Notre radio

Notre radio

21 septembre 2008

La victoire de Tzipi Livni : un choc pour les dirigeants machos du Moyen-Orient ?



Tzipi Livni lors d'une réunion du parti Kadima
(photo A.P, 19 septembre 2008)

Un blog n’étant pas un vrai journal, et n’ayant pas la réactivité d’un « vrai » journaliste - la radio comme le blog étant du pur bénévolat, faut-il le rappeler ici ? -, je ne vous ai pas commenté, à chaud, la victoire « ric-rac » de Tzipi Livni aux primaires de Kadima. Les lecteurs fidèles ne seront pas surpris que je leur confirme mon espoir de la voir, bientôt, à la tête du gouvernement, mettant fin à la triste ère Olmert ... Je sais bien, hélas, combien une large partie de mon lectorat juif attend avec impatience le retour aux affaires de Bibi Netanyahou - ma correspondante à Jérusalem, Isabelle-Yaël Rose, m’a envoyé un article sur la stratégie du chef actuel de l’opposition, que vous pourrez lire mardi prochain. Je sais bien - aussi et re hélas -, que l’image d’Israël s’est tellement détériorée aux yeux d’une vaste partie du public européen (donc dans une large frange de mon lectorat occasionnel), que les islamistes barbus imposant leur trique moyenâgeuse à Téhéran ou à Gaza paraissent plus sympathiques que cette femme à la fois jolie, laïque et moderne : triste époque qui me donne souvent envie de vomir ...

Mais c’est de cela justement, que je voudrais parler, laissant aux analystes des radios et sites communautaires, le soin de commenter les négociations épuisantes qui attendent Livni pour la formation de son cabinet - rançon récurrente, et décourageante, d’un système électoral israélien obsolète, donnant un pouvoir de chantage exorbitant aux petits partis. Ruth Sinaï, dans un article publié vendredi dans le « Haaretz » (lien sur l'article en anglais), relève une information passée inaperçue : si Tzipi Livni dirige effectivement le prochain gouvernement, Israël sera le seul pays au monde où les trois branches du pouvoir - l’exécutif, le législatif et le judiciaire - seront dirigées par des femmes ! En effet, la présidence de la Knesset est assurée par Dalia Itzik. Et la Cour Suprême par le juge Dorit Beinisch.

D’une rigoureuse honnêteté intellectuelle, Ruth Sinaï relève aussi que cela serait étrange, car en matière de représentation parlementaire l’État juif est à la traîne des démocraties pour la présence féminine : mais une jeune femme à la tête d’Israël, alors qu’une autre (Sarah Pallin) risque de devenir Vice Président des États-Unis et une autre (Hillary Clinton), à failli devenir Président, c’est un message très fort envoyé à tous les machos de la région, qui cherchent à exporter leur idéologie rétrograde et mortifère dans le reste de la planète. Un message en forme de défi !

J.C