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27 novembre 2011

Les Arméniens au Moyen-Orient : Alexis Govciyan et Jean-Pierre Allali seront mes invités le 4 décembre

L'église arménienne catholique Saint Elie à Beyrouth
 (cliquer sur l'image pour agrandir)


Nous allons laisser de côté dimanche prochain l'actualité brûlante, en parlant d'un peuple que je n'ai pas encore eu le plaisir d'évoquer à ce micro alors même que ma série existe, comme vous le savez, depuis de longues années. Ce peuple, c'est le peuple arménien, une des plus anciennes civilisations du monde dont les traits caractéristiques rappellent beaucoup ceux du peuple juif. Originaire du Moyen-Orient comme lui - mais plus précisément d'Asie centrale -, les Arméniens définissent eux-aussi leur identité par rapport à un pays d'origine redevenu indépendant récemment, comme Israël, puisque la petite république d'Arménie est redevenue libre depuis la fin de l'empire soviétique. Comme les Juifs, les Arméniens ont eu le triste privilège de connaitre un des grands génocides de l'Histoire. Comme pour les Juifs, du fait de ce Génocide mais aussi d'autres persécutions, il existe une Diaspora importante. Comme les Juifs, les Arméniens ont une langue et un alphabet originaux. Si le Judaïsme est en plus une des trois grandes religions monothéistes, l'identité arménienne, qui est chrétienne, se définit aussi par une église particulière. Enfin, comme les Juifs, ce peuple oriental a connu pendant des millénaires une coexistence plus ou moins heureuse avec les Musulmans et ce sera le thème de cette émission : comment, aussi bien la République d'Arménie que les Diasporas en terre d'islam, vivent-elles cette proximité dans le Moyen-Orient d'aujourd'hui ? Pour en parler, j'aurai le plaisir de recevoir deux personnalités particulièrement compétentes, tout d'abord Alexis Govciyan. C'est un français, d'origine arménienne, et le président du "Conseil de coordination des organisations arméniennes de France", qui est peu le pendant du CRIF pour les organisations arméniennes. Je recevrai également mon ami  Jean-Pierre Allali, que les auditeurs de la communauté connaissent bien, puisqu'il est journaliste, écrivain, et actif militant communautaire - il fait partie du Bureau Exécutif du CRIF ; il connait bien Alexis Govciyan car il assure les contacts judéo-arméniens dans notre communauté, et il a fait partie d'une délégation invitée en Arménie il y a quelques mois.

Parmi les questions que je poserai à mes invités :

- Est-ce que Juifs et Arméniens se connaissent suffisamment et quelles ont été les actions concrètes menées, en France en tout cas, pour rapprocher les deux communautés ?
- A propos de l'Arménie, il semble que ce pays ait conservé des liens très forts avec la Russie qui y a conservé une base militaire, le gouvernement arménien a d'ailleurs eu une prudente neutralité pendant la guerre de Géorgie il y a trois ans. Mais il y a aussi le conflit du Haut-Karabagh avec l'Azerbaïdjan ; or ce dernier pays est plutôt proche des Occidentaux et ami d'Israël, à qui il fournit du pétrole : or, si ajoute à cela, le fait que l'Arménie reçoit par contre son pétrole de l'Iran, où vivent un demi-million d'Arméniens, est-ce que la géopolitique place ce pays et l'état juif dans deux camps opposés ?
- A propos du Génocide arménien : on sait que tous les gouvernements turcs, qu'il soit laïcs comme ceux d'Atatürk et de ses successeurs, islamistes comme celui d'Erdogan aujourd'hui, refusent de reconnaitre cet évènement historique :  où en sommes-nous  ? On a l'impression que malgré les espoirs de normalisation, rien n'ait bougé, ni sur cette question ni sur d'autres sujets de contentieux ? On lit maintenant, depuis que les relations se sont vraiment détériorées entre Jérusalem et Ankara, que, en représailles, Israël devrait maintenant déclarer cette reconnaissance : mais n'est-ce pas un comportement totalement cynique ? 
- A propos des Arméniens du Liban : on comprend que, traumatisés par le génocide, ils soient restés neutres pendant la guerre civile bien que chrétiens ; mais ce qui choque, c'est de voir un parti libanais largement représenté dans la Diaspora, le Tashnag, soutenir un gouvernement pro-Hezbollah, donc hostile à toute paix dans la région : qu'en pensez-vous ?

Un sujet vraiment original, qui j'espère éveillera votre curiosité : soyez nombreux à l'écoute dimanche prochain !

J.C

   

26 septembre 2011

Etre homosexuel dans le monde arabe

A l'ère où le printemps arabe touche les pays arabes dictatoriaux, il convient de s'attarder sur les plaies combien nombreuses qui ébrèchent le paysage de la sexualité dans cette partie du monde.
Dans bon nombre de pays arabes, l'homosexualité est un délit passible au moins d'emprisonnement, au plus de peine de mort. Pourtant, certains poètes du monde musulman ont pu toutefois célébrer l'homosexualité, comme, par exemple, le poète arabo-persan Aboû Nouwâs.

Cependant, la situation dans le monde arabe est très grave, l'homosexualité y est très mal acceptée, d'abord elle est interdite par la loi (dans la plupart des pays arabes) et elle est très mal vue par une société très conservatrice et traditionnelle, guidée la plupart du temps par des valeurs religieuses.
La communauté homosexuelle dans les pays du monde arabe est donc une des minorités les plus opprimées. Au Liban, pourtant pays reconnu tolérant dans certains aspects comme par exemple en matière de coexistence religieuse, l'homosexualité est aussi un tabou, rendant les personnes qui présentent ce genre d'identité sexuelle des personnes souffrantes de leur entourage, dépitées de leur existence. Le Code pénal libanais de 1943, modifié en 2003, stipule dans son article 534 : "Les relations sexuelles contre nature sont punies d'emprisonnement pour une durée entre un mois et un an, et d'une amende entre 200 000 et un million de livres libanaises". Le Liban possède donc un étroit avantage par rapport aux autres pays qui l'entourent où le châtiment réservé est beaucoup plus imposant !
Par ailleurs, on peut affirmer que peu de choses relient les deux grandes communautés qui constituent la trame sociale du Liban, chrétienne et musulmane, sur le statut sexuel, personnel et celui de la femme par exemple. Étrangement, sur l'homosexualité, on peut dire qu'elles se retrouvent avec la même hargne et le même emportement.
Ainsi, le parcours d'une personne homosexuelle au Liban demeure celui d'un combattant. Cela commence à l'école où elles sont stigmatisées souvent pour leur seule présupposée attitude, au travail, postes clés d'où elles sont souvent écartées, et même de leur propre famille qui les rejette une fois au courant de ce qu'elles sont. C'est une tragédie humaine ou tous les actes ont ceux d'une vraie pièce horrible de rejet, de violence et de cruauté. Un père d'un jeune homosexuel nous disait au cabinet lors d'un entretien qu'il souhaiterait que son fils soit porteur d'un cancer qui tue, d'une tumeur plutôt que de cette tare dont la famille ne se départira jamais !
Les exemples pullulent de personnes homosexuelles qui visitent psychiatres et psychologues pour changer d'identité, sommées par leur famille à intégrer le tout dominant cercle de l'hétérosexualité. Et quelle déception pour elles et pour leur parent quand on leur annonce qu'il n'y a pas à changer, que rien n'est pathologique et qu'en médecine, l'on ne change qu'une anomalie !

C'est dire la férocité de nos sociétés envers des personnes qui n'ont rien fait, rien demandé, juste qu'elles ont été choisies par dame nature pour être différentes dans leur sexualité de la masse qui les entoure. Certes, en Occident, l'homophobie persiste et peut même prendre du terrain dans certains pays, avec souvent un amalgame navrant comme par exemple il y a deux ans lors de la médiatisation des histoires de pédophilie dans l’Église, le mélange entre homosexualité (état nullement pas pathologique) et pédophilie, vraie paraphilie à traiter vigoureusement. C'est dire le chemin encore à parcourir, partout dans le monde. Mais dans nos contrées, il y a urgence, car il ya un réel rejet, presque une négation !

Sami Richa
chef de service de psychiatrie à l'hôtel-Dieu de France de Beyrouth
Le Monde, 13 septembre 2011

21 août 2011

Gaza : une nouvelle guerre ? Cinq paramètres et quelques hypothèses


Décidément, je n'aurais guère eu de chance avec mon retour programmé sur le blog ... Je vous annonçais, sur fond de plage enchanteresse, une pause jusqu'au 23 août. La situation devenant de plus en plus chaotique en Syrie, j'avais décidé il y a deux semaines de publier une "quinzaine syrienne" pour vous donner les derniers développements de l'actualité pour ce pays. Or, hélas, c'est vers Israël que tous les regards se tournent maintenant - hélas, car on a l'impression que les choses sont en train de déraper et qu'une vraie guerre peut éclater après le sanglant raid terroriste près d'Eilat - les huit tués de jeudi dernier étant alors, comme la dizaine de soldats tués à la frontière du Liban en juillet 2006, les premiers d'un conflit inattendu débutant au cœur de l'été.
Un blog n'est pas un journal, je n'ai pas les loisirs et les moyens d'un journaliste professionnel - cela je le répète asse souvent : vous trouverez donc, par tous les sites d'information habituels, les dernières nouvelles sur une situation qui restera certainement troublée pendant les prochains jours ; je ne reviendrai donc sur cette situation que pour "le jour d'après", ou avant bien sûr en cas de développements dramatiques. Mais je tenais à vous faire partager, dès ce dimanche, quelques réflexions pour éclairer l'actualité. Je n'ai ni les informations du Mossad, ni la justesse d'analyse d'un géo politologue chevronné ... mais peut-être un peu de recul et de bon sens, pour au moins discerner les paramètres de la redoutable équation qui attend Israël !

1. Le paramètre syrien

Qui peut prétendre que les évènements en Syrie n'ont rien à voir avec ce qui vient d'éclater à la frontière Sud ? Bashar al-Assad se sent maintenant acculé, alors que les grandes puissances occidentales - USA, France, Royaume Uni, Allemagne - appellent clairement à son départ, et que le monde arabe a pris ses distances. Une manœuvre de diversion est toujours possible, or le Hamas, toujours hébergé à Damas, reste son "obligé". Le site "mediarabe.info", en lien permanent, note que la région risque d'être mise "à feu et à sang" par les services secrets syriens qui sont redoutables, et il fait le rapprochement avec le retour de la violence en Turquie et en Irak (lire ici). Il s'agirait donc de provoquer une guerre de diversion pour relâcher la pression et ressouder le peuple syrien autour de son leader : un piège, donc, où Israël aurait tort de tomber !

2. Le paramètre libanais

Le même site nous révèle que le Hezbollah s'est aussi réjoui de l'attentat sanglant de jeudi, ce qui n'est guère étonnant. Or la milice chiite, qui reste l'alliée du régime syrien, a en plus des inquiétudes spécifiques : l'acte d'accusation du "Tribunal pour le Liban" de l'ONU, a officiellement désigné quatre de ses responsables comme suspects de l'assassinat de Rafic Hariri ; la tension monte, à la fois à l'intérieur du pays où l'ex-Premier Ministre et fils du défunt lui demande maintenant des comptes, et à l'extérieur, où la Syrie semble entrer dans une ère de chaos ... Ses liens de coopérations avec le Hamas, autre organisation islamiste radicale vouée à la destruction de l'état juif, ne datent pas d'hier et l'excellente formation du commando qui a semé la terreur près d'Eilat porte sa marque, comme l'expliquent des commentateurs israéliens : mais le timing de l'attaque s'expliquerait bien.

3. Le paramètre égyptien

C'est le plus redoutable pour Israël, car c'est le maintien de la paix avec l’Égypte, colonne vertébrale de sa sécurité, qui est en jeu depuis quelques jours. J'ai craint, comme beaucoup, le basculement de ce grand pays dans le giron de l'islam radical après la chute de Moubarak, despote haï par son peuple, qui n'avait guère fait avancer les relations entre les deux peuples, mais qui avait au moins garanti un minimum de stabilité sur la frontière Sud. A lire certains commentaires sur les forums de la presse juive, ou à entendre certains auditeurs comme sur celui de nos confrères de Radio Shalom, je me demande si certains - qui disent tranquillement "qu'il n'y qu'à réoccuper le Sinaï" - comprennent bien ce que serait une guerre avec un pays de 70 millions d'habitants, et où économiquement ou diplomatiquement Israël risquerait de tout perdre. Les messages reçus du Caire ce week-end peuvent donner des arguments aux optimistes et aux pessimistes : les premiers noteront que les Égyptiens ont accepté de renforcer leurs patrouilles dans le Sinaï, qu'ils ont été les victimes des mêmes terroristes islamistes il y a quelques jours - l'attaque sanglante contre les quartiers généraux de la police à El Arish - et que les militaires, encore au pouvoir, ont tout intérêt eux aussi à éviter un dérapage de la situation ; les seconds relèveront l'incident de jeudi - où trois policiers égyptiens ont été les victimes de tirs croisés de l'armée avec les terroristes juste à la frontière, incident qui a suscité une manifestation haineuse vendredi matin et surtout, la menace de rappeler l'ambassadeur à Tel Aviv ; ils noteront aussi que le pouvoir égyptien craint les Frères Musulmans, dont le Hamas est une succursale ...

4. Le paramètre militaire

Il est simple à comprendre : les ennemis mortels directs d'Israël - Hezbollah et Hamas - ne sont pas des incultes et ils savent aller lire l'information. Israël dit et redit que son "bouclier anti-missiles" sera pleinement opérationnel vers 2015, pourquoi donc attendre cette date ? C'est maintenant que l'on peut le "saigner à blanc" par des bombardements continus, et même si deux batteries "Iron Dome" sont en action près de la frontière de Gaza ( à Ashkelon, et plus en profondeur à Beersheba), cela ne suffira  pas si les "Grads" et "Kassams" tombent par centaines : la preuve, il y a déjà eu des coups au but. Le conflit peut donc durer longtemps, à moins d'une intervention massive comme lors de la guerre précédente de l'hiver 2009 ... qui n'a pas suffi à chasser le Hamas du pouvoir ! Ce paramètre milite donc pour une vraie guerre, si ce n'est tout de suite, en tout cas dans les mois qui viennent.

5. Le paramètre palestinien

Ce serait bien le seul qui, paradoxalement, irait dans le sens d'un apaisement sur le terrain ! En effet, l'Autorité Palestinienne préparait une grande offensive médiatique et diplomatique, avec son dépôt de candidature à l'ONU pour le 20 septembre. Une guerre à Gaza, surtout à la suite d'une agression caractérisée "sur les lignes de 1967" (comme cela a été le cas près d'Eilat, les terroristes ayant opéré à partir d'un pays en paix avec Israël), rendrait hors de saison les pressions internationales ; surtout que, et comme la fort bien remarqué Avi Dichter, l'ancien ministre de la sécurité publique, en se taisant face à l'agression terroriste du 18 août Mahmoud Abbas a montré "qu'il ne méritait pas de diriger un état" (lire ici sur le site Ynet.news) ... Conclusion : même si ses moyens de pression sont quasi inexistants vis à vis du Hamas, l'A.P ne fera rien pour envenimer les choses dans les prochaines semaines.

J.C

25 mars 2011

Honte sur le Liban !

Affiche de l'ONG "Human Right Watch"
dénonçant l'esclavage domestique au Liban

J'avais évoqué, il y a déjà plus de trois ans sur mon blog, l'esclavage domestique au Liban, pays où les dizaines de milliers d'employés de maison d'origine étrangère sont privés de leurs droits élémentaires. On pourra relire sur ce lien  l'article de Dominique Torres, repris du journal "Le Monde".

Comme le montre cette affiche diffusée récemment par l'ONG américaine "Human Right Watch", la situation de ces travailleurs immigrés en terre arabe ne s'est guère améliorée : je l'ai d'ailleurs trouvée sur un blog indépendant libanais.

Soyons très clair : j'essaie, au micro ou sur le Web, de rester fidèle à une certaine ligne éthique, et lorsque des "bavures" ou des actes ou des paroles me font honte en Israël, je ne crains pas de le dire. Une telle ligne doit éloigner une partie de mon public juif, et je l'assume ... A contrario, je continue de trouver insupportable le silence pesant de la plupart des médias sur les violations des Droits de l'Homme dans le monde arabe - un silence qui n'est  aujourd'hui levé, pays par pays, qu'à l'occasion des révolutions qui se développent ; et, surtout, la complaisance obligée vis à vis du Liban, "pauvre victime des conflits de la région", "modèle de coexistence" et autres qualificatifs hypocrites désignant un pays dont les gouvernants de toutes tendances n'ont jamais vraiment accepté l'idée de la paix dans la région ; et qui est une nation plus proche du cœur des Français que l’État juif voisin, mais dont le cynisme vis à vis des travailleurs étrangers n'a rien à envier à celui des Émirats du Golfe !

J.C 

06 mars 2011

Révolutions arabes : où va le Moyen-Orient ? Chawki Freiha sera mon invité le 13 mars

Révolutionnaires libyens à Benghazi

Nous allons poursuivre dimanche prochain la série d'émissions consacrées aux évènements historiques qui secouent le monde arabe, avec cette vague révolutionnaire qui, probablement, ne fait que commencer. Cette fois-ci nous allons parler du Moyen-Orient, qui a subi une véritable onde de choc depuis la chute du Président égyptien Hosni Moubarak. Nous reviendrons sur l’Égypte plus tard, mais il y a déjà beaucoup d'autres pays à traiter cette fois-ci  ; et j'ai choisi de n'aborder que l'angle géopolitique pour le moment - nous ferons, plus tard, une analyse plus en profondeur des sociétés arabes, afin de comprendre ce qui a poussé leur jeunesse à se révolter presque partout. Mon invité sera Chawki Freiha,  journaliste franco-libanais,  rédacteur en chef du site mediarabe.info, que j'ai souvent eu le plaisir de recevoir pour parler de son pays d'origine, et aussi de la Syrie qui l'a longtemps occupé. Mais notre auditoire le connait, également, parce qu'il donne  tous les dimanche matin sur notre antenne, à 10h15, une très intéressante revue de la presse arabe.

Bien sûr, l'actualité va très vite, et peut-être certaines questions que je me propose de lui poser seront modifiées en fonction de l'actualité que nous aurons le 13 mars !

Voici cependant quelques points que j'ai prévu d'aborder :

- Au Liban la coalition dite du 14 mars a implosé, les alliés druzes de Joumblatt ont retourné leur veste, et finalement un concurrent sunnite de Hariri junior, Najib Mikati, a été désigné le 25 janvier comme nouveau Premier Ministre : mais le gouvernement n'est toujours pas formé ! Où en sommes-nous ? Et que dire de M. Mikati, présenté dans les grands médias comme un homme d'affaires modéré et ouvert ?
- Fouad Ajami, qui est un universitaire américain d'origine libanaise, a dit des choses très intéressantes dans une interview au "Haaretz" : il avait soutenu l'invasion américaine de 2003 en Irak, et il pense que c'est la capture de Saddam Hussein, sorti comme un rat de son repère avant d'être jugé et exécuté, qui a donné du courage aux jeunes Arabes pour se dresser contre leurs tyrans. Il pense aussi qu'il n'y a pas de bons autocrates, que même si Israël n'avait pas d'autres choix que de signer les premiers traités de paix avec eux, des démocraties chez ses voisins donneront un support populaire à la paix : partagez-vous son avis ?
- Force est de constater que - mis à part le cas de la Libye qui est plus complexe - aucun despote anti occidental n'a encore été renversé : on pense bien sûr à la Syrie, mais aussi à l'Iran. Comment l'expliquez-vous ? Il y a la théorie qui donne à Al-Jazeera de grands pouvoirs de propagande, or étrangement cette chaîne est hébergée par le Qatar qui a basculé dans l'axe irano-syrien, est-ce une coïncidence ?
- En ce qui concerne Kadhafi, et en raison d'intérêts pétroliers et autres, l'Europe et les États-Unis l'ont absous de ses crimes terroristes passés, et restent bien mous pour soutenir réellement l'opposition : qu'en pensent les Arabes ? La Ligue Arabe s'oppose à la "no fly zone" qui interdirait de vol son aviation, est-ce que ce n'est pas une forme de complicité ? Et y a-t-il des pays qui ont envoyé une aide armée pour le soutenir ?

Nous parlerons aussi si nous en avons le temps du Yémen, du Sultanat d'Oman, de Bahreïn ... une émission donc très riche : et j'espère que vous serez très nombreux à l'écoute !

J.C

Nota post-publication :
Cette émission n'a pu, au final, être réalisée. Je laisse la présentation "pour mémoire" sur le blog.