rôle de réplique de ce qu’était le FLN dans les années 1950 ?

Benjamin Stora :

Alors, on a beaucoup dit effectivement dans les années 1990 que le FIS était l’enfant du FLN, sans faire de jeu de mots ; c’est une expression très célèbre, très connue des années 90, c'est-à-dire que le FIS voulait se poser en héritier du FLN. Le FLN avait commencé la révolution dans les années 1950 - 1960, et puis le FIS arrivant trente ans plus tard, pour lui donner cette coloration exclusivement religieuse, exclusivement islamique. Alors, entre parenthèses, le FIS par là même mettait au secret toute une branche importante des nationalistes algériens ; par exemple, les berbéristes, les communistes, tous ce gens étaient au FLN, ou les gens de Ferhat Abbas qui étaient des républicains, tous ces gens naturellement pour les islamistes n’existaient pas, c’était le « parti de la France » (...)
Moi, je dirai que les islamistes n’ont pas vraiment voulu rejouer l’histoire du FLN, mais ils ont pris appui sur l’énorme trou de mémoire de la société algérienne. C'est-à-dire les reconstructions des récits historiques qui ont été entreprises par les pouvoirs successifs depuis les années 1960 jusqu’à nos jours, ont privé de mémoire la jeunesse algérienne, puisqu’on a diabolisé tout ce qui n’était pas strictement FLN (...) Et c’est sur la base de cette amputation mémorielle, de ce trou de mémoire géant que naturellement les gens du Front Islamique du Salut n’ont donné qu’une version de l’histoire, c'est-à-dire une version exclusivement identitaire religieuse.

J.C

12 avril 2007

Al-Qaïda frappe à Alger

Après l'attentat près des bureaux du gouvernement,
Alger, 11 avril 2007 (photo : Reuters)

Sale temps sur le Maghreb ... Au lendemain de nouveaux attentats kamikazes au Maroc, quelques mois après la découverte et l’élimination d’un groupe islamiste armé en Tunisie, « Al-Qaïda au Maghreb » devient une sinistre réalité après les trois attentats simultanés hier, à Alger et banlieue.

Le quotidien « Libération » mentionne ce matin le communiqué publié sur un site Internet, proche de la mouvance terroriste : « Nous ne serons en paix que lorsque nous aurons repris pied dans toute notre terre d’islam (...), dans notre Andalousie spoliée, et notre Al Qods (Jérusalem) violée ». Quelle jolie profession de foi ! Quelle franchise dans cet autoportrait, raciste, impérialiste, fanatique ! Toute contrée envahie un jour faisant partie du « Dar El Islam » pour les djihadistes, ils se fixent un programme de guerre illimitée dans le temps et dans l’espace, avec pour objectif de condamner (dans un premier temps), soit à la mort, soit à la conversion, soit à l’expulsion des millions de Catholiques espagnols ou de Juifs israéliens. Et ce, après avoir trucidé au passage quelques centaines de milliers de Musulmans, histoire de se constituer des bases arrière en prenant le contrôle des pays arabes. Mais cela n’émeut pas du tout nos doctes orientalistes, qui continuent de susurrer la douce musique du « conflit israélo-palestinien, racine de toutes les frustrations » ; ou les pacifistes de toutes obédiences (d’extrême-gauche, mais rejoints sur ce terrain par Jean-Marie Le Pen), qui nous disent qu’il est urgent d’abandonner l’Afghanistan aux Talibans - comme si cela allait calmer les kamikazes d’Alger ou d’ailleurs !

Sans doutes sera-t-il nécessaire de revenir sur l’Algérie dans une prochaine émission. Il y a plusieurs années, déjà, des Algériens, journalistes, intellectuels ou associatifs étaient venus témoigner à mon micro sur les massacres des islamistes du GIA, puis sur la terrible répression de la révolte kabyle. Disons-le franchement : au-delà du minimum de réserve que j’essaye de conserver, je n’ai jamais pu être pris en flagrant délit de complaisance vis-à-vis du Président Bouteflika, « faucon » en matière de relations avec la France ou Israël, mais singulièrement « colombe » quand il a décidé d’accorder une large amnistie aux anciens des maquis islamistes ... une politique désastreuse, quand on voit ces attentats.

Je parlerai par ailleurs de l’Algérie prochainement, mais en interviewant Benjamin Stora à propos de son dernier livre, « Les trois exils, histoire des Juifs d’Algérie » (Editions Stock). En attendant, et comme un curieux clin d’œil du passé au présent, on retrouve sur cette photo prise après l’attentat l’imposant bâtiment du « Gouvernement Général », héritage du passé colonial et haut lieu des manifestations pro « Algérie française » dans les années 50 !

J.C

18 février 2007

Une politique bien étrangère, 3/3 : Jack Lang, futur patron du Quai d'Orsay ?

Jack Lang et Manouchehr Mottaki,
photo tirée du site http://www.iran-resist.org/

La candidate socialiste n’a rien révélé sur la composition du futur gouvernement en cas de victoire aux élections présidentielles. Et Jack Lang nous a habitué à d’abord « rouler pour lui », ce qui en politique n’a d’ailleurs rien de particulièrement exceptionnel. On ne sait donc pas si ses voyages, au Moyen Orient de l’année dernière juste après la guerre du Liban (Syrie, Iran), puis en Algérie il y a quelques semaines, étaient de commande pour son parti ou programmés pour se construire un « curriculum vitae » de futur Ministre des Affaires Étrangères. Reste que l’on peut ressentir son accolade au « vrai Ministre » iranien des Affaires Étrangères, Manouchehr Mottaki, comme particulièrement obscène : le même Mottaki devait parader en présidant la conférence négationniste de Téhéran au mois de décembre. Kavéh Mohseni a eu plus que raison de « l’allumer » sur son site après cet étrange voyage, et je reproduis ci-dessous un extrait de son article. Et puis, voilà encore des propos ... bien mal à propos : Jack Lang a quasiment soutenu le gouvernement algérien dans sa demande d’excuses à la France pour « ses crimes » commis pendant la colonisation (voir l’extrait du journal « Le Monde ») ; et cela, sans un mot, sans un geste (même de retour en France) pour les milliers de victimes européennes du FLN ou pour les dizaines de milliers de Harkis assassinés après l’indépendance !

Source : Iran-resist, 4 septembre 2006 :

"Téhéran attire les vieux socialistes battus : il y a eu Oskar Lafontaine en avril, puis Joshka Fisher en août, Felipe Gonzalez la semaine dernière, et finalement the last but not the least, Jack Lang, l’homme qui est fâché avec les cravates au pays des malrasés en col Mao.
Si Felipé a entrepris une médiation entre Téhéran et Washington, à la demande de l’Iran, Jack travaille pour son propre compte et il y était pour se faire mousser. D’ailleurs nos prévisions ont été justes, il n’y pas trop parlé du sort des homos. Les homos, il faut les fréquenter pendant la Gay pride, on ramasse les voix dans la bonne humeur. A Téhéran, Jack, qui se voit déjà comme un ministre des Affaires Etrangères en cas d’une victoire de la gauche, a fait des déclarations qui laissent pensif. Il a tout simplement promis aux mollahs de leur pardonner tout et en plus de leur offrir des contrats mirobolants.
« Les Occidentaux devraient respecter pleinement la dignité de l’Iran et reconnaître son droit souverain à maîtriser la technologie nucléaire civile. Des négociations réussies entre Européens et Iraniens renforceraient la position de l’Europe et de l’Iran sur la scène internationale ... C’est inimaginable que l’on soit dans une telle nasse, dans une telle impasse. Il est de l’intérêt de tous de sortir de cette crise. Il faut négocier. J’ai dit aux Iraniens que si on sortait de cette situation, un boulevard allait s’ouvrir entre l’Iran et la France et l’Europe », a-t-il ajouté. "

Source : « Le Monde », 5 février 2007 :

"Jack Lang a déclenché une polémique en plaidant, dimanche 4 février, pour une "reconnaissance [par la France] des crimes commis par la colonisation" en Algérie. "La meilleure façon de s'excuser est de reconnaître la réalité des crimes qui ont été commis par la colonisation en Algérie de 1830 à 1962", a déclaré le conseiller spécial de la candidate socialiste Ségolène Royal.
"Il faut réformer les manuels scolaires français (...) qui présentent une histoire idyllique du colonialisme" et "décoloniser les mentalités", a dit M. Lang, à l'issue d'une conférence donnée à Alger à l'invitation de l'Institut des études stratégiques globales. "Il y a un devoir de réparation historique" à l'égard de l'Algérie, a ajouté M. Lang, insistant sur la nécessité de "construire des relations exemplaires entre la France et l'Algérie".

J.C

11 janvier 2007

Guerre d’Algérie, mémoires plurielles : écoutez Benjamin Stora sur le Web

Enfin ! J’ai le plaisir, à nouveau, de vous proposer l’écoute en podcast d’une émission ancienne de « Rencontre », diffusée il y a presque deux ans (le 16 janvier 2005).

Ce jour là, j’ai eu l'honneur d’avoir comme invité un très grand historien, Benjamin Stora, qui est une réelle référence pour ce qui concerne la guerre d’Algérie. L’interview a été bâtie autour de son livre, « La gangrène et l’oubli », et je vous invite à découvrir ou à relire l’article déjà publié sur le blog (cliquer ici).

Ce jeudi 11 janvier, « France 2 » doit diffuser une émission intitulée « La bataille d’Alger ». Beaucoup de réactions sont à prévoir, car on y verra comme invitées d’anciennes « poseuses de bombes du FLN » ... Décidément, après une période d’occultation parfaitement analysée par Benjamin Stora dans son livre, les blessures de ce douloureux conflit n’ont pas fini de cicatriser.

Vous pouvez écouter le podcast en appuyant sur play ou en le téléchargeant ici

powered by ODEO

J.C