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07 octobre 2018

Une pub Gap montrant une petite fille voilée fait polémique


La controverse a pris une ampleur particulière en France où certains élus ont appelé au boycott de la marque.

Lancée le 24 juillet aux Etats-Unis, une publicité de la marque Gap pour enfants fait des vagues ... en France. La raison ? La présence sur cette campagne d'une petite fille portant un voile bleu. Le site de la marque explique que GapKids "encourage les enfants à renouer avec l’école en célébrant les différences et en leur offrant de nouvelles sources d’inspiration !"
Le compte @GapKids a publié le 31 juillet sur Twitter la publicité, provoquant un flot de réactions plus ou moins outrées. Certains allant même jusqu'à demander l'interdiction de la campagne.
Must-haves for back-to-school: so-soft Superdenim, a print bomber that matches your personality, and a best friend who's always got your back. Shop the looks: https://t.co/LSKpuV9odu. #GapToSchool pic.twitter.com/RVplEWcGWs — GapKids (@GapKids) 31 juillet 2018

Des condamnations en France

La controverse a pris une ampleur particulière en France ces quelques jours, notamment avec la publication, le 8 août, d'une capture d'écran de la publicité partagée près de 2.000 fois sur Twitter.
Oui demandons l'interdiction de cette campagne publicitaire en France. Nous sommes contre le voilement des petites filles. "@Gap doit supprimer cette publicité. Je compte sur votre mobilisation à tous pic.twitter.com/2ymRqT43fY
— Kerima (@kkerima) 8 août 2018
 Très vite, certains élus sont montés au créneau, à l'image de la députée LR Valérie Boyer pour qui le "marketing promeut la soumission à l'islamisme". Et de s'insurger : "Où sont les #MeToo et #BalanceTonPorc ?"
#Gap affiche une petite fille #voilée
La maltraitance qui lui est infligée L’inégalité qui lui imposée
La perversion du message
L’enfermement dans son genre
ne soulèvent aucune protestation
Le marketing promeut la #soumission à l’#islamisme
Où sont les #MeToo et #BalanceTonPorc pic.twitter.com/ML0spH1eXE
— Valérie Boyer (@valerieboyer13) 10 août 2018
Autre condamnation, celle de la porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée, Aurore Bergé, qui appelle à "ne plus mettre" les pieds "chez Gap".
Commencer l'année du bon pied consiste à ne plus en mettre un chez Gap.
Rien n'autorise ni ne justifie qu'on voile des petites filles : où est leur liberté ? Où est leur libre arbitre ? Où est leur choix ?
Que ce soit un argument commercial m'écoeure.#BoycottGap pic.twitter.com/NtkXQfRGC7
— Aurore Bergé (@auroreberge) 10 août 2018

Une campagne internationale

En France, une pétition récoltant près de 4.000 signatures a été lancée jeudi, estimant que "le voile n'est pas un jeu d'enfant". Il semble pourtant que la polémique peine à dépasser nos frontières. Car comme le signale "Libération", la publication de cette même photo datée du 24 juillet sur Instagram n'a quasiment généré que des commentaires positifs de la part du monde anglophone.
La publicité n'a pas été conçue pour le public français. La campagne internationale a été relayée notamment sur la page italienne et britannique de la marque. Enfin, les enfants apparaissant sur cette photo ne sont pas des modèles professionnels, mais les élèves d'une école primaire de Harlem, aux Etats-Unis, comme l'indique le site français de la marque : "Notre campagne est portée par des enfants venus du PS13 de Harlem, New York, et nous faisons appel à leurs forces et leur créativité pour réaliser quelque chose de vraiment incroyable !"
A noter enfin que ce n'est pas la première fois que Gap met en scène des personnes portant le voile. En juillet 2017, une écolière voilée faisait une apparition sur un spot de campagne. L'enseigne américaine avait également affiché la photo d'une jeune femme coiffée d'un voile en vitrine. Interrogée par "Le Figaro" à l'époque, Gap avait alors répondu : "Nous ne vendons pas le hijab qui apparaît sur cette image, néanmoins, Gap est une marque qui célèbre la diversité. Nos clients et les employés ont des origines, des religions et des modes de vie très différents et nous les soutenons tous."

M. C.

L’Obs, 10 août 2018