Notre radio

Notre radio

23 août 2006

Les bombes tombent, les blogueurs dialoguent ...

Introduction :
Encore un article intéressant déniché cet été dans le "Wall street journal". Sarah Ellison rapporte que, alors que leurs pays sont en guerre, des Israéliens et des Libanais conversent sur la Toile, à partir des espaces de conversation intégrés à des blogs personnels. Elle rappelle que tout échange est interdit par le Liban, et ce depuis des décennies, bien avant le conflit de 2006 : pas de liaisons téléphoniques, interdiction à tout citoyen libanais de se rendre en Israël, interdiction bien sûr en sens inverse de toutes visites d'Israéliens dans le "pays du Cèdre" ... Traduction d'extraits choisis.
J.C

Lisa Goldman, une femme israélienne de 39 ans née au Canada et "bloguant" à Tel Aviv, a écrit dans un récent "post" : "est-ce que l'on verra pour la première fois des résidents de pays ennemis dialoguer alors que les missilent pleuvent ?"
La plupart des blogueurs de ce petit groupe de dialogue ont une éducation occidentale. Certains ont suivi les cours des mêmes universités, mais ont communiqué pour la première fois en commentant un article découvert sur le blog d'un autre. Bien sûr, il est difficile de savoir si un contributeur au "chat" vit dans une banlieue bombardée de Beyrouth, ou dans un appartement aux USA. Beaucoup de blogueurs libanais ont fui leur pays pour la Syrie, l'Europe ou l'Amérique.
Lisa Goldman dit que l'Internet rend possible un dialogue en temps réel : "j'ai discuté avec un blogueur libanais qui me racontait en direct comment il voyait tomber les missiles tirés par des avions israéliens sur sa ville. Cet internaute édite le "Lebanese Political Journal Blog", et ne veut pas bien sûr que son identité soit dévoilée en raison des risques. Mais il m'a dit : "nous devons tous nous souvenir que nous sommes d'abord des êtres humains, quelques soient les frontières"."
Elle rapporte comment elle a répondu à un blogueur furieux contre Israël : "Tous, Libanais comme Israéliens, nous souffrons de ce conflit, OK ? Donc quand vous gémissez, gémissez pour tous, car nous sommes les citoyens des deux seules démocraties de la région, et nous voyons nôtre rêve de Paix détruit par d'infects fanatiques religieux".
Elle raconte enfin comment elle avait fait la connaissance d'un homme cadre supérieur libanais, travaillant pour une importante société internationale, et signant sous le pseudo "Le perpétuel réfugié". Avant le conflit, ils avaient pris contact grâce aux échanges sur leurs blogs, et il était même venu à Tel Aviv. Il se trouvait à Beyrouth lorsque les bombes ont commencé à tomber, et son état d'esprit a complètement changé. "Bienvenu dans mon holocauste libanais" a été le titre de son premier "post" publié juste après. Et il a écrit à Lisa Goldman : "J'espère que vous resterez sauve. Le Monde a besoin de plus de personnes comme vous. Je vous considère toujours comme mon amie. Mais je ne reviendrai jamais en Israël".

The Wall Street Journal, 
31 juillet 2006