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29 avril 2018

L’Arabie Saoudite, politique régionale et enjeux stratégiques : Fatiha Dazi-Héni sera mon invitée le 6 mai

Réunion du Conseil de Coopération du Golfe, le 30 mars 2017 à Riyad

Nous poursuivrons ensemble dimanche prochain la série consacrée à l’Arabie Saoudite, et où notre fil conducteur reste un ouvrage écrit par Fatiha Dazi-Héni, dont nous avions commencé à parler ensemble la dernière fois. Pour rappel, elle est chercheure, spécialiste des monarchies du Golfe. Docteur en Sciences Politiques, elle enseigne à Lille, et elle travaille à l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire. Son livre, publié aux Editions Tallandier, a pour titre « L’Arabie Saoudite en 100 questions ». C’est vraiment un ouvrage de référence ; la lecture de ses 350 pages m’a beaucoup appris puisqu’il aborde en neuf parties et entre autres, l’histoire, la société, la religion, l’économie, l’international. Et pour ce deuxième entretien, nous aborderons la politique régionale et les enjeux stratégiques.

Parmi les questions que je poserai à Fatiha Dazi-Héni :

-          Parmi les points faibles de l’Arabie il y a la totale dépendance des Etats-Unis, qui assurent la sécurité du Royaume depuis 1945. Cette alliance américaine a été soumise à rude épreuve. Il y a eu la grande méfiance née du 11 septembre ; l’échec des interventions américaines en Irak et en Afghanistan ; le succès du camp anti-occidental en Syrie et au Yémen, suite à leur retrait militaire en 2011 ; et l’administration Obama a sorti l’Iran de son isolement. Pensez-vous que l’administration Trump rassure les Saoudiens ?
-           Les achats militaires des Saoudiens sont astronomiques : les dépenses militaires ont doublé entre 2010 et 2015, elles étaient alors de 87 milliards de dollars ce qui plaçait le pays au troisième rang mondial, devant la Russie. Or il y a deux éléments très inquiétants : d’abord, les piètres performances de leur armée au Yémen, où les rebelles houthies lancent maintenant des missiles sur Ryad ; et l’absence de cohérence entre les armées des différentes monarchies du Golfe, : comment l’expliquez-vous ?
-          L’Arabie Saoudite, se sentant menacée, a été le fer de lance de la réaction contre les révolutions arabes de 2011 : elle a par exemple soutenu le coup de force de l’armée égyptienne contre les Frères Musulmans qui avaient pris le pouvoir. Comment expliquer son engagement très fort en Syrie contre le régime, où elle se retrouve en gros dans le camp qui a perdu, avec des pays qui ont d’autres agendas, comme la Turquie et le Qatar ?
-          La peur commune de l’Iran a rapproché Israël et l’Arabie Saoudite, vous l’expliquez très bien en évoquant une vraie « entente régionale ». Depuis la sortie de votre livre, il y a eu les déclarations extraordinaires du Prince héritier Mohammad Bin Salman dans « The Atlantic » le 2 avril dernier, où il a reconnu le droit historique des Juifs à avoir leur propre Etat, et où il a même évoqué les perspectives d’une coopération israélo-arabe : comment ont réagi les Saoudiens ?
-          Vous consacrez plusieurs chapitres aux relations de l’Arabie Saoudite avec l’Asie, où s’est déplacé au cours des dernières décennies le centre de gravité économique du monde. Pourriez-vous donner quelques chiffres ? Au-delà des échanges commerciaux, il y a la géopolitique. Vous mentionnez le refus du Pakistan de soutenir militairement les Saoudiens au Yémen, alors même que le Royaume a financé la bombe pakistanaise : comment l’expliquez-vous ?
-          A propos du « soft power » religieux de l’Arabie Saoudite, qui est considérable, vous en parlez au chapitre 20 en rappelant le réseau impressionnant d’ONG islamiques qu’elle finance, ses Universités religieuses qui forment des dizaines de milliers d’étudiants du monde entier ; mais surtout vous évoquez au dernier chapitre l’action en France de la Ligue Islamique Mondiale, qui a dépensé partout des dizaines de milliards pour « réislamiser les musulmans ». Que pensez-vous du rôle des Frères Musulmans, certes mal vus aujourd’hui dans le Royaume, mais qui conservent des financements saoudiens, et qui ont à leur agenda un nouveau Califat ? Et que penser du Salafisme, considéré, aujourd’hui comme l’antichambre du terrorisme ?

Une nouvelle émission passionnante … soyez nombreux à l’écoute !

J.C