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12 février 2012

Tunisie : la société civile réagit ...


Une affiche très osée appelant à une manifestation contre le niqab le 5 février ... des manifestants par milliers dans les rues de Tunis le 28 janvier, pour une "marche des libertés" ... cela ne fait pas encore assez de monde pour renverser le rapport des forces, lors des prochaines élections ; ni pour intimider les Salafistes, qui multiplient partout les provocations : mais cela montre en tout cas que la société civile réagit face au danger !

J.C

10 février 2012

Les mille et une vies de Tarak Ben Ammar

Le producteur de cinéma tunisien Tarak Ben Ammar


Introduction :
Hasard des classements sur "Google images", vous avez été des milliers à atterrir sur mon blog justement à partir de cette photo. Ce serait bien dommage de le quitter sans une visite un peu plus approfondie ; quelques mots de précisions, alors ;
- Ce blog est associé à une émission de radio (présentation sous le titre) ;
- Sa thématique est le monde musulman ; 
- Plus d'informations sur l'émission en cliquant sur les liens permanents en colonne de droite, ou sur les dizaines de photos de livres et d'invités ;
- Et en navigant à partir des autres liens ou des différents articles, vous pourrez découvrir plus de 2.000 articles.
Bon surf !
J.C


Avec "Or noir" Tarak Ben Ammar vient d'exaucer son rêve de producteur : adapté d'un roman et réalisé par Jean-Jacques Annaud, le film interroge les ambitions du monde arabe.

LA SOIF NOIRE, le roman de Hans Ruesch, aventurier, journaliste et ancien pilote de course, restait bien à l'abri dans sa sacoche. Ce n'était plus seulement un livre, mais un ouvrage rare, à conserver avec tout le soin que mérite un titre paru en 1961, épuisé en France depuis. Au point que l'observateur ne savait plus ce qui importait aux yeux de Tarak Ben Ammar, 62 ans, en le voyant arpenter, le 13 janvier, ses studios d'Hammamet, en Tunisie. L'exemplaire abîmé à force d'avoir été annoté, jauni, rafistolé ? Ou le bon déroulement du tournage d'Or noir, adaptation par Jean-Jacques Annaud du roman. Un récit d'aventure et une parabole philosophique, situé dans un pays du golfe Persique en 1930, lors de la découverte des premiers puits de pétrole ?
La veille, plusieurs quartiers d'Hammamet venaient, malgré le couvre-feu de rigueur, d'être mis à sac par un peuple tunisien excédé par des années de dictature. Le président Zine El Abidine Ben Ali s'apprêtait à prononcer un discours important à la télévision, pour tenter de mettre fin à ce que l'on croyait être de graves manifestations, pas encore la "révolution du jasmin". Mais ses mots n'ont pas suffi. Le 14 janvier, le président tunisien quitta le pays pour l'Arabie saoudite. Le "printemps arabe" était en marche. Il apparaissait alors à Tarak Ben Ammar qu'il ne pouvait y avoir de meilleur moment pour produire son film. "La question posée dans Or noir de l'utilisation du pétrole reste plus que jamais ouverte. Qu'a fait le monde arabe de cette manne ? Il s'est certes enrichi, mais a-t-il investi cet argent dans la culture, la recherche, le savoir ? Bref, dans son avenir ? Du coup, continue de s'interroger M. Ben Ammar, le pétrole a-t-il constitué une chance ou un handicap pour des populations devenues subitement riches, mais confites dans le luxe, n'envisageant leur avenir que comme un moyen de dépenser leur capital ?" Dans le cas d'une Tunisie qui s'apprêtait à changer d'époque, le producteur dressait alors le constat suivant : "Il serait temps que la corruption disparaisse du monde arabe. La Tunisie est une République, nous ne pouvons plus nous conduire comme des roitelets. Si la Tunisie bascule dans la démocratie, cela pourrait produire un effet domino."

TARAK BEN AMMAR RETRACE SA TRAJECTOIRE PROFESSIONNELLE comme si elle relevait d'un scénario hollywoodien. C'est que l'homme qui côtoie "Silvio" (Berlusconi), "Rupert" (Murdoch), le prince saoudien Al-Walid, "Mel" (Gibson), dont il a distribué, en France, La Passion du Christ et Apocalypto, à la fois producteur de cinéma, banquier d'affaires, patron - avec les frères Nabil et Ghazi Karoui et le groupe italien Mediaset - de Nessma ("la brise", en arabe), la première chaîne de télévision privée et libre du Maghreb, aime donner corps à ses récits. Or noir, par exemple, incarnerait la concrétisation d'une idée fixe. Son rêve de producteur. Porté à bout de bras des décennies durant, monté grâce à son obstination et, finalement, distribué dans le monde par deux majors hollywoodiennes, Warner et Universal. Le producteur a renouvelé son option sur le roman tous les cinq ans, toujours anxieux de voir lui échapper les droits, certain aussi que le coeur du roman - un jeune prince promis à une vie d'études se retrouvant au centre d'un conflit lié à la découverte du pétrole - serait toujours d'actualité. "Je me suis toujours dit, après avoir vu Lawrence d'Arabie, qu'il serait bien de faire, un jour, un film dont le personnage principal ne serait pas le colonel anglais incarné par Peter O'Toole, mais le prince arabe interprété par Omar Sharif. Je suis allé dans le monde entier pour trouver de l'argent, notamment auprès de financiers arabes. Mais ça ne les intéressait pas. C'était l'époque du boom économique des années 1970, lié au pétrole. Tout ce qui les intéressait était de financer des routes, des logements, d'acheter des armes, et surtout pas de faire des films ou d'investir dans la culture."

TARAK BEN AMMAR EST LE NEVEU DE HABIB BOURGUIBA, premier président de la République de Tunisie, fils du premier ambassadeur de Tunisie à Rome et en Allemagne, petit-fils du premier bâtonnier de Tunisie. "Quand je suis né, en 1949, la Tunisie n'était pas encore indépendante. Pierre Mendès France nous a donné l'indépendance. Je me souviens que Bourguiba, raconte-t-il, n'avait pas accroché de photos de ses enfants dans son bureau, mais une photo de Mendès." Quand Tarak Ben Ammar est envoyé à la fin des années 1960 à l'université de Georgetown, à Washington, l'usine des futurs dirigeants politiques, aux Etats-Unis et ailleurs, c'est pour marcher dans les pas de son père, et devenir l'un des futurs cadres du pouvoir tunisien. Mais il échappera au destin que sa famille lui assigne en choisissant la voie des saltimbanques, le monde du spectacle, le cinéma. Là où personne ne l'attend, où personne ne veut qu'il aille, surtout quand on est issu d'un pays sans réelle tradition cinématographique.
Dans les années 1970, il persuade George Lucas de venir tourner plusieurs scènes de La Guerre des étoiles en Tunisie, puis Steven Spielberg pour Les Aventuriers de l'arche perdue. Le réalisateur des Dents de la mer se montre d'abord réticent à la perspective de planter sa tente dans le Sud tunisien et, plus largement, dans un pays arabe. Qu'à cela ne tienne ! Tarak Ben Ammar prend l'avion et réussit à convaincre le cinéaste.
Tarak Ben Ammar se plaît à découper son itinéraire en chapitres qui, assemblés, racontent, selon lui, une histoire cohérente : celle d'un homme parti de son pays pour s'établir en France et qui, fort d'une compétence acquise à l'étranger, revient se déployer en Tunisie, et, au-delà, dans tout le monde arabe. Il apprend son métier dans les années 1970. Dans les années 1980, il produit La Traviata de Franco Zeffirelli et Pirates de Roman Polanski. Ce dernier sera un échec commercial cuisant, amplifié par le refus d'Universal de distribuer le film aux Etats-Unis, après s'y être engagé. Ce qui ouvrira la voie à un procès que Tarak Ben Ammar gagnera. Dans les années 1990, il fait de la télévision, en partenariat avec deux mastodontes de la télévision payante en Italie et en Allemagne - Silvio Berlusconi et Leo Kirch -, investit en France dans les industries techniques dans les années 2000.

LA DÉCENNIE 2010 SERA CELLE DE SON EXPANSION dans le monde arabe. Le générique d'Or noir se révèle, de ce point de vue, aussi riche d'enseignements que le film lui-même. Le panneau Doha Film Institute, l'institut du film de Doha, signale la part qatari de cette coproduction qui ne va pas de soi, pour un film où les impasses de l'islam intégriste sont explicitement montrées du doigt. " Le film a réussi son test lorsqu'il a été présenté, en octobre, au Festival du film de Doha-Tribeca, dans le Qatar wahhabite, se réjouit le producteur. Je craignais qu'il soit sifflé : il a été applaudi. Je voudrais inciter les pays arabes à investir dans la culture. La sortie d'Or noir en Tunisie, le 23 novembre, où un parti islamiste vient de remporter les élections, sera un autre test. "Le rôle de Tarak Ben Ammar dans la Tunisie de Ben Ali, lors du tournant qu'a constitué la " révolution du jasmin ", a fait débat. Une information publiée dans L'Express faisait état d'un engagement du producteur, avec une soixantaine d'autres personnalités, en faveur d'un nouveau mandat de Ben Ali. Une nouvelle qui donnera lieu à un vigoureux démenti. Nessma avait été, le 30 décembre 2010, le premier média tunisien à critiquer le régime. Le producteur avait reçu, dans la foulée, une mise en demeure du président tunisien qu'il a, depuis, encadrée. "Nessma est la télévision du Grand Maghreb, la plupart de nos téléspectateurs sont algériens, viennent ensuite les Tunisiens, puis trois millions de Libyens. Nous avons l'intention, prévient-il, comme toutes les chaînes de télévision en Occident, de refléter les différentes opinions de notre vie démocratique."
Nessma s'est retrouvée, une nouvelle fois, mise à l'épreuve quand, en pleine période électorale en Tunisie, les salafistes ont manifesté contre la chaîne. Voitures de ses dirigeants et maison de son directeur général ont été incendiées, en réaction à la diffusion de Persépolis, le film d'animation de la réalisatrice française d'origine iranienne, Marjane Satrapi. Une des séquences du film montre Dieu sous les traits d'un vieillard barbu. Ce qu'interdit l'islam. Le film avait beau avoir été montré dans plusieurs festivals arabes, sa diffusion, en dialecte tunisien, accessible au plus grand nombre donc, lui offrait une tout autre exposition. Qui plus est dans un contexte explosif, où le parti islamiste modéré Ennahda s'apprêtait à prendre le pouvoir. "La démocratie consiste à respecter la volonté populaire, et je n'ai pas de raison, dit-il, de remettre en question ce qu'Ennahda a déclaré pendant la campagne, où il a dénoncé cette violence. Ennahda s'est prononcé pour la démocratie et la liberté d'expression et les acquis des Tunisiens. Nessma fera en sorte de rappeler aux gouvernants leurs promesses électorales. Personne ne nous empêchera d'exporter le succès de la société civile tunisienne, avec sa tolérance pour toutes les minorités, juive et chrétienne, et de montrer au monde, et au monde arabe en particulier, qu'on peut être musulman, moderne et démocrate, comme on peut être juif ou chrétien et démocrate." Tarak Ben Ammar s'apprête à produire, en janvier 2012, en langue arabe, à Sidi Bouzid, un film consacré à Mohamed Bouazizi, l'homme qui s'est immolé par le feu le 17 décembre 2010, marquant le début de la révolution tunisienne et, au-delà, du "printemps arabe". Le producteur a pour objectif d'organiser la première du film en Tunisie, lorsque le pays aura un gouvernement élu avec un Parlement, signe alors que son pays sera entré de plain-pied dans la démocratie. A supposer qu'il y entre enfin pour de bon.

Samuel Blumenfeld,
LeMonde.fr, 25 novembre 2011

09 février 2012

Tunisie, des caricatures qui font du bien (2/2) !

Pour rappel, ce dessin - extraordinairement osé, dans un pays musulman et qui plus est maintenant gouverné par un parti islamiste - dénonce le procès qui a suivi la diffusion sur une chaîne de télévision du dessin animé "Persépolis", où la figure divine apparait sous des traits humains, ce que les intégristes considèrent comme un sacrilège vis à vis du Coran. Le patron de la chaîne tunisienne Nessma, Nabil Karoui, est poursuivi pour "atteinte aux valeurs du sacré".

J.C

07 février 2012

Tunisie : les 10 erreurs fatales d'Ennahda


Le gouvernement Hamadi Jebali, qui multiplie les bourdes, serait bien inspiré de revoir sa stratégie, ses méthodes et sa communication. Faute de quoi, il risque de jeter l’éponge avant la mise en place d’une nouvelle constitution !

Il est généralement admis que tout gouvernement nouvellement élu bénéficie d’une période de grâce de 100 jours durant laquelle les citoyens lui accordent leur préjugé favorable. Pour le gouvernement à forte prédominance «nahdhaouie» mis en place suite aux élections du 23 octobre 2011, la période de grâce tire à sa fin et il est temps d’établir un premier bilan. Disons-le d’emblée, ce bilan est négatif, pour ne pas dire désastreux !
Le manque de compétences au sein de ce gouvernement, les mauvais choix stratégiques, l’absence totale de visibilité, les déclarations intempestives inappropriées, la mauvaise gouvernance et la communication déficiente ont conduit à une très mauvaise situation économique, une accentuation du chômage et une situation d’insécurité inquiétante.
Chaque jour qui passe nous apporte son lot de scandales, de maladresses et de décisions inappropriées qui font que le citoyen tunisien perd confiance en ce gouvernement. Pire, l’image de la Tunisie est sérieusement écornée, ce qui n’est pas pour rassurer touristes et investisseurs potentiels

Plutôt que de se remettre en question, le gouvernement «nahdhaouie» tente d’imputer la responsabilité du désastre actuel «à certaines parties qui ne veulent pas du bien à la Tunisie» ! Pathétique !
Je ne vais pas pouvoir énumérer toutes les erreurs commises par ce gouvernement, tellement elles sont nombreuses ; on va se contenter de passer en revue celles qui semblent les plus graves ou qui ont suscité le plus de réactions négatives :

1) Le «6ème Califat» de Hamadi Jebali : moins d’une semaine après les élections, alors que les résultats définitifs n’étaient pas encore publiés, le Premier ministre autoproclamé a fait une déclaration incroyable aux sympathisants d’Ennahdha, affirmant qu’il avait reçu des «signaux divins» et qu’il allait instaurer le 6e califat !
Il y a lieu de signaler que même les talibans n’ont jamais osé faire une telle déclaration !

2) Souad Abderrahim et les mères célibataires : surnommée «Souad Palin», celle qui se présente comme l’égérie d’Ennahdha du fait qu’elle soit non voilée a déclaré sur les ondes d’une radio étrangère que «les mères célibataires sont une infamie en Tunisie ; éthiquement elles n’ont pas le droit d’exister» [en tant que telles, Ndlr] !
Propos fascistes que l’on pensait ne plus pouvoir entendre après la fin du nazisme !

3) Les salafistes et la Faculté des lettres de la Manouba : sans doute l’affaire qui reflète au mieux l’incompétence et la mauvaise foi de ce gouvernement !
Un groupe d’une trentaine de salafistes entreprend d’investir l’administration de la Faculté des lettres de la Manouba menaçant le doyen, les enseignants et les étudiants et empêchant la tenue des cours et des examens dans cet établissement universitaire qui compte près de 10.000 étudiants ; incroyable mais vrai ! Devant la passivité du gouvernement de Béji Caïd Essebsi, puis de celui de Hamadi Jebali, qui laissent pourrir la situation pendant 5 semaines, enseignants et étudiants se rendent au ministère de l’Enseignement pour demander au ministre, Moncef Ben Salem, issu d’Ennahdha, de trouver une solution. Ce dernier ne trouve pas mieux que d’envoyer la police pour les tabasser. Pis, une journaliste présente sur place pour couvrir la manifestation se fait violenter à son tour ! Le Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt) organise une manifestation pacifique pour exprimer sa solidarité avec la journaliste en question. Ennahdha, pour sa part, envoie une «milice» (on ne trouve pas d’autres mot pour qualifier ces préposés à l’intimidation de ses opposants) pour intimider les manifestants.
Entre-temps, les salafistes continuent leur sit-in à la Manouba, sans être inquiétés outre mesure !

4) Un candidat ministre essuie le véto d’un pays étranger : le Premier ministre a d’abord présenté un gouvernement pléthorique comprenant 51 ministres avant de céder à la pression populaire et ramener ce nombre à 41 ! Plus grave, le portefeuille de ministre des Finances a d’abord été attribué à Khayam Turki (Ettakatol), un expert en finance internationale dont la compétence est reconnue (chose rare dans ce gouvernement), avant de lui être retiré sous la pression d’un petit pays du Golfe : les Emirats arabes unis !
La souveraineté de la Tunisie prend un sale coup !

5) Tentative de contrôler les médias : le gouvernement Jebali a commis une grossière erreur en essayant de mettre la main sur les médias publics à travers la nomination de directeurs et de rédacteurs en chef qui lui sont inféodés. Pire, certains de ses nominés sont des anciens Zabatistes. Cette décision malencontreuse, d’un amateurisme primaire, a eu pour effet de souder les rangs des journalistes tunisiens.

6) Tentative de contrôle de la Banque centrale de Tunisie (Bct) : Après une première tentative ratée de mettre la main sur la Bct à travers une loi que voulait faire passer Ennahdha à l’Assemblée constituante, le gouvernement revient à la charge, indirectement, en envoyant des éléments proches d’Ennahdha, organiser une manifestation à la Bct, pour réclamer le départ de son gouverneur. Un scandale dont ce gouvernement pouvait se passer.
Parenthèse : Ennanhdha a pris la fâcheuse habitude d’envoyer ses hommes pour tenter d’imposer sa loi. Elle l’a fait contre les journalistes, le gouverneur de la Bct, le gouverneur de Kebili, devant le ministère de l’Intérieur, des intellectuels... Bref, la méthode d’un Rcd-bis !

7) L’Emirat salafiste de Sejnane : cette affaire gravissime, qui paraît relever du surréalisme, a gravement terni l’image de la Tunisie à l’échelle internationale. Un journal de la place a révélé l’histoire incroyable de la création d’un véritable émirat salafiste dans la petite ville de Sejnane ; les habitants de cette ville se trouvant à la merci d’un groupe extrémiste qui fait régner la terreur, à travers des actes de torture sur de paisibles citoyens. Un Etat dans l’Etat ! L’affaire a été largement répercutée à travers les chaînes de télévision tunisiennes et étrangères. 

8) Le chef du Hamas et les cris de haine à l’aéroport : le parti Ennahdha a commis l’énorme bourde d’inviter (en son nom ou bien en celui du gouvernement, on n’en sait rien) le chef du Hamas, prenant le risque de froisser les autorités palestiniennes légitimes. Pire, lors de l’accueil triomphal qui lui a été réservé à l’aéroport Tunis-Carthage, des cris de haine d’une extrême gravité ont été lancés par une horde d’énergumènes excités. C’en est fini de l’image d’une Tunisie tolérante !

9) La libération anticipée d’un pédophile : lors de la célébration du 1er anniversaire de la révolution du 14 janvier, un certain nombre de détenus ont bénéficié d’une amnistie, parmi eux se trouve un pédophile qui n’est autre que le frère du ministre de la Justice ! Pour un parti qui parle d’éthique et de morale, c’est vraiment la chose à ne pas faire !

10) Un appel au meurtre en direct : lors d’une séance de travail de l’Assemblée constituante, en présence du Premier ministre et retransmise en direct à la télévision, un des hauts responsables d’Ennahdha n’a pas trouvé mieux que de lancer un appel à la violence ! Evoquant les sit-inneurs et les manifestants qui réclament leurs droits, il n’a pas trouvé mieux que de citer un verset du Coran qui menace ces derniers, à travers un langage imagé, de couper leurs mains et leurs jambes et de les faire disparaitre de la surface de la terre. Le tyran Ben Ali paraît être un enfant de chœur.
En définitive, ce gouvernement est appelé à faire une révolution de palais et revoir de fond en comble sa stratégie, ses méthodes et sa communication. Faute de quoi il risque de devoir jeter l’éponge avant même la mise en place d’une nouvelle constitution !

Moez Ben Salem
Kapitalis, 26 janvier 2012

06 février 2012

Tunisie, ou "les métamorphoses vestimentaires" ...


Le sourire du mois
- février 2012


Cette sympathique illustration circule sur FaceBook, où les Internautes - Tunisiens en particulier - rivalisent de créativité !

Que dire de plus ? Les originaires ou les touristes amoureux du pays ont dans la mémoire les chatoyantes tenues féminines, si diverses selon les régions et les époques. L'islam wahabbite uniformise tout sous de maudits voiles noirs, qui emprisonnent les corps et figent le temps en remontant au Moyen-âge .

Les tenues de droite, qui se multiplient en Tunisie, sont également portées dans le Golfe ou au Pakistan, bref ce petit pays autrefois métissé et ouvert risque de faire un terrifiant rétropédalage : mais la légende - hélas un peu gâchée par une faute de frappe - montre heureusement qu'il y a de la résistance !

J.C

Semaine tunisienne



Les nouvelles venues de Tunisie ne sont pas bonnes depuis qu' Ennahda et ses alliés ont acquis la majorité et dominent, de manière écrasante, à la fois l'Assemblée Constituante et la vie politique dans le pays. Rivaux potentiels mais alliés tactiques, les Salafistes essaient aussi de grignoter la société civile, provoquant - heureusement - des réactions, et en particulier d'une partie de la presse devenue enfin libre depuis la révolution.

J'ai la chance d'avoir dans mon réseau d'amis sur FaceBook de nombreux amis tunisiens, qui me signalent des publications, m'envoient des photos, des liens sur des articles ... il était temps d'en faire une petite compilation et de vous proposer donc une "semaine tunisienne" sur le blog pour en parler : merci pour vos prochaines visites !

J.C