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19 mars 2019

Antisémitisme : un message du Roi du Maroc adressé au siège de l'ONU


Message adressé par SM le Roi aux participants à une table ronde de haut niveau au siège de l’ONU sur « le pouvoir de l’éducation pour prévenir le racisme et la discrimination: le cas de l’antisémitisme »

SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, a adressé un message aux participants à la table ronde de haut niveau sur « le pouvoir de l’éducation pour prévenir le racisme et la discrimination : le cas de l’antisémitisme », tenue mercredi 26/09/2018 à New York, en marge de la 73-ème session de l’Assemblée générale de l’ONU.

Voici le texte intégral du Message royal dont lecture a été donnée par le Chef du gouvernement, M. Saâd Eddine El Othmani:

“Paix et Salut sur le Prophète, Sa Famille et Ses Compagnons.
Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,
Madame La Directrice Générale de l’UNESCO,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Je souhaite, tout d’abord, rendre hommage à l’UNESCO pour le travail remarquable qu’elle a accompli en faveur de l’éducation pour la paix, sous la supervision de sa Directrice Générale, Son Excellence Madame Audrey Azoulay.
La rencontre d’aujourd’hui se tient dans un contexte où plusieurs régions du globe s’inscrivent dans des logiques d’exclusion, de repli sur soi et de rejet de l’Autre. Les migrants sont trop souvent érigés en boucs émissaires, les réfugiés instrumentalisés et les minorités stigmatisées. Les discours de haine se multiplient, alimentant racisme, xénophobie, islamophobie, antisémitisme et bien d’autres formes de discriminations. Ils forment le terreau sur lequel prospère l’extrémisme violent et se propage l’insécurité.
En fait, le racisme en général et l’antisémitisme en particulier ne sont nullement des opinions. L’antisémitisme est l’antonyme de la liberté d’expression. Il manifeste la négation de l’Autre et constitue l’aveu d’un échec, d’une insuffisance, d’une incapacité à coexister. C’est le retour anachronique à un passé mythifié.

Est-ce là le passé que Nous voulons léguer en héritage aux générations futures ? Le flambeau que Nous leur céderons ne peut être obscurci par ces calamités qui rongent tant de sociétés.

Pour autant, la bataille contre ces fléaux ne s’improvise pas. Elle n’est ni militaire ni budgétaire ; elle est, avant tout, pédagogique et culturelle. Ce combat porte un nom : l’éducation. Et dans l’intérêt de nos enfants, il importe que nous le remportions car ce sont eux qui en seront les bénéficiaires et les ambassadeurs.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

L’éducation est la seule réussite qui peut, toujours, se prévaloir d’être à la fois individuelle et collective. Elle possède ce pouvoir insigne – et essentiel – de dépasser la crainte de l’Autre, de refuser les amalgames et de déconstruire les préjugés. Antidote puissant et arme salutaire, elle est également le ciment de la cohésion, un vecteur de l’égalité et une condition sine qua non du développement.
Dans le prolongement des Orientations que Nous avons explicitées dans le Discours du Trône du 29 juillet dernier , Nous avons tenu à placer les questions de la jeunesse au cœur du nouveau modèle de développement adopté par le Maroc.
Résolument engagé en faveur de la réalisation de l’Agenda 2030, le Royaume du Maroc a fait de la promotion d’une éducation de qualité, la force transformatrice qui relie les 17 Objectifs du Développement Durable.
Cette éducation de qualité doit enseigner l’Histoire à nos enfants, dans la pluralité de ses récits, évoquant les instants glorieux de l’Humanité et aussi ses moments les plus sombres. Elle doit développer leur ouverture au monde et à la diversité humaine et culturelle. Elle doit forger des esprits vifs, tolérants et avisés, qui trouveront leur épanouissement dans des pays comme le Maroc, où dialoguent librement et s’enrichissent mutuellement les cultures et les civilisations.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Mon pays, point de rencontre des civilisations arabo-islamique, africaine et judéo-chrétienne, est fidèle à une tradition immuable de modération, de coexistence et de compréhension mutuelle.
L’histoire des Juifs marocains en est une illustration, ô combien éloquente. Portée par les Sultans et les Rois du Maroc, elle est le récit d’un destin croisé et d’une continuité historique qui a, de tout temps, considéré « les Juifs comme des citoyens marocains ayant les mêmes droits égaux et complets, que leurs frères musulmans ». Juifs et musulmans se côtoyaient au quotidien, s’enrichissaient les uns les autres et s’imprégnaient de leurs éducations respectives.
Et la réalité de la cohabitation religieuse est tangible. Mosquées, synagogues et églises se côtoient dans différentes villes du Royaume. C’est cette image que nous souhaitons dessiner dans les esprits de nos enfants. C’est cet héritage que nous voulons leur léguer. Et c’est ce message de paix que nous sommes venus délivrer, en donnant à l’éducation, la place de choix qui lui revient unanimement.

Je vous remercie.
Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh”.

Source : Maroc.ma, 27 septembre 2018

04 janvier 2018

Jérusalem, les snipers et moi

Jérusalem divisée : le "no man's land" entre les deux secteurs de la ville, au niveau de la porte de Jaffa. Photo prise en 1964

J’imagine que certains lecteurs fidèles se sont étonnés de ne pas me lire à propos de Jérusalem, depuis ce mercredi 6 décembre où Donald Trump a fait sa fameuse déclaration, reconnaissant officiellement que la ville était bien la capitale d’Israël – une réalité depuis près de 70 ans mais en énervant beaucoup -, et disant qu’il transfèrerait plus tard l’ambassade américaine – quand, au fait ?


Il y a plusieurs raisons à cela : mon blog n’est pas un journal devant parler de tout et tout le temps ; on a déjà été saturé de nouvelles, analyses et points de vue, dans la presse et en particulier dans les médias communautaires ; mais il y aussi une autre raison qui me fait hésiter, alors que je m’étais promis de synthétiser mes idées dans un petit article.
Concernant Jérusalem, je pense en effet à une autre image : celle des « snipers » postés sur les hauteurs de la vieille ville, occupée par la Jordanie de 1949 à 1967 ( lire sur ce lien ), et qui faisaient de temps en temps des « cartons » rendant la vie difficile dans la partie ouest de la ville. Mais pour moi, les « snipers » ce seraient les lecteurs excités ; et j’y pense en voyant les commentaires furieux et les accusations gratuites qui pleuvent, côté juif comme côté musulman, dès qu’on essaie d’exposer des idées originales. Pourquoi « prendre des balles perdues » ? Sur les blogs francophones du « Times of Israël », j’ai recensé ainsi bien des commentateurs, jamais présents pour apprécier un article mais toujours là pour tirer à vue !

Quelques éléments quand même qui me semblent indiscutable, à propos d’une nouvelle partition de la ville qui parait souhaitée par une grande majorité de la communauté internationale.  

L’idée d’un « partage équitable » de la ville entre deux Etats coexistant en paix - position française et partagée par la majorité de l’Union Européenne, avec des exceptions apparues lors du vote à l’assemblée générale de l’ONU le 21 décembre - parait raisonnable pour des « tiers », neutres et n’ayant pas notre sensibilité juive sur la question. Or, il n’est pas inutile de rappeler ce que la Jordanie avait fait de l’accord de cesser le feu signé en 1949, voir ici : interdiction d’accès aux lieux saints du Judaïsme, saccage de synagogues et de cimetières … il y a de quoi raisonnablement se méfier. Et qui contrôlerait le respect des nouveaux accords ? Avec quelles forces de sécurité ? Et encore, à l’époque la Jordanie était un pays « raisonnable », allié des Occidentaux etc. Tandis que demain, côté palestinien, la prise de pouvoir immédiate par le Hamas ou l’un de ses clones serait tout à fait possible.

Ensuite, oui ce dernier vote de l’ONU, précédé par des résolutions - proclamées souvent avec virulence - par les représentants des autres « grandes religions », musulmans comme chrétiens, ont mis en évidence la solitude d’Israël et maintenant des États-Unis ; mais il convient aussi de garder la tête froide. L’Assemblée Générale de l’ONU a condamné la décision américaine, mais finalement en des termes relativement « soft », et surtout avec une majorité moins écrasante qu’on aurait pu le craindre. Pour rappel, entre les « non », les « abstentions » et ceux qui n’étaient même pas là pour voter, un tiers des États membres ont refusé de soutenir la résolution. Lire cette excellente analyse des votes sur le "Times of Israël" .

Ces réalités étant brièvement rappelées, j’ai trouvé insupportables les accusations concernant Emmanuel Macron et venant de mes ami(e)s de la Communauté : « coup de couteau dans le dos » ; « collabo » ; « lèche babouches » ; « antisémite ». « Notre » extrême droite impose ses éléments de langage à beaucoup, et c’est aussi insupportable qu’injuste. Pour rappel, des pays très proches d’Israël par leurs liens aussi bien économiques que militaires (Royaume-Uni, Allemagne, Italie) ont voté comme la France ; et, très prudent, le Président français a refusé, et de reprendre le rôle de médiateur des États-Unis, maintenant refusé par Mahmoud Abbas, et de reconnaitre un État palestinien tant qu’il n’y aura pas d’accord de paix.

Voilà ce que je voulais vous dire. Une annonce pour finir : mon émission traite rarement d’Israël et de son conflit avec les Palestiniens, mais on parlera de Jérusalem dans un numéro de « Rencontre » qui sera diffusé le 28 janvier : soyez nombreux à l’écoute !

J.C
 

01 mars 2017

Le rapport de l’ONU a révélé le visage réel du régime iranien



L’Organisation des Nations Unies a accusé la semaine dernière le régime iranien de violer de manière continuelle le droit international par l’envoi d’armes aux milices au Moyen-Orient. Le Sous-Secrétaire général de l’ONU pour les affaires politiques, Jeffrey Feltman, a déclaré que le régime iranien avait violé le droit international en envoyant des armes aux milices en Irak. Le Téhéran d’aujourd’hui a laissé derrière lui des années de pratiques mensongères et trompeuses, où il a parfaitement réussi à convaincre la communauté internationale que le régime tend en effet à changer son comportement au vu de l’arrivée au pouvoir du président Rohani. Les autorités iraniennes ont ainsi pu échapper à la surveillance internationale.

Le rapport indique qu’une cargaison d’armes a été saisie par la marine américaine dans le Golfe d’Oman. De plus, un rapport spécial présenté par le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon au Conseil de sécurité des Nations Unies lundi dernier indique que le régime iranien viole l’accord conclu il y a un an avec les puissances mondiales, sur son programme de développement nucléaire.

Les représentants français et américains ont déclaré que le régime iranien avait mené quatre essais de missile balistique depuis la signature de l’accord nucléaire avec les États-Unis et cinq autres puissances du monde l’an dernier.
Le rapport mentionne une cargaison d’armes iraniennes interceptée, à destination des rebelles au Yémen, et une violation des restrictions de déplacements des Iraniens comme le chef de sa force al-Qods, qui a récemment été aperçu en Irak.

Le Téhéran d’aujourd’hui a laissé derrière lui des années de pratiques mensongères et trompeuses, où il a parfaitement réussi à convaincre la communauté internationale que le régime tend en effet à changer son comportement au vu de l’arrivée au pouvoir du président Rohani. Les autorités iraniennes ont ainsi pu échapper à la surveillance internationale tout en poursuivant leurs quêtes égoïstes, outrageant autant la quiétude de leur peuple que les intérêts collectifs environnementaux, sociaux et politiques.

Le succès de cette parade qui a été longtemps jouée par le gouvernement iranien ne prouve qu’une chose : la réussite du gouvernement à achever de décevoir tous les observateurs de la politique iranienne, qu’ils soient de l’extérieur ou de l’intérieur du pays (y compris les opposants du CNRI). Ces derniers ont tenu samedi 9 juillet, le plus grand rassemblement d’opposants iraniens dans la capitale française. Les discours qui ont été tenus entre autres par la présidente du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), Maryam Radjavi et des représentants de délégations étrangères contre la théocratie iranienne, ont dénoncé une présentation factice du président Rohani comme un modéré. Une fausse image qui grâce à l’intoxication a cependant su se propager et persuader certains milieux en Occident. Une « modération » bien superficielle qu’il faudrait commencer à mettre sérieusement en cause. Il suffit de savoir que le 18 juillet dernier, le secrétaire général des nations unies Ban-ki-Moon avait publié un rapport de 17 pages traitant de la conformité de l’Iran à l’accord nucléaire, lequel était entré en vigueur en janvier de la même année. Ban –Ki-moon s’inquiète de la poursuite du programme balistique du régime iranien. Un programme qui n’a pas de raison d’être si on renonçait réellement à des ogives nucléaires.
Aujourd’hui il est temps, selon le CNRI de faire le point sur ces dits et sur cette image maquillée, embellie de la réalité du gouvernement iranien.
 
Malheureusement, cette fausse idée persiste encore grâce à l’aide précieuse de certains dirigeants occidentaux et défenseurs de l’accord nucléaire. Pendant ce temps l’Iran a le taux d’exécutions le plus élevé depuis 25 ans, et une attitude répressive et oppressive du gouvernement à l’encontre des artistes, intellectuels et opposants.
 
La résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies avait demandé à la République islamique d’éviter de développer son système de missiles balistiques, mais l’Iran a réalisé depuis la signature de l’accord en juillet dernier six tests de tirs de missiles. Entre-temps, les iraniens continuent d’expédier des armes dans les zones de conflits telles que le Yémen et l’Irak et de provoquer leurs adversaires traditionnels avec, à titre d’exemples, des tirs de roquettes à proximité des navires de guerre américains et européens.

Les partisans du régime iranien ont jusque-là eu l’audace de nier les livraisons d’armes, mais quant aux missiles balistiques où ils n’ont décidément d’autre choix que d’avouer. Ceci nous montre sans l’ombre d’un doute qu’il est désormais difficile si ce n’est impossible de croire dans les paroles d’un régime qui prétend rejoindre l’accord dans le long terme mais refuse d’appliquer la résolution de l’ONU. Il est également difficile de croire les déclarations de la Maison Blanche et de ses alliés qui espèrent toujours qu’une démonstration de modération se manifestera de la part du régime iranien. La question qui revient sans cesse est celle de savoir jusqu’à quand les grandes puissances occidentales continueraient-elles leur bienveillance, voir leur complaisance, à l’égard du régime iranien? Soutenir l’opposition démocratique ne serait-elle pas une alternative plus sûre et plus efficace pour l’avenir ?

Charles Delescluze,      

Site "Minute News", 27 juillet 2016

Nota de Jean Corcos :

Six mois après cet article, les choses semblent bouger au moins au niveau des États-Unis : la nouvelle administration Trump a adressé, le 1er février, une sévère mise en garde suite à un nouvel essai de missile à longue portée ;  et le secrétaire américain à la défense, James Mattis, a affirmé que l’Iran était « le plus grand État soutenant le terrorisme au monde ».