Notre radio

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29 août 2007

"Juifs de France : la Tentation assimilation", un nouveau livre d'André Nahum



Voici un livre dont la thématique n'est pas directement liée à ce blog et à ma série radiophonique, puisqu'il est question des risques "soft" de dissolution de la communauté juive française ... et non pas des violences antisémites, apparues au début des années deux mille. Mais son auteur est mon "collègue" de Judaïques FM, l'infatigable André Nahum. Un ami très cher en même temps qu'une plume précise et brillante, qui ravira les lecteurs, j'en suis sûr ! C'est donc avec plaisir que je publie ici le communiqué de presse de son éditeur.

7 Juillet 2007 :
le Vatican publie le décret du pape Benoit XVI autorisant le retour à la célébration de la messe en latin ... ainsi que la subsistance d’une prière "pour la conversion des Juifs" dans la liturgie du Vendredi Saint de l'ancien missel.
L'auteur s'interroge sur l'avenir des Juifs de France face à l'assimilation, ainsi que sur l'évolution de l'Eglise catholique par rapport aux Juifs après Jean XXIII, Jean-Paul II et Vatican II.
Alors que cette église reconnaît maintenant le judaïsme comme une religion à part entière ayant sa place légitime aux côtés du christianisme, certains prélats n'ont pas abandonné la tentation de baptiser les Juifs...
André Nahum est médecin, écrivain et chroniqueur à radio Judaïques FM.
Il a publié notamment : "Le Médecin de Kairouan", Prix de l'Afrique Méditerranéenne-Maghreb de l'ADELF et de la Ville de Paris 1996, "Quatre boules de Cuir" et "Israël-Palestine, l'Heure de vérité".

J.C

28 août 2007

Impressions de Tunisie : trois articles à lire dans la revue « l’Arche »

Introduction :
Comme je vous l’avais annoncé de retour de Tunisie, j’ai eu le plaisir de voir publié dans l’excellente revue « l’Arche », « le mensuel du judaïsme français », un article sous ma signature consacré au colloque auquel j’avais été invité. Dans le même numéro du mois de juin (que vous pouvez encore trouver dans la plupart des librairies juives, ou sur commande en contactant le journal à l’adresse info@arche-mag.com), deux autres articles de deux « compagnons de voyage » dans mon pays natal : « Islams (impressions de Tunis) » par Raphaël Drai, qui apparaît un peu comme un contre point, moins optimiste, à mon propre papier ; et « Cette année à la Ghriba », un reportage assez enthousiaste de ma consœur Sarah Elkaïm de la radio RCJ sur le pèlerinage qui se déroulait à la même époque.
Voici le texte intégral de mon propre article.

J.C

Dialogue interreligieux à Tunis

J’ai eu la chance d’être invité, comme conférencier, à participer en terre d’islam à une manifestation universitaire de haute tenue. La « Chaire Ben Ali pour le dialogue des Religions et des Civilisations » a, en effet, organisé du 7 au 10 mai dans la station touristique de Gammarth près de Tunis, un colloque international sur le thème « La Raison et la Foi pour un monde solidaire ».
Producteur depuis dix ans sur « Judaïques FM » de la seule émission de la fréquence juive exclusivement consacrée à la connaissance du monde musulman (« Rencontre », un dimanche sur deux à 9h30), j’ai présenté une communication sur cette émission, dont les auditeurs fidèles de la fréquence juive savent qu’elle essaye de garder le ton juste en parlant de sujets brûlants.

Les organisateurs du colloque voulaient démontrer que la dialectique « Foi - Raison » a traversé chacune des grandes religions monothéistes, et que se s’y sont frottés trois théologiens célèbres : Averroès pour l’islam, Maïmonide pour le judaïsme, et Saint Thomas d’Aquin pour l’église catholique. L’introduction du programme ne faisait aucune allusion au fameux discours du Pape Benoît XVI à Ratisbonne, qui provoqua la colère des musulmans par des manifestations violentes ; mais on ne pouvait s’empêcher d’y penser.
Deux intervenants de poids allaient pourtant évoquer le discours du Pape. Le célèbre islamologue Bruno Etienne, plutôt optimiste en l’occurrence, a présenté la réaction « théorique » de l’islam venue sous la forme d’une réponse commune au Pape de plusieurs Oulémas, s’appuyant sur des analyses de textes de théologiens de référence (Ibn Hazm, Ibn Tufayl). Plus sévère, Mohamed Arkoun a dit qu’après le discours du Pape « les foules arabes ont crié dans les rues, au lieu de chercher la vérité dans les bibliothèques ». « Oui, le Pape a eu raison », devait dire Mohamed Arkoun, vivement accroché ensuite lors du débat.

Mais revenons à Averroès (Ibn Rushd), le théologien musulman andalou qui a tenté magistralement la synthèse entre Foi et Raison. Plusieurs intervenant, notamment tunisiens, ont exposé son approche, théorisée notamment dans son « Fasl al-maqal » (Traité décisif) : « il n'y a pas de contradiction entre la philosophie et la loi divine ; celle-ci, au contraire, appelle à étudier rationnellement les choses ; d'autre part, « le vrai ne peut contredire le vrai » ; on peut donc se proposer légitimement d'unir le rationnel et le traditionnel. Une approche en contradiction avec la fameuse « pensée clôturante » du théologien Al-Ghazali, son aîné (1058 -1111), qui s’était orienté vers un mysticisme profond, refusant toute vérité aux philosophes. Or à partir d’Al-Ghazali, les « portes de l’interprétation » du Coran furent fermées dans la majorité du monde musulman.

Averroès, donc, comme modèle de rigueur scientifique, de dévotion à la connaissance et à la pluralité des opinions, est un bâtisseur de civilisation qui manque beaucoup (plusieurs conférenciers arabes de divers nationalités en ont convenu) dans la pensée en crise du monde musulman contemporain. Mais le théologien andalou fut aussi l’occasion d’un « accrochage » révélateur lors du débat. Un conférencier marocain reprocha à un autre conférencier, tunisien celui-là, d’avoir « chargé » les Almohades en rappelant qu’ils avaient voulu convertir de force les Juifs, contraignant en particulier la famille de Maïmonide à fuir vers le Maroc puis vers l’Égypte. « Rien ne le prouve », dit l’un, « si, c’est un fait historique démontré », répondit l’autre ... Une belle illustration (et ce ne fut pas la seule), de l’ouverture d’esprit singulière des Tunisiens, par contraste avec d’autres interventions.

Contraste manifeste entre la plupart des intervenants du pays hôte et la grande majorité des conférenciers des autres pays arabes. Les premiers semblaient parler de leur propre religion en universitaires détachés, établissant une distinction entre la matière traitée et leurs propres convictions religieuses. Les Tunisiens n’ont pas eu peur de traiter de sujets sans rapport direct avec l’islam, qu’il s’agisse du passé des minorités (le professeur Taher Ghalia, conservateur du magnifique musée du Bardo à propos de la synagogue de Naro Hammam-Lif et de ses étranges mosaïques datant de la période byzantine), des rapports entre science, religion et enseignement (la jeune Leïla Ghrissa à propos de la théorie de l’évolution, et des réactions des élèves en Tunisie comme aux États-Unis), voire de l’analyse du choc en retour du religieux, avec un appel aux trois traditions monothéistes à bâtir, ensemble, un « humanisme judéo-islamo-chrétien » (mon ami Mezri Haddad).

Par contraste, encore, et alors que le colloque se voulait strictement apolitique, un conférencier égyptien allait mettre lourdement les pieds dans le plat, évoquant en conclusion - totalement décalée - de son exposé « la réalité du monde, avec les territoires occupés, les oppresseurs et les opprimés ». Toujours en verve, il devait aussi, après l’intervention d’Ofer Bronstein intitulée « Relations Euromed, alliance des civilisations et économies solidaires », l’interpeller sur « le sionisme, ce particularisme étroit opposé à la mondialisation » ; encore plus fort (je ne l’ai pas entendu, mais cela me fut rapporté), un autre conférencier venu de Syrie a même dit que « Ben Laden était le petit-fils de Lord Balfour ».

Est-il besoin de dire que, dans leurs conférences comme dans leurs interventions, la dizaine d’invités juifs (sur environ 75 participants) sont restés totalement fidèles, à la fois à la thématique du colloque et à l’idéal d’ouverture qui le guidait ? Certaines conférences, comme la mienne, étaient axées sur les exemples passés et présents de coopération inter communautaires : j’ai eu le bonheur de lire mon exposé sous la présidence de séance bienveillante d’un père chrétien libanais. On aura pu entendre Ofer Bronstein parler des chantiers de la mondialisation ; Gabriel Kabla évoquer l’urgence de la solidarité, dans un monde où l’indifférence et la non-assistance sont la règle ; et Sonia Fellous évoquer une coopération judéo-chrétienne au XVème siècle pour la traduction d’une Bible enluminée ...
L’évocation de Maimonide (« Rambam »), la seule figure du judaïsme à avoir, semble-t-il, durablement marqué le monde musulman, donna lieu à des conférences à la fois brillantes, et émouvantes. Robert Bismuth a évoqué l’immensité de son œuvre, sa polyvalence, et son rayonnement ; Paul Fenton rappela que l’auteur du « Michné Thora » a tenté de justifier rationnellement les 613 préceptes, positifs et négatifs, du judaïsme ; Tony Lévy fit un brillant exposé sur un legs peu connu du Rambam : le calcul de l’apparition du croissant lunaire, déterminant pour le calendrier liturgique ; et le Grand Rabbin de Provence, Charles Bismuth, rendit le plus vibrant des hommages à l’auteur du « Guide des Égarés », écrit en arabe en des termes qui parlent encore aux hommes de toutes les origines et religions.

Jean Corcos
L’Arche, juin 2007

27 août 2007

Zehava Ben, "tu es ma vie" et les crimes d'honneur !

Que voici un titre bien étrange pour ce post !

Quelques mots d’explication :
- Zehava Ben, dite aussi "le rossignol du Néguev" est née à Beer-Sheva en 1968 dans une famille juive marocaine immigrée en Israël dans les premières années de l’État, comme des centaines de milliers d’originaires de cette communauté. Elle est devenu le symbole vivant de la musique "mizrahi" (judéo-orientale) dans son pays, avec plusieurs titres à succès et surtout la comédie musicale "Tipat Mazal", "un brin de chance" (plus de détails sur Wikipedia). A noter enfin que, les premières années de mon émission, le "jingle" était tiré de l'un de ses CD (pour mémoire, celui que vous entendez aujourd'hui est la bande originale du film "Lawrence d'Arabie").
- "Inta Omari 2006" est la reprise du standard de la célèbre chanteuse égyptienne Oum Kalsoum, "Enta Omri", en français : "tu es ma vie" : titre d’une chanson d’amour passionné comme on le devine, et vous comprendrez tout, en visionnant ce clip musical !
- On y voit donc la délicieuse Zehava Ben à la bouille toute ronde, plus vraie que nature en bédouine à coiffe noire sertie de bijoux, et surtout on entend sa voix rauque s’élever alors que sous nos yeux est planté le décor du drame : un campement bédouin, avec (étrangement "kitch"), des violonistes jouant dans le désert ; l’arrivée d’un bel inconnu, au sourire charmeur sous le keffieh rouge ; un autre jeune (sans doute le frère de l’héroïne ?) toisant l’inconnu, puis courant pour informer la tribu de son arrivée.
- Et c’est là qu’apparaît "le pépé", ce sale type de pépé qui doit être le père de la chanteuse : belles et fières moustaches de patriarche, sourire de faux jeton invitant le voyageur à venir boire le thé sous la tente, et je te verse le breuvage, et je te toise sous toutes les coutures.
- Pendant ce temps, très vite comme dans une tragédie grecque, le drame s’est noué : un échange de regards qui tuent, littéralement un "coup de foudre", et la pauvre bédouine s’imagine déjà fuyant son clan et voguant avec le bel inconnu à dos de chameau. Le malheureux soupirant a juste le temps de l'approcher, de lui soulever le voile, de lui caresser la joue, et le frérot court dénoncer les "jeunes criminels" au pépé, autoproclamé gardien des bonnes mœurs : et voici donc le patriarche sortant un vieux fusil de derrière les fagots, un coup de feu, et le jeune prétendant est tué net !

Voilà, vous avez compris maintenant pourquoi je vous ai parlé de "crime d’honneur" ... Cette chanson évoque une tragédie qui touche des milliers de jeunes filles au Moyen Orient, assassinées (elles et/ou leurs téméraires prétendants) dans l’indifférence totale de la plupart des ONG, qui ne voient les puces que sur le dos des démocraties et ne vont surtout pas fouiner sur ce que font les "pères la terreur" dans leurs tribus ! Un sujet déjà évoqué sur le blog à propos de "Souad, brûlée vive", un livre bouleversant (lire sur ce lien), mais qui hélas n’a pas encore donné lieu à une émission. Écoutez cette chanson arabe, admirez la vérité de cette reconstitution tournée en Israël - et surtout, surtout, ne l'oubliez pas lorsque l’on vous jouera du pipeau sur l’air « du relativisme culturel » !

J.C



26 août 2007

Abdallah, le monarque énigmatique

Le Cox du jour
- août 2007

Pour ce nouveau personnage illustré par la plume acérée de Cox, je vous invite à faire un petit détour par le royaume wahhabite d’Arabie Saoudite : une puissance régionale plongeant (selon la formule consacrée) ses racines à la fois dans les plus grandes réserves pétrolières de la Planète, et dans la tradition islamique la plus stricte - puisque le Coran y tient lieu de constitution.

Ce pays a été deux fois l’objet d’émissions spéciales de ma série, et cela après le choc du 11 septembre 2001, lorsque les Occidentaux réalisèrent avec horreur que la majorité des kamikazes étaient d’origine saoudienne - donc nés dans un pays en principe « ami ».
J’ai eu ainsi comme invité le 5 mai 2002 Alexandre Del Valle (titre de l’interview, assez incisif : « l’Arabie Saoudite, facteur de paix ou facteur de guerre ? ») ; mon invité avait eu des propos assez durs vis-à-vis du régime en tant que grand exportateur de l’islamisme à coups de pétrodollars, mais plutôt prudents sur le rôle du royaume vis-à-vis des conflits du Moyen-Orient.
Beaucoup moins nuancé en revanche, Laurent Murawiec reçu le 25 janvier 2004 à propos de son livre « La guerre d’après » (Editions Albin Michel). Sa théorie : « L'Arabie Saoudite n'est pas un État stabilisateur et allié à l'Occident, mais une mafia usurpatrice et corruptrice qui mène une guerre secrète et subversive contre tout ce qui s'oppose à son idéologie fondamentaliste. »
Lire sur ce lien une présentation du livre par le Lieutenant Colonel Ludovic Monnerat, dont le blog remarquable figure parmi mes liens permanents.

Depuis ces deux émissions, je n’ai pas eu l’occasion de reparler directement de l’Arabie Saoudite à la radio, et c’est peut-être une erreur car l’Histoire s’accélère dans la région, et ce que fera - ou ne fera pas - le royaume wahhabite est fondamental. Depuis 2005, elle a un nouveau Roi - Abdallah, dont le nom complet (retenez votre souffle S.V.P) est Abdallah ben Abd al-Aziz ben Abd al-Rahman Al Saoud : fausse nouveauté, car en fait c’est lui qui dirigeait le pays en coulisse pendant la longue décrépitude de son frère, le Roi Fahd. Et puis, monté sur le trône à l’âge de 81 ans, il n’était pas tout à fait un perdreau de l’année ... Pour en savoir plus, lire l'article qui lui est consacré sur Wikipedia.

Là-dessus, la question fondamentale pour Israël et les Etats-Unis, à l’heure de la montée de la « vague verte » nazislamiste sponsorisée par l’Iran, est simple : quel rôle modérateur peut jouer l’Arabie Saoudite ? Peut-on compter sur Abdallah ? Les optimistes vont évoquer le fameux « Plan de Paix saoudien » mis sur le tapis depuis le sommet de la Ligue Arabe à Beyrouth en 2002, et timidement relancé depuis. Mais les pessimistes, eux, notent que curieusement, ce pays n’a pas répondu aux propositions américaines de sommet régional pour la Paix (lire cet article récent du "Yediot Aharonot"). Sur la scène palestinienne, le bilan n’est guère réjouissant : ce sont probablement des fonds saoudiens privés, « charitables » ou officieux qui ont financé le Hamas alors que l’Autorité Palestinienne était dirigée par Arafat, et c’est le même Abdallah qui avait mis un quasi-veto à tout compromis sur Jérusalem, lors des négociations avortées de Camp David ; et les observateurs israéliens - pessimistes et optimistes réunis - ont tous relevé les efforts acharnés de la diplomatie saoudienne pour accoucher d’un gouvernement d’union nationale entre Hamas et Fatah en février dernier ; gouvernement liquidé quelques mois plus tard, après les « putsch » militaire des premiers à Gaza et constitutionnel des seconds à Ramallah ... Même clivage entre optimistes et pessimistes à propos des fabuleux contrats d'armements proposés par les USA à leurs alliés du Moyen-Orient : les uns se réjouiront de voir un front pro-américain regroupant, enfin, Israéliens et Arabes face à la menace iranienne ; les autres n'y croiront pas, et imagineront déjà le scénario catastrophe - celui d'un renversement du régime saoudien, ou celui d'un possible détournement terroriste des armes "high-tech" vendues là-bas !
Au mieux donc, le Roi Abdallah a fait la preuve de son impuissance ; au pire, il aura montré une grave complaisance pour le terrorisme islamiste ; et son influence réelle sur le cours de l'Histoire dans la région sera jugée seulement après coup.


J.C

23 août 2007

Des nouvelles de l’audimat

Agrandir l'image en cliquant dessus pour lire les détails


D’abord quelques commentaires à propos de ce « camembert » fourni par le logiciel de suivi de l’audience « Sitemeter » : il donne une photographie valable un jour donné pour les cent derniers visiteurs (soit moins de 24 heures) ; en l’occurrence, cette ventilation des origines date déjà (8 juin 2007), mais elle semble assez stable, par rapport à ce que j'avais relevé en février 2006 : en gros, les visiteurs viennent de France dans une plage de 65 à 70 % ; pourcentage confirmé par celui du logiciel « Neocounter » (les petits drapeaux qui s’alignent en colonne de droite), qui lui donne une ventilation globale par pays, depuis le 6 mars 2006. Si on considère maintenant les pays francophones, à nouveau il n’y a pas photo : les « hits » proviennent à plus de 85 % de ces pays, ex-colonies du Maghreb ou d’Afrique Noire, et surtout Belgique (premier pays étranger pour les visites), Suisse et Canada (comprendre Québec). Sans oublier, bien sûr, que les lecteurs de l’étranger doivent comprendre en majorité le français, car un nombre extrêmement faible de visiteurs utilise un logiciel de traduction.

Pourquoi le dissimuler ? Un des objectifs du blog et de l’émission est de faire connaître une image de la réalité israélienne et moyen-orientale non déformée par la propagande ... Je suis donc d’autant plus heureux lorsque je relève des visites venant d’un pays arabe ou musulman, sans non plus me bercer d’illusions sur les sentiments profonds de tous ces anonymes. Comme le montre ma compilation actuelle de drapeaux, tous les pays de la Ligue Arabe sont maintenant représentés (21 nations), à l’exception de la Somalie, la malheureuse Somalie croulant sous la misère et la guerre civile - j’ai même eu quatre visiteurs des Territoires Palestiniens et un d’Irak ! A noter aussi un intérêt pour cette adresse en Turquie (plus de 200 visites), et de façon beaucoup plus anecdotique, dans des grands pays musulmans comme le Nigeria, la Malaisie ou l’Indonésie.

Sinon, la collection de drapeaux n’en finit pas de s’allonger ! En retirant les territoires sous tutelles diverses (DOM-TOM français, Porto Rico et autres), ce sont maintenant 133 pays qui sont représentés, et ce largement aux quatre coins du Monde - parmi les nouveaux représentés : les îles Cayman et le Bhoutan. Quasiment tous les pays d’Europe figurent dans ma liste, idem pour le bassin méditerranéen. Restent quelques drapeaux à glaner, en Afrique, Amérique Latine ou en Asie - ce sera plus dur, en raison à la fois de l’obstacle du langage et du sous-développement Internet de certaines contrées !

Enfin, et en ce qui concerne les statistiques globales depuis les quasi origines du blog (5 mai 2005), les « vieux » lecteurs auront sans doutes remarqué que je n’ai plus « célébré » de chiffres ronds depuis les 20.000 visiteurs ... C’est que auparavant, je parvenais à compter et retrancher les « hits » correspondant à mes propres connexions, lorsque - en raison de manipulations dont je vous épargnerai les détails - « Sitemeter » ne parvenait pas à les ignorer. J’ai donc abandonné ces relevés hyper rigoureux, estimant que (estimation « doigt mouillé ») l’incertitude doit être de 2 % pour les visites et 3 à 4 % pour les pages ...
Nouveauté sur le blog, vous pouvez également suivre ces statistiques en "live" depuis peu, en consultant la petite icone en bas à droite ; et avoir tous les détails (pages ouvertes, origines, intitulés des recherches, etc.) en cliquant dessus ! Seule information hélas non fiable donnée par ce logiciel : le temps de passage, qui n'est compté que lorsque plus d'une page est ouverte, et encore de façon indirecte (seule la différence de temps passé entre la dernière page et l'avant dernière est donnée, ce qui n'apprend pas grand chose !).

Pour information, les chiffres « bruts » (qui bougent plus ou moins rapidement selon le moment de la journée) étaient donc le 22 août à 09h30 de : 57.783 visites pour 90.770 pages ouvertes. Et 1.201 curieux avaient déjà consulté mon profil ... qui reprend le texte de présentation, en haut à droite de chaque page du blog ! Le total affiché par l'autre logiciel Neocounter donne un chiffre différent, ce qui est normal car ce deuxième compteur n'a démarré que le 6 mars 2006.


J.C

22 août 2007

"Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur la plaine ?"

Femmes iraniennes faisant la chaîne devant l'usine
d'enrichissement d'Ispahan, 15 janvier 2006
(photo A.P)

Une photo à donner des cauchemars, qui à ma connaissance n'a pas encore été publiée dans la presse française. Il s'agit d'une manifestation organisée par le gouvernement iranien pour démontrer le soutien de la population à la course nucléaire du régime. Je l'ai trouvé dans un dossier remarquable mis en ligne par le site Internet du "Jerusalem Post". Lien ici : vous y trouverez des nouvelles réactualisées quotidiennement, des photographies comme celle-ci, des articles publiés dans la presse internationale, des analyses diplomatiques ou stratégiques .... Ce journal révèle que le nombre d’occurrences avec le mot "Iran" se comptent maintenant par millions sur Google, tellement la tension autour de ce pays devient le problème numéro un pour la Paix dans le Monde !

Oui, cette photo fait peur, parce qu'elle associe le fanatisme moyenâgeux (ces noirs tchadors) et la technologie la plus pointue. Shimon Peres a parlé, à propos du risque d'avoir au Moyen Orient des missiles iraniens à tête nucléaire, de "chambres à gaz volante". Et il y a une telle haine antisémite dans les discours d'Ahmadinejad que l'on ne peut pas ne pas avoir l'impression que l'Histoire avance à reculons. Rien, rien ne semble capable de faire reculer la République islamique, alors que la Communauté internationale brille par sa division ... Alors, oui, je n'ai pas honte à titrer ainsi ce petit "coup de gueule" contre les nouveaux nazis de Téhéran. Et on peut chanter à nouveau le "Chant des partisans", même si les "corbeaux" n'occupent pas (encore ?) nos démocraties, et même si leur vol risque d'être demain celui de fusées envoyés sur l'Europe.

A noter enfin, et toujours sur ce sujet de la menace iranienne, le remarquable article publié sur le blog Leviathan en lien permanent : dans "la terreur vient du ciel", vous pourrez lire une des analyses les plus crédibles - et donc les plus angoissantes - sur ce que prépare le régime des Mollahs ... probablement une guerre d’usure à coups de missiles, avec rapidement une dissuasion nucléaire rendant inefficace toute riposte.
Ci-dessous, un extrait :
« Mais le scénario de la terreur venue du ciel a sans doute l’avantage de fournir une piste pour comprendre comment le régime islamique en place en Iran pourrait s’y prendre pour détruire l’État d’Israël et asseoir sa domination sur les musulmans du Moyen-Orient. Car, si, à première vue, cela semble impossible, les islamistes nous ont démontré qu’ils ne renonçaient pas à ceux de leurs objectifs qui sont devenus pour eux un article de foi. La destruction d’Israël fait partie de ces objectifs sur lesquels ils refusent de louvoyer, qu’ils soient chiites ou sunnites, comme l’atteste le refus du Hamas d’offrir une paix permanente à l’État hébreu en dépit de sa situation plus que difficile et comme l’atteste également le fait que la République Islamique d’Iran reste le dernier État à souhaiter publiquement la destruction d’Israël. »

J.C

21 août 2007

Un « think tank » israélien recommande de dissocier la Syrie de l’Iran


D’abord une traduction rapide de cette dénomination en anglais, pour les lecteurs qui ne la connaîtraient pas encore : littéralement, « think tank » peut se traduire par « réservoir d’idées ». On utilise ce terme pour désigner une institution de droit privé, regroupant des experts, émettant des idées dans le domaine public, disposant d'une capacité d'analyse et de réflexion interne, et visant à faire des propositions de politique publique (définition trouvée sur Wikipedia). On utilise aussi en France les termes de « Groupes de réflexion et d'influence » ou d'« Institut indépendant de recherche sur les politiques ». Les sujets abordés par de telles institutions sont très divers, mais concernent souvent les affaires internationales et stratégiques, jouant alors souvent le rôle de « lobbies » en faveur de telle ou telle politique. Il en est ainsi, par exemple, aux États-Unis du « Washington Institute for Near East Policy », du « Hudson Institute » ou de la « Rand Corporation », qui ont autant de sites Internet que peuvent visiter les curieux comprenant l’anglais. En Israël, de telles institutions sont très nombreuses comme chez le « grand frère » américain : généralement, vous trouvez d’ailleurs sur divers sites ou blogs juifs francophones la reprise de synthèses émanant de telles sources, sans que soit précisée leur orientation politique globale ; or, même si aucun « think tank » n’est rattaché de manière grossière à un parti politique, il est clair que travaillent plutôt ensemble des experts de même sensibilité, et qu’il faut connaître cette sensibilité avant de prendre pour argent comptant tel ou tel papier ... d’autant plus que sont discutées (contrairement au reste du monde) des options vraiment existentielles pour le pays !

Mon attention a été retenue par un article publié le 16 août sur le site « Ynet News » en lien permanent, une libre opinion publiée sous la signature de John Davis du « Reut Institute ». Un peu curieux, je suis allé découvrir ce qu'en dit l'encyclopédie Wikipedia, et j’ai ainsi appris que cette institution jeune (fondée en janvier 2004), semble très écoutée par l’équipe actuelle du Ministère des Affaires Étrangères. Elle s’est spécialisée dans les analyses de long terme, et je vous recommande vivement (pour ceux qui lisent l’anglais, bien sûr) de visiter leur site sur ce lien. Sur la forme, j’ai particulièrement apprécié la présentation interactive par dossier. Sur le fond, on appréciera aussi le fait que des composantes non militaires (comme l’économie, l’image extérieure de l’État ou les relations internationales), soient prises aussi en considération pour orienter les décisions.

Mais revenons à cet article, et au sujet des relations Syrie - Iran.


Il y a deux écoles sur ce sujet. La première dit que l’axe Téhéran-Damas est maintenant indestructible, pour plusieurs raisons : les uns (comme par exemple évoqué par l’orientaliste Christian Lochon qui fut mon invité il y a quelques mois), évoqueront les affinités religieuses, les Alaouites au pouvoir en Syrie étant en fait des Chiites ; les autres feront le constat que, par leurs méthodes terroristes, les deux régimes ont fait de leurs pays des « États voyous » qui sont lancés dans une course en avant, laquelle aboutira fatalement à un « clash » avec les USA et leurs alliés régionaux. Il y a par contre une deuxième école, que l’on entend de plus en plus en Israël au cours des dernières semaines, alors même que des bruits de bottes très inquiétants menaçaient de part et d’autre de la frontière du Golan ; John Davis, sous le titre « Un lien que l’on peut casser » explique ainsi que cette alliance peut être rompue si on se montre assez adroit ...

Dans son article en lien, il reprend - de manière très intéressante - le même genre d’analyse que développe, régulièrement sur son site « iran-resist » en lien permanent, mon ami Kavéh Mohseni qui a été souvent mon invité sur « Judaïques FM » : partout, en Irak, au Liban, à Gaza et même en Afghanistan, le régime des Mollahs souffle sur les braises en armant et finançant les radicaux ; il s’agit d’apparaître aux yeux des Américains comme la puissance régionale incontournable, avec laquelle il faut négocier ; et pour prix de la négociation et d’une baisse locale des tensions, l’Iran obtiendra officieusement de devenir une puissance nucléaire - et de rendre réalisable son véritable objectif stratégique : une région dominée par les fondamentalistes où aura disparu l’État d’Israël.

Or la Syrie n’a pas toujours été sur la même longueur d’onde que son allié iranien, et John Davis en donne des exemples :
- Au Liban, l’Iran a « calmé » le Hezbollah dans le cadre de négociations avec le parrain des Sunnites (l’Arabie), alors que la Syrie voulait au contraire faire monter la pression pour régler des comptes particuliers ;
- En Irak, la Syrie préférerait avoir un voisin unifié et laïc, alors que l’Iran souhaite un voisin faible et morcelé en communautés ;
- Par rapport à Israël, la Syrie souhaite récupérer le plateau du Golan, donc serait prête à entamer des négociations - alors que l’Iran repousse tout processus politique impliquant une reconnaissance de l’état juif.

Logiquement, l’auteur conclue en conseillant au gouvernement israélien de se coordonner avec les États-Unis pour proposer des « carottes » au gouvernement syrien - fin de l’isolement et des pressions diplomatiques - en réclamant, en retour, qu'il cesse son soutien aux mouvements terroristes Hezbollah et Hamas, et qu’il s'éloigne de l’Iran
.
Un point de vue avec lequel ne sera certainement pas d’accord Chawki Freiha, qui sera mon invité dimanche 26 août, et qui avait dit lors d’une émission précédente : « la Syrie, elle mange l’appât et elle pisse sur l’hameçon ! ».


Jean Corcos

20 août 2007

Des nouveaux liens communautaires

Je viens d’ajouter plusieurs nouveaux liens permanents, enrichissant encore plus cette fonctionnalité du blog qui vous permet de l’utiliser comme un véritable "portail".

Cette série concerne uniquement des sites communautaires, dont les publications ne recouvrent pas systématiquement la thématique de mon émission et de son support - le monde musulman -, mais qui en parlent, bien sûr, assez souvent ...



1 Dans la petite liste de télévisions que vous pouvez visionner directement sur votre micro, j’ai ajouté "Guysentv", qui comme l’a écrit son directeur, Guy Senbel, "rentre dans la cour des grands" : allez y faire un tour, vous serez surpris par la qualité à la fois technique et de fond des reportages. A noter aussi que cette chaîne israélienne peut être vue sur votre écran télé (canal 58 sur Noos et 90 sur numericable).

2. Également ajoutée, une adresse désormais incontournable, "Juif.org" : en plus de sa fonctionnalité de portail en "live" des blogs communautaires et israéliens francophones (il relaye ainsi mes propres publications), il présente une mise en page très agréable, avec ventilation des news par thématique. En plus, il offre une publication des dernières vidéos à sujets juifs et israéliens, qui m’a déjà permis de faire plein de découvertes intéressantes !

3. J’ai mis également deux liens sur des sites dont les responsables sont deux collaborateurs de notre radio, Judaïques FM :
- celui du Rabbin Gabriel Farhi, du Mouvement Juif Libéral de France, qui lit une chronique tous les dimanche matin, à 8h45 : en allant à son adresse, vous pourrez lire ses billets les plus récents ;
- celui de mon ami Sammy Ghozlan, ou plus précisément du "Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme" (lien : sos antisemitisme), dont il est le président : là aussi, vous pourrez trouver l’ensemble de ses communiqués, souvent publiés hélas à l’occasion d’une actualité peu réjouissante !

J.C

19 août 2007

Docteur Salomon André Corcos (z"l), in memoriam


Photo prise en 1999, à l’hôpital de La Rabta (Ernest Conseil) à Tunis
Au centre, costume sombre : mon père
A sa gauche, le Docteur Mohamed Moncef Zitouna
A gauche, jupe grise : ma mère

Je ne pouvais pas trouver photographie plus émouvante pour le blog que celle-ci, pour illustrer un hommage à mon père. Elle a été prise lors de son dernier grand voyage, et symboliquement celui-ci avait pour destination notre terre natale, la Tunisie.
A cette occasion, mes parents - qui étaient un couple de médecins - ont été chaleureusement reçus par leurs confrères locaux, beaucoup de membres du corps hospitalier tunisien des années 50 et 60 ayant été formés par mon père. Le docteur Zitouna, qui est à côté de mon père sur cette photo, a lui-même écrit un livre (« L’Hôpital de la Rabta, un siècle d’histoire »), où il rend hommage au travail du docteur Corcos.

Je reproduis, ci-dessous, le texte de l’hommage à mon père que j’ai lu lors de son enterrement, le lundi 6 août dernier.

« Mon père, le docteur Salomon André Corcos est né en 1909 dans une famille juive très modeste de la banlieue de Tunis, à l’Ariana. A cette époque, là bas, presque aucun enfant n’avait la chance de poursuivre des études, et pourtant, à force de volonté, de travail et d’intelligence et grâce au soutien généreux d’oncles plus aisés, il est devenu un médecin, en allant étudier en France dans les années trente : un médecin particulièrement brillant, puisqu’il est devenu interne et chef de clinique des hôpitaux de Paris. Il a noué sur place des amitiés qui allaient l’aider à retrouver plus tard le chemin des hôpitaux parisiens, lorsqu’il a du quitter la Tunisie.

Après ses études, il a eu la chance de pouvoir quitter la France en 1940, juste au début de l’Occupation, puis de rentrer parmi les siens à Tunis. En 1947, après la guerre, il est retourné passer un concours à Paris pour devenir cette fois chef de service en Tunisie, où il allait rester vingt ans à l’hôpital Ernest Conseil. Et c’est là-bas, dans son pays natal, qu’il allait accomplir le début d’une œuvre à la fois humaine et médicale dont se souviennent encore avec émotion des centaines, peut-être même des milliers de personnes, dans la communauté juive et largement au-delà. Médecin généraliste réputé, il avait une clientèle privée très large et qui l’adorait, parce qu’il venait sans compter sa fatigue soulager la douleur et combattre la maladie dans tous les foyers, dans cette Tunisie si cosmopolite autrefois, où les urgences l’amenaient d’un patient vivant dans une pauvre demeure arabe de la Médina au chevet d’un malade juif du centre ville de Tunis, en passant par la belle villa d’un colon français ou la maison, plus modeste, d’un Italien ou d’un Maltais. La souffrance ne connaissait et ne connaîtra jamais aucune barrière de nationalité ni de religion, et ce respect absolu de la vie, de toutes les vies, l’a toujours animé. A l’hôpital, il a su soigner les pathologies les plus graves, toujours dans l’urgence et avec les moyens bien modestes de la médecine de l’époque. Il a également formé de nombreux médecins tunisiens, qui lui ont toujours conservé leur fidélité. Passionné par son métier, il a publié des centaines d’articles scientifiques dans des revues savantes, devenant au-delà de la médecine générale un spécialiste de maladies exotiques comme le paludisme ou la typhoïde. Tous ces travaux ont été honorés par la croix de la Légion d’Honneur, alors qu’il n’avait même pas 50 ans. Il a eu aussi la chance de fonder un foyer avec une autre femme médecin, ma mère Sarah Corcos qui l’a soutenu à la fois comme assistante à l’hôpital mais aussi comme compagne, dévouée et toujours présente pendant près de soixante ans. Il a su aussi faire la preuve de sa générosité en aidant à son tour matériellement sa famille, ses frères dont il a permis les études, ses vieux parents, sachant toujours donner aux autres, à l’image de ses oncles mécènes et dans la plus parfaite fidélité aux commandements du Judaïsme.

Obligé donc de quitter son pays natal, à un âge où aujourd’hui partent à la retraite presque tous nos contemporains, à près de 60 ans, il a su courageusement reconstruire une situation, mais surtout faire encore la preuve d’un amour de la médecine et d’une curiosité intellectuelle difficilement imaginables : c’est ainsi qu’il a travaillé dans les services de neurochirurgie de l’hôpital de la Salpêtrière, ou à l’hôpital Claude Bernard. Il a eu le bonheur de retrouver de nombreux rapatriés de Tunisie dans sa clientèle, mais aussi de développer de nouvelles activités, de nouveaux contacts : la médecine a vraiment été chez lui une passion exceptionnelle, puisqu’il n’a complètement cessé ses activités professionnelles qu’à l’âge de 80 ans, et qu’il a participé jusqu’à près de 90 ans à des colloques, des sociétés savantes, et qu’il a encore publié des articles !

Profondément conscient des valeurs du Judaïsme, bon fils, bon père, frère admirable, il a su me transmettre un amour profond pour notre communauté qui lui venait de son propre père, Elie Corcos, un homme modeste réputé pour sa grande piété. Cet amour du peuple juif, il me l’a transmis et j’ai voulu passer le flambeau à ses deux petits enfants, Jonathan et Benjamin, qui ont eu, eux, la chance de recevoir, ici, un enseignement dans les écoles de notre communauté.

Ainsi, la boucle est bouclée : Salomon André Corcos, lui dont le prénom hébreu est celui d’un roi à la sagesse légendaire, est parti un Shabbat, comme s’il fallait une preuve supplémentaire qu’il était une âme juste. Sa vie aura duré près d’un siècle, un long siècle où notre peuple aura connu la plus grande détresse et le plus beau renouveau. Et elle se confond avec l’histoire d’une communauté qui lui rend hommage aujourd’hui. »


J.C

Triste mois d’août et remerciements


Le blog reprend son cours aujourd’hui, avec quelques jours d'avance et après de bien tristes semaines.

En effet, comme le savent déjà certains d’entre vous, j’ai eu le malheur de perdre mon père, le docteur Salomon André Corcos (z"l), parti un jour de Shabbat, le samedi 4 août.

Un évènement brutal que je redoutais de plus en plus au fil des mois car, ayant eu la chance d’atteindre un âge très avancé, ses forces le quittaient lentement et inexorablement.

Beaucoup de membres de notre famille, de proches et d’amis étaient malheureusement loin de Paris au moment de ses obsèques, mais j’ai eu au moins la consolation de recevoir des dizaines et des dizaines de mails de condoléance, en réponse à la triste circulaire que j’ai diffusée après son décès : je tiens à remercier ici bien sincèrement toutes et tous pour ces marques de réconfort. En plus de messages très émouvants reçus parfois de loin (Canada, Israël, Tunisie), j’ai été particulièrement ému de voir la mémoire de mon père saluée sur des blogs amis, comme celui de Ram Zenit (« PAF », en lien permanent) ou celui d’Alain Eskenazi (« A frenchie in the Holyland »).

Des hommages émouvants, car ils venaient de personnes n’ayant pas connu mon père : or le docteur Corcos était, pour ses contemporains (dont beaucoup sont hélas aujourd’hui disparus) une personnalité particulièrement aimée et appréciée, dans la communauté juive de Tunis et largement au-delà. Je sais que des centaines, peut-être des milliers de personnes se souviennent de son dévouement, de sa compétence et de sa gentillesse. Il m'aura transmis un amour profond pour notre peuple, et en même temps le sens du respect pour toute l'humanité. Il m'a légué, de façon complémentaire, à la fois la nostalgie de notre pays natal, l'admiration pour la France et le sens du devoir pour notre communauté : un alliage précieux, qui m'aura aidé à me construire.


Au contraire d’un journal intime, un blog est comme une scène où l’on peut s’exprimer au su et au vu de tous, en ayant à la fois la chance de rencontrer virtuellement les êtres les plus proches et le risque d’être lu par des milliers d’indifférents ou d’hostiles ... je vous ai déjà souvent fait part des surprises que révèlent les libellés de certaines recherches sur la Toile. Mais si je me permettrai de publier, à la suite de ce « post », un article en hommage à mon père, ce n’est pas pour mêler des évènements ou des sentiments personnels à cette publication ; mais parce que par sa vie et par son œuvre, le docteur Corcos de Tunis est pour moi un modèle d’ouverture aux autres qui inspirera toujours mes actions, et en particulier le dialogue poursuivi sur les ondes avec toutes les communautés.

J.C