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13 juin 2008

Egypte - Israël, l’amour en moins …

Photo AFP, 2 juin 2008

Comment, et alors que cette "saison égyptienne" touche à sa fin, faire semblant d’ignorer une réalité douloureuse ? Le plus peuplé des pays arabes, celui qui a le premier signé la paix il y a près de trente ans, ne porte vraiment pas Israël dans son coeur. En témoigne, par exemple, cette photo où une jeune étudiante montre un atlas où le voisin oriental n’existe pas, la mention "Palestine" couvrant à la fois l’état juif, Gaza et la Cisjordanie ... et il en est de même pour tous les ouvrages de géographie du pays !

Il y a quelques semaines, pour ceux qui auront eu la chance de l’entendre dans mon émission, Frédéric Encel rappelait que jamais le Hamas n’aurait pu accumuler tellement d’armes en provenance d’Iran et transitant depuis le Sinaï par les fameux tunnels, sans une attitude "duplice" de la police égyptienne. Crainte de l’opinion publique et des "Ikhwan", les "Frères musulmans" qui sont la principale opposition au régime, donc ; mais volonté, aussi, de ménager les États-Unis dont Le Caire est officiellement l’allié ; Moubarak aura ainsi navigué pendant de décennies, ne faisant rien pour pousser les Palestiniens à se montrer plus souples, mais en maintenant quand même une Paix froide avec Israël. « Deux fers au feu », aussi et comme devait le dire Encel, à propos de l’Iran chiite, craint mais en même temps ménagé - puisque les relations ont été rétablies avec ce pays, alors même qu’il est maintenant dirigé par Ahmadinejad, le fou furieux !

Il y a quelques semaines, le ministre de la culture égyptien, Farouk Hosni, candidat au poste de Secrétaire Général de l’UNESCO, a déclaré "je brûlerais moi-même des livres israéliens si j’en trouvais dans des bibliothèques de mon pays" (lire l'article sur le site objectif-info). Épingle par le Centre Simon Wiesenthal, le même ministre devait corriger ses propos ensuite, en disant qu’il serait prêt à traduire ces mêmes livres en arabe, mais seulement après une paix israélo-palestinienne. Il y a quelques jours, la presse israélienne révélait des manœuvres égyptiennes en direction de l’Europe, visant à décourager le resserrement des liens commerciaux avec l’état juif ... manœuvres aussitôt niées avec indignation ; mais qui avaient un goût de revanche après les démarches, israéliennes celles-là, ayant conduit le Congrès des États-Unis à conditionner l'aide à l’Égypte à une meilleure surveillance de sa frontière avec Gaza !

Ainsi va donc cette paix froide, mais qui vaut quand même mille fois mieux qu’une nouvelle guerre chaude.

J.C