Notre radio

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29 juin 2005

Latifa Ben Mansour : les Frères musulmans sont un parti d'extrême droite antisémite

Latifa Ben Mansour, docteur ès lettres et sciences humaines, est chercheur au CNRS. Née à Tlemcen en Algérie, elle a du renoncer à vivre dans son pays après avoir été menacée de mort par les intégristes du Front Islamiste du Salut (FIS). Réfugiée en France, elle n’a jamais cessé de dénoncer la barbarie de l’islamisme combattant. Utilisant les outils de la linguistique et de la psychanalyse, elle a décodé des centaines de discours enregistrés par les leaders du FIS Ali Belhadj et Abassi Madani, en faisant la matière première d’un livre magistral "Frères musulmans, frères féroces. Voyage dans l'enfer du discours islamiste" (Editions Ramsay, 20 E). J’ai pu avoir un entretien passionnant avec cette femme courageuse, dans l’émission « Rencontre » du 3 novembre 2002. Voici l’extrait de mon interview à propos de l’antisémitisme des « Ikhwan » (« frères »), sujet sur lequel nos journalistes sont trop souvent bien discrets. 

Jean Corcos :
Dans votre livre, vous dites donc que le parti islamiste est un parti totalitaire, d’extrême droite, se camouflant derrière la religion, et vous avez le mérite de souligner l’antisémitisme forcené des islamistes. Curieusement, la presse française reste relativement discrète sur ce dernier point qu’il s’agisse de l’assassinat abject de Daniel Pearl au Pakistan, ou de l’attentat contre la Ghriba en Tunisie. De même, il est rarement rappelé que la nébuleuse Ben Laden s’appelle le « Front islamique international contre les juifs et les croisés ». Vous êtes d’ailleurs assez claire sur ce sujet dans votre livre puisque vous dites que le terme « El Yahoud », les juifs, employé dans un contexte antisémite, est un référent de base des discours islamistes.

Latifa Ben Mansour :

Absolument, le terme « juif » comme celui d’ailleurs de « franc-maçon » est un référent que l’on retrouve dans les discours des mouvements totalitaires d’extrême droite. J’aimerais à ce sujet vous citer une phrase d’un grand linguiste nommé Klemperer : « Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic qu’on avale sans y prendre garde et qui un jour font leur effet ». Il faut donc rester très attentif aux mots utilisés dans tout discours car ils ont tous des effets qui leur sont propres et qui peuvent avoir des conséquences importantes sur le comportement des personnes qui les écoutent.

Jean Corcos :

Justement. Prenons par exemple l’abbé Baruel, un des théoriciens de l’antisémitisme au XIXe siècle, qui avait inventé l’idée du complot judéo maçonnique et qui disait que les juifs étaient à l’origine de la révolution française, on remarque que Belhadj reprend les mêmes idées et tient les mêmes propos dans ses discours. Ce dernier dit d’ailleurs dans une de ses prêches que vous citez dans votre livre : « les juifs ont tué plus de 70 prophètes ». Cette affirmation qui ne figure pas dans le Coran, semble sortir de l’imagination de son auteur et non d’une quelconque interprétation d’un texte sacré. Est-ce que pour vous, le problème de l’antisémitisme est lié principalement au conflit israélo palestinien, ou est-il le pendant d’une idéologie d’un mouvement d’extrême droite ?

Latifa Ben Mansour :

Vous savez, ces mouvements extrémistes ont toujours besoin d’un ennemi potentiel qui leur permet de recourir à leur théorie du complot, théorie qui vise à faire croire en l’existence d’un soi-disant complot que cet ennemi fomenterait contre eux. Il n’y aurait pas eu de conflit israélo-palestinien, ces personnes auraient trouvé autre chose qui accréditerait leur idéologie et justifierait leurs actions. Je tiens à rappeler que ces personnes appartiennent à des formations d’extrême droite et qu’au sein de ces formations, elles n’ont rien de religieux, tant dans leur comportement que dans leurs pensées.

J.C

26 juin 2005

Le Centre Simon Wiesenthal reçu par le Roi de Jordanie

 Photographie prise au Palais royal d'Amman. Deux responsables britanniques du CSW, et à droite de la photo, Richard Odier

Photo pas vue

Merci à Richard Odier de m’avoir fait parvenir cette photographie dès son retour à Paris !
Une délégation du Centre Simon Wiesenthal a été reçue le 21 juin à Amman par le Roi Abdallah II de Jordanie, où elle était venue lui remettre le « Prix de la tolérance ».
Voir sur le site du CSW le compte-rendu (en anglais).

Ce prix a été rendu au souverain hachémite en hommage à son action constante pour promouvoir la Paix et le dialogue entre les Religions. C’est le deuxième musulman à recevoir le prix, le premier ayant été son père le regretté Roi Hussein.

Le Centre Simon Wiesenthal, établi en 1977 et basé à Los Angeles, porte le nom du célèbre chasseur de nazis et survivant de la Shoah. Cette ONG internationale, membre de l’UNESCO, est dédiée à la lutte contre l’antisémitisme et au rapprochement entre les peuples. 400.000 adhérents et soutiens participent à son action à travers le Monde. « Rencontre » a eu le grand plaisir de recevoir le 27 février 2005 Richard Odier, secrétaire général du Centre pour l’Europe, sur le thème « La haine islamiste sur Internet ». Une interview passionnante qui sera rediffusée cet été, et dont je vous reparlerai.

J.C

Après les élections iraniennes, le Monde retient son souffle !

 Photo de Martine Corcos, Centre Communautaire de Paris, mars 2005 

C’est bien sûr pour rire ... ou plus exactement pour essayer de sourire, après la victoire de Mahmoud Ahmadinejad aux élections présidentielles iraniennes. 

Une très mauvaise nouvelle pour le Moyen Orient que cette élection d’un « dur » islamiste, au moins à court terme. Mais peut-être ce fanatique avoué, beaucoup moins malin que Rafsandjani, va-t-il multiplier les provocations et précipiter ainsi la fin du régime ? L’Iran sera en tout cas sûrement au menu de « Rencontre » d’ici la fin de l’année ! L’occasion de vous rappeler aussi, en lien, un des sites de l'opposition iranienne en exil. Ainsi que notre dernière émission avec un ancien ministre iranien, Houchang Nahavandi
Un mot pour finir à propos de la photo : mon épouse Martine, avec toute sa classe de « l’oulpan » du Centre Communautaire, a participé à une création théâtrale inédite et entièrement en hébreu autour de la fête juive de Pourim, une fête qui commémore le miraculeux sauvetage des Juifs de Perse sous le Roi Assuérus. Dans ce passage, donc, elle lisait les nouvelles, qui hélas sont souvent mauvaises. 

J.C

22 juin 2005

Les Amitiés Judéo-Musulmanes prennent le bus !


Non ce n’est pas le « vrai » bus du « tour de l’amitié » ... Mais il me fallait trouver une illustration sympa, donc bientôt je l’espère des photos du bus qui doit conduire pendant plus d’un mois à travers la France des dizaines de jeunes Juifs et Musulmans.

Un petit rappel historique. Le dimanche 21 novembre 2004 était fondée, lors d’une grande manifestation à la Cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette (Paris), l'AJMF « Amitié Judéo-Musulmane de France ». A l’initiative de ce beau projet, le Rabbin Michel Serfaty, qui est venu en parler à « Rencontre » dans notre émission du 26 décembre dernier. La nouvelle Association a deux Présidents, Michel Sefarty et Djelloul Seddiki, responsable de l’Institut de Théologie et Secrétaire Général de la Grande Mosquée de Paris, qui a été à plusieurs reprises notre invité (20 avril et 2 novembre 2003). Le CRIF, le Consistoire Israélite et la Grande Mosquée de Paris sont les « pères fondateurs » des AJMF.

Un « tour de l’amitié » a commencé dimanche dernier, 19 juin, au départ de l’Hôtel de Ville de Paris, et il doit traverser toute la France. Voyageront dans un bus à impériale (ma photo) des jeunes des deux confessions (Scouts Musulmans, « Hachomer Hatsair », association « Terre d’Europe », E.E.I.F) qui bavarderont dans la journée au premier étage, ... et dormiront la nuit sur des couchettes disposées en bas ! A chaque étape, des nouveaux participants, jeunes ou moins jeunes prendront le relais. Le début du parcours l’a conduit à Lille, Bruxelles et Strasbourg, il doit ensuite traverser la France direction le Sud Est (Lyon, Grenoble), faire un crochet en Italie à Milan, puis revenir en traversant notamment les villes de Nice, Marseille, Toulouse, Bordeaux, avant un retour à Paris le 24 juillet. A quasiment chaque étape sont prévues des rencontres avec des personnalités religieuses locales, des représentants des municipalités et des jeunes des « quartiers difficiles », là où - hélas ! - une propagande hostile a suscité, par endroits, des violences antisémites ces dernières années. 

J.C

20 juin 2005

Une BD egyptienne où les superhéros luttent pour la Paix !

 
Jalila, superhéroine du Moyen Orient, personnage de bande dessinée né au Caire

Le journal « le Figaro » d’aujourd’hui publie un article bien original sous le titre « quand la BD rêve d’une région apaisée ». On y découvre la société d’édition égyptienne « AK Comics » qui publie des bandes dessinées tout à fait dans l’esprit des créations américaines en la matière : personnages féminins en tenue moulante, science-fiction, héros positifs luttant contre des méchants maléfiques, etc. Mais les aventures des personnages se situent dans un Moyen Orient imaginaire, « après la guerre de 55 ans qui s’est achevée par une explosion nucléaire », donc bien différent de celui d’aujourd’hui. Diffusés modestement à 30.000 exemplaires chaque mois, en arabe et en anglais, ces BD sont lues principalement en Egypte, et depuis peu dans le Golfe. Le directeur d’ « AK Comics » se réjouit de l’abonnement récent d’une école juive de Jérusalem, en espérant de futures traductions en hébreu. Le créateur de « Jalila » et des autres personnages s’appelle Ayman Kandil, c’est un universitaire de 38 ans qui a longtemps vécu aux Etats-Unis. Ecoutons le, dans un extrait de l’article : «Nous ne mentionnons ni la culture ni la religion de nos héros pour qu'aucune religion ne soit perçue comme meilleure qu'une autre. C'est aussi dans cet esprit que nous ne parlons pas de superhéros arabes, ce qui aurait exclu par exemple la Turquie ou Israël, mais de superhéros du Moyen-Orient», explique-t-il. «C'est un message d'universalité. Seules la tolérance et la capacité à vivre ensemble peuvent donner du sens à notre civilisation». 

Outre Jalila, la plus puissante de tous, deux autres superhéros vivent dans ce Moyen-Orient de l'après-guerre, sans toutefois se croiser : Zein, l'immortel «dernier Pharaon», qui rêve de reconstruire la «Cité des origines», détruite par l'explosion d'un météore il y a seize millénaires, et Aya, l'avocate qui, telle une Batman orientale, traque inlassablement le crime organisé et la corruption.
Pour découvrir le site de l’éditeur et tous les personnages : cliquer ici.

J.C

17 juin 2005

Shimon Peres, interview

Photo prise lors de mon interview de Shimon Peres, Tel Aviv, 10 novembre 2004 

J’ai eu à deux reprises le grand bonheur d’accompagner, comme invité représentant « Judaïques FM », des missions de solidarité en Israël de l’AUJF et du CRIF. La dernière fois, c’était en novembre dernier, des journées inoubliables où nous avons tous eu l’impression de vivre un tournant au Proche Orient avec la disparition de Yasser Arafat. Accompagné de mes charmantes consoeurs Keren Lentschner de Radio RCJ, et Rachel de Radio Shalom (que l’on aperçoit en arrière plan de la photo), nous avons pu interviewer Shimon Peres pendant quelques minutes à l’hôtel Hilton de Tel Aviv où il donnait une conférence aux membres de la mission.

J.C

15 juin 2005

Tunis - Jérusalem

 
Timbre tunisien. Hommage au peintre Yahia Turki 
Source : site www.tunisia-stamps.tn

Une exposition rassemblant des oeuvres majeures de l'école de Tunis sera inaugurée le 8 juin et se poursuivra jusqu'au 23 juin au centre mondial du judaïsme de Jérusalem.
Cette initiative, soutenue par le Conseil régional des Bouches-du-Rhône, revient au Marseillais Robert Bismuth. Fondateur en 1992 d'un comité de coopération entre la région PACA et le gouvernorat de Tunis, il a su tisser des liens étroits entre les deux rives de la Méditerranée. Les quarante toiles sélectionnées offrent un panorama complet d'un courant pictural qui engendra dès 1900 une véritable révolution artistique. 
 Source : "newsletter" de l'Ambassade d'Israël à Paris ; journal "Jerusalem Post", 31 mai 2005

J.C

Florence Aubenas libérée : un billet émouvant d'André Nahum, ce matin sur Judaïques F.M

Introduction :
Mon ami André Nahum lit tous les mercredis matin un billet-éditorial sur l'actualité. Voilà le texte émouvant qu'il a consacré à la journaliste Florence Aubenas, enfin libérée.
J.C
 
Florence Aubenas a décrit hier au cours de sa conférence de presse avec beaucoup de dignité, beaucoup d’émotion et pas mal d’humour, ses cinq mois de detention dans une sorte de tombeau, sans air et sans lumière où elle ne pouvait même pas se tenir debout. Peu nourrie, les yeux bandés, pieds et mains liés, elle passait ses jours et ses nuits sur un mauvais matelas, sans avoir le droit de parler ou même de bouger.
A cela s’ajoutaient des tortures morales que ses ravisseurs ne manquaient de faire subir à cette femme courageuse qu’ils avaient privée de son nom en l’affublant d’un numéro, comme cela s’est fait naguère en d’autres lieux.
En la voyant hier à la télé, je ne pus m’empêcher de penser à Daniel Pearl et à cet autre journaliste italien, qui après avoir subi les mêmes sévices ont tous deux été décapités "en direct", face à une camera.
Je pensais aux tortures que d’autres nazis infligeaient à leurs victimes, à cette déshumanisation impitoyable de l’être humain et bien que rien ne soit comparable, vous me permettrez de vous lire ces vers de Primo Levi que cite François Rastier dans son livre "Ulysse à Auschwitz" :
"Considérez si c’est un homme que celui qui peine dans la boue,
qui ne connait pas le repos,
qui se bat pour un quignon de pain,
qui meurt pour un oui pour un non...
Considérez si c’est une femme que celle qui a perdu son nom et ses cheveux..."
En séquestrant dans des conditions inhumaines une journaliste française, ressortissante d’un pays qui avait refusé de cautionner la guerre d’Irak et que sa politique pro-arabe mettait croyait-il à l’abri de pareilles mésaventures, les barbares qui se prétendent "résistants" et "bons musulmans". donnent la preuve que seuls comptent leur fanatisme et leur intérêt matériel, sans aucune autre considération. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : fanatisme et intérêt. Les prises d’otages sont une affaire qui rapporte gros. Malgré la discrétion des autorités, il est difficile de croire qu’il n’y a pas eu versement d’une rançon substantielle, et s’il l’a fait, le gouvernement a bien fait.
Mais cet odieux trafic d’êtres humains, particulièrement répandu et prospère en Irak, comme il le fut naguère au Liban risque si l’on n’y prend garde de s’étendre à d’autres pays. Il faut donc le dénoncer et le combattre , comme il faut dénoncer et combattre ces voitures piégées et ces attentats-suicides qui font quotidiennement des dizaines de victimes au sein de la population irakienne. Il faut, en collaboration avec les autres pays de l’Union européenne, les Américains et l’ONU, aider le peuple et le gouvernement irakien, comme il faut aider le peuple et l’ Autorité Palestinienne, comme il faut aider le peuple et le gouvernement israélien à vaincre le terrorisme sous toutes ses formes. Cette guerre d’un nouveau genre qui a été imposée à notre civilisation doit être gagnée.  

André Nahum

12 juin 2005

Emile Shoufani, un juste


Jean Mouttapa et le père Emile Shoufani, service de presse Albin Michel, 
photo Philippe Lissac

Emile Shoufani, « le curé de Nazareth », est le premier homme de Paix auquel j’ai voulu rendre hommage. Arabe, citoyen israélien, il a vécu au plus profond de son âme les déchirements entre les deux populations. Solidaire des Palestiniens des Territoires dans leur revendication d’indépendance, défenseur des droits de la minorité arabe d’Israël, il n’a jamais cessé pour autant de se considérer comme un citoyen loyal de son Pays, condamnant de la façon la plus nette les attentats terroristes et la déferlante de haine antisémite dans les états arabes voisins. Pour lui, la meilleure façon de comprendre l’angoisse profonde des Juifs et de vacciner les Musulmans contre la haine est d’enseigner la Shoah. Tous les ans, il amène ses élèves en visite au Yad Vashem à Jérusalem. Dans les pires moments de l’Intifada, il a organisé des rencontres de jeunes des trois religions. Et puis, il a réalisé son rêve : un voyage de centaines de jeunes juifs et arabes sur le site de l’horreur absolue, Auschwitz. 250 Israéliens juifs et arabes, et autant de jeunes Français juifs, musulmans et chrétiens, ont visité ensemble le site symbole de la Shoah en mai 2003. 
Pour mener à bien son projet, il a été puissamment aidé depuis Paris par Jean Mouttapa, directeur de collection aux éditions Albin Michel. Jean Mouttapa a créé pour ce noble projet l’association « Mémoire pour la Paix » (site http://www.memoirepourlapaix.com/) qui a pour objet d’aider Emile Shoufani et d’organiser toutes sortes de rencontres éducatives entre Juifs et Arabes. « Rencontre » a rendu hommage à deux reprises au père Shoufani : le 18 avril 2003, pour présenter le projet du voyage (invités : Jean Mouttapa et Djelloul Seddiki, directeur de l’institut de théologie de la Grande Mosquée de Paris), et un après, le 20 avril 2004 à l’occasion du « Yom Hashoah » (invités : à nouveau Jean Mouttapa et Abd Al Malik, qui fut reçu dernièrement à propos de son livre, voir « blog » du 2 mai). Allez visiter le très beau site de « Mémoire pour la Paix » pour en savoir plus et les aider !

J.C

Le "Printemps des cèdres" est-il terminé ? Le 3 juillet, Khattar Abou Diab, expert d'origine libanaise, fera le point après les élections


Elections au Sud Liban, 5 juin 2005 (photo Reuters)

Khattar Abou Diab est politologue, consultant et conférencier dans différentes institutions universitaires (Ecole de journalisme de Lille, Collège interarmées de Défense, etc.). Il a été enseignant aux Universités de Paris III, VII et XI. Spécialiste de l’Islam et du Moyen Orient, il écrit notamment pour les revues « les Cahiers de l’Orient » et « Arabies ». Il a participé au "Dictionnaire mondial de l'islamisme (Editions Plon, 23,75 E), un ouvrage monumental sous la direction d’Antoine Sfeir, et qui fut le thème de notre émission le 9 février 2003. Khattar Abou Diab connaît parfaitement le Liban qui est son pays d’origine, il devrait donc éclairer les auditeurs de « Rencontre » sur ce qu’il convient d’espérer (ou de craindre) pour le futur proche de ce petit état. 

Le « Printemps libanais » qui a surpris le Monde depuis l’assassinat de Rafic Hariri va-t-il continuer, maintenant que les troupes syriennes sont parties ? 
Ce départ est-il un faux semblant, avec des risques de déstabilisation téléguidés par Damas ? 
L’opposition libanaise va-t-elle s’unir, ou au contraire se déchirer entre les différentes communautés ? 
Le Hezbollah, conforté par ses succès électoraux, acceptera t-il d’être désarmé ? 
Une paix avec Israël est-elle possible ? Ou bien faut-il craindre un embrasement voulu par l’Iran et la Syrie qui se sentent acculés ? 

Une émission passionnante en perspective !

J.C

07 juin 2005

La Mémoire, pour la Paix


Jeunes dans le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau
Photo Xavier Nataf
Photo pas vue 
- juin 2005


Voilà la première d'une série d'images inédites, parce que les grands médias préfèrent toujours celles de la haine, plus "vendeuses" ... Une image trop forte pour la gâcher par de vains commentaires. Cette photo a été prise lors du rassemblement de 500 jeunes, musulmans, juifs et chrétiens, réunis en mai 2003 sur ce site maudit. J'en reparlerai plus longuement et très prochainement sur le "blog".

J.C

05 juin 2005

La musique adoucit les moeurs !

 
Musiciens juifs tunisiens
Fusain et lavis sur papier, Eugène Burnand (1850-1921), école suisse

Une toile sur la Toile
- juin 2005

Passionné par « l’Orientalisme » sous toutes ses formes, j’aurai le plaisir d’agrémenter mon « blog » par des copies d’œuvres anciennes ou récentes, illustrant les pays évoqués. Plaisir multiple avec ce dessin, puisqu’il évoque à la fois ma Tunisie natale, la musique qui est toujours associée à la fête dans nos traditions, et un domaine de création partagée entre Juifs et Musulmans ! Les trois Pays du Maghreb ont vu s’illustrer pendant des siècles des groupes orchestraux autour de « l’école andalouse » (surtout au Maroc et en Algérie, plus particulièrement à Constantine), ou avec une tonalité plus proche de la musique orientale du Machrek (essentiellement en Tunisie). 

Nous avions au début de « Rencontre » consacré plusieurs émissions à cette tradition, en invitant notamment à deux reprises (1998 et 1999) Simon Elbaz, musicien, et Rachid Aous, producteur du premier CD de « Matrouz », composition originale mêlant des chansons en hébreu et en arabe. Nous avions aussi évoqué Enrico Macias et son voyage avorté en Algérie, en avril 2000 avec Sheherazade Hadid, journaliste algérienne. Oui, la musique adoucit les mœurs et réunit les cœurs, c’est bien pourquoi la fréquence juive de Paris compte un auditoire musulman régulier pour les émissions consacrées à cet art, avec parfois des appels du public. « Judaïques FM » s’illustre en la matière, avec l’émission « La fête orientale » de Maurice Azoulay le samedi soir, et « L’Andalouse », produite par Sammy Ghozlan un dimanche soir sur deux. Oui, la musique ouvre les portes des âmes, c’est bien pourquoi les intégristes les plus fanatiques l’ont toujours interdite, ainsi les horribles Talibans lorsqu’ils régnaient à Kaboul. Le monde arabe vient de produire à Beyrouth sa première « Star académie », et le vainqueur a été, ironiquement, un ressortissant d’Arabie saoudite, un des états les plus fermés à la modernité ! Le journal « Libération » vient de publier le portrait de Hicham Abdel Rahman, jeune saoudien de 24 ans brutalement métamorphosé en star par des millions de jeunes de son pays, qui ont voté par téléphone pour l’élire. Et ce, au grand dam de la « police des mœurs » locale, qui l’a condamné à resté cloîtré à domicile, en attendant une tournée triomphale.

J.C

Accueillante Tunisie

Introduction :
 Je vous avais déjà parlé (voir « blog » du 24 mai) du pèlerinage de la Ghriba à Djerba, en Tunisie, et du voyage de milliers de Juifs (dont un fort pourcentage d’Israéliens) dans ce pays musulman. La fête est maintenant finie, et elle s’est déroulée sans aucun incident, grâce à une organisation remarquable de la sécurité. Mais surtout, les premiers témoignages parlent tous de l’accueil formidable des Tunisiens, autorités comme simples habitants rencontrés lors du séjour. Notre ami Moïse Rahmani, membre du bureau de coordination des organisations juives de Belgique, responsable du site http://www.sefarad.org/ (Institut Sépharade Européen, voir en lien), vient d’en parler dans le site d’information israélien « Guysen News » (adresse : http://www.guysen.com/).
Avec l’aimable autorisation de ce journal en ligne que nous remercions, nous reproduisons un extrait de l’article de M. Rahmani, « La Tunisie, un exemple à suivre ».
J.C 

« Je ne parlerai pas de l’accueil, au-delà de tout éloge. Je ne parlerai pas de la gentillesse innée et non de commande du Tunisien « Monsieur tout le monde ». Je ne parlerai pas de la chaleureuse réception que les autorités officielles nous ont réservée. Je voudrais centrer sur l’aspect multiculturel de ce pays, sur son ouverture et sur le respect envers les autres religions. Je voudrais souligner que selon les officiels rencontrés, la religion est une affaire privée et s’exerce chez soi. Je n’ai pas vu de femmes voilées dans les ministères, dans les banques ou dans les magasins. J’ai vu, par contre, des femmes libres. Les intégristes, les islamistes, sont un danger pour le pays, c’est ce que se sont plus à nous passer comme message nos hôtes interrogés. Ils ne doivent pas gangrener la société. A bon entendeur, salut ! Dans nombre de médias belges, une bombe humaine qui se fait exploser en tuant des civils est qualifiée de kamikaze et des excuses lui sont cherchées. En Tunisie, chez les officiels, le verdict est sans appel : c’est un terroriste et il n’y a pas d’excuses à essayer à lui trouver. »
Pour lire l’article complet, suivre le lien
Pour lire aussi l’article publié antérieurement dans « Guysen News », à propos de la visite en Tunisie d’une délégation de Juifs français conduite par le Grand Rabbin Joseph Sitruk et reçue par le Président Ben Ali en décembre dernier, cliquer ici

J.C

01 juin 2005

Sincères condoléances ... à toute la famille


Le sourire du mois  
- juin 2005

 La "une" du journal algérien "El Moudjahid" à l'occasion du décès du Pape JeanPaul II.
Source : site http://www.harissa.com/, envoyé sur le forum de discussion par un internaute

J.C