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05 septembre 2006

Mélanges andalous, 1 : Zapatero versus Aznar

Le chef du gouvernement espagnol José-Luis Zapatero
portant le keffye palestinien

Petit retour pour ce "post" - et pour le suivant - sur mon séjour estival ... Un mois après, cela fait du bien, d'autant plus que le retour du beau temps donne vraiment l'envie de repartir !
J'avais été informé, donc, juste avant mon départ en vacances en Andalousie de cette photo (et de quelques autres), où le dirigeant socialiste et chef de gouvernement semble afficher un appui sans réserves aux pires ennemis d'Israël : le keffye palestinien qu'il porte n'est en effet pas un attribut vestimentaire ordinaire, dans la mesure où il porte les marques du mouvement islamiste Hamas ! On en trouvera par exemple un semblable autour du cou du dirigeant Khaled Mechal, dans la vidéo mise en ligne sur le blog le 29 juin dernier. José-Luis Zapatero a-t-il été surpris, et son large sourire n'est-il que de circonstance ? Le fait est qu'il s'est vu "contraint" de porter brièvement le keffye lors d'une réunion des jeunesses "socialistes" du monde entier, organisée par son parti, le PSOE.
Sur le fond, on sait qu'il doit son élection surprise en mars 2004 au traumatisme de l'opinion publique espagnole allant voter trois jours après les horribles attentats de Madrid qui firent près de 200 morts. Déjà impopulaire, la participation à la guerre en Irak fut immédiatement arrêtée par le nouveau gouvernement : d'un coup, la diplomatie espagnole fit un virage sur l'aile à 180°, les Etats Unis devenant sinon un adversaire, du moins un allié avec lequel il fallait prendre ses distances ; et Israël, l'allié des USA, allait patir aussi du rapprochement voulu avec le Monde arabe.
La guerre entre Israël et le Hezbollah a vu, hélas aussi, le gouvernement espagnol prendre des positions en flèche contre l'état juif, qui allaient bien au delà de la "ligne" définie par l'Union Européenne et le G8. La capitale espagnole fut le théâtre d'une manifestation au cours de laquelle (avarie connue), furent brûlés des drapeaux israéliens ; mais surtout - et il s'agit d'un fait unique dans l'Union Européenne ! - le parti socialiste au pouvoir participait à la manifestation ! A tel point qu'une véritable crise diplomatique a éclaté entre Madrid et Jérusalem ; l'ambassadeur Victor Harel parla même d'antisémitisme, et il lui fallut une rencontre avec le "numéro 2" du PSOE, José Blanco, pour déclarer que "la page était tournée" et que "la relation entre les deux pays était intacte".
Toutes ces infos, je les doit à la lecture sur place (bien que mon espagnol soit plus qu'approximatif) d'un journal qui, par contraste, m'a remonté le moral et m'a convaincu - s'il était encore nécessaire - qu'il ne faut jamais condamner en bloc un peuple et une nation. Le quotidien d'opposition ABC est en effet plus pro-israélien que le plus pro-israélien des journaux français, et il reflète une réalité peu connue du grand public - et des Juifs également : en dehors de la France, les partis de droite sont, sans complexes, sympathisants d'Israël, pour la simple raison qu'ils analysent sa lutte pour la survie comme celle de toutes les démocraties face au totalitarisme islamiste !
Quelques titres d'articles publiés dans ce journal : l'éditorial d'ouverture du 26 juillet, sous la signature de Rafael Bardaji, titré "La grande leçon que nous donne Israël" ; et l'éditorialiste d'écrire que "la riposte d'Israël est la seule possible", que "négocier avec des terroristes ne peut que les inciter à plus de violence" et ... "que son combat est le notre" ; le même jour, une interview du chef de l'opposition Mariano Rajoy, qui exige du gouvernement qu'il se désolidarise avec les "hooligans" du PSOE qui ont manifesté contre un état démocratique" ; le 2 août, un article de J. Cierco, intitulé "Pour la survie de l'état juif", écrit depuis Kiriat Shmona, et où il dit que pour la première fois depuis des décennies, les Israéliens ressentent que c'est leur avenir au Proche-Orient qui est en jeu. 
Enfin, "last not least", j'ai eu la chance d'entendre, parlant un anglais parfait, l'ancien chef du gouvernement José Maria Aznar, interviewé par la chaîne de télévision "BBC WORLD". Il y aurait un long article à écrire sur le parti pris de cette chaîne, et le journaliste qui interrogeait Aznar était loin d'être complaisant ... Aznar présenta sa vision d'une OTAN réorganisée, élargie, ayant comme mission principale la lutte contre la menace islamiste souttenue par l'Iran. "Il faudrait y intégrer de nouveaux pays, le Japon, Israël ...". "Israël ?", s'inquiéta le journaliste britannique, trouvant aussi incongrue une telle candidature que celle d'un chat de gouttière au concours du plus beau fox terrier du Yorkshire ... "Oui, parfaitement. Israël est une démocratie, comme nous, nous partageons les mêmes valeurs, et nous faisons face aux mêmes menaces".

J.C