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26 avril 2009

Conférence de Genève : 1/3, Bravo les étudiants juifs !

Un des étudiants de l'UEJF expulsé de la salle des assemblées du Palais des Nations, Genève le 20 avril 2009 (Photo Reuters)

Voici donc la série de reportages promis après cette mémorable semaine passée en Suisse, dans le cadre de mon reportage pour Judaïques FM ...

Le souvenir qui restera marquant, non seulement pour les fortes délégations de communautés juives venues du monde entier - j’y reviendrai plus tard -, mais aussi pour le grand public car l’évènement a été fortement médiatisée, aura été l’interruption pendant quelques secondes du discours du président iranien, venu cracher son venin en ouverture de la « Conférence contre le racisme » dite de « suivi de Durban » : des étudiants de l’Union des Étudiants Juifs de France (UEJF) portant perruques multicolores et nez rouges - le président, Raphaël Haddad en a même lancé un vers la tribune où Ahmadinejad venait de débuter son discours par des formules rituelles de bénédiction à Allah, avant d’être expulsé sans ménagement par des policiers de l’ONU !

Un grand bravo à l’UEJF, car je peux en témoigner, cette « opération commando » n’était guère aisée : munis d’un badge pour pénétrer dans le Palais des Nations, tous les délégués des ONG accrédités - dont ceux du CRIF, dont je faisais partie - ne disposaient pas du « deuxième sésame » nécessaire pour rentrer dans la salle des assemblées, réservée aux délégations officielles des 140 états officiellement présents à la conférence, ou aux quelques « happy few », journalistes accrédités et « pistonnés » divers ... qui, de toutes façons, avaient du faire la queue très tôt ce lundi matin 20 février. Quelques étudiants juifs français ont su bien s’organiser, pénétrer dans la salle et hurler « mascarade » à la face d’un négationniste, fanatique et antisémite venu donner des leçons d’antiracisme au Monde entier ! Je vous invite à visionner ci-dessous le petit clip vidéo immortalisant leur exploit. Et à lire en lien l’interview donné par Raphaël Haddad dans le journal "Libération".

Mais ce ne fut pas la seule manifestation de protestation, loin de là ! Tout d’abord, l’UEJF n’était pas seule, et une délégation de cent étudiants appartenant à l’ EUJS (« European Union of Jewish Students ») avait fait le voyage, participant à diverses tables rondes, manifestant à l’extérieur des Nations Unis avec des représentants du Darfour, et ramenant un maximum d’images et enregistrements ... J’ai eu ainsi le plaisir de faire la connaissance de Sacha Schmitz, jeune et dynamique étudiant belge qui a édité un blog spécialement dédié à cette conférence : et je vous invite fortement à lire les reportages très complets sur ce lien ! Ensuite, j’ai été personnellement témoin d’une autre manifestation de l’UEJF mardi 21 après midi, tout près de la fameuse « Serpentine » - immense cafeteria ainsi nommée en raison de son bar en forme de serpent : perruques, nez rouges, et à nouveau les cris de « mascarade » ... finalement, l’UEJF ainsi que son association affiliée « Coexist » furent expulsées de la conférence le jeudi 23, ainsi (souci d’équilibre ?) qu’une ONG iranienne qui distribuait des posters assimilant Israël au nazisme !

J.C


19 avril 2009

Je vais à Durban II !

Dessin de Riss dans "Charlie Hebdo"
(cliquer sur le dessin pour agrandir)

Une grande nouvelle pour les amis lecteurs du blog et auditeurs de Judaïques FM : j’ai eu la chance d’avoir été accepté dans la délégation du CRIF - où je fais partie de certaines commissions - qui se rendra à Genève pour la Conférence de l’ONU de suivi de Durban I (la "conférence contre le racisme" de triste mémoire). Le CRIF a, en effet, été accrédité comme ONG, ce qui lui permettra de suivre les travaux à l’intérieur du Palais des Nations. Pour rappel, cette conférence débute ce lundi 20 avril et doit s’achever le 24. Pour rappel également, ce grave sujet d’actualité a fait l’objet dernièrement de deux émissions avec Malka Marcovich, l’auteur de "Les Nations désunies. L’ONU contre les droits de l’homme", et de plusieurs publications ici (cliquer en libellé sur "Durban").

Bien entendu, je rendrai compte de ce que j’entendrai ou verrai lors des journaux de notre station, pour les éditions du soir (22 heures), et à d’autres moments si des développements graves se produisaient : tout le monde attend, notamment et avec inquiétude, le discours que doit prononcer le négationniste Ahmadinejad qui s’est invité pour lundi après-midi ... je vous renvoie à ce sujet aux informations et liens publiés par le CRIF vendredi dernier (voir ici).

Il y aura, en parallèle à cette conférence, des manifestations de protestation auxquelles doivent participer des représentants des communautés juives venus des quatre coins du Monde, et en particulier le 20 avril au soir, jour du "Yom HaShoah", et le 22 où deux colloques sont organisés sur l’initiative de l’ONG "UN Watch" : une conférence contre le racisme, la discrimination et la persécution et un programme sur le thème : "Israël veut la paix".

Je vous reparlerai de tout cela à mon retour ... en attendant, et vous le comprendrez, le blog sera en sommeil la semaine prochaine : rendez-vous dimanche 26 avril !

J.C

17 avril 2009

Un grand quotidien saoudien : L´Iran était autrefois un pays sunnite

Introduction :
Un nouvel et excellent article publié sur l’édition en français de « Memri », qui illustre la rivalité croissante entre les deux grandes puissances du Golfe (Iran et Arabie Saoudite), et surtout qui montre l’importance du passé et de la religion dans les relations régionales ... bonne lecture !
J.C

De récentes déclarations de hauts responsables iraniens revendiquant certaines régions du Golfe (1) ont exacerbé le conflit entre axe iranien et axe égypto-saoudien. (2) Le quotidien saoudien Al-Watan a ainsi publié un article virulent du directeur de la branche de Riyadh, Suleiman Al-Uqeili, au sujet du passé sunnite de l´Iran. L´article, intitulé "Droits des sunnites en Iran", affirme que l´Iran était autrefois un pays sunnite, mais que sa population sunnite a été contrainte de se convertir au chiisme au XVIème siècle.

Ci-dessous des extraits de l´article :

L´Iran était sunnite jusqu´au XVIème siècle"Jusqu´au Xème siècle de l´Hégire [XVIème siècle de l´ère chrétienne], l´Iran était un pays sunnite. Quand le Shah safavide Ismaïl (1) est arrivé au pouvoir en l´an 907 du calendrier musulman [1502 de l´ère chrétienne], il a forcé les sunnites à se convertir au chiisme en les sommant de choisir entre la conversion ou la mort. Il était très zélé et n´hésitait pas à prononcer le meurtre de quiconque désobéissait à ses instructions ou ne s´y conformait pas. On raconte que plus d´un million de sunnites ont été tués [pendant son règne]. La politique de persécution des sunnites s´est poursuivie pendant les périodes [qui ont suivi] en Perse [jusqu´à aujourd´hui], après la Révolution islamique.
Bien qu´un million et demi d´habitants originaires de Téhéran soient sunnites, ils n´ont pas une seule mosquée où prier et se rassembler. Parallèlement, [Téhéran a] des églises chrétiennes, des synagogues juives et des temples zoroastriens. Un citoyen musulman sunnite ne peut avoir de poste haut placé dans l´Etat [iranien], même en étant très instruit et en bénéficiant d´un soutien populaire important (...)"
"D´importants efforts sont déployés pour "persaniser" la région arabe du Khuzestân"
"D´importants efforts sont déployés pour "persaniser" la région arabe du Khuzestan (Arabistan), et la ville Al-Ahwaz, riche en pétrole, bien qu´elle soit située au sud ouest de l´Iran, où la majorité de la population est arabe sunnite. Les habitants arabes sont chassés de leurs foyers, notamment les sunnites, et remplacés par des familles d´origine perse. Les régions sunnites, aussi bien à l´ouest qu´à l´est de l´Iran (au Baloutchistan) sont soumises à une politique de marginalisation délibérée au niveau du développement, menée par l´exclusion des habitants des positions [gouvernementales].
Cette attitude raciste vise non seulement les sunnites, mais tous les Arabes [en Iran]. Des plaisanteries tournent les Arabes en dérision, et les gardiens (arabes pour la plupart) ont pour obligation de porter une ghutra [couvre-chef arabe local], afin d´être humiliés et différenciés des Iraniens. Quand je me suis rendu en Iran en 2002, j´avais un chauffeur irakien et un interprète. Il se plaignait de ce que les Iraniens traitent mal les Arabes et les méprisent, affirmant qu´il aurait aimé ne pas vivre à Téhéran ...
En Iran, les oulémas et les dirigeants arabes et sunnites se font tuer, les militants civils sont arrêtés et l´on tente de réprimer la culture arabe. Malgré cela, les organisations des droits de l´Homme gardent le silence - comme si elles s´étaient liguées avec le régime des mollahs. Rien n´a été dit, mises à part quelques faibles protestations contre ce qui est arrivé à l´avocate iranienne Shirin Ebadi. Le traitement réservé aux Arabes sunnites a été dénoncé pour la dernière fois il y a quatre ans, quand l´organisation Human Rights Watch, dans son rapport international de 2005 (...) a décrété que les minorités ethniques et religieuses d´Iran subissaient encore la discrimination et même l´oppression."
"(...) le régime iranien ne cessera pas de s´ingérer dans les affaires des [pays] environnants"
"Bien que l´[establishment] iranien soit aussi fragile que s´il était en verre, le régime iranien ne cessera pas de s´ingérer dans les affaires des [pays] environnants. Il s´infiltre dans les institutions culturelles et médiatiques, enflamme les minorités, propage le sectarisme, forme des partis religieux, plante ses griffes dans la politique intérieure [des pays arabes] et persiste à soutenir l´extrémisme sunnite afin de déstabiliser ces pays au niveau de leur politique intérieure et sociale."

Notes :
(1) Dans un discours du 10 février 2009 prononcé à Mashhad à l´occasion du 30ème anniversaire de la Révolution islamique, Ali Akbar Nateq-Nouri, conseiller du Guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré : "A l´époque de l´incompétent [Shah] Reza Pahlavi, l´une de nos provinces nous a été confisquée : celle que l´on appelle aujourd´hui "Bahreïn" (...) Bahreïn était alors la 14ème province [de l´Iran] et avait même son propre représentant au Majlis (...)" (Khorasan, Iran, 11 février 2009)
L´Iran et les Etats du Golfe se disputent en outre la souveraineté sur les trois îles de la Grande Tunb, la Petite Tunb et Abu Moussa.

(2) Voir MEMRI Inquiry and Analysis No. 492, "An Escalating Regional Cold War - Part I:
The 2009 Gaza War,
http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=ia&ID=IA49209.
(3)Al-Watan (Arabie saoudite), 23 février 2009.

Dépêche spéciale MEMRI n°2256

14 avril 2009

Rediffusion de mon interview du grand romancier algérien Boualem Sansal, le dimanche 19 avril


Le 22 février dernier j'ai eu le très grand honneur de réaliser, par téléphone depuis l'Algérie, une interview avec le romancier Boualem Sansal : nous avions parlé de son roman "Le village de l'Allemand ou le journal des frères Shiller" (Éditions Gallimard), et le thème de l'émission était : "Du nazisme à l'islamisme".
Ceux qui auront manqué cet entretien très fort, réalisé avec une personnalité exceptionnellement courageuse - l'auteur vit dans un pays où la Shoah reste un tabou -, pourront l'écouter dimanche prochain : en effet, le 19 avril sera commémoré à Paris l'anniversaire de la révolte du Ghetto de Varsovie (deux jours avant le "Yom HaShoah") ; et Judaïques FM diffusera une série d'émissions spéciales, dont la mienne reprise pour l'occasion.

Pour ceux qui auraient raté les articles sur le blog, cliquer sur le nom de l'invité en libellé pour en savoir plus.

J.C

13 avril 2009

Un poisson d’avril symptomatique

J’ai le privilège - comme sans doutes quelques milliers de membres de ma communauté - de recevoir des « informations » dans le cadre des innombrables « mailing lists » que j’ai rejointes, la plupart du temps sans jamais rien demander à personne.
Le fait que je reçoive à la fois des « newsletters » issus par des mouvances très à gauche ou très à droite n’a en soi, rien de choquant : le très large spectre politique de mes invités passés explique, peut-être, que l’on me « catalogue » ici ou là, ou alors c’est ma qualité de journaliste sur une radio de la bande FM qui explique ces canaux documentaires.

Beaucoup plus problématiques, en revanche, sont les « infos » reçues de l’intérieur de la communauté juive, et qui ont (presque) toutes la particularité :
1) d’être systématiquement pessimistes ;
2) de se positionner toujours en faveur de la droite, en Israël bien sûr mais pas uniquement dans ce pays ;
3) de considérer - pour parler vite - l’ensemble des Musulmans comme une horde hostile, n’aspirant qu’à conquérir la Planète - et donc en particulier la France.
Le pire, c’est que pour relayer des nouvelles de cet acabit les mêmes n’hésitent pas, parfois, à prendre pour source des sites Internet qui - mais qui se donnent la peine de les lire en entier ? - font preuve du même racisme envers les Juifs qu’envers les Arabes !

En voici un exemple récent, qui est plus triste que drôle à la réflexion ...

En début de semaine dernière, je reçois de deux sources différentes le texte suivant :
"Obligés de décrocher les enseignes cruciformes des Pharmacies ?
Susceptibilité antichrétienne : les pharmacies parisiennes bientôt obligées de décrocher leur enseigne cruciforme ?
01/04/2009 - 08h00 Paris (NOVOpress) - Une association maghrébine parisienne, Paris-Beurs-Cités, a adressé il y a une dizaine de jours une lettre à la mairie de Paris afin de demander que soient «progressivement supprimées des devantures des pharmacies les enseignes en forme de croix ». La conseillère technique du Cabinet de Bertrand Delanoë en charge des cultes, Ilda Vrospinos, lui a officiellement répondu que sa demande allait être « examinée avec la plus extrême attention ». L’association, qui se présente pourtant comme « non confessionnelle » et entend « regrouper les jeunes Français issus de l’immigration maghrébine afin de les aider à trouver leur place dans une société encore largement discriminatoire » explique sa démarche par le fait que « ce symbole religieux ostentatoire, vestige d’une époque révolue où la religion catholique était omniprésente dans notre pays » est susceptible de « heurter la susceptibilité des croyants non chrétiens mais aussi des personnes non ou antireligieuses » et « contrevient gravement au principe républicain de laïcité ». « Alors que la crise économique accroît les risques d’affrontements intercommunautaires, ces enseignes à forte connotation religieuse pourraient être ressenties par certains comme une forme de discrimination, voire comme une provocation », poursuit Paris-Beurs-Cités.La demande pourrait bien aboutir si l’on en croit la réponse officielle de Mme Vrospinos, qui affirme dans la lettre qu’elle a adressée à l’association « comprendre pleinement [ses] préoccupations ». La conseillère technique indique qu’elle va « soumettre[sa] demande à Bertrand Delanoë qui, n’en doutez pas, va l’examiner avec la plus extrême attention ». Elle précise également que le maire de Paris « qui a fait du "vivre ensemble" l’un des fondements de son engagement », « est très attentif à la bonne entente entre communautés » et qu’il est « pleinement conscient du caractère néfaste de certains anachronismes ». Une dernière phrase lourde de menaces ..."

Ceux qui ont relayé une telle « information » connaissent-ils la littérature publiée par « NOVOpress » ? Non ? Qu’ils visitent donc leur site à cette adresse :
http://fr.novopress.info/index.php. 
Site des « identitaires », mouvance d’extrême droite à la fois hostile aux États-Unis et à Israël et partisan d’une alliance utopique entre une Europe « blanche » et la Russie de Poutine, voici qui aurait du rebuter un peu nos intrépides « informateurs » !

Mais, en plus, ils se seront couverts de ridicule ... car il s’agissait d’un poisson d’avril, reconnu par le site au lendemain de sa publication, « Ilda Vrospinos » étant justement l’anagramme de « poisson d’avril ».

Moralité : si dans la communauté juive aujourd’hui, on est capable de se laisser intoxiquer comme cela, c’est le symptôme d’une peur et d’une angoisse pour l’avenir très profonde ; et qui ne fait pas du tout sourire ...


J.C

08 avril 2009

Pessah Sameah !



Joyeuses fêtes de Pessah, "Pessah casher vesameah" selon la formule rituelle !

Vœux qui s'adressent bien sûr aux lecteurs du blog - et auditeurs de l'émission - de notre communauté.

Pour les nombreux autres qui me font l'honneur de me suivre, un petit rappel : cette fête, qui commémore la miraculeuse sortie d’Égypte par le peuple hébreu, dure huit jours. Partagés eux-mêmes en "fêtes" et "demi-fêtes". Pendant les fêtes (appelés "yom tov"), pas de diffusion de notre radio - comme pendant le Shabbat. Pas de publication non plus, dans le même respect, pour le blog ... qui ne sera pas réactualisé donc avant dimanche 12 avril, puis au repos les 15 et 16 avril.

Ceci ne me fait pas oublier, bien sûr, nos amis chrétiens dont beaucoup sont des lecteurs fidèles ou occasionnels : les fêtes de Pâques tombent cette année dimanche et lundi prochains, bonne fêtes à eux également !

J.C

07 avril 2009

Rediffusion le 12 avril de mon interview du professeur Mohammed Ennaji


Dimanche particulier sur Judaïques FM le 12 avril ...

Ma série n’étant pas hebdomadaire, un numéro de « Rencontre » viendra exceptionnellement occuper le créneau habituel (9h30-10h) de l’émission du Centre Communautaire, en vacances pour cette fois-ci. Cherchant quelle rediffusion pouvait intéresser les auditeurs, et en ne voulant pas faire réentendre des analyses anciennes de l’actualité, j’ai pensé à une belle interview diffusée il y a un peu moins d’un an : celle de Mohammed Ennaji, professeur à l’Université Mohammed V de Rabat, réalisée par téléphone depuis le Maroc : nous avions discuté de son livre, « Le sujet et le mamelouk, esclavage, pouvoir et religion dans le monde arabe ». Un sujet de fond qui lui, n’a pas pris une ride depuis un an !

Cliquer sur ce lien pour lire la présentation déjà publiée dans le blog. 

J.C

06 avril 2009

Israël, le code a changé : un éditorial lucide de Claude Imbert

Introduction :
Je ne partage pas toujours les analyses de Claude Imbert, et je dois avouer ne pas être un lecteur régulier du journal « Le Point ». Mais j’ai été fortement ébranlé par cet édito, vieux d’un petit mois et signalé par une amie. Pour reprendre le titre d’un film récent à succès, oui « le code a changé » au Moyen-Orient, et pas dans un sens favorable à Israël ... à son nouveau gouvernement de partager la lucidité de cette analyse !
J.C

Pour baptiser, en 1947, à l'Onu, l’État juif naissant, Staline fut décisif. Avec, dit-on, ces mots : « Il faut donner Israël aux juifs mais les ennuis là-bas vont déferler. » Soixante-deux ans plus tard, ils déferlent toujours et le Proche-Orient va de mal en pis. A la grande crise financière qui plante son drapeau noir sur la planète le Proche-Orient ajoute son pandémonium.

Après la tragédie de Gaza, l'élection israélienne propulse à l'avant-scène les élus incommodes du « bunker juif ». Les Palestiniens sur leurs ruines enflamment comme jamais le monde arabe, voire musulman. L'Iran conforte sa tutelle sur le Hezbollah libanais, sur le Hamas palestinien et continue de tripoter son Meccano nucléaire. Le Pakistan et l'Afghanistan grondent à l'horizon. Et Obama, messie de la nouvelle Amérique, se voit pressé de prévenir un embrasement qui menace de tourner au conflit de civilisation.
Le Club de Monaco, colloque de politiques et experts de bon niveau, qui chaque année ausculte cet Orient compliqué, constate que les seuils d'explosion se rapprochent. Les voies de la délivrance sont toujours cadenassées. Mais le code, il est vrai, a changé.

Et d'abord chez le grand manitou américain. Obama détient le code principal du changement. Mais de quelle envergure ? Il peut se contenter de clore la parenthèse bushiste et revenir, pour le Proche-Orient, aux avancées consistantes de Bill Clinton. Voudra-t-il aller plus loin ? Pour l'heure, il dégage ses troupes d'Irak dans un délai prudent que Bush n'eût pas désavoué. Il expédie un homme-lige, George Mitchell, à Jérusalem pour parer au plus pressé. Il lance quelques appâts à la Syrie, afin qu'elle ne contrarie pas l'entremise égyptienne pour une réconciliation acrobatique entre les frères ennemis du Hamas et de l'Autorité palestinienne. Il s'agit, pardi, de redonner une seule voix à la Palestine.
En fait, la réelle portée du changement de l'Amérique sera jugée sur son comportement à l'égard de l'Iran, avec lequel Obama a dit vouloir négocier. Et, plus encore, à l'égard d'Israël, tant la conviction s'établit que Palestiniens et Israéliens n'ouvriront jamais, à eux seuls, la porte de la paix.

Attention ! Le climat international se dégrade dangereusement pour Israël. L'équipée de Gaza et le raidissement électoral israélien avivent contre l’État juif les passions arabes et le fanatisme islamiste. Mais ils accroissent aussi les lassitudes de ses alliés naturels. Israël, lopin d'Occident fiché en terre arabe, devient pour un Occident fatigué un partenaire indisposé et qu'il faudra tôt ou tard sauver malgré lui. On s'agace de l'extension impudente des colonies juives et de la surdité d'un système politique émietté par le mode de scrutin.
Quant au bilan de l'expédition de Gaza, il devient médiatiquement désastreux : le Hamas islamiste en sort non point affaibli mais fortifié dans les opinions arabes. Là-contre, Israël se cloître dans le réduit de sa puissance militaire. Pour ne pas s'y enfermer avec lui, l'Occident ne songe qu'à imposer un plan de paix plus ou moins connu : contre l'avènement d'un État palestinien, il garantirait à Israël le non-retour des réfugiés palestiniens et une sécurité militarisée (otanisée ?) sur le Jourdain, mais il imposerait le partage réel de Jérusalem et une ligne frontière qui chasserait de Cisjordanie les colonies qu'Israël n'a cessé d'y développer. Projet inacceptable pour le pouvoir juif fraîchement élu. Ambiance !

Parce que l'Iran maintient, via le Hezbollah libanais, via le Hamas et son allié syrien, un pouvoir de nuisance déterminant, les stratèges en chambre affirment qu'un accord global avec l'Iran dégèlerait le glacis israélien. Mais comment ? L'Iran théocratique garde assez d'atouts pour ne pas renoncer à la bombe nucléaire, - ou du moins modèle japonais, à la capacité de s'en doter. Israël et l'Amérique, après des sanctions renforcées, n'excluent toujours pas l'hypothèse d'une frappe militaire sur l'Iran. Mais, autre évolution notable, cette éventualité jugée partout « catastrophique » est de plus en plus rejetée en Occident. On y palabre sur la vulnérabilité du régime iranien. On y calcule que l'aversion atavique des pouvoirs arabes et sunnites contre la poussée perse et chiite assouplira les prétentions arabes contre Israël... Inch Allah !

Sur ces sables mouvants, l'Occident profile donc de nouvelles pistes. La pression américaine sur Israël va s'accentuer. Le Hamas palestinien est, en façade, ostracisé comme « terroriste », mais déjà ménagé comme interlocuteur obligé. L'arsenal nucléaire iranien déclaré « inacceptable » est accepté dans quelques hypothèses de négociation.
Ainsi l'Occident diminué échafaude-t-il de nouveaux compromis, ou de nouveaux reculs. Le code a bel et bien changé. Mais nul ne sait quelle paix entravée gémit, depuis soixante-deux ans, derrière la porte.

Claude Imbert,
"Le Point", 5 mars 2009

05 avril 2009

Tel Aviv : une photo drôle pour un jeune centenaire !

Photo tirée du site du journal "Haaretz"

Ainsi va la vie en Israël : les larmes n’étaient même pas séchées au lendemain d’un horrible attentat (article précédent), et la grande métropole israélienne lançait les festivités de son centenaire !

Cette photo a été prise lors d’un défilé haut en couleurs dans les rues de Tel Aviv, et je l’ai choisie parce qu’elle est à la fois drôle et totalement décomplexée : à l’image de la jeunesse de cette cité, la plus dynamique du pays !

J.C

"Le cercle des endeuillés", un poème bouleversant en hommage à Shlomo Nativ (z"l)

Je reproduis ci-dessous le poème bouleversant écrit par Rachel Franco, le soir même de l’assassinat ignoble du jeune Shlomo Nativ (z"l), massacré à coups de hache par un terroriste palestinien le jeudi 2 avril.

Un jeune garçon est mort
Que je ne connais pas ;
Assassiné à coups de hache
Par un fou d´Allah
Adorant son dieu dans le sang et la haine.

Dans sa treizième année,
Le jeune garçon est mort.
L´âge des promesses à venir
Qu´au cœur de son jardin de vie,
Il lui suffisait de cueillir.

Ce soir, une nouvelle famille brisée
Est venue élargir
Le Cercle des endeuillés.
Ce soir, Israël est en larmes,
La vie s´est arrêtée.

C´est à petits pas qu´il quittait l´enfance,
C´est confiant qu´il se rêvait adolescent,
Shlomo dont le prénom si doux
Évoque la Sagesse et la Paix,
Que les fous d´Allah ont assassinés.

Un jeune garçon est mort,
Emportant avec lui la vie de tous les siens ;
C´est aussi une part de mon enfance
Qu´il emporte avec lui,
L´enfant qui jamais plus ne grandira.

Et le monde continue de tourner
Et les Présidents de discourir
Faut-il ou non négocier avec les fous de dieu
Pour qui la mort et la haine
Sont plus beaux que la Vie ?

Parce qu´il est enfant d´Israël,
A coups de hache, la terreur a frappé,
Sans voir dans les yeux du garçon
L´image de Dieu que ces hommes avilissent.

Puisse le Consolateur sécher les larmes
Et que repose en paix cette petite âme.

Rachel Franco
2 Avril 2009

03 avril 2009

Le « projet Aladin » : enfin une arme contre le négationnisme en terre d’islam !


On se reportera à la page publiée sur le site de "Fondation pour la Mémoire de la Shoah" pour avoir une présentation, à la fois du projet et de ses parrains. Ci-dessous un extrait :

« Le Projet Aladin est né d’un constat accablant concernant la prolifération du négationnisme dans le contexte du conflit israélo-palestinien. Face à cette déferlante, il est très difficile de trouver des informations historiquement fiables sur la Shoah que ce soit en arabe, en persan ou en turc. Le Projet Aladin veut pallier ce manque et favoriser un dialogue fondé sur la connaissance et le respect mutuels. Commun à de nombreuses langues, le mot Aladin est un trait d’union entre les cultures. Il symbolise également les lumières de la connaissance. »

Point très important, ce projet est d’ores et déjà soutenu par deux cent personnalités musulmanes (voir sur le lien ci-dessus). Il a été inauguré de façon solennelle à l’UNESCO, ce vendredi 27 mars.

Pour parler ici sans langue de bois, il convient de rappeler que le Yad Vashem de Jérusalem a lancé il y a déjà quelques années des sites Internet en langues arabe et persane. Mais qu’il était difficile, vu le contexte, d’associer autour d’une telle institution des personnalités de pays n’ayant pas de relations diplomatiques avec Israël. C’est donc la Fondation pour la Mémoire de la Shoah - institution française disposant de fonds importants et d’un solide réseau de relations internationales - qui a lancé le projet.

On trouvera dans cet article du "Figaro" un compte-rendu du discours à l’UNESCO de Jacques Chirac, un des « parrains », où il s’émeut des ravages du négationnisme en terre d’islam. Extrait :
« Jacques Chirac a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas de vouloir « faire porter aux pays musulmans une culpabilité qui n'est pas la leur ». Il a cependant souligné l'importance de «faire connaître la Shoah, pour la faire sortir du silence que l'on a fabriqué autour d'elle, dans beaucoup de pays». Pour lui, les raisons de ce silence sont simples : «Évoquer la Shoah risquait de susciter dans ces pays un sentiment de sympathie pour les Juifs et l'existence d'Israël. Alors, a-t-il dit, on l'a cachée.»
L'ancien président s'est inquiété du fait que «les conflits incessants du Proche-Orient servent aujourd'hui de prétexte à une nouvelle haine d'Israël. Elle est en train de devenir une nouvelle haine des Juifs ; cette haine se répand», a-t-il observé. Elle peut être le début d'un nouveau cauchemar. Chirac insiste : «Il n'y aura pas de paix au Proche-Orient tant qu'il n'y aura pas de reconnaissance et acceptation de l'État d'Israël.» Et ajoute : «Mais il n'y aura pas reconnaissance mutuelle réelle sans assentiment des peuples (...) sans une compréhension plus intime.»

En attendant, et en espérant bien sûr des retombées positives et à long terme d’un tel projet, un récent évènement vient rappeler, hélas, le gouffre de sensibilité séparant Juifs et Arabes sur le sujet : un orchestre de musique classique composé de jeunes du camp de réfugiés de Jenin, en Cisjordanie, a joué la semaine dernière en Israël, devant des survivants de la Shoah : dès leur retour, l’orchestre a été dissous, un officiel palestinien déclarant « que l’Holocauste était un sujet politique » (lire l'article sur le site du "Haaretz").

J.C

02 avril 2009

Egypte : trente ans de paix avec Israël

Introduction
Je publie, avec un petit retard sur l’évènement, un long article sous la signature de mon ami Souhail Ftouh de Tunis et évoquant le trentième anniversaire - le 26 mars - du traité de paix israélo-égyptien. Les lecteurs fidèles ne seront pas surpris, à la fois par les lignes très sympathiques évoquant l’État d’Israël, et par l’optimisme inébranlable de cet ami qui espère toujours en une réconciliation judéo arabe proche et sincère. Je partage cet optimisme ... pour le long terme, car sinon ce serait désespérer de la vocation même de l’État juif ! Mais il me faut quand même nuancer sa description des relations bilatérales : la société égyptienne, ses élites et sa presse sont viscéralement anti-israéliennes, avec même un inquiétant succès des thèses antisémites et négationnistes et qui ne date pas d’hier ; le gouvernement égyptien n’a pas été efficace - c’est le moins que l’on puisse dire - face au trafic d’armes alimentant le Hamas à Gaza ; et la succession de Moubarak inspire les plus vives inquiétudes aux analystes ! Ceci étant, l’Égypte a eu une attitude plus que modérée lors de la dernière guerre à Gaza, et le traité de paix est plus que nécessaire à la stabilité régionale ...
Bonne lecture !

J.C

C'est avec Menahem Begin, le père fondateur du Likoud, qu'Anouar el-Sadate premier dirigeant arabe signa un accord historique de paix le 26 mars 1979 sur la pelouse de la Maison blanche à Washington en présence de Jimmy Carter. Cette paix historique, qui fête aujourd’hui ses 30 ans, demeure l’un des événements les plus marquants dans l’histoire du Proche Orient.


Ce Traité de 1979 bouleversa la donne au Moyen. Pour la première fois, un grand pays arabe reconnaissait l’État hébreu, optant pour une non-belligérance à laquelle se sont ralliés de jure la Jordanie et de facto d'autres pays arabes. Cet accord de paix, qui coûta au Caire d'être mis au ban du monde arabe, a survécu à la saga de l'effusion de sang et d'une paix toujours introuvable entre Israël et les Palestiniens. L’accord historique de paix, signé en 1979 entre les grandes puissances du Proche Orient, a confirmé qu’Israël et l’Égypte sont les leaders de la région. La guerre est terminée. Les choses ont changé, nous avançons loin des vieilles et fatigantes idées de la « cause arabe palestinienne », et « l’éternelle lutte contre Israël». Les dirigeants égyptiens vous diront aujourd’hui que nous avons changé et nous avançons vers le futur. L’Égypte et même par la suite la Jordanie, qui ont signé des traités de paix, n’iront pas à la guerre pour les autres (1).

Le 26 mars 1979, la poignée de main entre le Premier ministre israélien Menahem Begin et le président égyptien Anouar el-Sadate entrait dans l'histoire comme le début d’une ère nouvelle. Dans ce geste fort et symbolique, les Israéliens voyaient non seulement la fin d'une guerre avec leur plus grand voisin mais aussi l'espoir de relations chaleureuses avec le peuple d'à côté. Reste que la Paix au niveau officiel, n'a pas creusé son sillon jusqu'à l'homme de la rue en Égypte. Un grand effort devait être accompli par le gouvernement et la société civile égyptienne pour atteindre le cœur des gens et c'est ce qui manque aujourd’hui. Au cours des prochaines années, les responsables au Caire devront travailler afin que le peuple et la société égyptienne puissent condamner avec vigueur le terrorisme et la barbarie inhumaine qui veut encore frapper Israël. Il doivent aussi savoir que la responsabilité de la non progression des négociations avec les Palestiniens revient à la faiblesse, au manque de courage, et au manque de volonté de la direction palestinienne d’aboutir à un accord.

Les 30 ans des accords de paix entre l’Égypte et l’État hébreu peuvent ici servir d’exemple. Les Égyptiens sont aujourd’hui les partenaires privilégiés d’Israël dans la région. Les liens économiques ne sont pas négligeables, avec un grand contrat gazier et des zones industrielles communes en Égypte. Les échanges ont été de 271 millions de dollars en 2008, avec une hausse de 450% sur quatre ans.Des commissions conjointes sont actives dans les domaines de l'économie et de l'agriculture, et des milliers d’Égyptiens se rendent en Israël pour une formation dans le secteur agricole et la santé publique selon le ministère israélien des Affaires étrangères. L'accord a également apporté à l’Égypte des milliards de dollars d'aide américaine annuelle. Les Égyptiens entretiennent aussi des liens professionnels avec Israël. Onze mille égyptiens travaillent et vivent en Israël. Certains sont même mariés avec des arabes ou des juives israéliennes. Ils profitent de la liberté et des conditions de vie confortables dans l’état hébreu.

Ces relations ont offert aux deux voisins exactement ce dont ils avaient besoin: la Paix et la stabilité avec leur plus grand ennemi. L'accord de Paix a fait ses preuves au fil des ans, observait l'ambassadeur d'Israël en Égypte, Shlomo Cohen.

Sur le plan de la sécurité, de la politique, de l'économie et à d'autres niveaux, cet accord est aussi très réussi. Les commandants militaires des deux pays se retrouvent régulièrement pour coordonner des questions de défense, de lutte contre le terrorisme, notamment liées à la longue frontière, largement dépourvue de clôture, qui court dans le désert et à la frontière sud de la Bande de Gaza avec l’Égypte. Hosni Moubarak est un homme courageux qui aime son pays, qui s’attache à la paix et la prospérité de l’Égypte en refusant l’aventurisme que prônent certains semeurs de troubles dans la région. Au début de la guerre de Gaza, le Raïs a vertement rappelé à la Syrie, à l'Iran et au Qatar, que l’Égypte n'avait pas recevoir des leçons d'eux, ayant mené quatre guerres contre Israël de 1948 à 1973.

Si l’Égypte critique quelquefois la politique israélienne à l'égard des palestiniens, le Caire fait office de médiateur important entre les parties. L’Égypte tente actuellement de favoriser un cessez-le-feu et un échange de prisonniers entre Israël et le Hamas au pouvoir dans la Bande de Gaza. Elle accueille aussi des pourparlers de réconciliation entre le Hamas, radical, et son rival modéré, le Fatah, soutenu par les Occidentaux. Monsieur Moubarak est aussi très soucieux du dossier de Guilad Shalit, otage israélien dans la bande Gaza (2).

Cet anniversaire est aussi l’occasion de confirmer l’amitié et les règles de bon voisinage qui relient l’État hébreu et la République arabe d’Égypte. Le président et prix Nobel de la paix Shimon Peres, a téléphoné à son homologue égyptien, Hosni Moubarak, pour le féliciter à l'occasion des 30 ans de l'accord historique de paix signé entre leurs deux pays. «Il n’y a aucun doute que même si les trente années écoulées n’ont pas été parfaites, elles sont néanmoins par mille fois préférables au conflit et à la guerre entre nous» a affirmé Peres à Moubarak, qui lui a répondu qu’il n’était pas dans son intention de changer quoique ce soit à la politique de paix avec Israël, assurant que «celui qui veut la guerre, n’a jamais ressenti ce qu’elle est vraiment». Le gouvernement israélien a marqué aussi l'anniversaire du traité par une réception. Au nombre des invités de la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni figurait l'ambassadeur égyptien Yasser Rida. Lors d'une conférence à Jérusalem, le 25 mars, M. Reda a estimé que le traité israélo-égyptien de 30 ans devait servir de base à une paix globale dans la région. Il a appelé Israël à embrasser un plan de paix régionale. L’Ambassadeur égyptien en poste en Israël s’est félicité aussi du bon niveau de coopération entre les deux pays amis. Au Caire, Hossam Zaki, porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, a souligné que son pays considérait l'anniversaire comme une occasion de réfléchir "sur ce qui a été accompli et ce qui pourrait être accompli". La diplomate israélienne Amira Aron (qui parle parfaitement l’arabe) a, elle, insisté sur les relations populaires entre Israéliens et Égyptiens qui pourraient, selon elle, s'améliorer si les deux parties en finissaient avec les stéréotypes négatifs. Une personne qui apprendre "à mieux connaître son voisin en a moins peur", note-t-elle. "Cela prendra beaucoup" de "temps, mais nous allons dans la bonne direction"(3).

Israël est peut-être le pays où il y a le plus grand nombre de pacifistes au m². Et quand on voit par exemple, combien d’Israéliens descendent à chaque occasion dans la rue pour réclamer la fin des conflits, on doit remercier Israël pour ses efforts constants pour la stabilité et la paix au Proche-Orient. Les gens qui nient les efforts d’Israël pour la paix sont des gens qui nieraient l'évidence même de la terre, de l'eau, et du feu. C’est oublier aussi qu’Israël, au nom de la paix avec l’Égypte, détruisit la ville de Yamit dans le Sinaï, mais aussi toutes les implantations de la bande de Gaza, dans l’espoir de voir ce territoire devenir prospère entre les mains des Palestiniens. C’est oublier encore qu’Israël se retirera seulement des territoires lorsque la Paix, exigée par tout processus, sera assurée définitivement par ses voisins immédiats.

Nous gardons, dans tous les cas, un espoir de voir des dirigeants arabes courageux à la hauteur d’ Anouar el-Sadate qui sont prêts à mette fin aux hostilités, des dirigeants qui privilégieront la prospérité, la modernisation et le bien être de leur peuple. Je tiens ici à remercier Menahem Begin le combattant inébranlable. Il fut un premier ministre brillant, intègre et réellement animé par l'amour immodéré pour la paix. Ce fut également un homme juste, visionnaire et très affûté sans compter son célèbre humour. J'y associerai son épouse, une femme d'exception qui fut de tout temps sa conseillère émérite. Merci aussi à Anouar El Sadate le seul chef d’état arabe à s’être rendu à Jérusalem, à s’être exprimé à la Knesset et à avoir signé la paix avec l’État Hébreu. Merci, enfin, à tous les pays qui reconnaissent Israël et qui entretiennent avec lui des relations d’amitié et de confiance, sans lesquelles la résolution 181 du 29.11.47 aurait sans doute été sans effet.

Ftouh Souhail,
Tunis


(1) Dans un article paru en Egypte, Muhammad Ali Ibrahim, directeur du quotidien égyptien « Al-Gumhouriyya » écrit le 1er janvier 2009 : « L´axe irano syrien n´entraînera pas l´Égypte dans la guerre. L´Égypte ne se laissera jamais entraîner dans un affrontement avec Israël pendant que l´Iran reste assis bras croisés, émettant des ordres exécutés par ses laquais. Nos forces armées ne se battront jamais pour défendre la Syrie dont l´armée, pour autant que je sache, n´a pas envoyé une seule balle depuis 1973 (...) »

(2) Le président égyptien Hosni Moubarak a tenu à rassurer fin octobre 2008 la population israélienne quant au sort du soldat Guilad Shalit. Lors d’une interview accordée au quotidien israélien Yédiot Aharonot le 30 octobre 2008, il a déclaré que Guilad Shalit allait bien, qu’il avait reçu la lettre écrite par son père Noam et transmise par le président français Nicolas Sarkozy. « Je ne crois pas que Guilad soit mal traité. Je ne crois pas qu’on lui porte atteinte ou qu’on lui fasse du mal, car il n’y a aucune raison de le faire. Les Palestiniens ne sont pas idiots, ils sont obligés de penser aux conséquences s’ils tuaient Shalit » a-t-il déclaré « Comment pourraient-ils faire libérer cent prisonniers palestiniens s’ils éliminaient Guilad ? » a ajouté Moubarak. S’il lui arrivait quelque chose, Israël ne libérerait même pas un de ses prisonniers ».conclut t-il. Auparavant, le 15 septembre 2006, une lettre écrite par Gilad Shalit a été envoyée à sa famille via un médiateur égyptien à Gaza. En décembre 2006, le ministre égyptien a confirmé encore que Gilad Shalit était en vie.

(3) Nous rappelons ici que le tourisme contribue, depuis 30 ans, au développement de l’Égypte et aux rapprochements entre Israéliens et Égyptiens

01 avril 2009

« Un divorce libérateur » : écoutez Avraham B. Yehoshua !


Ainsi donc, les dés sont jetés ... Un nouveau gouvernement a pris le pouvoir à Jérusalem, dirigé par Benjamin Netayahou et comprenant des travaillistes - une pseudo « union nationale » ne répondant pas, à mon humble avis, aux lourds défis que doit affronter le pays. Je ne demande, bien sûr, qu’à me tromper par rapport au pronostic fait le soir même des élections (lire sur le blog).

Reste que, sur la question de l’indispensable séparation d’avec les Palestiniens, l’écrasante majorité des Israéliens sont d’accord - avec bien sûr, des divergences sur les modalités et sur l’urgence. Une nécessité dont j’avais discuté avec le très grand écrivain Avraham B. Yehoshua, lors d’une mémorable interview par téléphone réalisée en décembre 2003 : plus de cinq ans après, les choses ne se sont pas améliorées mais le « divorce » se fait encore attendre ! A noter que mon émission était construite autour de son livre « La mariée libérée » (éditions Calmann-Lévy), une parabole mettant en scène des Arabes israéliens aidant le héros - un professeur orientaliste - à comprendre le divorce douloureux de son propre fils ...

Bonne écoute !

30 mars 2009

Comment l’ONU enterre les droits de l’homme, 2 : manœuvres et trahisons. Suite et fin de mon entretien avec Malka Marcovich le 5 avril


Dimanche prochain, nous allons poursuivre avec Malka Marcovich le passionnant entretien que nous avons diffusé le 22 mars, à propos de son livre « Les nations désunies. Comment l’ONU enterre les droits de l’homme » (Éditions Jacob Duvernet). A l’attention des auditeurs qui n’auraient pas suivi l’émission précédente, rappelons qu’elle est historienne, consultante pour différentes institutions, ONG ou ministères, et spécialiste du droit des femmes. C’est à ce titre qu'elle est rentrée dans les arcanes des Nations Unies, une institution prestigieuse où il y a, hélas, beaucoup de cadavres dans les placards. Son diagnostic est simple, et nous avons commencé à en parler la dernière fois : la décolonisation a eu pour conséquence l’entrée d’une majorité de pays du tiers monde, non démocratiques, et où se déroulent d’autant plus facilement des violations des droits de l’homme qu’il n’y a ni liberté de la presse, ni curiosité des démocraties pour ce qui s’y déroule. Non contents de cette impunité, ces pays, soutenus par deux grandes puissances autoritaires - la Russie et la Chine -, et guidés par les 56 états de l’Organisation de la Conférence Islamique, vont maintenant encore plus loin en essayant de limiter la liberté d’expression chez nous. Pour cette suite de mon interview, nous allons essayer de décortiquer ensemble les manœuvres et les complicités qui ont permis à ce camp des dictatures de marquer des points, et nous verrons quelle stratégie adopter pour y résister. Bien sûr nous parlerons aussi de ce qui va se passer à Genève à la fin du mois d’avril, pour la conférence Durban II : notons aussi que les propos échangés l’ont été à la date de l’enregistrement ( 16 mars) et qu’à ce jour la situation ne s’est pas encore décantée, certains semblant espérer en une résolution de compromis moins détestable vis-à-vis d’Israël, tandis que d’autres trouvent que les pays occidentaux ont déjà trop reculé ...

Parmi les questions que je poserai à Malka Marcovich :

- quelle est la situation à l’heure actuelle en ce qui concerne la prise en compte des droits des femmes par les Nations Unies, et est-ce que sur ce sujet, aussi, l’influence archaïque des régimes islamistes nous a fait reculer ?
- les ONG auraient du jouer le rôle de garde fous à propos des droits de l’homme, or le livre donne plusieurs exemples de compromissions. Pourquoi ? Est-ce le complexe des anciens colonisateurs ? Ou est-ce tout simplement les échanges d’ascenseurs entre l’ONU et les ONG, avec bassement des opportunités de carrières ?
- un certain nombre de personnalités sont épinglées dans le livre, qui se sont compromises de façon très inquiétante toujours en faveur des dictatures, et toujours sur le thème récurrent de la critique de nos démocraties : Jean Ziegler, Doudou Diegne, la théologienne Karen Armstrong ... ces gens là pensent-ils ce qu’ils disent ou y trouvent-ils un intérêt ?
- que penser de « l’Alliance des Civilisations », qui est une superstructure inédite, chaperonnée par l’ONU avec l’ambition, quasiment, de doubler le Conseil de Sécurité : quels en sont les responsables ? Quels pays ont poussé en avant cet étrange organisme - où l’iranien Khatami a joué un rôle important, avec notamment le soutien de l’Espagne de Zapatero ?

Je vous espère à nouveau nombreux à l’écoute dimanche prochain !

J.C 

29 mars 2009

Armand Cherbit, ou l'Art de la mosaïque



Une toile sur la Toile
- mars 2009

J’ai déjà évoqué sur le blog l’œuvre d’Armand Cherbit. Il mérite, largement, de voir son travail honoré ici dans la rubrique « Une toile sur la Toile » où j’essaye de vous faire partager des émotions autant orientalistes qu’esthétiques !

Juif marocain, né à Fez, il a eu les honneurs de la presse peu de temps après sa Bar Mitzvah, juste avant la Guerre : c’était pour un de ses tous premiers tableaux représentant le quartier arabe de sa ville natale, et j’ai eu le plaisir de voir cette toile. Il a ensuite fait des études d’ingénieur bien sérieuses car l’art fait exceptionnellement vivre, et voici un autre motif de sympathie : comme mon ami Emile Moatti, polytechnicien à la retraite, comme moi-même, voici quelqu’un qui ne s’est pas contenté d’une vie partagée entre travail et loisirs ; et il a fait preuve, à un âge mur d’un talent et d’une puissance de travail absolument éblouissants - ses œuvres ont été récompensées par plusieurs prix et médailles depuis une trentaine d’années, citons parmi les plus prestigieuses la médaille d'or du salon des artistes français en 1977 et en 2000, et la médaille d'or de la ville de Paris en 2004 !

L’art de la mosaïque appartient malheureusement à un univers presque englouti : depuis les civilisations gréco-romaines, puis byzantine, on n’a guère trouvé - du moins en Méditerranée occidentale - d’artistes (et de mécènes), prêts à réaliser les magnifiques fresques que l’on peut admirer, par exemple au Musée du Bardo en Tunisie. Fait peu connu (et je l’ai appris à l’occasion de mon dernier voyage là-bas, à l’occasion d’une présentation faite par le conservateur de ce Musée), quelques synagogues des premiers siècles de l’ère chrétienne ont été ornées de mosaïques comme celle de Hammam Lif. Idem, bien sûr, pour les célèbre fresques de la synagogue de Doura Europos en Syrie.

Je serais bien présomptueux en tentant ici et en quelques lignes, de rendre compte du travail fabuleux requis pour réaliser des œuvres telles que celles reproduites ici : leur auteur m’a dit que chacune demandait plus d’une année de travail, en comptant aussi la collecte des « matières premières » : petits cailloux ramassés au bord de rivières, galets et coquillages, pâte de verre, terre séchée, morceaux de granit ... le mosaïste est d’abord à la fois un historien et un artisan, préparant sur une feuille de papier la maquette de son œuvre à venir, puis réunissant toutes les pièces d’un immense puzzle, découpant, polissant et coloriant les mille morceaux constituant un ensemble presque vivant.

Esprit ouvert, Armand Cherbit a réalisé en parallèle des mosaïques reproduisant des paysages de Provence, des figures d’art sacré byzantin ou des reproductions monumentales de Jérusalem. J’ai sélectionné pour le blog des travaux démontrant l'éclectisme et l'universalité de son inspiration : une splendide évocation de Venise, où le choix des matériaux rend compte de façon magistrale des jeux de lumière ; une grande fresque - de 2,5 mètres de large ! - faisant revivre la place de Grève à Paris, reconstituée après une minutieuse étude historique ; et ce portrait, très émouvant, représentant ses parents, en costume traditionnel de Fez ...

Une autre oeuvre d'Armand Cherbit est exposée dans le cadre du "salon de printemps" à la Mairie du Vème arrondissement de Paris, jusqu'au 4 avril : ne manquez pas de le rencontrer à cette occasion !

J.C

28 mars 2009

Gérard Akoun sur Judaïques FM : l’acte de décès du Parti Travailliste

Benyamin Netanyahou peut, maintenant, présenter son gouvernement à l’approbation de la Knesset, il disposera d’une majorité plus stable de soixante six députés, grâce au ralliement du parti travailliste à la coalition de droite et d’extrême droite.

Ehud Barak, qui, au lendemain du résultat électoral catastrophique obtenu par son parti, avait déclaré, que sa formation constituerait une force d’opposition responsable et constructive, n’a pas résisté très longtemps à son désir de garder son poste de ministre de la défense et à l’attrait du pouvoir, suivi en cela, par la majorité des délégués du comité central. Ehud Barak avait très bien calculé son coup : il a d’abord négocié avec Netanyahou et les places et les concessions politiques, puis il est allé présenter l’accord qu’il avait déjà signé aux travaillistes réunis. Sa victoire était assurée, malgré une forte opposition.
Que voulez vous on ne crache pas sur cinq postes de ministres ou sous ministres, avec tous les avantages y afférant, même si on doit côtoyer pour cela l’extrême droite ; mais les six cent quatre vingt délégués qui ont voté pour la participation, se réclament ils encore d’une idéologie de gauche ? On peut en douter, car ils ont signés l’acte de décès du Parti Travailliste. Par contre, il faut donner un coup de chapeau aux cinq cent sept qui ont voté contre, pour donner un coup d’arrêt à la dérive droitière et opportuniste d’un parti censé représenter les travailleurs, et qui, pour régénérer leur parti, étaient prêts à assumer une traversée du désert, inspirés qu’ils étaient, peut être, par la proximité des fêtes de Pessah.

Vous allez, peut être, m’objecter, que je suis dur avec Barak, certains dans la presse israélienne le traitent de fossoyeur du parti, alors qu’il a obtenu du Likoud d’importantes concessions politiques et sociales, le chef de la Histadrout participant à la négociation. Eh bien parlons-en : Ehud Barak, a déclaré devant le comité central, préalablement au vote, « nous ne serons ni la feuille de vigne, ni la cinquième roue du carrosse, nous serons le contre poids, qui garantira que nous n’avons pas un gouvernement de droite étriqué, mais un gouvernement qui prendra soin de l’État d’Israël ». Il s’est permis de tenir ces propos parce que le Likoud s’est engagé à poursuivre les négociations pour un accord de paix avec les Palestiniens, et qu’il a affirmé, que le gouvernement respecterait les accords signés par le passé avec eux. On ne peut faire plus vague, ce genre de promesse ne mange pas de pain, et de toute façon, si Netanyahou est contre la création de deux États - il l’a répété hier - Ehud Barak, lui, considère qu’il n’y a pas d’interlocuteur palestinien : le sujet n’est donc pas d’actualité. Quant au volet social des aides apportées à certaines catégories de la population, il fera sans doute l’objet de la première crise sérieuse qu’affrontera cette coalition dominée par des libéraux et des populistes, à moins que Benyamin Netanyahou n’ait remis en question le programme libéral de sortie de crise qu’il avait évoqué, lors de son dernier passage à Paris.

Ehud Barak avait il besoin de faire partie de ce gouvernement, était ce sa seule ambition ? Il est trop intelligent pour se faire des illusions sur ses capacités à influencer ce gouvernement, à modifier sa politique, sauf peut être à la marge. Une phrase, qu’il a prononcé éclaire son action : « un parti n’ayant que treize mandats n’aurait pas eu de poids dans l’opposition ». Traduction, il lui était impossible, avec treize députés, de rester dans l’opposition avec Tzipi Livni sans lui en abandonner le leadership. En cas d’échec de Netanyahou, cette dernière aurait été nommée Premier Ministre, et lui aurait eu un poste subalterne. Une situation insupportable ! Par contre en faisant partie de ce gouvernement, il peut espérer, c’est aussi l’objectif de Netanyahou, que d’autres au sein de Kadima veuillent suivre l’exemple des travaillistes, ce qui entraînerait, l’implosion de ce parti et l’affaiblissement de Tzipi Livni - qui dans ces conditions ne pourrait plus postuler pour le poste de Premier Ministre. C’est le fondement de leur accord. Les cartes seraient redistribuées, Barak retrouverait ses chances au centre gauche, et Netanyahou n’aurait plus de concurrent au centre droit.

Dommage, pour l’avenir d’Israël que ses hommes politiques n’aient pas de visions plus larges !

Gérard Akoun
Judaïques FM, le 26 mars 2009

26 mars 2009

« Ya Misr … » ou la nostalgie d’une Egypte disparue (2/2)

Leila Mourad et Anwar Wagdy

Sur cette photo : Mohammed Abdel Wahab et Fairouz

L'actrice Asmahan et son frère, Farid El-Atrache

Suite et fin de mon évocation d’une Egypte cosmopolite et aujourd’hui, hélas, bien disparue - alors que foulards islamiques et niqabs recouvrent d’un voile noir la plus grande partie des sourires féminins !

Sur la photo du haut, on reconnaît la diva égyptienne Leïla Mourad, avec celui qui fut son compagnon - dans la « vraie vie », Anwar Wagdy. La star adulée de la musique locale - 1.200 chansons entre 1938 et 1951 - était une juive ... Je vous invite à lire en lien l'article paru en 2001 dans la revue « l’Arche », où est évoqué la trajectoire étonnante de cette diva locale !
Sur la photo du milieu, on reconnaît plusieurs vedettes de la chanson, dont (portant un fez) le grand compositeur et musicien Mohammed Abdel Wahab, en compagnie (tout à fait à droite) d’une autre « diva », celle-là plus contemporaine, la chanteuse Fairouz - une chrétienne libanaise !
Enfin, sur la photo du bas, on retrouvera la star inoubliable Farid El-Atrache - déjà évoqué par un clip vidéo sur ce blog, voir en libellé - en compagnie de sa soeur l'actrice Asmahan, tragiquement disparue à l’âge de 26 ans dans un accident de voiture ... deux vedettes égyptiennes d’origine druze !

J.C

25 mars 2009

« Ya Misr … », ou la nostalgie d’une Egypte disparue (1/2)

Le Victoria College (Alexandrie, 1937)

Trois élèves du Victoria College, à droite le jeune Michel Chalhoub

La star égyptienne Faten Hamama sur un plateau de tournage

Affaire d’oublier un peu l’actualité du Moyen-Orient qui n'est guère réjouissante, voici de très vielles photos en noir en blanc ! Merci à Sylvie R., passionnée comme moi par « l’orientalisme », de m’avoir fait parvenir une très belle collection de photos anciennes, reflet d’une Égypte hélas disparue - des pages d’histoire qui ont déjà été évoquées dans mon grand dossier « Le mois de l’Égypte ».

Aujourd’hui, je voudrais évoquer Alexandrie, du temps où elle était encore une cité bien cosmopolite. Les enfants de la meilleure société allaient étudier au « Victoria College », où, marque d’un Empire aujourd’hui disparu ... ils apprenaient à jouer au cricket (photo du haut). Parmi eux, le jeune Michel Chalhoub, chrétien né dans une famille syro-libanaise, que l'on peut reconnaître sur ce cliché de 1947, où il n’avait que 15 ans (photo du milieu). Grâce à une biographie que vous pourrez découvrir en lien, j’ai appris qu’il a débuté à l’âge de 22 ans au cinéma sous la direction du grand Youssef Chahine, récemment disparu. Il devait rencontrer sur le plateau de tournage d’un autre film de ce réalisateur, la star du cinéma égyptien de l’époque, Faten Hamama, qu’il épousa (photo du bas) ... Mais, pour ce faire, il du se convertir à l’islam - et devenir ainsi Omar Sharif, nom que tout le monde connaît !

J.C

23 mars 2009

"La journée de la jupe" : un film "non politiquement correct" avec Isabelle Adjani, à voir à partir du 25 mars

J’ai eu la chance de voir vendredi dernier, une avant-première de ce film, qui était diffusé sur Arte : une fiction « non politiquement correcte » sur la violence dans les collèges de certaines banlieues, et qui suscitera certainement des polémiques ; on est en effet très loin de l’ode au multiculturalisme et à « la nouvelle école », primée à Cannes avec « Entre les murs » de Laurent Cantet et François Begaudeau. Dans son œuvre, Jean-Paul Lilienfeld imagine une professeur de français « pétant un câble » suite à la découverte d’un revolver chargé dans les affaires de sombres voyous appartenant à sa classe ... qu’elle prend toute entière en otage ! Je vous laisse deviner l’action - pleine de rebondissements et qui finit dramatiquement -, en voyant la bande annonce ci-dessous.

Mais quelques précisions à propos du non « politiquement correct » : elle-même dans la réalité fille d’un Algérien, Isabelle Adjani - qui fait sa rentrée dans ce film - campe le personnage d’une « beurette » (on ne le découvrira qu’à la fin), qui croit encore aux idéaux de la France laïque et républicaine, et qui va affronter arme au poing les petits machos carburant à l’islam dévoyé : on verra même une partie des élèves, eux-mêmes musulmans, lui venir en aide, joli clin d’œil à tous ceux qui crieront à « l’islamophobie » à propos de cette œuvre - exactement comme, et c’est la première fois qu’on les voit dénoncés aussi clairement, des lâches collègues et un veule directeur d’établissement, qui eux ont depuis longtemps pactisé avec les violents. C'est la première fois, aussi, où l’on voit sur le grand écran une dénonciation nette et claire de l’antisémitisme vulgaire d’une partie de cette jeunesse là ; un antisémitisme jamais dénoncé par le « politiquement correct ». Autant de sujets, enfin, dont j'avais pu m'entretenir avec Barbara Lefebvre il y a déjà plus de cinq ans, à propos du livre "Les territoires perdus de la République" : hélas, rien de nouveau sous le noir soleil des banlieues-ghettos !

Le film sort mercredi 25 mars, soyez nombreux à le voir et à en parler.


J.C