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26 mai 2017

L’Arabie Saoudite et les Emirats seraient prêts à améliorer leurs relations avec Israël en l’échange de gestes vis-à-vis des Palestiniens



Donald Trump n'est pas totalement dans le fantasme lorsqu'il dit tabler sur l'avènement d'un plan de paix régional au Moyen-Orient. Peu avant son voyage à Riyad et Jérusalem, le « Wall Street Journal » a révélé que les Etats du Golfe travailleraient à un projet de normalisation de leurs relations avec Israël, en échange de certains gestes de bonne volonté vis-à-vis des Palestiniens. Selon les informations du quotidien américain du 15 mai, les Etats sunnites du Golfe seraient en train de finaliser un document, visant à améliorer leurs relations avec l'Etat hébreu, si Jérusalem s'engageait à geler les constructions dans les colonies de certaines parties de la Cisjordanie et à alléger le blocus économique exercé sur la bande de Gaza.

Cette proposition issue de pourparlers organisés sous l'égide de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, comporterait plusieurs mesures concrètes comme l'établissement de lignes de télécommunications directes entre Israël et certains pays arabes, mais aussi l'octroi de visas aux sportifs et aux hommes d'affaires israéliens. En contrepartie, les exigences des monarchies sunnites seraient moins élevées que celles contenues dans l'initiative saoudienne de 2002, laquelle proposait à Israël « une paix arabe globale » en échange d'un retrait israélien de Cisjordanie...

« Ce serait la première fois que Riyad met sur la table une offre de normalisation partielle avec Israël qui ne soit pas conditionnée par la création d'un Etat palestinien », décrypte David Khalfa, chercheur associé du think tank IPSE. A priori, l'évolution du contexte régional est de nature à favoriser ce rapprochement. « Depuis les printemps arabes, les contacts entre Israël et les Etats du Golfe se sont renforcés, poursuit l'analyste, notamment via leurs services de renseignement respectifs ».

Un retour aux alliances

Tandis que l'arrivée d'une nouvelle administration américaine qui pousse un retour aux alliances traditionnelles contre l'Iran - ennemi commun de Riyad et Jérusalem, et contre Daesh, créé une convergence d'intérêts. Reste à savoir si cette main tendue des Etats du Golfe à Israël, qui n'a suscité aucune réaction officielle tant dans le monde arabe qu'à Jérusalem, a de réelles chances d'aboutir. «La balle est dans le camp de Netanyahou, relève Shlomo Brom, de l'Institut INSS de Tel-Aviv. Ouvrir une ambassade israélienne à Riyad constituerait pour lui une belle victoire. Même s'il poursuivait jusqu'à présent ce but sans envisager de faire de concessions en faveur des Palestiniens ».

Nathalie Hamou
Les Echos, 21 mai 2017