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24 janvier 2013

Elections en Israël, par André Nahum



Les résultats des élections israéliennes, bien que pas encore tout à fait définitifs imposent trois constatations et posent  deux problèmes.

Les constatations :

1) Bien que théoriquement vainqueur, Netanyahou doit se mordre les doigts d’avoir procédé à la dissolution de la Knesset, la même erreur que Jacques Chirac en France, il y a une quinzaine d’années. Avec 31 sièges, la liste Likoud-Israël Betenou en perd  au moins 11 par rapport à la précédente législature et se trouve considérablement affaiblie.

2) Le succès de nouveaux partis  tels celui de Naphtali  Benett, nouveau  venu en politique, l’ascension fulgurante de celui de Yaïr Lapid ancien journaliste  récemment entré en politique  (18 sièges), la chute vertigineuse de « Kadima» qui était la première formation en nombre dans la précédente Knesset et obtiendra à ce jour deux sièges au maximum et peut-être même aucun,  témoignent du désir de changement d’une bonne partie de l’électorat, surtout dans la jeunesse,  et de l’imprévisible durée de vie des partis en Israël.

3) Le mode de scrutin à la proportionnelle intégrale,  en  discussion depuis des années, n’est pas favorable à la création de majorités franches et stables. Il devra obligatoirement être revu.

Les questions :

1) Qui sera premier ministre alors que le total de la droite et de la  gauche  (compte tenu des 9 députés arabes) semble s’équilibrer ?

2) Si comme c’est prévisible Benyamin Netanyahou se maintient à son poste, avec  qui gouvernera-t-il et pour faire quoi ?
Il doit obligatoirement s’allier à Yaer Lapid et Naphtali Bennett, mais ne pourra le faire qu’au prix de l’octroi de ministères régaliens.
Pourra-t-il ou voudra-t-il obtenir l’accord de « Avoda »( 17 sièges) et celui de Tsipi Livni ? ( 7 sièges)

Cela ne pourra se faire qu’avec une orientation plus sociale et une reprise du processus de paix, conditions "sine qua non" de l’adhésion éventuelle de ces deux formations à un gouvernement d’union nationale, ce qui est peut-être la meilleure solution  et améliorera grandement  l’image d’Israël à l’extérieur.
N’oublions pas que Netanyahou et Obama n’ont aucune sympathie l’un pour l’autre, ce qui est bien embêtant dans la situation actuelle où une alliance solide avec  les Etats-Unis est plus que jamais indispensable, et que la personnalité de Lieberman est bien mal perçue à l’étranger.

L’élargissement de la formation gouvernementale vers le centre et les travaillistes de « Avoda », sur une plateforme commune, ne pourrait  qu’être bénéfique pour l’état hébreu et lui permettrait d‘affronter dans de meilleures conditions les défis auxquels il va être confronté.

André Nahum

Judaïques FM, le 23 janvier 2013

Nota de Jean Corcos :


Les nombres de députés cités par mon ami André Nahum correspondaient aux résultats sortis des urnes que l'on avait hier soir. Les chiffres définitifs sont ceux du graphique du "Figaro", en illustration.