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02 septembre 2007

Qui ordonne de brûler la Kabylie ? par Ferhat Mehenni

Photo tirée du site "Kabyle.com"


Introduction :
Ferhat Mehenni est le Président du « Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie » (M.A.K). Il fait partie des contributeurs de toutes origines du site ami « primo-europe », en lien permanent ; ses lecteurs connaissent, en particulier, son courage à propos de ce qui concerne Israël et sa nécessaire reconnaissance par le monde arabe, et par son propre pays en particulier - l’Algérie, qui a hélas plusieurs métros de retard dans la reconnaissance du droit à la différence, pour les Juifs comme pour sa propre minorité berbérophone. Le site « Kabyle.com », également en lien permanent sur le blog, représente un courant proche de son mouvement. Aujourd’hui, il vient de publier un communiqué à propos d’un drame se déroulant en ce moment, de l’autre côté de la Méditerranée.
On parle en effet assez peu des incendies qui ont dernièrement ravagé la Kabylie, détruit des milliers d’hectares d’oliveraies et tué déjà une demi-douzaine de personnes ; contrairement à la Grèce, dont les dramatiques incendies de forêts ont été largement montrés aux informations et qui a appelé à l’aide les pompiers de toute l’Union Européenne, tout se passe comme si le gouvernement algérien voulait garder secret ce désastre. Cependant, quelques témoignages recueillis sur place ont pu être entendus sur des radios et ils mettent en cause l’armée en lutte contre les maquis islamistes. On trouvera sur ce lien l’article de « Kabyle.com » à propos de ces incendies ; et ci-dessous la copie du communiqué de Ferhat Mehenni.

J.C 

Qui ordonne de brûler la Kabylie ? 

Depuis l’opération ahurissante des terroristes islamistes à Yakouren, dans la nuit du 12 au 13 juillet 2007, et particulièrement ces derniers jours, l’armée stationnée en surnombre en Kabylie pour des raisons qui n’ont jamais été données, incendie volontairement les forêts et les oliveraies kabyles sous le fallacieux prétexte de la lutte anti-terroriste. S’il suffisait ponctuellement de mettre le feu aux forêts kabyles pour en finir avec les terroristes islamistes qui, rappelons-le, ne sont pas de la région, personne n’y trouverait à redire, puisqu’on gagnerait au change. Or, la méthode est loin de faire ses preuves. L’armée française qui, déjà, pendant la guerre d’Algérie, avait essayé le napalm contre les maquisards, s’était très vite ravisée en se rendant compte autant de l’inefficacité des incendies que des ravages que cela occasionnait à l’environnement. Pourquoi depuis plus de 45 jours s’entête-t-on à mettre le feu à la moindre broussaille de la Kabylie, en pleine canicule ?

Les éléments opérationnels de l’ANP n’auraient jamais décidé de leur propre initiative de pratiquer la politique de la terre brûlée en Kabylie s’ils n’en ont pas au préalable reçu l’ordre ou l’aval de la Haute Hiérarchie militaire. Qui est donc derrière ces ordres ? S’ils n’existent pas, pourquoi personne n’ordonne l’arrêt de ces feux volontaires qui font du quotidien kabyle un enfer et de la terre un désert ? Ne continue-t-on pas de faire payer aux Kabyles leur refus, d’une part de s’arabiser et leur volonté, d’autre part, d’exister en tant que peuple ?

Ces crimes contre les hommes et la nature kabyles seraient-ils, une fois de plus, comme lors de l’affaire de parachutage d’armes à Cap Sigli, près de Vgayet (Bougie), une vulgaire opération de diversion en attendant de régler en haut lieu la difficile question de la succession au sommet de l’Etat algérien ?

Le MAK s’insurge contre toutes ces pratiques qui martyrisent la Kabylie et s’indigne que les plus hautes autorités de l’Etat se comportent avec la Kabylie avec autant de mépris et de manque de considération. Il exige que ces incendies volontaires cessent au plus vite afin de permettre aux températures diurnes de redevenir clémentes et aux citoyens de respirer.
Le MAK lance un cri d’alarme en direction des ONG écologistes agréées par les instances internationales pour saisir la gravité des atteintes à l’environnement en Kabylie et, par conséquent, pour prendre leurs responsabilités afin de protéger la nature dans cette partie de la planète.


Kabylie le 30/08/2007P/Le MAK, Ferhat Mehenni, Président