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27 mars 2015

La fabuleuse synagogue de Doura Europos



Moïse bébé, sauvé du Nil par la fille du Pharaon. 
Fresque de la synagogue deDoura Europos
 
Un avertissement pour commencer : la beauté, mais surtout l'importance historique des vestiges de Doura Europos ; la connaissance approfondie de ce trésor permise par les recherches archéologiques ; le débat entre historiens, enfin, sont tellement importants que je renonce à tenter d'en faire un résumé, même le plus court. J'ai donc décidé, après vous avoir donné les liens pour les lectures de référence, de présenter ici un choix d'illustrations accompagnées du strict minimum sur le sujet.


Tout d'abord, pour rêver à propos des incroyables vestiges découverts il y a moins d'un siècle, cette collection d'images que donne une recherche Google images.


A l'origine, Europos, située en plein désert, dans l'extrême Est du pays près de la frontière actuelle de l'Irak,  est une colonie macédonienne. Elle fut fondée vers 300 avant J.C par Séleucos Ier, roi de l'Asie et qui fut un des généraux d'Alexandre le Grand. Pour qui connait un minimum d'Histoire du peuple juif, la dynastie qu'il fonda soumis, entre autres, la Judée, imposant un culte païen dans le Temple ; et cela provoqua  la révolte des Macchabés, libérant leur peuple après l'épisode miraculeux de Hanoucca .... Au hasard des guerres et des conquêtes, la cité sera sous le pouvoir des Grecs, puis des Parthes, puis des Romains, jusqu'à l'arrivée des Perses sassanides qui détruisirent la ville vers 256 après J.C.




Ville très cosmopolite pendant ses siècles d'existence, le site, découvert dans les années 1920-1923 a fait l'objet d'intenses fouilles archéologiques au début du mandat français. Il renferme de nombreux édifices liés à différentes religions. La population d'origine comprenait une communauté juive autour de la fameuse synagogue.


La synagogue et ses fabuleuses fresques font l'objet d'un article très détaillé sur Wikipedia, avec plus de 270 références ! Les curieux pourront donc  approfondir ce sujet s'ils le souhaitent.


La découverte de ce trésor archéologique a causé un choc à l'époque car la présence de peintures de personnages dans un lieu de culte juif remettait largement en question l'interdit de la représentation humaine, qui est la marque du culte juif - comme musulman d'ailleurs.

L'essentiel maintenant à savoir sur les fresques elles-mêmes, autour de quelques illustrations ...



Il y a eu successivement deux synagogues, la première étant trop petite. Sur cette carte, la synagogue elle-même (en rouge) et ses dépendances (en rose) au cœur du quartier juif de la cité.



Sur les murs de la synagogue (ici sur le mur Ouest où se trouve la niche renfermant l'Arche Sainte), des panneaux illustrant des personnages de la Torah, ou des scènes bibliques diverses;


Selon les historiens, cette figure pourrait être soit le Prophète Jérémie, soit le scribe Esdras.

 

Sur cette peinture, la prise de l'Arche Sainte lors de la bataille d'Euben Ezer contre les Philistins.



L'essentiel des fresques et panneaux ont été transportés du site archéologique vers Damas, où la synagogue a été reconstitué en partie comme le montre cette illustration. Mais rares sont les touristes qui peuvent la voir, comme le résume parfaitement l'article de Wikipedia : "Alors que cette reconstruction est indubitablement la pièce maîtresse des collections du musée, elle est, pour des raisons politiques, presque cachée aux visiteurs depuis les années 1950 : fermée à clef, elle nécessite l'intervention d'un gardien pour être ouverte, et son existence est à peine mentionnée dans les guides touristiques officiels."

Une dernière réflexion aussi : alors que l'actualité nous envoie les images immondes de la destruction du musée de Mossoul et de la destruction de sites assyriens par les fous furieux du Daesh, on frémit en pensant à ce qu'ils feraient si par malheur, ce musée tombait entre leurs mains !

J.C