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14 septembre 2008

« Islam, les vérités qui dérangent » : un dossier de référence dans « l’Express »


L’Islam serait-il devenu un « marronnier » pour la presse magazine ? Après le salaire des cadres, le Sida, les Francs Maçons et ... les Juifs, les Musulmans sont devenus, au corps défendant de la majorité pacifique d’entre eux, un nouveau centre d’intérêt récurrent des médias. Avec deux ornières dans lesquels vont gaiement s’embourber trop de journalistes : celle du « politiquement correct », qui - parlons brutalement - nous disent que « tout va très bien Madame la Marquise » ; et celle des Cassandres professionnels, qui nous prévoient pour demain matin une guerre civile chez nous, et un « conflit des civilisations » à l’échelle de la planète !

Après avoir consulté un dossier récent publié sur le site de l’Express (numéro du 12 juin, avec en une « Islam, les vérités qui dérangent »), je peux attester que l’équipe rédactionnelle a su éviter ces deux écueils, en n’abusant ni du rose bonbon, ni du noir cafard ... La participation à cette enquête de l’anthropologue Malek Chebel ou de l’islamologue Jean-Paul Charnay, attestent qu’il ne s’agit pas d’un brûlot médiatique - même si, il faut le reconnaître, le sujet est vendeur.

Les vérités qui dérangent. Les femmes - Un statut d'infériorité. Les enfants - Allah d'abord
L'individu - « Sous le regard de Dieu ». La laïcité - L'Etat ou Mahomet ? La violence - Au nom du djihad. La modernité - Ce passé trop présent. L'esclavage - Histoire d'un tabou
Les plaisirs - Parfums d'Orient. Quand l'Algérie s'en prend aux chrétiens. Une soeur pour les déshérités ...
... autant de liens qui vous permettront d’accéder à des articles aussi divers dans leur thématique que nuancés dans leur propos.

Mais laissons conclure Christian Makarian, qui dans un éditorial incisif pose toute la problématique posée par l’intégration de l’islam dans nos cités occidentales :

« La connaissance approfondie des fondements de la foi musulmane devient nécessaire pour répondre au travail de sape et à l'intox des fondamentalistes. On peut, on doit désormais aborder sans préjugé ni tabou les vérités qui dérangent et se défaire de la mauvaise conscience « postchrétienne » qui a fait le lit des islamistes. La société française y gagnera en compréhension ; et les musulmans progressistes y verront leur cause avancer. Encore faudra-t-il que l'islam renoue avec la pratique de l'interprétation libre, interrompue il y a un bon millénaire. Encore faudra-t-il, surtout, que le dogme du « Coran incréé », oeuvre directe d'Allah, donc intouchable, laisse agir l'exégèse récente qui dévoile peu à peu la part des hommes dans la rédaction du Livre. C'est en sortant de la contemplation d'un passé figé et en ne redoutant plus le questionnement de l'esprit critique que la religion musulmane, comme avant elle le christianisme, trouvera sa propre dynamique de modernité.
Il y a urgence. Car le vrai choc est là : non entre les civilisations, mais dans la place accordée à la religion par chaque système de pensée. « L'islam est religion et cité », expliquait clairement Louis Gardet, islamologue français de renommée internationale, qui faisait autorité tant chez les chrétiens que parmi les musulmans. Il ajoutait : « Le Coran est une prédication sur les fins dernières et les conditions de vie futures, sur les prophètes antérieurs et leur message ; il est aussi un "code de vie" qui détermine les "piliers" du culte personnel et communautaire ; il précise les cadres de la vie sociale... Et il s'irradie à tout acte de la vie quotidienne - règles coraniques et traditionnelles concernant les mariages, les testaments, la nourriture, les cimetières, l'interdiction des boissons fermentées, des jeux de hasard et de l'usure... » Bref, l'islam est global et le Coran indivisément d'ordre spirituel et temporel. Rien ne s'oppose davantage au fameux principe chrétien : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Raison de plus pour aborder les sujets qui fâchent, avant qu'ils ne nous débordent. » 


J.C