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16 juin 2019

Les murs d’Alger aussi racontent la colère de la ville

Manifestants à Alger, 31 mai 2019

Aux slogans habituels depuis le 22 février s’est ajouté le souvenir du militant des droits humains Kamel Eddine Fekhar, mort mardi.

A Alger, même la pierre parle désormais. Pour la quinzième semaine de contestation et de manifestations pour réclamer le départ du régime et une transition politique, la colère algéroise se lit aussi sur les murs.
Dans la Casbah, plongée dans le silence du matin, des « Voleurs », « Libres ! », « Pouvoir assassin ! » ponctuent la rue Hocine-Bourahla, une venelle qui plonge en direction du mausolée Sidi Abderahmane – le saint de la ville. Là, une bâtisse effondrée donne leur sens aux tags peints sur ces façades des XVIeet XVIIe siècles. Deux cents mètres plus bas, l’effondrement d’un immeuble de quatre étages a emporté les vies de cinq personnes, dont deux enfants, le 22 avril. Et ce vendredi 31 mai, cette colère contre l’incurie des autorités du pays résonne avec une autre mort.
Car ce quinzième vendredi de mobilisation est aussi un jour de deuil. A la contestation générale, s’ajoutent des slogans pour la défense des libertés publiques après la mort en détention, mardi, du militant des droits humains Kamel Eddine Fekhar.
Une minute de silence est observée à au moins deux reprises par le cortège de la capitale et des manifestants portent des calottes mozabites, en solidarité avec la communauté et minorité religieuse dont était issu le militant. Et discrètement, sa communauté a aussi constitué un petit cortège autonome en début d’après-midi.
A Bab el-Oued, quelques heures auparavant, seul le carrefour commerçant des Trois-Horloges, cœur battant de ce quartier populaire de 70 000 habitants, présente un semblant de vie. Les immeubles, aux balcons desquels pendent des mètres carrés de linges, cachant des murs qui n’ont pas dû être ravalés depuis plusieurs générations, attendent midi trente pour s’animer.

Drapeaux algériens déployés

A un quart d’heure du premier appel à la prière, des dizaines de personnes émergent tout à coup des porches pour rejoindre la procession de fidèles en route vers la mosquée Es-Sunna, une ancienne place forte du Front islamique du salut dans les années 1990.
Là, dans les groupes, les drapeaux algériens ont bien du mal à rester discrets, enroulés dans leurs tapis de prière. Salim, la quarantaine, s’est même fabriqué une pancarte escamotable, repliée dans son tapis : « Il n’y aura pas de retour en arrière sans la satisfaction des demandes de liberté du citoyen. » Présent à toutes les manifestations depuis le début, il se promet de défiler aujourd’hui et jusqu’à « ce qu’ils dégagent tous ! »
Es-Sunna se révèle vite exiguë pour accueillir la foule qui s’y presse à quelques jours de la fin du ramadan. Des dizaines de personnes s’installent dans la rue et sur les marches d’un escalier qui y mènent. Parmi elles, certains se mettent à l’écart, ou s’adossent à des voitures : tout le monde n’est visiblement pas venu ici pour accomplir son devoir religieux. « Tu sais d’où ça part [la manifestation] ? », interroge un jeune homme. « Non. On attend alors, on va voir. » La mosquée est devenue un vrai lieu de ralliement.
Alors, dès la fin de la prière, drapeaux algériens déployés, des centaines de personnes redescendent vers la place des Trois-Horloges. L’imam d’Es-Suna ayant pris son temps pour son prêche, des fidèles des mosquées voisines sont venus alimenter le flot qui chemine vers le lieu de rassemblement. Autour des trois cadrans qui donnent leur nom au lieu, la foule, exclusivement masculine, tranche avec la mixité des manifestants du centre-ville.

« Pouvoir assassin »

Et dès qu’un immense drapeau algérien est déployé, l’ordre de départ résonne aux cris de « Hé, Ho, hé, ho, chaque vendredi on ressort ! ». Désertes une heure auparavant, les rues du quartier déversent des centaines de manifestants alors que des volontaires, barbus et en kamis, encadrent la circulation. Sans que leur présence ne se ressente aujourd’hui dans les chants scandés par les manifestants.
Un timide « Au nom d’Allah, vous dégagerez tous », lancé par quelques-uns au début de la marche, est vite noyé par « Un Etat civil, pas militaire », parfois scandé par les mêmes, d’ailleurs – Le tout entrecoupé de « pas d’élections, bande de mafieux » et de l’inusable « Bab El Oued, les martyrs » en hommage aux victimes des émeutes d’octobre 1988.
Quittant le front de mer, un moment bloqué par plusieurs lignes de boucliers policiers, le cortège des Trois-Horloges entre rapidement sur l’esplanade de la Grande-Poste comme poussés par un tonitruant « les enfants de Bab El Oued et de la Casbah sont là ». Le défilé laisse peu à peu place aux femmes et les « pouvoir assassin » rageurs tentent de couvrir le bourdonnement de l’hélicoptère de la police qui tourne dans le ciel.
En fin d’après-midi, alors que chacun rentre, des secouristes se reposent à l’entrée de leur QG, un local du Croissant-Rouge situé en contrebas de l’université. Pendant plus de cinq heures, par équipes de deux, ils se sont employés à arroser les manifestants d’eau fraîche pour prévenir coups de chauds et malaises alors que le ramadan est entré dans sa dernière semaine et que le soleil se fait chaque jour plus présent.

Ryad Abdou
Le Monde, 31 mai 2019

01 mai 2012

Marche à La Bastille pour l’islam de France, contre le terrorisme


 
Hier était organisée Place de la Bastille à Paris une marche contre le terrorisme à l’appel d’un collectif d’associations musulmanes, à l’initiative de l’imam de la mosquée de Drancy, Hassen Chalgoumi. Un précédent appel en faveur d’une marche silencieuse avait été lancé pour le dimanche 15 avril, marche finalement reportée officiellement en raison du trop grand nombre de meetings politiques dans la capitale.
Enfin réunis, tous entendaient hier défendre un Islam de France, condamner le terrorisme mais aussi protester contre ce qu’ils qualifient d’acharnement des médias contre leur communauté doublé d’un acharnement des politiques; mais aussi contre la récupération politique faite par certains musulmans dont Abderhamane Dahmane, à l’initiative du soi-disant appel des 700 mosquées.

« Stop au fanatisme ! Ce ne sont pas eux qui nous représentent. Je lance un appel aux candidats, pour le respect de notre religion, mais aussi pour la fin de l’ingérence étrangère dans notre religion, pour la formation des imams, pour un islam de France » lance Hassen Chalgoumi. Pour lui, il doit y avoir un échange avec la République : « Nous, on condamne le terrorisme, mais en retour, on aimerait que le racisme soit dénoncé dans notre société. Les mosquées qui brûlent, les tags d’injure à Aulnay sous Bois, les « vous êtes tous des Mohammed Merah », non ça n’est pas possible non plus. »
Dans la petite centaine de personnes, des chrétiens coptes, mais aussi un représentant du monde juif, Sami Gozlan, du Conseil de la communauté juive de Seine Saint Denis : « Je suis très heureux d’être là aujourd’hui alors qu’à quelques mètres de notre synagogue se tenait il y a quelques semaines le Congrès de l’UOIF. La plupart des musulmans de France est très modérée mais ces populations ont peur de s’engager, elles sont souvent immigrées, mais à partir d’aujourd’hui les choses vont changer. » Effectivement, hormis les leaders associatifs, difficile d’engager la discussion avec les simples membres, comme ces jeunes femmes pakistanaises habillées de noir, membres de l’association Mivah Ul Quran : « Nous sommes venues dire que l’islam est une religion de paix. On est là que pour la religion. »
« Ce type de manifestation est de nature à nous rapprocher. Certaines organisations politiques se servent de clichées qui font du soutien à la Palestine un axe politique, comme à Toulouse, ou au Blanc Mesnil. Mais ici tout ça est mis de côté. » continue Sami Gozlan. Plane évidemment sur cette marche le souvenir des actes de Mohammed Merah. Et si Sami Gozlan est là aujourd’hui, c’est bien parce qu’il approuve l’action de l’imam de Drancy : « Il est très clair dans sa condamnation de l’islam radical. »

Le vote musulman en question

Même si tous se défendent d’interpeller les candidats pendant le second tour de la présidentielle, la politique n’est pas très loin, notamment lorsqu’on les interroge sur la question d’un éventuel vote musulman.
« Il n’y a pas de vote musulman » voilà ce que dit  Fatima Belarabi, présidente de l’association des femmes marocaines à l’étranger, tout en ajoutant : « Les français qui vivent au Maroc ont voté à 36% pour Sarkozy ! » Plus loin, Majid Touhami, vice-président du Conseil des musulmans de Montreuil, me confie : « On va faire la différence nous ! » Et quand on lui demande à l’avantage de qui il entend faire la différence, il répond, dans un sourire : « Contre le Pen. » Et puis il ajoute : « Plus de 60% des musulmans ont voté pour Mélenchon chez nous » Un score établi  selon un chiffrage dans certains bureaux de vote du XVIIIe, du XIXe, de Montreuil et de Bagnolet.
Alors quand on les interroge sur l’action de M. Dahmane, tous vocifèrent contre lui : « Il n’est jamais venu nous voir, on l’a interpellé à plusieurs reprises, mais c’est une blague cet homme ! Il connaît pas nos problèmes, maintenant qu’il a été viré, il revient vers nous… » nous confie Majid Touhami. « Mais qu’il l’avance, qu’il l’avance sa liste ! Son action est indigne, la religion, c’est intime, il faut avancer, pas régresser ! L’appel au vote oui c’est un devoir, mais sans donner de consigne. » continue Fatima Belarabi. Même l’imam de Drancy est sceptique : « Qui a le pouvoir de mobiliser 700 mosquées ? Quand il a voulu lancer l’étoile verte pour les musulmans, ils étaient quatre !. » – en référence à l’appel lancé par M. Dahmane l’an dernier aux musulmans à porter une étoile verte, pour dénoncer la stigmatisation dont ils étaient victimes.

Une citoyenneté de quartier

« On est loin des institutions représentatives, CFCM, Mosquée de Paris mais ils vivent dans une bulle…c’est une coquille vide. » nous confie Majid Touhami. « Nous, on défend une citoyenneté de quartier » explique Alexandre Vigne, catholique, fondateur de l’association CIEUX, Comité interreligieux pour une Ethique universelle et contre la xénophobie. « Les lieux de culte au niveau local y contribuent. Quand il n’y a pas de dialogue entre toutes les religions, c’est là qu’il y a un problème. » ajoute-t-il. Et Sami Gozlan d’ajouter : « Je suis invité dans les mosquées, je prends la parole devant les fidèles. On se voit fréquemment avec tous les imams de la Confédération des imams de France, c’est tout à fait chaleureux, et sincère. On se soutient. »
« On se soutient » : cette marche, elle est celle d’associations de Seine Saint Denis, habitués à travailler ensemble dans des quartiers difficiles, habituées à s’ouvrir. Le résultat d’expériences locales qui pourraient peut-être à terme porter ses fruits au niveau national. Tous entendent en tout cas incarner un nouveau visage de l’Islam, soucieux de s’inscrire dans le strict cadre de la laïcité, et capable de se mobiliser.

Blog "Crise de foi"
Le blog de Virginie Riva
30 avril 2012

10 avril 2012

Des musulmans contre l'islam radical


 Manifestation du 25 mars 2012, photo Jean Corcos

Plusieurs associations de musulmans de France appellent à une marche républicaine le dimanche 15 avril à Paris, à partir de 15 heure, pour "dire non au radicalisme religieux", ont-elles annoncé lundi dans un communiqué. Cette marche partira de la place de la Bastille jusqu'à celle de la Nation, à l'appel, parmi d'autres, de la Conférence des Imams, de l'Institut des peuples, de l'Association des anciens combattants Français musulmans et de l'association Changeons de regard.

Les associations musulmanes, qui "refusent tout amalgame entre les musulmans de France et les actes de terroristes qui sont commis en leur nom", auront "une pensée toute particulière pour les familles des victimes des crimes commis sauvagement à Montauban et à Toulouse" et leur apportent "tout leur soutien et leur solidarité". Elles "invitent tous les Français à se réunir autour de valeurs communes, autour de la France laïque, une et indivisible".

Nota de Jean Corcos :
Cette manifestation sera "une première", et on a assez reproché à la "majorité silencieuse" des musulmans de ne jamais marcher dans la rue pour dénoncer les horreurs de l'islam radical. Ceci étant, il serait malhonnête de dire que l'on n'a pas vu, dans le passé, de manifestants musulmans participer à des marches "plurielles", contre le terrorisme. Ainsi, j'ai participé à la marche du 25 mars à l'appel de l'UEJF, de la LICRA et de SOS Racisme, le dimanche suivant l'attentat de Toulouse. Un spectacle réjouissant était de voir, ensemble, des scouts de toutes les religions ... voir cette photo, où on voit défiler des jeunes musulmanes en hijab !

12 février 2012

Tunisie : la société civile réagit ...


Une affiche très osée appelant à une manifestation contre le niqab le 5 février ... des manifestants par milliers dans les rues de Tunis le 28 janvier, pour une "marche des libertés" ... cela ne fait pas encore assez de monde pour renverser le rapport des forces, lors des prochaines élections ; ni pour intimider les Salafistes, qui multiplient partout les provocations : mais cela montre en tout cas que la société civile réagit face au danger !

J.C

17 août 2011

Faut-il douter des chiffres de la révolte syrienne ?

Manifestation contre le régime syrien à Hama,
29 juillet 2011 (photo Reuters)


La Syrie étant fermée aux journalistes étrangers, la société civile est la principale source d'information sur la révolte populaire contre le régime de Bachar Al-Assad. Ce qui pose des questions sur l'exactitude des chiffres qu'elle diffuse.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) est l'ONG la plus citée par les agences occidentales. C'est elle qui a recensé pas moins de 1,2 million de manifestants à Hama, au centre du pays, et à Deir ez-Zor, dans l'Est, lors de la mobilisation massive du 22 juillet. C'est elle aussi qui a décompté plus de 1 600 victimes civiles et 3 000 disparus depuis le début du soulèvement, à la mi-mars.

PEU DE DOUTES SUR LE NOMBRE DE MORTS

Le dirigeant de l'OSDH, Rami Abdul Rahmane, est un Syrien installé depuis dix ans à Londres, d'où il centralise et diffuse chiffres et nouvelles. Dans un entretien au Point, il a expliqué ces dernières semaines comment il compte les victimes. Son réseau, qui compte deux cents Syriens, lui communique les chiffres des registres d'admission dans les hôpitaux et les témoignages de militants sur place. Les échanges se font via Facebook, Twitter, Skype ou par téléphones utilisant des numéros masqués. Les membres du réseau ne se connaissent pas. C'est une question de sécurité.
D'après l'ancien diplomate Ignace Leverrier, auteur du blog du Monde.fr Un œil sur la Syrie, l'OSDH est une source "fiable" pour le décompte des morts et personnes disparues : "Pour la plupart, les ONG disposent de leurs noms." Il cite comme autre source digne de confiance les Syrian revolution rews round-ups, bilans quotidiens diffusés par l'activiste Ausama Monajed (voir ici son compte Twitter), lui aussi établi à Londres.

DES DOUTES SUR LES BILANS CHIFFRÉS DES MANIFESTATIONS

Mais l'OSDH compte de nombreux détracteurs. Son dirigeant, qui se déclare "indépendant", est accusé d'œuvrer pour les Frères musulmans. Il est aussi décrié par le très actif site Infosyrie.fr, dont les "spécialistes de géopolitique et du Proche-Orient" entendent "publier un point de vue alternatif à l'unanimisme en vigueur dans la presse occidentale. Sans pour autant tomber dans un soutien inconditionnel au régime en place". Ce site met notamment en doute les bilans chiffrés de l'OSDH : il affirme ainsi que le 22 juillet, le nombre de manifestants recensés dépassait celui de la population totale des villes citées.
Pierre Piccinin, un professeur d'histoire et de sciences politiques à Bruxelles, qui dit s'être rendu sur place ces dernières semaines, emploie le même argument. "Quelle ne fut pas ma surprise de lire la dépêche de l'AFP, qui annonçait un million de manifestants à travers la Syrie ce 15 juillet (...), dont 500 000 à Hama. À Hama, ils n'étaient, en réalité, pas 10 000. Cette "information" est d'autant plus absurde que la ville de Hama ne compte que 370 000 habitants", s'étonne-t-il.
Mais la comparaison avec le nombre d'habitants paraît difficile : la population de Hama oscille entre 280 000 et... 1,5 million d'habitants, selon les sources. Thomas Pierret, chargé de cours en islam contemporain à l'université d'Édimbourg, dénonce carrément, dans la Libre Belgique, sa "totale méconnaissance" du pays.
Dans cette guerre des chiffres, l'ancien diplomate Ignace Leverrier relève, malicieux, "que les problèmes de comptage ne sont pas spécifiques à la Syrie. En France aussi, syndicats et police se livrent à ce jeu". Il souligne aussi que de nombreux manifestants venus des faubourgs et de la campagne avoisinante viennent gonfler les cortèges des grandes villes. Et que la mobilisation sur le terrain a été suffisante pour contraindre Bachar Al-Assad à faire des concessions, en promettant un dialogue national et une ouverture au multipartisme.

PREUVES PAR L'IMAGE

"Les chiffres sont invérifiables, c'est vrai", admet le journaliste Julien Pain, responsable du réseau des Observateurs pour la chaîne télévisée France 24 et son site. Mais les dizaines de vidéos en provenance de Syrie qu'il visualise chaque jour ne lui laissent aucun doute sur l'importance des événements.
"Les manifestants s'organisent pour restituer au mieux ce qui se passe dans les cortèges. Ils les filment de dos pour ne pas montrer les visages, ils captent les violences de la répression et surtout, ils montent sur les toits pour tourner des plans larges qui montrent la foule", explique-t-il. "Évidemment, les manifestants ont tout intérêt à gonfler les chiffres. Entre eux et le régime se joue une vraie guerre de communication. Mais l'ampleur du mouvement, et les violences de la répression sont indéniables."
Pendant ce temps, l'agence officielle syrienne Sana annonce des meurtres de policiers ou de militaires et des sabotages multiples qu'elle attribue à des bandes "subversives" ou "terroristes". Elle s'est aussi empressée de relayer le témoignage (en anglais) du professeur belge Pierre Piccinin. Et pour justifier la répression, la télévision gouvernementale diffuse des images qui montreraient des manifestants armés et agressifs.

Donald Walther
Le Monde, 4 août 2011

 Nota de Jean Corcos :
L'auteur de cet article parle en termes fort diplomatiques du site "Infosyrie.fr", qui fait en fait du lobbying grossier en faveur du régime de Damas. Sans surprises on notera que certaines de leurs publications sont reprises par les sites et blogs militants de l'antisionisme radical, et en particulier celui de Michel Collon (adresse : http://www.michelcollon.info/), auteur d'un ouvrage au vitriol sur Israël !

29 janvier 2009

Le postier et les timbrés !







Voici une série de photos qui parlent d’elles-mêmes, mais - comme les choses vont toujours mieux en les disant - qui valent aussi quelques mots de commentaires ...
Ces photos, à ma connaissance non publiées par une agence de presse, ont été prises courant janvier Boulevard Raspail, à Paris, au cours de l’une des multiples manifestations de « solidarité avec le peuple palestinien » suscitées par l’opération israélienne à Gaza. Je les ai reçues par mail, mais ces photos n’ont pas eu les honneurs de la grande presse et pourtant ... elles sont tellement parlantes !
- Sur la photo du haut, on reconnaît tout sourire le leader trotskiste Olivier Besancenot en bonne compagnie : si l’étiquette « islamo-gauchisme » avait besoin d’une illustration, celle-là est à archiver ;
- Sur la deuxième à partir du haut, une vue plus globale de la foule confirme bien ce qui a été relevé par tous les observateurs lors de ces manifestations, et dans toute l’Europe : majorité de « marcheurs » musulmans ; et parmi eux majorité d’islamistes, femmes voilées en avant ; celles-là portent ... une première page du journal communiste "l'Humanité" ;
- Sur la suivante, on retrouve l’odieuse analogie entre Israël et le nazisme déjà évoquée dans de précédents articles : mais - le diable étant caché dans les détails - une autre chose doit être relevée, l'expression « soldat sioniste », en calque parfait du Hamas que ces pseudos pacifistes soutiennent ; car pour eux l’état juif doit disparaître, une fois vaincu « le sionisme » ;
- Et les deux photos du bas (les porteurs de « kassams » en carton pâte) viennent illustrer le caractère belliqueux de toutes ces manifestations, qui n’aura guère troublé les « idiots utiles » ou « compagnons de route » de l'extrême gauche, dénoncés dernièrement à mon micro par Mohamed Sifaoui et Caroline Fourest.

J.C

28 février 2006

Youssouf Fofana n'est pas l'Afrique

Manifestant tenant à la main la "une" du journal "Actualité Juive",
marche pour Ilan Halimi, photo AP, 26/02/06

Nous avons tous été scandalisés par l'indécente interview du monstre de Bagneux, diffusée sur i.télévision. La famille d'Ilan Halimi (Z"L) a fait savoir, par la voix de son avocat, combien la choquait son indifférence au malheur dont il est responsable. Circulent également dans nos boites e-mails des photographies de Youssef Fofana dans le locaux de la police d'Abidjan, sourire aux lèvres et faisant même le "v" de la victoire ... prions pour que la justice ivoirienne ne traine pas les pieds face à la demande d'extradition, et pour que le "cerveau" du gang des barbares soit très rapidement jugé dans notre pays !

Reste que, au delà de l'irréparable martyre d'Ilan, Fofana l'assassin aurait complètement gagné s'il parvenait, en plus, en tracer une frontière de sang et de haine entre Juifs et Noirs. N'oublions pas que sa bande de malfrats était constituée de "blacks-blancs-beurs", unis dans un même délire à la fois criminel et antisémite. Comme l'a si bien dit mon invité de dimanche dernier, Lucien Samir Arezki Oulahbib (voir l'article sur le blog), leur univers moral proche du zéro absolu se situe entre Mad Max et Ben Laden. Rien n'est plus nécessaire, pour isoler ces haineux, que de diffuser largement une belle photo comme celle que je publie, trouvée sur le site du "Haaretz" le soir de la manifestation. Merci au CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) d'avoir publié un communiqué de solidarité avec la communauté juive, et d'avoir participé à la marche du 26 février. Remarqués aussi à la manifestation, le drapeau berbère du "Congrès Mondial Amazigh" (j'ai pu bavarder un moment avec leur représentant), et la grande banderole de "L'Amitié judéo-musulmane de France".

J.C

22 février 2006

Manifestation nationale du 26 février : le postier, qui ne viendra pas, a fait un méchant courrier d’excuse

Quasiment tous les grands partis politiques ont annoncé leur participation à la grande marche silencieuse de dimanche prochain contre le racisme et l'antisémitisme et en hommage à Ilan Halimi. On se reportera à la liste publiée sur le site du CRIF, cliquer ici. L’UDF sera certainement dans le cortège, et je parie sur la présence personnelle de François Bayrou, si proche de la communauté juive (voir article sur le blog). Parmi les associations, seront même représentés le MRAP, avocat fidèle de toutes les causes islamistes en France depuis des années, et la Ligue des droits de l’homme, qui s’interrogeait jusqu’à hier sur l’antisémitisme des tortionnaires d’Ilan ... Manquent à l’appel (mais leur présence gênerait probablement dans une manifestation antiraciste) le Mouvement pour la France de De Villiers, et bien sûr le Front National. Manque aussi sur cette liste le parti des Verts, mais ne présumons pas de leur décision.

Mais la LCR a déjà annoncé qu’elle ne participerait pas ! Le seul parti politique antisioniste de France, l’héritier historique des trotskistes qui déjà dans les années 40 refusaient de s’engager contre les nazis « dans une guerre impérialiste », juge indigne une manifestation qui «aboutirait à la stigmatisation de certaines catégories de la population ». Voir le communiqué. Leur leader, petit postier déjà épinglé ici (voir article sur le blog), ne peut rompre la réelle alliance « islamo-gauchiste » qui mériterait toute une émission sur Judaïques FM. Mais la meilleure réponse à tant de mauvaise foi et de procès d’intention se trouve dans un article du blog d’Alain Hertoghe, que je vous recommande vivement de lire (amalgame toi-même !).

J.C

30 octobre 2005

Iraniens : la manifestation dont on n'a pas parlé

Manifestation de l'opposition iranienne en exil en Suède, le 28 octobre 2005. Sur la pancarte, une caricature d'Ahmadinejad, le président iranien. Menteur comme Pinochio, avec un grand nez en forme de missile à tête nucélaire.
Photo AFP

Photo pas vue



Les médias (presse écrite, internet, télévisions) ont été inondés par les images des manifestations "gigantesques" en Iran où des centaines de milliers de personnes ont crié "mort à Israël" (avec en prime souvent "mort à l'Amérique", pourquoi gâter son plaisir), en brûlant des drapeaux, voire même (quel goût exquis) des cercueils représentant les "ennemis" détestés. Pratiquement personne n'a fait le rapprochement avec le même genre de manifestations qui réunissaient naguère en Irak des foules dévotes, brandissant des portraits de Saddam Hussein ... et votant pour lui à 100 % lors d'élections surréalistes. Pourtant, trois ans après (et quoique l'on puisse penser de l'intervention américaine), il y a eu deux séries d'élections libres avec un taux de participation remarquable vu la situation sécuritaire ... et des résultats tout à fait représentatifs de la diversité des opinions.
Des millions d'Iraniens sont révulsés par la politique qui leur est imposée, et ne souhaitent pas du tout engager leur pays dans une entreprise à la fois génocidaire et suicidaire contre Israël. S'ils le disaient, ils finiraient pendus en haut d'une grue comme cela est la mode sous les Ayatollahs (voir photos sur le site www.iran-resist.org). Le rôle des grands médias est de le rappeler aux spectateurs fatigués, or ils ne le font pas, comme ils ne le faisaient pas non plus et naguère lorsqu'ils montraient des "manifestants" de l'autre côté du "rideau de fer". C'est bien dommage. Ils pourraient, aussi, parler des manifestations d'Iraniens libres de dire ce qu'ils pensent - comme ces opposants photographiés en Suède vendredi.

J.C