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30 août 2006

Tripoli : la mort à nouveau requise contre les infirmières bulgares et le médecin palestinien

Les infirmières et le médecin devant leurs juges,
Tripoli, 29 août 2006 (photo Reuters)

Encore une photo bien déprimante des "otages" de Khadafi, toujours "en cage" (de telles grilles sont la norme pour les procès de présumés criminels dans le monde arabe), avec cette fois, non pas un policier moustachu devant les grilles (voir "post" du 13 juin), mais des policières, doublement coiffées du hijab et d'une casquette.
Mais surtout, des nouvelles angoissantes pour ce procès en appel où on attendait que soit, enfin, reconnue l'innocence des membres du corps médical emprisonnés depuis 1999 - cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien qui crient leur innocence face à l'ubuesque accusation de contamination volontaire de centaines d'enfants par le virus du SIDA ... C'est une affaire qui n'en finit pas de me bouleverser depuis mon premier "post" du 11 novembre 2005, à quelques semaines de l'arrêt ayant cassé leur première condamnation à mort de mai 2004 (cliquer ici), et depuis mon émission du 15 janvier dernier avec leur défenseur, Maître Altit.

Ci-dessous un extrait de la dépêche de l'Agence Reuters qui raconte la session d'hier de la Cour d'appel de Tripoli :
"La peine de mort a été requise contre cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien accusés par la justice libyenne d'avoir volontairement inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants.
"Ce fut un acte cruel, criminel et inhumain. C'est une catastrophe humaine", a déclaré le procureur Omar Abdoulkhalek devant le tribunal de Tripoli avant de réclamer la peine de mort contre les accusés. (...)
Les cinq infirmières bulgares, Chejana Dimitrova, Nasya Nenova, Valentina Siropolu, Christiana Valcheva et Valia Tcherveniachka, et le médecin palestinien Achraf Alhajouj, qui sont détenus depuis 1999, ont constamment rejeté les accusations portées à leur encontre.
Au cours de leurs deux procès, ils ont affirmé que leurs aveux leur avaient été arrachés sous la torture, allégation soutenue par la Bulgarie et ses pays alliés.
Des spécialistes de la lutte contre le sida affirment eux qu'une épidémie d'infections au VIH avait éclaté dans l'hôpital de Benghazi avant leur arrivée dans l'établissement de soin. Mais ces experts étrangers, qui avaient été entendus par la cour lors du premier procès, n'ont pas été convoqués pendant le second procès."

Prochaine séance du procès : le 5 septembre. Et suite (sybilline) de la dépêche de Reuters, qui dévoile les coulisses, sordides, des négociations qui doivent se dérouler en coulisse :
"Tripoli a laissé entendre que les infirmières pourraient être libérées si la Bulgarie acceptait de dédommager les enfants et leurs familles, qui réclament 4,4 milliards d'euros en dédommagement.
Le gouvernement de Sofia a refusé de payer, mais s'est joint aux États-Unis et à l'Union européenne qui se sont mis d'accord avec la Libye sur la création d'un fonds de soutien aux familles."

En attendant, je me fais à nouveau et par l'intermédiaire de ce blog, le (modeste) relais de la campagne internationale organisée pour sauver ces innocents, en vous redonnant le lien sur la page de nos amis de l'association Bulgaria-France - où vous trouverez le détail de toutes les actions menées pour les libérer.

J.C