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24 novembre 2005

Shérazade, 18 ans, brûlée vive



Couverture du livre de Souad,
"Brûlée vive"
(Oh ! Editions, 246 pages, 18,90 E)

Je reproduis ci-dessous l’article publié dans « le Figaro » le 24 novembre :

"Dimanche 13 novembre, Sherazade Belayni, 18 ans, a été aspergée d'essence et brûlée vive par un jeune garçon dont elle avait refusé la demande en mariage. «Des témoins ont reconnu les deux agresseurs», raconte Abdel, 25 ans, le frère de la victime.
Parmi eux, un garçon «pakistanais» qui travaillait, comme Sherazade, dans un magasin du centre de Neuilly-sur-Marne (Seine-saint-Denis) où réside cette famille marocaine. «Il était venu à la maison demander sa main. Mais ni Sherazade ni la famille n'était d'accord», poursuit Abdel. La rencontre avait tourné à l'altercation. Le jour du drame, Sherazade se trouve à quelques centaines de mètres de chez elle lorsqu'elle est attaquée. Ses parents, comme tous les voisins, l'entendent hurler au secours et se précipitent dehors. Tandis que dans sa fuite l'agresseur a un accident et abandonne son véhicule. Depuis Sherazade se trouve dans le coma, entre la vie et la mort, brûlée à 60%. Sa famille et tous ses amis du lycée professionnel où elle préparait son bac s'étaient d'abord tus. Ils ont finalement décidé d'organiser une marche silencieuse pour demander justice le 27 novembre à 11 heures à Neuilly-sur-Marne."

Ce drame affreux m’a inspiré deux réflexions.

D’abord le délai (devenu hélas habituel) que s’accordent les médias pour évoquer de tels faits. Cela s’est passé il y a plus de dix jours, et l’excellent site primo-europe (cliquer ici) en avait parlé dès le 15 novembre. Voici comment les faits étaient relatés :
« Une jeune femme a été hospitalisée dans un état jugé très sérieux dimanche après avoir été brûlée vive par son ancien ami à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), a rapporté la police lundi.
Selon les premiers éléments de l'enquête de la brigade criminelle, la jeune femme, âgée d'une vingtaine d'années, a été aspergée d'essence par le suspect dans une rue non loin de chez elle. Il a mis le feu et pris la fuite se brûlant au bras, selon des témoins.
Le suspect, qui a agi "par dépit amoureux", a été identifié et devait être interpellé "sans délai", selon la source. La jeune femme a été admise à l'hôpital dans un état jugé très grave, a-t-on indiqué lundi.
Dès le dimanche soir, "Tous contre le voile" et "Primo Europe" étaient prévenus de ce fait horrible, passé inaperçu dans la grande presse. Histoire sans doute de ne pas stigmatiser plus encore les jeunes des banlieues ! »

Ensuite, il m’a rappelé le livre bouleversant « Brûlée vive », qui a été écrit près de trente ans après par une miraculée, elle aussi victime de l’orgueil machiste qui assassine chaque année des milliers de jeunes femmes en terre musulmane. Contexte différent (la Palestinienne Souad, 17 ans, vivant en Cisjordanie, avait été condamnée à mort par un conseil de famille dans le cadre d’un « crime d’honneur »), quel crime en effet que d’aimer d’amour avant le mariage ... son beau-frère l’aspergea donc d’essence et y mis le feu, comme pour la jeune Sherazade d’origine marocaine qui lutte contre la mort dans un hôpital de la région parisienne.

J’ai déjà prévu de programmer une émission avec l’éditeur sur toute une série de livres consacrés par « oh ! Editions» à la violence faite aux femmes musulmanes.


J.C

Voir aussi l’article consacré sur le blog à trois femmes emblématiques (cliquer ici).