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19 janvier 2015

Kurdes d'Irak, demain l'indépendance ? Dorothée Schmid sera mon invitée le 25 janvier

Dorothée Schmid


Tout d'abord une précision, pour mes auditeurs qui seront étonnés de ne pas m'entendre évoquer dans cette émission les terribles attentats que nous venons de connaitre à Paris. En fait, j'ai réalisé le même jour (7 janvier) les deux parties de mon entretien avec mon invitée, au moment où nous ne savions rien encore de l'attaque terroriste contre "Charlie Hebdo".

Ce sera donc la deuxième émission d'une série spéciale que j'ai décidé de consacrer à la question kurde au Moyen-Orient. En effet, ce peuple de plus de 40 millions habitants attire enfin l'attention des médias, depuis qu'une coalition internationale s'est dressée contre l'effroyable guerre de conquête menée par l'Etat islamique, ou "Daesh" : en pratique, et on l'a vu en Syrie comme en Irak, les seules unités combattantes à leur résister sur le terrain sont les forces kurdes, alors même que les Arabes sunnites ont, à l'exception de certains états engagés par leur aviation, une attitude très frileuse. Pour en parler, j'aurai à nouveau le plaisir de m'entretenir avec Madame Dorothée Schmid. Pour rappel, elle est responsable du programme « Turquie contemporaine » à l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI), et elle a dirigé plusieurs livres et numéros spéciaux à l'IFRI ou ailleurs, sur la Turquie mais aussi sur la question kurde. La dernière émission - que j'avais intitulée "Turquie, Syrie, Kurdes : une partie à trois" -, avait permis de faire un point approfondi sur les Kurdes de Syrie et sur leur positionnement dans la guerre civile actuelle, avec bien sûr en arrière plan la Turquie, ce pays où vivent la majorité des Kurdes - plus de 20 millions. Cette fois-ci nous parlerons de l'Irak, un pays éclaté qui lui a connu les pires violences depuis l'intervention américaine. Quelques soient les reproches, justifiés, que l'on puisse faire a posteriori à cette intervention, elle a aussi démontré que "l'état nation irakien" état bien fragile, et aujourd'hui on a une implosion, entre les Sunnites et les Chiites. Mais les Kurdes irakiens, eux, ont mis à profit ces dix ans pour assurer leur emprise là où ils sont majoritaires et, où peut-être demain, ils seront indépendants : et ce sera le sujet de cet entretien.

Parmi les questions que je poserai à Dorothée Schmid :

-        Après la Première Guerre Mondiale et le démembrement de l'Empire Ottoman, le Traité de Sèvres en 1920, avait prévu l'autonomie pour les zones kurdes du Moyen-Orient, en vue d'une indépendance : celle-ci n'est jamais arrivée. Il y a eu des soulèvements armés, pourtant aucun élan de solidarité, aucune résolution des Nations-Unies ne sont jamais venus en soutien à leur cause. Et on a vraiment l'impression que ce peuple "gêneur", volontairement oublié par les grandes puissances, vient d'être aussi "redécouvert" par des journalistes, peu curieux sur ce qui sort de leurs grilles de lecture car ils ne sont ni arabes, ni juifs : qu'en pensez vous ?
-        Quand avait commencé l'insurrection armée contre le régime de Bagdad, est-ce que c'était avant Saddam Hussein ? Est-ce qu'il y avait eu, comme avec la Turquie, des trêves ou une guerre ininterrompue ? Quels étaient les leaders historiques de la rébellion kurde ? Et comment sont-ils arrivés, à partir de la Guerre du Golfe de 1991, à établir petit à petit un territoire autonome ?  
-        Tout le monde se souvient des images terribles de la fuite des Yézidis d'Irak en direction des zones kurdes, alors qu'ils risquaient vraiment d'être massacrés par les fanatiques du Daesh ; mais il y a eu aussi l'exode de centaines de milliers de Chrétiens qui ont fui vers le Nord. Pourquoi ne sont-ils pas allés vers Bagdad, ou dans le Sud ? Est-ce qu'il ne faut pas y voir une preuve que les Kurdes, qui sont en majorité de religion musulmane sunnite mais avec aussi la pratique minoritaire d'autres confessions, sont finalement plus tolérants que les autres populations de la région ?
-        Projetons-nous dans l'avenir, en espérant que l'ennemi commun des Kurdes irakiens et du gouvernement de Bagdad soit définitivement écrasé, ce qui peut prendre des années : une indépendance totale du Kurdistan est-elle possible ? Il semble difficile à la majorité arabe du pays de l'accepter, pour deux raisons : c'est la zone la plus riche en eau, et surtout une des zones pétrolifères de l'Irak ; et les populations sont mélangées par endroits, surtout à Mossoul qui est la capitale régionale. Une résolution "gagnant-gagnant" pour les uns et les autres vous semble-t-elle possible ?
-        Pourquoi parle-t-on si peu des Kurdes d'Iran, qui semblent plutôt avoir, comme les Kurdes d'Irak, soutenu ce pays ? Est-ce parce que ce peuple a finalement plus de liens de parenté, par son origine ethnique et surtout par sa langue, avec les Perses qu'avec les Arabes ?

Un sujet rarement évoqué en profondeur par nos médias : soyez nombreux à l'écoute !

J.C