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16 août 2018

Une Histoire des relations judéo-musulmanes


Nous allons poursuivre notre « ballade historique », cette fois avec un autre historien de grande qualité puisqu’il s’agit de Michel Abitbol.

Je l’ai reçu le 12 mars 2017, et nous avions parlé d’une série d’ouvrages, édités chez Taillandier et proposés par le projet Aladin. Comme on le sait, Aladin est à la fois une association et un projet culturel, destiné à rapprocher juifs et musulmans. « Histoire partagée » propose des livres synthétisant l’histoire de leurs relations, pays par pays. Et Michel Abitbol, directeur de cette collection, a évoqué les trois premiers ouvrages dans cet entretien.

Présentation de l’émission sur ce lien

Pour écouter sur ma chaine Youtube, cliquer ici


 J.C

05 mars 2017

Une mémoire des relations judéo-muslmanes : Michel Abitbol sera mon invité le 12 mars

Michel Abitbol

Retour à l'Histoire pour le prochain numéro de "Rencontre", et j'aurai le plaisir de recevoir un historien de grande qualité, Michel Abitbol. Il est né à Casablanca, et c'est un orientaliste spécialisé dans l'étude des relations entre Juifs et Arabes. Son parcours l'a conduit du Maghreb à la France en passant par Israël, puisqu'il est professeur émérite à l'Université Hébraïque de Jérusalem, après une longue carrière de chercheur. Enseignant, il l'a aussi été en France, notamment à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes et à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ; ses ouvrages et ses articles se comptent par dizaines. Ce n'est pas la première fois que je le reçois dans mon émission, mais ma dernière interview date un peu, c'était en 2000, et nous avions parlé de son livre remarquable "Le passé d'une discorde : Juifs et Arabes depuis le VIIe siècle" (Editions Perrin). Par delà l'Histoire contemporaine et l'exil plus ou moins forcé de presque toutes les Diasporas du monde musulman, il y a dans son travail universitaire un fil d'Ariane, celui d'un homme engagé qui n'a jamais considéré ce divorce comme étant définitif. Il était donc naturel que sa trajectoire rencontre celle du Projet Aladin, à la fois association et programme culturel visant à une meilleure connaissance réciproque du passé partagé par les Juifs et les Musulmans. Nous avons déjà consacré deux émissions aux actions d'Aladin, la première avec Serge Klarsfeld en 2010, qui nous a parlé des conférences données sur la Shoah dans plusieurs pays arabes ; et la seconde, en 2013, avec sa directrice Anne-Marie Revcolevschi, pour présenter les premières universités d'été judéo-musulmanes. Et dimanche prochain, Michel Abitbol va nous parler d'une nouvelle réalisation du projet Aladin, puisqu'on va évoquer les premiers ouvrages d'une collection intitulée "Histoire partagée", dont l'éditeur est Tallandier.  
Parmi les questions que je poserai à Michel Abitbol :

-        Quelles sont les actions menées en France par le projet Aladin dans le domaine universitaire ? On sait que les enjeux de Mémoire sont devenus source de concurrence et de polémiques, comment êtes vous intervenus ?
-        L'Histoire a été certes partagée, mais la mémoire ne l'est pas vraiment. Quand on parle à des Juifs originaires d'Afrique du Nord, on se rend compte qu'il y a une large palette de représentations du passé, de la plus rose à la plus noire Pour les populations du Maghreb, et à l'exception du Maroc, le passé juif est soit nié, soit oublié : si on ajoute à cela l'influence souvent désastreuse d'Internet, comment faire partager une réalité par définition complexe ?
-        En ce qui concerne cette collection de livres, quels pays ont été traités, quels sont les auteurs choisis ? Qui a veillé à l'objectivité éditoriale, de manière a être lu et accepté aussi bien côté juif que côté arabe ? Et quels sont les autres livres programmés ?
-        Le Maroc est un cas unique dans le monde arabe, puisque "l'apport hébraïque" est reconnu dans le préambule de la nouvelle constitution du Royaume qui date de 2011. L'auteur du livre "Juifs et Musulmans au Maroc", Mohamed Kenbib, fait des recherches sur le sujet depuis 30 ans. Est-ce qu'on a pas tendance à enjoliver ce passé ? Et est-ce que ce livre arrive à répondre à une question simple : comment se fait-il qu'il ne reste, 70 après, que 3.000 Juifs sur les 250.000 qui y vivaient il y a 70 ans ?
-        Le cas de l'Algérie est radicalement différent dans la mesure où le divorce apparait total, et pour des raisons bien connues : assimilation complète des Juifs à la France après le Décret Crémieux ; élimination des populations non musulmanes après l'indépendance ; et idéologie du régime depuis 1962. Lucette Valensi a écrit l'histoire de cette communauté disparue : quel a été l'accueil des universitaires algériens ?
-        Le sujet sans doutes le plus polémique et le plus explosif c'est celui du livre "les Juifs et Musulmans en Palestine et en Israël des origines à nos jours" ;  il a été écrit par un professeur de l'Université Hébraïque de Jérusalem, Amnon Cohen. Quelles ont été les archives qu'il a exploité pour apporter un regard neuf sur cette histoire ?

Soyez nombreux au rendez-vous !

J.C

30 septembre 2013

Une Université d'été pour apprendre à faire la paix : Anne-Marie Revcolevschi sera mon invitée le 6 octobre

Anne-Marie Revcolevschi

Quelques mots d'introduction pour vous présenter une émission qui vous paraitra un peu "décalée" par rapport aux informations. Comme vous avez du vous en rendre compte, cela fait longtemps que l'actualité du monde musulman se confond quasiment avec l'actualité tout court, et c'est plus que jamais le cas aujourd'hui, alors que le terrorisme djihadiste vient de frapper au Kenya, et alors que l'on est passé très près d'une guerre à cause de la Syrie. De tous ces sujets, nous reparlerons bien sûr, et avec les meilleurs spécialistes je l'espère. Mais vous savez que ma série a deux spécificités, d'abord prendre du recul par rapport à l'actualité ; et ensuite essayer de vous redonner un minimum d'espérance, en refusant la logique d'un "choc de civilisations" que souhaitent les extrémistes de tous les camps. C'est pourquoi je serai particulièrement heureux de recevoir Anne-Marie Revcolevschi. C'est la présidente et l'initiatrice du "Projet Aladin" qui justement, travaille depuis ces dernières années pour le rapprochement des cœurs et des esprits. Quelques mots de rappel : Le Projet Aladin est un programme culturel et éducatif qui vise à mettre à la disposition de tous - grâce à l'Internet - des informations historiques et culturelles, fiables et accessibles, portant sur les enjeux fondamentaux liés aux relations judéo-musulmanes. Au premier plan de ces enjeux, il y avait bien sûr la connaissance de la Shoah, au mieux ignorée, au pire niée, parce que l'ombre portée du conflit israélo-arabe a rendu possible le succès effroyable du négationnisme dans ces pays. De cela, nous avions déjà parlé en février 2010 avec un invité prestigieux, M° Serge Klarsfeld, qui revenait d'une tournée de conférences pour Aladin, l'ayant mené de Tunis à Bagdad en passant par le Caire. Mais au delà de la lutte contre le négationnisme, le projet Aladin cherche à établir un trait d'union entre les cultures, à faire se rencontrer des universitaires, des jeunes, à les faire dialoguer et justement ont été organisées ses premières universités d'été cette année. Cinquante-quatre étudiants américains, français, allemands, iraniens, israéliens, marocains, palestiniens, jordaniens, tunisiens, algériens, sénégalais, syriens et turcs ont été réunis en Turquie, alors la plus grande partie de cette émission va vous permettre de parler de cette expérience unique.


Parmi les questions que je poserai à Anne-Marie Revcolevschi :

-        A propos de ce combat contre le négationnisme, Richard Prasquier avait dit : "Le négationnisme d’aujourd’hui a plusieurs variantes. Version hypocritement universaliste : ce sont les crimes contre les civils qu’il faut dénoncer tous ensemble, la Shoah en fait partie, comme d’autres. Ou bien : les Palestiniens subissent un génocide au moins comparable à la Shoah. Ou bien encore : ce sont les Sionistes qui sont responsables de la Shoah qui leur a permis de voler leur terre aux Arabes. Et enfin, le pire, ou le plus franc, oui la Shoah a existé, elle était méritée, mais les nazis n’ont malheureusement pas fini leur travail". Parmi ces discours, infects mais qui pullulent sur Internet, quel est celui qui a le plus de succès dans le monde arabe ?
-         La Géopolitique de ces pays est troublée, et j'imagine qu'il est difficile d'établir des programmes lorsqu'il y a des révolutions, ou des risques de guerre civile : quel a été l'impact du "printemps arabe", est-ce que vous avez cessé vos partenariats avec la Tunisie ? Par rapport à la Turquie, où s'est déroulée l'Université d'été dont nous allons parler, que dire de vos partenaires alors que le Premier Ministre n'a pas hésité à dénoncer les Juifs au moment des grandes manifestations à Istanbul cet été : reste-t-il des Politiques qui vous soutiennent ?
-        Les étudiants ont été répartis en groupes de travail, devant chacun préparer un projet de recherche, tous sur la thématique, de l'origine des conflits et des génocides, et du modèle européen de l'après-guerre pour réaliser la réconciliation des peuples : en pratique comment ont-été constitués les groupes ? Il y avait sans doutes un mélange volontaire de juifs et de musulmans, est-ce que c'était paritaire ? Il y avait aussi des étudiants iraniens : ont-ils accepté de travailler avec des Israéliens ?
-        L'objectif de ces Universités est de créer un réseau d'échanges culturels œuvrant pour la paix, à partir de ces jeunes qui organiseront de nouvelles conférences : mais on pourrait vous objecter que, à notre époque si troublée, on voit des jeunes terroristes islamistes recruter très facilement, avec les réseaux sociaux, par une propagande grossière, haineuse, ou avec des pseudo fatwas diffusées sur Internet : est-ce que fondamentalement, avec le retour du religieux, on ne doit pas plutôt travailler sur ce terrain là, que miser sur les élites ?

Des questions de fond, donc, éloignées des "unes" des journaux mais que l'on ne pas ignorer : soyez nombreux à l'écoute !

J.C