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14 mai 2012

Bientôt sur le Net, un sex-shop halal


Abdelaziz Aouragh est musulman. Il vit à Amsterdam. Et il vend des articles érotiques. Sa boutique en ligne, El Asira, destinée à une clientèle musulmane, proposera prochainement des capsules Pure Power, qui “intensifient les performances, le désir et le plaisir des hommes”. Mais aussi des capsules destinées aux femmes, des stimulateurs des sens pour lui et pour elle, et des lubrifiants à base de beurre de cacao, d’eau ou de silicone. El Asira se veut “la première boutique en ligne musulmane à vendre des articles érotiques et des produits de soins”.

Combiner islam et produits érotiques n’est pas une évidence. Quand l’associé d’Abdelaziz Aouragh, Stefan Delsink, lui a suggéré de créer un sex-shop, il n’était guère convaincu. Mais dès le lendemain, il a changé d’avis : “Je sais que les musulmans ont besoin de ce type d’articles. Des gens en rapportent du Moyen-Orient pour les offrir à des jeunes couples.” Ne sachant pas si sa religion permettait ce genre de commerce, Abdelaziz Aouragh s’est tourné vers un imam, qui s’est à son tour adressé à un cheik saoudien. Verdict : l’islam autorise ce type d’activité, tant que les produits sont halal et qu’ils sont destinés à améliorer les relations sexuelles du couple marié. “Il existe même une fatwa à ce propos.”

Abdelaziz Aouragh, 29 ans, est un musulman orthodoxe doté du sens des affaires néerlandais. Outre l’aspect financier, le jeune entrepreneur aimerait que son sex-shop change l’image de l’islam hostile aux femmes. “L’image de la femme soumise, dans la cuisine, habillée en burqa, est fausse. Il y a beaucoup d’amour. L’islam a beaucoup de respect pour les femmes. Notre boutique place la femme au centre des choses.” El Asira offre également des informations et des réponses aux questions que les gens se posent sur la sexualité. L’imam qui a conseillé Abdelaziz Aouragh s’appelle Boularia Houari. Spécialiste des câbles en fibre optique, il enseigne le Coran et prêche dans diverses mosquées. Il raconte qu’il donne des conseils en matière de sexualité à de nombreux couples mariés. “Les gens ont peur du Viagra ; c’est un médicament. L’islam privilégie les herbes médicinales. De l’huile de graine de pavot, du miel pur. Les religieux aussi les recommandent.” Le sexe selon l’islam est simple : en dehors du mariage, il est interdit ; dans le mariage, il est encouragé. Et les préservatifs ? Abdelaziz Aouragh et l’imam s’entretiennent en arabe. “Oui, les préservatifs sont acceptés. La pilule contraceptive aussi, même s’il est mieux de ne pas l’utiliser, car elle continue à agir sur certaines femmes lorsqu’elles ne la prennent plus.”

Pour répondre à une autre question de M. Aouragh, l’imam explique que le coït interrompu est permis, mais que les préservatifs devraient être privilégiés. “Un préservatif assure plus de plaisir parce que le pénis n’est pas retiré au moment de l’orgasme. Dans l’islam, c’est important que l’homme et la femme aient un orgasme. Si la femme n’est pas satisfaite, elle aura recours à des méthodes impures comme la masturbation ou les vibromasseurs.” Stefan Delsink, 29 ans, a conçu le site Internet d’El Asira, qui signifie quelque chose comme “société”, “tribu” ou “village”. D’origine néerlandaise et surinamaise, Stefan Delsink travaille dans un foyer d’accueil et dirige une agence de graphisme avec son frère. Abdelaziz Aouragh explique que son partenaire respecte l’islam. “Avant de faire quelque chose, il demande si c’est autorisé. Par exemple, il n’y a pas d’image d’homme ou de femme sur le site. Car ce n’est pas permis.” “Je les supprime. J’ai dû construire un site érotique au style unique. Essayez un peu sans images !” lance Stefan Delsink.

Ni lui ni Abdelaziz Aouragh ne s’y connaissaient en articles de sex-shop. Abdelaziz Aouragh a passé le Net au crible, à la recherche de produits halal sans graisses animales. Il a d’abord eu des contacts avec un Néerlandais, mais les choses sont tombées à l’eau. “Ses articles contenaient des produits chimiques et il y avait des photos d’actes répréhensibles sur les emballages”, explique-t-il.

Les produits en vente sur El Asira sont halal. Mais si une personne célibataire achète des capsules Pure Power ? Ou si un couple utilise le lubrifiant d’une manière proscrite par l’islam, par exemple pour des rapports pendant les menstruations ? “C’est ce que j’ai demandé à l’imam, raconte Abdelaziz Aouragh. Il m’a dit d’oublier ces questions. Qu’elles n’engageaient pas ma responsabilité. Les gens seront punis de leurs péchés après leur mort.”
"Courrier International" 
le 25 mars 2010
Source: NRC Handelsblad, Rotterdam

13 mai 2012

"Rencontre", 15 ans déjà ! Une émission spéciale le dimanche 20 mai


Et oui, les années filent ...

Alors que nous avons fêté il y a quelques mois les 6 ans du blog, compagnon fidèle de ma série, nous arrivons déjà à la date anniversaire de "Rencontre". C'était le 15 mai 1997, l'émission passait à l'époque le soir, et je faisais mes débuts à Judaïques FM en compagnie de mon complice et toujours fidèle ami, Emile Moatti - qui vit maintenant à Jérusalem, auprès de sa famille.

Cet anniversaire sera l'occasion, je pense utile, de faire un point sur cette série que je prépare et que je présente avec tant de passion, comme le savent ceux qui me font l'honneur de me suivre régulièrement. Un point en termes de sujets abordés, d’invités reçus – et de critères pour inviter ou pas certaines personnes. Mais un point aussi pour vous rappeler l’objet de l’émission, et mieux vous faire comprendre sa ligne éditoriale – une ligne éditoriale que, sans doutes et malheureusement, beaucoup  ne peuvent plus comprendre : nombre de nos auditeurs juifs ont basculé dans un certain désespoir, et se hérissent spontanément lorsqu'ils entendent "musulmans" ou "arabes", écoutant et répétant sans recul les discours les plus simplistes et les plus extrémistes ; mais hélas aussi - et c'est une réalité dans la France d'aujourd'hui -, l'image d'Israël s'est tellement détériorée, la propagande antisémite est tellement revenue en force dans notre société, que beaucoup de nos auditeurs de passage ne peuvent même plus faire l'effort de surmonter leurs préjugés en écoutant tous les invités de qualité que j'ai eu le plaisir de recevoir ici. Pourtant, cette ligne me parait plus que jamais indispensable à tenir, à la fois pour des raisons pratiques et éthiques, et je vous dirai pourquoi.
Alors ce point me permettra, aussi, de vous donner des éclairages inédits sur les coulisses de mon travail, de vous dire - le plus brièvement possible - quelles leçons je tire de  toutes ces années de travail bénévole, et comment je situe ma série dans le "paysage médiatique" des radios de la fréquence juive. Mais j'ai pensé que 25 minutes à être seul à parler c'était un peu long, et c'est pourquoi, amis auditeurs, vous aurez le plaisir de retrouver en deuxième partie d'émission un "pilier" de Judaïques FM, mon vieil ami André Nahum, que connaissent et apprécient tellement ceux qui suivent, et son émission littéraire du lundi soir, "L'Etoile et le Jasmin", et ses éditoriaux politiques du mercredi matin, tellement écoutés : André nous dira comment il voit cette émission d'un collègue de la radio, comment il juge sa "ligne", mais surtout nous bavarderons un peu autour de la thématique de cette série, "le monde musulman" : faut-il voir les choses en noir ? Faut-il rester optimistes ? La discussion sera aussi franche qu'instructive, j'en suis sûr !

Merci donc d'être nombreux au rendez-vous, pour cette émission spéciale anniversaire.

J.C

11 mai 2012

Prosper Marhilat, peintre de l'Egypte ...

La rue Elizbeka, le Caire, toile de Prosper Marilhat

Une toile sur la Toile
- mai 2012

Prosper Marilhat (1811-1847) est un peintre largement oublié, sauf des amateurs érudits en Orientalisme.

Wikipedia lui consacre un assez long article, où l'on apprend que cet artiste malheureux mourut jeune, fou et syphilitique, ce qui était hélas assez fréquent au 19ème siècle ... Son œuvre fut reprise après sa mort sous formes de gravures et de lithographies .
Pionnier de la lithographie, disciple de Poussin, il accompagna en quasi journaliste des expéditions scientifiques au Moyen-Orient, et particulièrement en Égypte, d'où il ramena des tableaux à la fois précis et lumineux, comme celui-ci, représentant une rue du Caire.
 J.C

10 mai 2012

Malgré la colère du Hamas, l’écrivain algérien Boualem Sansal se rendra au Festival d'Israël à Jérusalem


Introduction :
Mon ami Souhail Ftouh m'envoie cet article, à propos d'un voyage dont on n'a pas fini de parler ... il y a fort à parier, hélas, que ce courageux écrivain algérien fasse l'objet de représailles dans son pays, où l'anti sionisme le plus radical est la norme depuis 50 ans.
Il oublie un titre important dans l'oeuvre de Boualem Sansal, "Le village de l'Allemand" : pour rappel, ce livre avait été l'objet d'une interview mémorable, par téléphone depuis Alger ... pour en savoir plus, cliquer sur son nom en libellé.
J.C

Le grand écrivain algérien Boualem Sansal va se rendre au Festival d’Israël à Jérusalem, prévue du 23 mai au 14 juin 2012. Il a annoncé sa participation au festival de Jérusalem. Depuis 1961, ce festival consacré aux arts du spectacle a accueilli les plus grands talents. Au programme : danse, théâtre, mime et musique (jazz, musique classique, contemporaine, israélienne, du monde) au théâtre Sherover, à l’Henry Crown concert Hall, au théâtre Khan de Jérusalem, et beaucoup de spectacles gratuits toute la nuit. La programmation est essentiellement internationale. C’est l’un des meilleurs festivals du pays.
 
Le mouvement terroriste palestinien du Hamas à Gaza a condamné cette visite qui est considérée comme acte de normalisation.

Dans une déclaration à la presse, le mouvement islamiste Hamas parle de la venue du romancier comme d’un « crime contre un million et demi de martyrs algériens qui ont sacrifiés leurs vies pour la liberté de l’Algérie sous l’occupation française. ». Selon le Hamas, c’est « un crime contre le peuple palestinien qui paye le prix martyr avec du sang, des blessures et de la souffrance. » Le ministère du Hamas affirme qu’il y a là « collusion flagrante avec les crimes de l’occupation contre le peuple palestinien » et qu’ainsi l’auteur se rendrait coupable de la légitimation de ces crimes. Le Hamas a jugé que cette participation est inacceptable et doit être rejetée par tous les écrivains des Arabes; musulmans et libéraux du monde. Les terroristes palestiniens souhaitent décourager l’écrivain de participer à ce festival au nom de la « liberté ». Ce mouvement islamiste réclame par ailleurs que le gouvernement algérien « dénonce et condamne une telle participation » et qu’il prenne un « rôle efficace pour rejeter la gravité de cette démarche. » Enfin, le ministre du Hamas en personne a appelé à un boycott de l’écrivain algérien dans le monde arabe s’il venait à participer à cet évènement culturel.

Mr Sansal représente la fine fleur intellectuelle de l’Algérie et un grand écrivain. Il est censuré dans son pays d’origine à cause de sa position très critique envers le pouvoir en place. Il est en revanche très reconnu en France et en Allemagne, pays dans lesquels ses romans se vendent particulièrement bien, et où il a reçu de nombreux prix.

Il publie son premier roman "Le Serment des barbares" en 1999 qui reçoit le prix du premier roman et le prix des Tropiques. Son livre" Poste restante", une lettre ouverte à ses compatriotes, est resté censuré dans son pays. Son troisième roman, "Dis-moi le paradis", publié en France en 2003, est une description de l’Algérie post-colonisation, à travers les portraits de personnages que rencontre le personnage principal, Tarik, lors de son voyage à travers ce pays. Le ton est très critique envers le pouvoir algérien, se moquant de Boumediene, critiquant ouvertement la corruption à tous les niveaux de l’industrie et de la politique, l’incapacité à gérer le chaos qui a suivi l’indépendance, et attaquant parfois violemment les islamistes.

Ce livre est l’une des raisons qui ont conduit le pouvoir à limoger l’auteur de son poste de haut fonctionnaire au ministère de l’industrie algérien.

Boualem Sansal est connu pour son rejet de la religion. Dans une interview donnée à l’Express en 2011, il s’explique de la manière suivante : « La religion me paraît très dangereuse par son côté brutal, totalitaire. L’islam est devenu une loi terrifiante, qui n’édicte que des interdits, bannit le doute, et dont les zélateurs sont de plus en plus violents. Il faudrait qu’il retrouve sa spiritualité, sa force première. Il faut libérer, décoloniser, socialiser l’islam. »

En 2011, il publie un nouveau roman, Rue Darwin, l’histoire d’une famille prise dans la guerre d’Algérie. C’est un livre très personnel, écrit trois mois après la mort de sa mère. Le personnage de Yaz ressemble par beaucoup à Boualem Sansal ; par ailleurs, la Rue Darwin est une rue où l’auteur a vécu dans son enfance, à cent mètres de la maison d’Albert Camus.

Mr Sansal est un homme démocrate, courageux, ayant le sens de la justice. À travers ses livres, on sent sa voleté à vouloir faire quelque chose pour les algériens, et pour le monde en général. Monsieur Boualem Sansal est un algérien libre qui admire Jérusalem, berceau de la civilisation et de la pensée juive. Israël est un pays démocratique où bouillonnent des activités culturelles, industrielles, artistiques…n’en déplaise à tous les antijuifs.

Ftouh Souhail ,
Tunis

08 mai 2012

Quand je posais une question à François Hollande ... il y a six ans !



Les Français en ont donc décidé ainsi, en accordant une victoire nette, mais non écrasante, à  François Hollande dimanche dernier : la Gauche revient au pouvoir, et Nicolas Sarkozy en est éjecté après un seul et unique mandat ... triste "fin", s'il confirme à l'avenir son souhait d'abandonner la politique.

Mes lecteurs fidèles auront remarqué que je n'aurais guère commenté cette campagne présidentielle, contrairement à la précédente. Je vous avais promis d'en parler après la fin du vote, je le ferai en ce qui concerne Nicolas Sarkozy après qu'il ait quitté l'Elysée, avec donc un minimum de respect pour sa personne  - exactement comme je l'avais fait pour Jacques Chirac il y a cinq ans. Bien entendu, je resterai sur la thématique du blog et de l'émission, à savoir le monde musulman, sujet tellement "clivant" au cours de ces élections.

Mais en ce qui concerne François Hollande, juste deux articles pour le moment (en attendant bien sûr de nombreux autres au cours de son mandat !) ...
- Tout d'abord et hélas, vous redonner ici le lien sur le triste article "top one" de mon blog : celui qui amène - plus que jamais ces jours-ci - des milliers de visiteurs antisémites voulant savoir si notre nouveau président est juif ... ils atterrissent sur ce papier "joke" ...
voir ici.
- Mais surtout, vous donner à relire un extrait d'un article publié ... il y a déjà plus de six ans, le 4 avril 2006 exactement ! Je rendais compte d'un débat de François Hollande, invité pour un petit déjeuner de travail au CRIF et alors qu'il n'était encore que le premier secrétaire du Parti Socialiste. Voici ma question et sa réponse ; et vous verrez que j'avais apprécié, à l'époque, son réalisme.
Bonne lecture !

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"Mais revenons à la question que j’ai eu la chance de pouvoir lui poser ... « Rencontre » a eu des invités prestigieux, mais jamais encore de personnalités politiques de ce niveau, il fallait donc en profiter même si ce n’était pas à la radio ! Il m’a semblé plus intéressant d’évoquer notre pays et l’actualité brûlante - la crise sociale due au projet du CPE et la révolte d’une grande partie de la jeunesse ; mais en lui posant une question qui - langue de bois oblige - est très rarement évoquée dans les innombrables débats à la radio et à la télé. Je ne l’avais pas écrite, en voilà en gros la teneur :
« Et si le chômage des jeunes diplômés était d’abord lié au fait que leur formation ne répondait pas aux besoins de la France ? Que pensez-vous quand vous entendez qu’il y a une Université où quinze mille étudiants en lettres et sciences humaines sont en grève, vous croyez vraiment qu’ils vont trouver un travail intéressant, CPE ou pas ? Nous manquons d’infirmières, de médecins, d’informaticiens, on doit en importer de l’étranger. Mais certains professeurs d’université - qui sont le plus souvent des sympathisants de la gauche - continuent de patronner des thèses de doctorat qui ne servent à rien ... ».

Et bien, je dois reconnaître que François Hollande m’a étonné par la clarté et l’honnêteté de sa réponse.

« Oui », a-t-il dit en substance, « l’orientation est très mal faite en France. La coordination entre l’Université et les entreprises est tout à fait insuffisante. Les jeunes se détournent des disciplines scientifiques, c’est très mauvais pour l’avenir du pays. Il faut rénover l’éducation nationale, relancer la recherche, accorder plus d’autonomie aux académies en liaison avec les régions».

Comme on aimerait que ce discours soit repris ailleurs, sans crainte du corps enseignant dont les syndicats corporatistes brisent régulièrement tous les ministres de l’éducation essayant de secouer le Mammouth ... comme par exemple Claude Allègre, un socialiste « balancé » par sa base et lâchement abandonné par Jospin, comme Chirac abandonna non moins lâchement le malheureux Alain Devaquet !"

Blog "rencontrejudaiquesfm"
4 avril 2006

07 mai 2012

Vive la Tunisie diverse et multiple !


C'est une photo sans prétention, lumineuse et colorée ... que j'ai trouvée sur le mur d'un ami tunisien de mon réseau FaceBook.

J'ai repris le titre qu'il avait mis tel que, et il n'y pas de commentaires à ajouter : si cette Tunisie là survit, cela veut dire que le "noir corbeau" n'aura pas supprimé les couleurs du paysage ... au propre, comme au figuré ! 

J.C

06 mai 2012

Les 10 Fatwas de l'année


Les fatwas, avis religieux de spécialistes mais qui n'ont pas valeur de loi, sont nombreuses, presque autant que les musulmans eux-mêmes. Le Best Of des fatwas les plus remarquables.

Chacun peut émettre lui-même une fatwa, un avis religieux concernant telle pratique ou phénomène nouveau qui n'est pas prévu par la loi coranique.
Cette fatwa n'a pas valeur de loi mais dans la pratique, une fatwa émise par un éminent juriste, un célèbre prédicateur ou une prestigieuse université islamique comme l'Egyptienne Al-Azhar, a beaucoup plus de valeur que celle émise par le mécanicien du coin, fut-il fervent musulman.
Al-Azhar, garante du dogme sunnite, est d'ailleurs en Egypte une grande productrice de fatwas, devenue un appareil politique de par la portée et l'implication de ses avis sur le comportement des Egyptiens et de la majorité des musulmans du monde.
Fatwas «sauvages» d'origine non contrôlée qui posent problèmes ou en résolvent d'autres, contre fatwas politiques savamment gérées par les régimes en place, l'affrontement est quotidien.
Dans les fatwas, on trouve évidemment de tout, du comment tuer les fourmis et insectes nuisibles aux droits du mort, et de la possibilité pour les femmes célibataires d'utiliser des sex toy ou d'acheter des esclaves masculins pour les consommer (fatwa koweitienne de Salwa al-Mutairi), en passant par les opérations de change Forex Trading, récemment autorisées par la plus haute autorité musulmane de Malaisie.
Bien sûr, chaque fatwa n'est pas suivie aveuglément, comme celle du controversé cheikh marocain Abdelbari Zemzami explique que «l’islam autorise l’acte sexuel sur un cadavre quelques heures après la mort», pour peu que cette relation nécrophile soit du fait d’un veuf qui vient de perdre son épouse. Bref, de tout et de rien, Best of des fatwas de l'année. 
1 - L'alcool rendu licite
Une nouvelle fatwa d’Al-Azhar tombée début janvier sème la polémique et l'euphorie dans le monde musulman. Le cheikh Saâdeddine El-Hilali, juriste islamique affirme qu'il est «halal de boire de la bière ou du vin de dattes, tant qu’on n’est pas ivre.»
Selon ce vénérable cheikh de l’institution d'Al Azhar, considérée comme l'autorité et le référent en matière de pratique, les buveurs qui ne boivent pas jusqu’à l’ivresse sont autorisés à le faire. Pour l'instant, cette fatwa n'a pas été encore appliquée mais pour les buveurs, c'est un grand soulagement, boire avec autorisation religieuse. 
2 - Le printemps arabe
La religion au secours du politique. Une fatwa d'Arabie Saoudite considère l'émeute et la révolte illicite, reprise immédiatement par Abdelmalek Ramdani, chef spirituel des salafistes algériens (en exil en Arabie Saoudite), qui exhorte les musulmans à ne tenir aucun compte des appels au changement.
Dans une fatwa de 48 pages, il appelle les musulmans à ignorer les appels pour le changement parce que la démocratie est contre l’islam. Idée forte «tant que le commandant de la nation est un musulman, vous devez obéir et écouter.»
Pour le changement, il y a une autre méthode. Abdelmalek Ramdani explique que «face à un dirigeant non désiré, un musulman pratiquant peut seulement prier et faire preuve de patience.»
Cette fatwa contre-révolutionnaire va à l'encontre du plus médiatisé des producteurs de fatwas, le Cheikh Al Qaradoui lui-même, qui avait appelé l'année dernière sur Al Jazeera à se révolter contre Kadhafi, estimant qu'il était «licite de le tuer».
Et il y a quelques temps, une fatwa a été émise en appelant à une intervention militaire en Syrie. En février dernier, le dignitaire religieux saoudien Cheikh Raed Al Karani a décrété une fatwa rendant licite l'assassinat du président syrien Bachar Al-Assad
3 - La destruction des Eglises
Passée presque inaperçue, le 12 mars dernier, le Cheikh Abdul Aziz bin Abdullah, émetteur régulier de fatwas, déclarait qu’«il est nécessaire de détruire toutes les églises de la région.» (Golfe persique)
4 - Téter sa collègue
Bien que datant de quelques années (2007), cette fatwa avait provoqué un tollé dans le monde musulman. Elle avait quand même été reprise l'année dernière par des religieux fanatiques.
Selon deux professeurs de l'Université d'Al Azhar, la seule façon permise pour un homme de se retrouver seul avec une collègue de travail dans un bureau est de la téter.
L'idée n'est pas aussi absurde, elle provient d'une tradition du prophète Mahomet, qui avait demandé à une femme d'allaiter son fils adoptif, alors adulte, pour devenir ainsi sa mère de lait, après l'interdiction de l'adoption dans l'islam. Cette femme lui aurait donné à boire de son lait dans un bol et non directement de son sein.
Mais il n'en fallait pas plus aux deux cheikhs d'Al Azhar pour légiférer et demander la tétée au bureau, pour que la femme, dont d'autres fatwas interdisent d'être seule dans une pièce avec un homme (en dehors du mariage ou sans lien de parenté proche) pour contourner la problématique. Il lui suffit de donner le sein, même petit.
Dans le même registre, le Cheikh Abd As-Sattâr Fath Allah As-Saïd vient de déclarer licite par une nouvelle fatwa les implants mammaires.
«Si une femme, victime d’une émaciation considérable du sein, induisant une souffrance physique et psychologique chaque fois que son mari la voit, alors elle peut traiter ce défaut de manière à éliminer cette gêne qui lui empoisonne la vie.»
Le silicone est donc autorisé, qui n'est pour le religieux que «chirurgie plastique utilisée pour réparer une partie déformée du corps lorsque l’opération offre une meilleure qualité de vie.» Un bémol cependant, «si cela est fait en vue d’un excès de plaisir ou de séduction envers son mari», précise-t-il. Quelle est la limite? 95C? 
5 - OTAN et les forces US
Convoqué par l'Arabie Saoudite lors de l'invasion du Koweit par Saddam Hussein, le vénérable Cheikh Ibn Baz avait permis dans une fatwa que des «musulmans puissent demander l'aide de non-musulmans pour défendre des musulmans et même obligatoire». C'est ainsi que les troupes US débarquèrent en Arabie Saoudite pour protéger le royaume des prétentions irakiennes.
La suite est connue, les Américains sont restés et cette fatwa a été réutilisée l'année dernière en Libye lors de l'intervention de l'OTAN. C'est d'ailleurs le même Ibn Baz, aujourd'hui décédé, qui avait émis une fatwa en 2000, expliquant que c'est le soleil qui tourne autour de la Terre et non le contraire, que celle-ci était plate et que toutes les images satellites qui disent le contraire n'étaient que la partie d'un «vaste complot occidental conte le monde musulman.
6 - Mickey Mouse et les rongeurs
Il y a tout juste une semaine, la célèbre souris de Walt Disney a été victime d'une mise à mort, par l'intermédiaire d'une fatwa qui demande sa tête. Le cheikh saoudien Mohammed al-Mounajid, ancien diplomate et habitué des plateaux TV d'Al Jazeera, a réclamé l’extermination de toutes les souris, y compris les rongeurs et la célèbre souris de dessin animé. Mickey Mouse représente un animal sale, honni par l'Islam. Elle est par ailleurs de nationalité américaine, ce qui n'arrange pas son CV.
7 - Les transexuels
Si l'homosexualité est condamnée par la plupart des muftis de l'Islam, ce n'est pas le cas de la transexualité. L'imam iranien Khomeyni, plus connu ailleurs pour d'autres fatwas plus répréhensibles, avait légiféré en ce sens, estimant qu'«une femme ou un homme qui ne se sent pas bien dans son sexe, peut en changer».
De fait, héritage spirituel oblige, aujourd'hui encore, des fatwas équivalentes sont émises pour conforter cette appréciation. Résultat, les transexuels sont admis par la société. Avis aux amateurs. 
8 - Fellation et cunnilingus
Ce grand débat a alimenté pendant des années les musulmans et musulmanes, soumis à de nouvelles pratiques sexuelles. Les deux actes sont aujourd'hui considérés comme licites.
Le cheikh Al Qaradaoui, encore lui, avait explicité que ces «caresses bucco-génitales» étaient permises, à la condition pour la femme de ne pas boire le sperme, «liquide impur», reprenant d'autres théologiens de l’Islam, qui «ont autorisé le baiser génital (entendez :), aussi bien celui de la femme pour son mari que celui du mari pour sa femme, et il n’y a aucune honte à cela», précisant que «si une personne prend son plaisir par la bouche, c’est un comportement qui sort de l’ordinaire, mais on ne peut l’interdire, surtout si c’est avec l’accord de la femme et qu’elle aussi y prend du plaisir.»
En revanche, autre fatwa récente d'un religieux égyptien, l'interdiction pour les femmes de toucher aux bananes et aux concombres, à cause de leur forme phallique. Fatwa faisant suite à une ancienne fatwa d'Al-Qaïda en Irak, qui exigeait que les vendeurs séparent les tomates et les concombres sur leurs étals sous prétexte que ces légumes seraient de sexe différent, et a décrété que seuls les hommes pouvaient acheter des concombres.
A la suite de cette histoire à l'époque, aux Maldives, la télévision publique a censuré le mot concombre par crainte de représailles, pendant qu'un musulman indien, lecteur du Hindustan Times, demandait si dans ce cas, un homme peut toucher un melon. Tous les goûts sont dans la nature. 
9 - La violence et le terrorisme
Ambigüe et au centre de la problématique, la condamnation de la violence dans l'Islam a toujours suscité de nombreux débats, jusqu'à aujourd'hui. Pris dans le jeu macabre, les Occidentaux et les chrétiens (d'Irak et d'Egypte particulièrement) ne cessent de réclamer des fatwas claires et sans ambigüité contre le terrorisme.
Celles-ci existent déjà pourtant depuis longtemps, même s'il faut les chercher dans le bazar des avis religieux émanant de partout. La plus connue de ces fatwas anti-terroristes et probablement la plus célèbre est celle du pakistanais Shaykh-ul-Islam Muhammad Tahir-ul-Qadri.
En 2010, avec un argumentaire théologique des plus complets, il émet une fatwa de 600 pages condamnant fermement le terrorisme et le meurtre d'innocents. Le reprenant, Mohamed El Koury Ould Abd El Hay, célèbre juriste et exégète mauritanien, qualifie aussitôt cette fatwa «d'argument décisif et impératif pour ceux qui croient en Dieu», convaincu que «son impact sera très fort dans notre monde islamique.» 
10 - Les fatwas contre les fatwas
On le voit bien, la fatwa, avis religieux à l'origine, est une arme à double tranchant. Une fatwa peut en annuler une autre et changer la morale ambiante en quelques lignes, redéfinissant en permanence la frontière étroite entre le bien et le mal. A ce titre, la plupart des pays musulmans ont déjà instauré des centres de promulgations de fatwas «officielles», pour contrer l'assaut des fatwas pirates venues de partout.
Si au Maroc, un Conseil suprême des oulémas ou des fatwas vient de voir le jour, sous l'autorité directe du roi Mohamed VI, en Algérie, on attend toujours l'institutionnalisation de la fatwa et d'un mufti général, à même de représenter l'Islam.
D'une manière générale, pour centraliser cette forme d'anarchie de fatwas contradictoires, la plupart des pays n'autorisent qu'une seule structure d'émission de fatwas. Même l'Europe a mis en place un Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche, tout comme l'Australie a créé aussi un Dar ul Fetwa (maison de la fatwa) pour officialiser le licite et l'illicite musulman.
Mais rien n'interdit à un imam ou un autre d'émettre une fatwa. Pour toutes ces structures officielles, il suffit donc d'une fatwa sauvage pour décréter qu'elles sont illicites et les réduire à néant. Avec près de 1,5 milliards de musulmans sur la Terre, une bonne fatwa peut changer la face du monde.

Chawki Amari
SlateAfrique.com, le 29 mars 2012

02 mai 2012

Une enfant otage de la cour royale saoudienne : Candice Cohen-Ahnine sera mon invitée le 6 mai



Nous allons à nouveau parler du monde arabe dans notre prochaine émission, mais à travers une affaire très particulière, loin de la géopolitique et de l'actualité. Cette affaire est le drame d'une mère, à qui sa fille qui a 10 ans maintenant a été brutalement arrachée, et cela après une passion amoureuse entre une jeune fille juive et un prince Saoudien, passion qui a fini dans la violence et le sordide. Mon invitée sera Candice Cohen - Ahnine. J'ai découvert son histoire comme beaucoup de Français, grâce à son livre "Rendez-moi ma fille", publié au éditions l'Achipel, et grâce à la campagne qu'elle a lancée depuis que a pu fuir l'Arabie Saoudite, après y avoir été séquestrée pendant neuf mois. On l'a vue sur des plateaux de télévision, on l' a entendue sur des radios qui ont beaucoup plus d'audimat que Judaïques FM, mais pourtant j'ai tenu à l'avoir comme invitée dans ma série, et je me dois d'expliquer pourquoi. D'abord ce n'est pas la première fois que je consacre mon émission à la libération d'otages car, oui, sa fille Haya est bien retenue contre son gré en Arabie et c'est même pire qu'une otage, puisque la famille royale ne réclame même pas de rançon. Il y a plus de six ans, j'avais consacré une émission au malheureuses infirmières bulgares otages de Kadhafi, nous avons consacré ensuite une émission à Guilad Shalit, et bien jamais deux sans trois, j'espère que cette interview portera chance à Candice et que sa fille sera bientôt libérée. Mais il y a d'autres raisons qui expliquent pourquoi, dans cette série consacrée au monde musulman, nous allons parler de cette affaire : d'abord elle va nous raconter comment l'amour peut être plus fort que tout, et comment une jeune fille juive peut tomber amoureuse à ce point d'un prince royal saoudien, je dois dire que cela dépasse un peu l'entendement et que beaucoup de nos auditeurs ont du avoir du mal à le comprendre ; et ensuite, nous allons avoir grâce à elle un témoignage vraiment inédit sur l'Arabie Saoudite, puissance pétrolière et financière, interdite aux Juifs et dont il est toujours difficile de faire la critique.

Parmi les questions que je poserai à Candice Cohen-Ahnine :

- comment est née cette passion, et comment vous, une jeune fille juive sans histoire de 18 ans qui allait commencer des études supérieures, a-t-elle pu tout abandonner pour lui ? Je crois qu'il y a eu un déclic quand ce prince saoudien - dont le vrai nom est Sattam Al Saoud, Saddam dans le livre - vous a raconté qu'il était juif par sa grand-mère et qu'il cachait son identité ... comment avez-vous pu avaler un bobard pareil, et pendant si longtemps ?
- une chose intéressante dans votre livre, bien que cela ne soit pas l'objet, ce sont les impressions que vous avez ramené de vos brefs séjours en Arabie Saoudite : vous décrivez un univers où toutes les femmes ont des amants et s'en vantent, où la prostitution est courante, et où beaucoup se droguent - comme la propre sœur de votre compagnon : comment le croire, alors même que les châtiments sont horribles dans le pays pour quiconque ne respecte pas la Sharia ?
- votre livre cite, dans sa dernière partie, les insultes antisémites horribles que vous avez du subir, au moment de cette détention et après, lorsque la famille royale a compris que vous ne vouliez pas renoncer à votre enfant : "sale juive" ; "vous êtes une sale race" ; "tu crois que je vais laisser ma fille vivre avec des Juifs, toi et ta famille ?". Et puis vous racontez des choses incroyables, par exemple le fait que l'on ait montré quotidiennement à votre fille des images de soit disant atrocités que commettent les Israéliens envers les Palestiniens, ou également cette tentative de vous faire passer pour une musulmane, qui serait devenue apostat en se convertissant au Judaïsme ... Est-ce que vous n'avez pas été naïve pour ne pas ressentir cet antisémitisme avant ?
- où en êtes vous maintenant que vous avez pu rentrer en France sous la protection de nos diplomates : où en est l'action judiciaire ? Et que peut-on faire, tous, pour vous aider à récupérer Haya ?

Une émission bien originale ... la détresse d'une mère, qui a besoin de chacune et de chacun d'entre nous : j'espère que vous serez nombreux à l'écoute !

A noter aussi le site pour soutenir le combat de Candice :
http://www.rendezmoimafille.com/

J.C

01 mai 2012

Marche à La Bastille pour l’islam de France, contre le terrorisme


 
Hier était organisée Place de la Bastille à Paris une marche contre le terrorisme à l’appel d’un collectif d’associations musulmanes, à l’initiative de l’imam de la mosquée de Drancy, Hassen Chalgoumi. Un précédent appel en faveur d’une marche silencieuse avait été lancé pour le dimanche 15 avril, marche finalement reportée officiellement en raison du trop grand nombre de meetings politiques dans la capitale.
Enfin réunis, tous entendaient hier défendre un Islam de France, condamner le terrorisme mais aussi protester contre ce qu’ils qualifient d’acharnement des médias contre leur communauté doublé d’un acharnement des politiques; mais aussi contre la récupération politique faite par certains musulmans dont Abderhamane Dahmane, à l’initiative du soi-disant appel des 700 mosquées.

« Stop au fanatisme ! Ce ne sont pas eux qui nous représentent. Je lance un appel aux candidats, pour le respect de notre religion, mais aussi pour la fin de l’ingérence étrangère dans notre religion, pour la formation des imams, pour un islam de France » lance Hassen Chalgoumi. Pour lui, il doit y avoir un échange avec la République : « Nous, on condamne le terrorisme, mais en retour, on aimerait que le racisme soit dénoncé dans notre société. Les mosquées qui brûlent, les tags d’injure à Aulnay sous Bois, les « vous êtes tous des Mohammed Merah », non ça n’est pas possible non plus. »
Dans la petite centaine de personnes, des chrétiens coptes, mais aussi un représentant du monde juif, Sami Gozlan, du Conseil de la communauté juive de Seine Saint Denis : « Je suis très heureux d’être là aujourd’hui alors qu’à quelques mètres de notre synagogue se tenait il y a quelques semaines le Congrès de l’UOIF. La plupart des musulmans de France est très modérée mais ces populations ont peur de s’engager, elles sont souvent immigrées, mais à partir d’aujourd’hui les choses vont changer. » Effectivement, hormis les leaders associatifs, difficile d’engager la discussion avec les simples membres, comme ces jeunes femmes pakistanaises habillées de noir, membres de l’association Mivah Ul Quran : « Nous sommes venues dire que l’islam est une religion de paix. On est là que pour la religion. »
« Ce type de manifestation est de nature à nous rapprocher. Certaines organisations politiques se servent de clichées qui font du soutien à la Palestine un axe politique, comme à Toulouse, ou au Blanc Mesnil. Mais ici tout ça est mis de côté. » continue Sami Gozlan. Plane évidemment sur cette marche le souvenir des actes de Mohammed Merah. Et si Sami Gozlan est là aujourd’hui, c’est bien parce qu’il approuve l’action de l’imam de Drancy : « Il est très clair dans sa condamnation de l’islam radical. »

Le vote musulman en question

Même si tous se défendent d’interpeller les candidats pendant le second tour de la présidentielle, la politique n’est pas très loin, notamment lorsqu’on les interroge sur la question d’un éventuel vote musulman.
« Il n’y a pas de vote musulman » voilà ce que dit  Fatima Belarabi, présidente de l’association des femmes marocaines à l’étranger, tout en ajoutant : « Les français qui vivent au Maroc ont voté à 36% pour Sarkozy ! » Plus loin, Majid Touhami, vice-président du Conseil des musulmans de Montreuil, me confie : « On va faire la différence nous ! » Et quand on lui demande à l’avantage de qui il entend faire la différence, il répond, dans un sourire : « Contre le Pen. » Et puis il ajoute : « Plus de 60% des musulmans ont voté pour Mélenchon chez nous » Un score établi  selon un chiffrage dans certains bureaux de vote du XVIIIe, du XIXe, de Montreuil et de Bagnolet.
Alors quand on les interroge sur l’action de M. Dahmane, tous vocifèrent contre lui : « Il n’est jamais venu nous voir, on l’a interpellé à plusieurs reprises, mais c’est une blague cet homme ! Il connaît pas nos problèmes, maintenant qu’il a été viré, il revient vers nous… » nous confie Majid Touhami. « Mais qu’il l’avance, qu’il l’avance sa liste ! Son action est indigne, la religion, c’est intime, il faut avancer, pas régresser ! L’appel au vote oui c’est un devoir, mais sans donner de consigne. » continue Fatima Belarabi. Même l’imam de Drancy est sceptique : « Qui a le pouvoir de mobiliser 700 mosquées ? Quand il a voulu lancer l’étoile verte pour les musulmans, ils étaient quatre !. » – en référence à l’appel lancé par M. Dahmane l’an dernier aux musulmans à porter une étoile verte, pour dénoncer la stigmatisation dont ils étaient victimes.

Une citoyenneté de quartier

« On est loin des institutions représentatives, CFCM, Mosquée de Paris mais ils vivent dans une bulle…c’est une coquille vide. » nous confie Majid Touhami. « Nous, on défend une citoyenneté de quartier » explique Alexandre Vigne, catholique, fondateur de l’association CIEUX, Comité interreligieux pour une Ethique universelle et contre la xénophobie. « Les lieux de culte au niveau local y contribuent. Quand il n’y a pas de dialogue entre toutes les religions, c’est là qu’il y a un problème. » ajoute-t-il. Et Sami Gozlan d’ajouter : « Je suis invité dans les mosquées, je prends la parole devant les fidèles. On se voit fréquemment avec tous les imams de la Confédération des imams de France, c’est tout à fait chaleureux, et sincère. On se soutient. »
« On se soutient » : cette marche, elle est celle d’associations de Seine Saint Denis, habitués à travailler ensemble dans des quartiers difficiles, habituées à s’ouvrir. Le résultat d’expériences locales qui pourraient peut-être à terme porter ses fruits au niveau national. Tous entendent en tout cas incarner un nouveau visage de l’Islam, soucieux de s’inscrire dans le strict cadre de la laïcité, et capable de se mobiliser.

Blog "Crise de foi"
Le blog de Virginie Riva
30 avril 2012

16 avril 2012

Pause sur le blog ... rendez-vous le 1er mai !

Et voilà, le moment est enfin venu de s'accorder une petite pause. Une pause bien méritée, en vérité : des publications sans discontinuer depuis le jour de l'an, déjà 85 articles pour 2012, c'est un rythme bien soutenu comme pour l'année dernière !

Je vous laisse pour de vraies vacances, loin de Paris que je quitterai ... le jour du premier tour des Présidentielles : un rendez-vous que je manquerai, donc, mais je serai présent pour le deuxième tour décisif, le 6 mai. Ai-je besoin de rappeler que, ici comme sur ma page FaceBook, je ne trahirai aucune préférence, réserve journalistique oblige ? A part mon rejet de tous les extrémismes, toujours dangereux pour les Juifs quelques soient les pays, je ne dirai pas pour qui je voterai ou je conseillerais de voter ; mais je commenterai les résultats une fois connu le nom du futur locataire de l’Élysée.

Bonne continuation à chacune et chacun, merci pour vos visites aux lecteurs fidèles ... et rendez-vous le 1er mai.

J.C

15 avril 2012

L'Afrique, nouveau terrain pour l'islam radical ? Marah Saday sera mon invité le 22 avril


Milices djihadistes de "Ansar Dine", Mali


Dimanche prochain, nous allons à nouveau parler de politique internationale, mais cette fois en laissant de côté le monde arabe, si souvent évoqué depuis un an et la vague de révolutions dans ces pays. Nous allons parler de l'Afrique, ce continent largement musulman par sa population, et tellement oublié, négligé par les médias alors même que, depuis des décennies, s'y déroulent des conflits, des déplacements de population, des famines qui ont fait des millions de victimes. Or l'Afrique est revenue sous les feux de l'actualité ces dernières semaines, avec les nouvelles très inquiétantes venues du Mali où l'on craint que - avec la décomposition de l'état -, un grand pays francophone ne tombe sous la coupe de groupes armés islamistes, et que cela ne menace tous les pays du Sahel. Il était donc devenu urgent d'en parler, et pas seulement du Mali puisque j'ai intitulé ce numéro de "Rencontre" : "l'Afrique, nouveau terrain pour l'islam radical ?". Pour essayer d'y voir plus clair, j'ai invité un Africain, expert de la géopolitique de la région, Marah Saday. Marah Saday est originaire de la République démocratique du Congo. Il est le responsable des relations internationales du Parti Socialiste Congolais. Mais il est aussi - et c'est pourquoi je serai très heureux de le recevoir -, un très grand ami d'Israël puisqu'il est le Président du "Mouvement Sioniste Africain", qui a pour but, justement, de promouvoir des liens d'amitié entre le peuple juif et les peuples du continent. Alors ce n'est pas une tache facile, car si l'état hébreu a toujours compté et compte encore des amis là-bas, ses pires ennemis ont développé aussi des réseaux puissants. Et il est inutile de préciser que l'islam radical, djihadiste, constitue un ennemi commun pour lui et pour nous. Nous comptons donc vraiment sur sa connaissance des tous ces pays, pour éclairer nos auditeurs.

Parmi les questions que je poserai à Marah Saday :

- Il était courant de considérer que l'islam qui était pratiqué en Afrique restait vraiment en phase avec les civilisations locales, en particulier avec des traditions maraboutiques, donnant beaucoup d'importance aux enseignements des dignitaires religieux locaux qui étaient, en gros, tolérants et non agressifs : commet expliquer ce développement récent d'un islam intégriste, anti occidental, qui entraine dans la violence une partie de ces sociétés ?

- A propos de la Somalie : depuis 1991, on a connu l'anarchie avec des affrontements entre bandes armées rivales, l'échec de l'intervention des Nations Unies à partir de 1995, et tout cela a donné l'instauration du premier état djihadiste de l'histoire africaine, avec la prise de pouvoir à Mogadiscio des milices des "Tribunaux islamiques" en 2006. Mais l'armée éthiopienne est intervenu, les a chassées, mais elle est ensuite partie ; un nouveau groupe islamiste, les "Al Shabab", fait des attentats terroristes, le gouvernement de transition peine à assoir son autorité, et un autre pays voisin, le Kenya, a envoyé des troupes. Pourquoi ces interventions du Kenya et de l’Éthiopie, craignent-ils pour leur stabilité ? Et surtout, pourquoi n'arrive-t-on pas à éradiquer ces milices islamistes, dans une région tout à fait stratégique puisque c'est la Corne de l'Afrique ?

- Au Mali la situation est extrêmement confuse : l'armée a été mise en déroute par les rebelles du Nord, qui ont pris Tombouctou, Gao, et là on se trouve en fait avec des groupes militaires, mieux armées que les militaires maliens, mais qui ne sont pas forcément d'accord entre eux : il y a des groupes motorisés de l'A.Q.M.I (Al-Qaïda au Maghreb islamique), qui se sont armés depuis des années par le trafic et par une série de prises d'otages ; il y a les Touaregs du M.N.L.A qui ont proclamé le premier état amazigh du continent, l'Azawad, que personne ne reconnait ; et il y a même des Touaregs islamistes, le mouvement "Ansar Dine" : comment voyez-vous le dénouement de cette crise ? Et à votre avis, une intervention militaire occidentale sera-t-elle nécessaire ?

- A propos du Nigeria, ce géant de l'Afrique de l'Ouest, une puissance pétrolière qui a d'ailleurs des liens forts avec Israël depuis des décennies, on  a assisté au cours des derniers mois à des massacres de chrétiens perpétrés par un groupe inconnu, les "Boko Haram", ce qui peut se traduire par "les Occidentaux sont des impurs" : il s'agit de fanatiques islamistes, qui veulent contraindre les non musulmans à abandonner leur religion ou à fuir. Est-ce que l'on peut redouter ce que l'on a connu, il y a plus de 40 ans avec la guerre du Biafra, c'est à dire une guerre civile entre religions ?

J'espère que vous serez très nombreux au rendez-vous, car on néglige trop souvent l'Afrique ... et il s'y passe des évènements importants !

J.C

13 avril 2012

«L'autre atelier du monde» survole la crise


C'est le plus grand pays musulman du monde... et l'économie la plus «hot» d'Asie du Sud-Est. Contradiction?

Non, c'est l'Indonésie. Malgré ses convictions religieuses qui ne sont pas habituellement associées à un grand dynamisme économique, ce pays est l'un des rares qui transcendent la crise économique mondiale.
Économie galopante, dette négligeable, ressources abondantes... même l'intraitable Moody's vient de relever sa note de crédit. Surnommée «l'autre atelier du monde» après la Chine, l'Indonésie est le nouveau «I» qu'il faudra un jour inclure dans le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).
Le dernier bilan est fort enviable: l'économie indonésienne a enregistré une croissance de 6,5% l'année dernière, un sommet depuis 1996. L'inflation a aussi ralenti en janvier pour revenir à 3,65% en rythme annuel - un exploit dans la mesure où plusieurs pays émergents ont du mal à contenir la hausse des prix à la consommation.

Les grands industriels de la planète sont impressionnés.

Après les géants japonais de l'automobile qui sont déjà implantés au pays, General Motors et Ford de même que l'indien Tata Motors veulent y construire des usines. Mercredi dernier, Toyota en a rajouté en annonçant un nouvel investissement de 200 millions dans cet immense archipel de 17 500 îles.

Une armée de consommateurs

Comment l'Indonésie fait-elle pour résister aux chocs économiques pendant que ses voisins en souffrent, incluant la Chine?
«L'Indonésie est une exception en Asie», explique Bank of America Merrill Lynch dans une note financière. Même si la croissance ralentissait légèrement en 2012, à un taux annuel de 6%, le pays profite «des investissements étrangers», de ses projets d'infrastructures et d'une «forte consommation domestique», dit le courtier.
Le miracle indonésien, on le doit en effet à une «demande intérieure très robuste» nourrie par 240 millions d'habitants, confirment les économistes de l'OCDE (Organisation de coopération et le développement économiques).
Le produit intérieur brut (PIB) par habitant reste certes faible (4200$US par habitant, selon la Banque mondiale, soit la 157e place mondiale). Mais le quatrième pays le plus peuplé de la planète voit grandir sa classe moyenne: avec 50 millions de personnes, elle dépasse déjà celle de l'Inde et atteindra 171 millions d'ici à 2020, selon la banque britannique Standard Chartered.
Ainsi, la consommation génère plus de la moitié de l'activité économique, rendant le pays moins dépendant des exportations et donc moins vulnérable aux soubresauts venus d'Europe ou des États-Unis. Et pour maintenir cette vitesse de croisière, les autorités ont encore abaissé les taux d'intérêt jeudi dernier, une troisième détente en quatre mois.
Première économie du Sud-Est asiatique, l'Indonésie figurera «parmi les 10 plus grandes puissances en 2020 et les 6 en 2030», prédit Standard Chartered.
L'agence Moody's souligne également que le déficit budgétaire est resté inférieur à 2% du PIB depuis 2001 (contre environ 10% aux États-Unis). La dette publique ne dépasse pas les 30% (plus de 100% pour les États-Unis).

Corruption, inégalités

Évidemment, l'Indonésie n'est pas sans reproches.
Ce pays souffre toujours de son passé sous le régime Suharto. Les Indonésiens ont engagé des efforts ces dernières années pour lutter contre la bureaucratie, les inégalités sociales et la corruption. Mais elle se trouve toujours parmi les 150 pays les plus corrompus, selon Transparency International.
Une autre priorité est de rattraper le retard dans les infrastructures: peu d'autoroutes, toujours pas de métro dans la capitale Jakarta, des liaisons maritimes dangereuses, une production électrique insuffisante... Ces handicaps ont empêché le pays d'attirer des investissements d'envergure, déplorent les économistes.
Depuis peu, les ouvriers indonésiens multiplient aussi les actions spectaculaires pour améliorer un salaire souvent limité à environ 150$CAN par mois. Organisant de grandes manifestations, ceux-ci ont provoqué des embouteillages monstres à Jakarta il y a quelques jours.
Outre les fabricants d'automobiles, les Nike et Samsung de ce monde se sont rués au pays ces dernières années pour profiter des salaires avantageux. Le salaire minimum, qui varie en fonction des provinces, évolue entre 90$ et 200$ par mois en Indonésie, contre une moyenne de 300$ en Chine et 270$ en Inde, selon une étude de la Japan External Trade Organisation.
Or, le dernier coup de force des ouvriers a payé: le gouvernement vient d'accepter de hausser le salaire minimum.
L'Indonésie ressemble donc à la Chine et à l'Inde... d'il y a 10 ou 15 ans. Encore beaucoup de problèmes à régler, mais le «Dragon de Komodo», comme l'appellent ses voisins asiatiques, a un potentiel énorme.

Richard Dupaul
La Presse.ca (Canada), le 13 février 2012

12 avril 2012

Connaissez-vous ce charmant pays (suite) ?



La devinette du mois
- avril 2012

Nouvelle devinette, dans la série inaugurée l'année dernière : il s'agit de deviner un pays musulman d'après l'architecture, typique, de sa capitale ou d'une grande ville.

Celle-là est à nouveau assez difficile ... oui, il s'agit bien d'un pays arabe, et vous aurez deviné probablement qu'il s'agit d'un Émirat du Golfe. Seulement, là, les "monuments" emblématiques sont ces tours en forme de minarets, sur la gauche : mais il ne s'agit pas de minarets, mais de châteaux d'eau ! Comme d'habitude, mails bienvenus à l'adresse du blog : rencontre@noos.fr. Les centaines d'amis de mon réseau FaceBook pourront aussi répondre sur mon page, où je mettrai un lien. Le résultat sera donné avec la prochaine devinette, le mois prochain.

Quand à la devinette précédente, il s'agissait d'Izmir, la grand métropole turque sur les bords de la Méditerranée ! A nouveau, j'ai eu une bonne réponse sur ma page FaceBook, après quelques hésitations, quand même ...

J.C