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15 avril 2006

Darfour, Tchad ... les guerres oubliées

Le président tchadien Idriss Deby (photo AFP)

Introduction :
Ce sont des guerres qui n’intéressent guère les journalistes contrairement à l’éternel conflit « de basse intensité » entre Israël et les Palestiniens. Il est vrai que les contrées africaines sont peu accueillantes, et que la presse est carrément refoulée des zones de combats par le gouvernement de Khartoum ; il est vrai aussi que les guerres « Sud - Sud » parlent moins aux moralisateurs professionnels, pour qui tout est de la faute de l’Occident ; et qu’une guerre entre Musulmans est totalement incompréhensible alors que l’on n’en finit pas de disserter à propos du « choc des civilisations » !
Rappelons que « Rencontre » avait quand même consacré le 13 février 2005 une émission au conflit oublié du Darfour (cliquer ici) ; et qu’avec nos invités spécialistes de l’Afrique, Josée Tubiana et son fils Jérôme, avait été aussi évoqué le Tchad voisin ; Tchad où ont afflué des centaines de milliers de réfugiés, l’ethnie Zingawa d’une partie des révoltés soudanais étant la même que celle du président tchadien Idriss Deby, qui lui-même vient de mater cette semaine une rébellion ... télécommandée depuis Khartoum (voir ici en lien un article très complet sur « la bataille de N’djaména du site www.ialtchad.com).
Cette région s’est aussi rappelée à mon souvenir car, signataire il y a deux ans d’un premier appel du « Collectif Urgence Darfour », je viens de recevoir un communiqué de presse de leur part. C’est avec plaisir que je le publie sur le blog !
J.C


Communiqué de presse du « Collectif Urgence Darfour »
"Arrêter les massacres au Darfour ! Le Collectif Urgence Darfour s'élève contre l'inaction du Conseil de sécurité de l’ONU face au drame des populations du Darfour.
En trois ans : 300 000 habitants de Darfour, sont morts, tous membres des ethnies noires de cultivateurs ; plus de 2 millions de personnes ont été chassées de leurs terres et 80 % des villages on été détruits.
Ces attaques se sont mêmes étendues au Tchad où sont réfugiés plus de 220 000 habitants du Darfour. Dans les camps et les villages, les milices Janjawid appuyées par les forces soudanaises poursuivent attaques contre les civils, viols et assassinats. Des centaines de milliers de personnes restent sans nourriture, sans eau et sans protection. Il s'agit de crimes contre l'humanité, il s'agit de l'épuration ethnique des tribus africaines "non arabes" du Darfour, il s'agit d'un génocide dont on tait le nom !
La force de 7000 hommes de l'Union Africaine, très insuffisante dans ce territoire grand comme la France, se heurte à l'obstruction systématique du gouvernement soudanais. Sous la pression, l'Union Africaine recule et soumet l'arrivée des casques bleus à l'autorisation soudanaise. L'ONU constate la gravité de la crise mais reste paralysée. En dépit de l'appel lancé par "Human Rights Watch" et 14 organisations arabes de défense des droits de l'homme, le Sommet de la Ligue Arabe vient de s'aligner sur le gouvernement de Khartoum pour refuser toute intervention de l'ONU. La prévention du génocide est de la responsabilité de la communauté internationale ! A quelques jours des commémorations du génocide des Tutsis du Rwanda, nous refusons d'être complices de la destruction des populations noires du Darfour.
Le collectif Urgence Darfour France exige : le renfort des troupes de l’Union Africaine par les casques bleus de l’ONU ; le désarmement des Janjawid et l'arrêt immédiat des exactions, crimes et massacres racistes ; l’arrestation et le jugement des responsables des crimes de guerre et crimes contre l'Humanité ; la liberté d’accès des humanitaires et journalistes. "